lundi 19 août 1968
Incontrôlable
Le révérend Tom Winter a servi sa congrégation avec toute sa foi depuis qu’il est arrivé à Peyton Place, voilà un an. Mais le Tom Winter dans la chapelle, à l’hôpital, dans des maisons de santé ; et le Tom Winter qui se surprend à marcher vers la taverne d’Ada Jacks sont deux différentes personnes.
Tom Winter quitte le Shoreline Cafe. Il voit Jill et l’observe. Elle rentre par l’arrière de la taverne.
Tom s’approche du porche et frappe plusieurs coups à la porte. Finalement, Jill ouvre. Quand elle le voit, elle veut refermer la porte, mais il l’en empêche. Il entre dans la maison.
Il veut savoir comment elle va, et aussi comment va Kelly. Il s’est beaucoup inquiété pour elles. Il lui dit qu’elle a besoin de lui, comme lui a besoin d’elle.
Jill ne veut rien entendre. Elle lui répond que c’est sa femme qui a besoin de lui, pas Jill. Le révérend affirme qu’il n’y a plus rien entre Susan et lui. Il veut qu’elle revienne. Ils peuvent construire une vie ensemble. Jill se détourne de son regard implorant :
— Je ne peux pas revenir.
— Pensez à Kelly, vous risquez de perdre sa garde si vous ne revenez pas. Nous serons heureux tous les trois.
— Je ne vous aime pas. Pas de la façon dont vous m’aimez.
Elle lui demande de la laisser tranquille une bonne fois pour toutes. Dépité, Tom fait volteface et s’en va, avec l’impression d’avoir tout le malheur du monde sur ses épaules.
C’est dimanche aujourd’hui. À la chapelle, les Peytoniens sont réunis pour l’Office célébré par le révérend Winter. L’organiste joue un morceau au piano en attendant l’arrivée de l’homme d’Église.
Eli est assis à côté de Rita et la remercie de l’avoir traîné ici. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas assisté à un Office. Rita lui demande de prier pour Rodney. Lorsqu’il lui demande de ses nouvelles, elle lui dit qu’il a la tête maintenue dans un appareillage effrayant, et qu’il est paralysé des jambes et des bras. Cependant, les médecins disent qu’il se pourrait qu’il retrouve l’usage de ses membres.
Pour Eli, Rodney est en vie, c’est ce qui compte. C’est un jeune homme vigoureux et en bonne santé. Cela devrait compter pour sa guérison. Ils ne doivent pas perdre espoir. Rodney est bien entouré, par des gens qui l’aiment, et ça aussi fera beaucoup pour sa guérison.
Ce dont Rita a peur, c’est de l’impatience du jeune homme. S’il retrouve l’usage de ses membres, ce ne sera pas avant longtemps, et le processus est très lent. Elle a peur qu’il perdre patience. Elle veut en parler du révérend après l’Office. S’il a pu aider Norman et elle, il pourra aider à coup sûr Rodney.
En parlant de perdre patience, Eli commence à trouver le temps long. L’organiste a fini son morceau, et ne voyant pas venir le révérend, en débute un autre.
Eli se demande ce qui est arrivé à Tom. Il se lève du banc et va voir Mme Winter, dans le salon privé du couple. Susan est assise dans le canapé, en train de lire un magazine. Dans une main, elle a un verre d’alcool et de l’autre une cigarette. Ce n’est pas vraiment l’image que l’on se fait de la femme d’un révérend.
Eli lui demande si le Révérend est souffrant.
— Oui, il est souffrant, remarque Susan.
Mais elle ne fait pas d’autre commentaire. Elle se garde bien de lui dire pourquoi Tom n’est pas là. Eli insiste sur le fait que les paroissiens ont le droit de savoir pourquoi leur révérend n’est pas ici. Susan finit par admettre qu’elle ne sait pas où est Tom. Elle lui dit qu’il est probablement en train de courir après Jill Smith.
