Lundi 16 septembre 1968
Garde provisoire
Aujourd’hui, Norman et Rita Harrington ont obtenu la garde temporaire du bébé de Jill Smith, jusqu’à ce que Jill puisse prouver qu’elle est capable d’élever un enfant.
Le tribunal s’est vidé. Norman et Rita sortent du bâtiment avec la petite Kelly.
Jill sort à son tour, accompagnée du Dr Rossi. Mélancolique, elle observe Rita et Norman avec son enfant. Elle est, bien naturellement, déprimée à l’idée de devoir laisser Kelly.
— Ils forment une belle famille, dit-elle.
Michael lui assure qu’un jour, elle récupérera la garde de son bébé, mais qu’il lui faut d’abord se constituer un dossier solide, ce qui passe par un emploi fixe. Il veut que Jill travaille à l’hôpital comme aide-soignante.
— Et devenir aide-soignante fera de moi une bonne personne, c’est ça ? ironise-t-elle.
— C’est un travail dur.
— Juste ce que veut le juge.
— Qu’y a-t-il de mal à ça ? L’objectif est de vous trouver un emploi stable.
— Ça ne fonctionnera pas.
— Je sais, tout ce que vous touchez se transforme en sable… Très bien, oubliez ça.
— Merci d’essayer de m’aider.
— Jill, cessez de vous complaire dans votre misère. Essayez au moins de vous battre !
— Comment ?
— Je vous soutiendrai dans ce travail.
Il lui offre une avance d’un mois pour qu’elle puisse payer un loyer à la pension de famille de Mme Hewitt. Jill refuse : elle ne veut plus jamais retourner là-bas.
Mike lui répète qu’elle a besoin de faire un travail sur elle-même.
Jeff Kramer et Carolyn Russell descendent du buggy du jeune homme et se rendent au Shoreline Café. Le bâtiment est vide et Jeff possède la clé que le propriétaire lui laisse pour répéter en toute tranquillité lorsque l’établissement est fermé. Ils gagnent la scène. Carolyn saisit des baguettes de batterie et commence à jouer. Jeff lui dit qu’elle a agi étrangement la veille. Carolyn répond qu’elle s’ennuie et demande pourquoi ils ne sont pas restés à la plage.
Jeff évoque son attitude versatile ; elle l’accuse de jouer les psychanalystes de bas étage mais reconnaît aussi qu’il est brillant. Ils se serrent dans les bras, dansent et s’embrassent tendrement.
Joe Rossi s’arrête devant le magasin de motos des frères Harrington. Il observe les engins exposés, puis entre.
À l’intérieur, Norman lui donne des nouvelles encourageantes de Rodney : il pourra bientôt se déplacer en fauteuil roulant, ce qui constitue déjà un beau progrès. Joe est soulagé que l’état de son frère s’améliore.
Il souhaite acheter une moto et Norman lui remet un formulaire de crédit. Puis la conversation dérive sur Kelly.
— J’ai appris que tu as une bouche de plus à nourrir, dit Joe. Mon frère m’a tout raconté.
— Nous gardons Kelly seulement jusqu’à ce que Jill puisse reprendre ses droits.
— Et combien de temps tu crois que ça va prendre ? ironise Joe.
— Pourquoi la rabaisses-tu toujours ?
— Pourquoi devrais-je me sentir désolé pour une fille qui se crée elle-même ses problèmes et qui, en plus, a l’air d’en savourer chaque minute ?
— Pourquoi ne lui accordes-tu pas un break ? Pourquoi ne sors-tu pas de sa vie, tout simplement ?
Norman lui demande pourquoi il n’était pas à l’audience. Joe répond qu’il devait travailler : il doit payer la pension alimentaire de Kelly.
— Deux heures d’absence, c’est de l’argent en moins pour la gosse, et je n’aurais pas pu me payer une moto.
Norman accepte finalement de lui faire crédit. Joe monte sur l’engin.
— Norm, tu dois comprendre que tant que Kelly restera avec toi et Rita, les choses ne pourront plus être les mêmes entre nous.
— Pour être clair : nous avons pris Kelly parce que nous ne voulions pas qu’elle soit placée chez des inconnus. Ce n’a pas été une décision facile. Nous avons perdu un bébé.
Joe avoue qu’il n’aurait voulu personne d’autre pour s’occuper de l’enfant.
Dans la chambre 101 de l’hôpital, Rodney s’amuse avec une balle de tennis pour ses exercices. Le Dr Miles vient lui parler et lui prend la balle. Il a remarqué que Rodney sombre dans une certaine dépression. Il lui annonce l’arrivée d’un nouveau thérapeute : Chuck Atwell.
On frappe. Betty entre et embrasse son mari.
Elle lui a apporté une panoplie de balles, chacune personnalisée : la verte « Je n’oublierai jamais ta poigne » ; la pourpre « Qui rougit ? Je suis juste chatouilleux » ; la rouge « La finalité, c’est l’amour ».
Le Dr Miles lui demande si elle joue au tennis.
— Pas très bien, je le crains, avoue Betty.
Chuck Atwell arrive. Il ne fait pas très bonne impression à Betty et Rodney.
Betty et le Dr Miles quittent ensuite la chambre et discutent dans le couloir. Elle exprime sa déception à propos du thérapeute, mais le Dr Miles a confiance en lui. Il confie aussi sentir que Rodney cache quelque chose. Il demande à Betty si elle sait de quoi il s’agit. Elle répond non, mais son visage la trahit.
Jill se rend à l’appartement des Harrington. Elle apporte le reste des affaires de Kelly, rangées dans une boîte. Norman a emprunté une poussette que Rita décore avec du papier à fleurs.
Rita invite Jill à entrer et lui propose d’aller voir Kelly, qui joue dans son berceau.
Les Harrington ont transformé leur chambre en nursery et dorment désormais dans le salon, selon les recommandations de l’assistante sociale.
Rita tend la petite à Jill, qui la prend sur ses genoux. Elle remercie Rita pour tout ce qu’elle fait et avoue craindre de ne jamais pouvoir récupérer sa fille. Rita lui rappelle que Kelly n’est ici que provisoirement. Elle sait ce que représente la perte d’un bébé et se montre sincèrement compatissante. Selon elle, un enfant doit être avec sa mère.
Jill la remercie encore et dit son soulagement de savoir Kelly entre de bonnes mains.
À l’hôpital, Chuck Atwell s’entretient avec Rodney. Il l’irrite volontairement : il veut provoquer une réaction et faire sortir la colère enfouie en lui pour qu’il puisse s’en servir positivement dans sa thérapie.
Il saisit le récipient contenant les balles, en prend une, la regarde. Rodney la serre puis la lance presque sur le thérapeute. Atwell sourit : Rodney sortira bientôt de son fauteuil roulant, selon lui.
Dans l’église de Peyton Place, Tom Winter se tient seul. Le Dr Rossi arrive et lui lance :
— Alors, vous êtes enfin revenu.





