Épisode 464 

Mercredi 25 septembre 1968

Les doutes de Rodney

Ce soir, Betty Harrington doit faire face à une nouvelle visite à l’hôpital de Peyton Place, alors que son mari, Rodney, en convalescence, ne parvient pas à chasser les doutes qui le rongent. Des doutes nés du fait que Betty se trouvait dans la voiture avec Steven Cord au moment de l’accident. Des doutes que Rodney a longtemps tenté de combattre. Mais ici, cloué au lit, attendant que la sensation revienne dans le bas de son corps, il ne vit plus que dans la panique. Et lorsque Betty a ne serait-ce que quelques minutes de retard aux heures de visite, il ne peut s’empêcher de penser qu’elle préférerait être ailleurs.

Betty est assise sur les marches du kiosque à musique, puis se lève pour se rendre à l’hôpital.


À l’hôpital, Jill rend visite à Rodney pour lui demander quelle boisson il désire. Rodney lui dit qu’il ignorait qu’elle travaillait ici.

Elle lui explique qu’elle a quitté son poste auprès du révérend. Rodney lui dit qu’il est désolé pour Kelly.

— Rita et Norman s’en occupent bien, dit-elle. Je n’ai aucune inquiétude. Alors ? Jus d’orange ou lait ?

— Ce que j’aimerais, c’est voir Betty.

Jill ouvre la porte et tombe nez à nez avec Betty. Elle la salue puis annonce :

— Livraison rapide !

Betty embrasse Rodney longuement. Mais elle sent que quelque chose ne va pas. Rodney lui reproche d’être en retard.

— Cinq minutes seulement, plaide-t-elle.

— Sept minutes, rectifie-t-il.

Il affirme qu’il se sent très seul et attend chaque visite avec impatience. Cependant, il voudrait qu’elle pense aussi à elle, qu’elle sorte, qu’elle voit du monde, qu’elle aille au cinéma. Il veut qu’elle reprenne sa vie en main. Il craint que, s’il reste paralysé, ils ne puissent plus vivre ensemble.

— Betty, si mon corps ne fonctionne plus comme avant, nous devrons prendre les décisions qui s’imposent. Je pense qu’on peut trouver un arrangement.

Betty croit comprendre qu’il parle de Steven. Rodney pense qu’elle l’aime encore et que le fait qu’elle se trouvait dans la voiture de l’avocat lors de l’accident prouve qu’elle a toujours des sentiments pour lui.

— Rodney, si tu me crois infidèle, pourquoi m’as-tu épousée ?

— C’était différent. J’étais en bonne santé.

— Rod, c’est toi que j’aime et personne d’autre. Tu dois me croire.


Dans l’appartement des Harrington, au-dessus de la pharmacie, Norman joue avec Kelly quand Rita lui demande de faire attention. Elle porte un gant bleu et un gant rose.

Betty frappe à la porte ; Rita la fait entrer. Betty prend le bébé des bras de Norman et joue avec lui. Elle raconte sa visite à Rodney et soupire en disant qu’il pense qu’elle a une aventure avec Steven. Norman lui dit qu’elle doit se battre pour lui prouver le contraire.

Betty rend Kelly à Rita, qui part lui donner le biberon dans la chambre. Betty s’excuse mais ne reste pas dîner : elle n’a pas faim et veut être seule. Elle salue Norman et s’en va.


Jill se rend dans le bureau du Dr Rossi, qui l’a convoquée. Elle pense qu’elle va se faire réprimander pour une faute quelconque.

Mike lui sourit et lui demande si elle voit qui est le Dr Peter Turner, en chirurgie.

— Oui, je vois qui c’est. Il s’est plaint de moi ?

— Jill, arrête de croire que tu fais du mauvais travail. Ce n’est pas le cas : tout le monde t’apprécie ici. En réalité, le Dr Turner est un célibataire de vingt-six ans. Il m’a demandé de te proposer un rendez-vous.

— Pourquoi ne me le demande-t-il pas lui-même ?

Mike répond qu’il n’est pas considéré comme approprié, au sein du personnel médical, de solliciter directement une aide-infirmière.

— Et donc, vous jouez les entremetteurs, conclut Jill.

Elle refuse catégoriquement. Elle ne veut pas d’aventure ; elle veut se concentrer sur la garde de Kelly.

Mike lui demande alors, abruptement, si elle envisage une réconciliation avec Joe. Il pourrait les héberger, ce qui serait un bon point dans l’optique de récupérer l’enfant.

Mais Jill refuse net : hors de question de s’installer avec Joe.


Fred Russell entre au Cider Barrel et embrasse sa fille Carolyn. Il vient d’arriver de Boston après l’appel pressant de Carolyn, qui voulait absolument le voir.

Elle l’interroge sur Donna Franklin et sur le divorce. Fred admet que lui et Donna sont à l’origine de la rupture.

Cependant, Carolyn — en parfaite adolescente ingrate — en veut à sa mère et la rend responsable de la séparation.

Fred tente de lui faire comprendre que ce n’est pas si simple. Il explique qu’ils se sont aimés pendant dix-huit ans, puis qu’un jour il a réalisé qu’il ne l’aimait plus. Carolyn en profite pour critiquer encore sa mère, affirmant qu’elle aurait dû se battre pour leur mariage. Fred lui répond que les choses ne sont jamais aussi simples.


Au manoir Peyton, Steven lit dans un fauteuil lorsqu’il reçoit un appel de Susan.

Il lui dit qu’il n’a pas changé d’avis : si elle veut s’obstiner à accuser Jill dans la procédure de divorce, elle devra trouver un autre avocat.

Mais Susan — désormais rentrée chez elle après son hospitalisation — n’appelle pas pour cela. Elle veut savoir où se trouve Tom. Steven n’en sait rien ; il peut seulement lui dire qu’il est en ville.

Après avoir raccroché, Susan saisit son sac et quitte la maison.


Sur le quai, près des pièges à homards, Joe Rossi joue avec une allumette, l’allumant et l’éteignant distraitement. Il voit arriver Tom et le prend par surprise : il lui assène un coup de poing qui l’envoie à terre.

— Qu’est-ce que vous avez fait à Jill ? hurle Joe.

Tom se relève. Il ne veut pas se battre. Joe lui assène alors un coup dans le ventre, qui lui coupe le souffle.

Il ne cesse de l’appeler « révérend », tandis que Tom répète qu’il ne l’est plus.

Joe lui ordonne de laisser Jill tranquille. Puis, en guise d’avertissement, il lui donne un troisième coup, cette fois en plein visage.


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