Eli lui rappelle que son devoir, en tant qu’épouse du révérend, est d’aller voir les paroissiens pour leur dire que l’Office ne pourra pas avoir lieu.
— Vous avez raison, lui dit Susan.
Elle arrive devant la congrégation pour excuser son mari qui n’est pas là. Elle le fait remarquablement bien, et avec un brin d’humour apprécié par les paroissiens. L’excuse qu’elle prend pour justifier l’absence de son mari est qu’il souffre d’une sévère laryngite. Elle demande aux paroissiens de rester encore cinq minutes afin de prier et de méditer, et leur souhaite un bon dimanche.
À l’hôpital, Norman va voir Rodney. Il se force à être joyeux et positif, en lui disant qu’il vient lui faire un rapport détaillé sur leur business.
— Laisse tomber, murmure Rodney.
Norman poursuit avec sa touche d’humour habituelle. Il lui dit qu’ils deviennent les rois de la moto, car il en a vendu deux en une seule journée.
— Norm, laisse tomber, répète Rodney.
Il n’a pas envie d’en entendre davantage. Norman heurte accidentellement avec sa main le lit et Rodney lui dit qu’il a ressenti une secousse au niveau de sa main gauche. Il ne plaisante pas, il a vraiment senti quelque chose.
Norman appelle le Dr Miles, qui est de garde ce dimanche. Le médecin l’examine. Rodney est déçu, car il sent seulement sa main gauche, et pas le reste de son corps. Cependant, Miles lui dit que c’est un signe encourageant.
Norman téléphone immédiatement à Betty pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Chez Rodney et Betty, le téléphone sonne et Betty répond, qui avait déjà ouvert la porte d’entrée pour partir, la referme et va répondre. Norman lui dit qu’il a une bonne nouvelle et tient le combiné à Rodney pour que ce soit lui qui lui annonce la nouvelle. Il lui raconte qu’il a légèrement bougé la main gauche.
Betty est contente et voit là un signe de guérison. Elle lui dit que tout va bien se passer, et qu’elle arrive immédiatement. Elle raccroche et quitte la maison.
Steven Cord est venu travailler à son bureau en ce dimanche matin. Il aime bien se rendre au travail le dimanche : personne pour l’interrompre, le bâtiment est vide et pas d’appels téléphoniques intempestifs. Il peut donc bien se consacrer à son travail.
C’est compter sans Susan Winter qui débarque à l’improviste, ayant vu sa voiture garée le long du trottoir.
Elle est venue pour lui dire que son mari, Tom, est en train de perdre pied. Il pourchasse Jill dans toute la ville. Elle s’inquiète énormément, tant pour lui que pour son mariage.
Le téléphone sonne. C’est Norman qui l’informe que Rodney bouge la main gauche. Il remercie son demi-frère de l’avoir tenu au courant et raccroche. Pour Steven, plus rien ne compte que cette information, au point que Susan s’en va sans même qu’il s’en aperçoive.
Joe parvient à la porte d’entrée de la maison de la plage et l’ouvre. Jill se trouve en face de lui. Elle cherche le Dr Rossi. On lui a dit à l’hôpital qu’il est ici.
Joe lui demande si son prince charmant l’a trouvée. Il a remué ciel et terre pour elle. Jill n’est pas d’humeur et lui demande une nouvelle fois si Mike est là.
Le médecin arrive et Jill demande à lui parler en tête-à-tête. Joe refuse de partir. Il dit que si cela concerne Kelly, alors il a le droit d’être là.
Jill s’énerve après Joe qui insiste. Michael demande à son frère d’aller faire un tour, lui promettant de ne pas parler de Kelly derrière son dos. Il leur donne cinq minutes et va dehors.
Mike offre une tasse de café à Jill. Kelly est à la taverne où Ada s’occupe d’elle. Tom Winter court après Jill et elle a besoin d’un endroit sûr pour rester. La taverne n’est pas forcément le meilleur endroit. Mme Thomas est sur son dossier, et elle n’a pas droit à l’erreur. Le médecin dit qu’il va parler à l’assistante sociale et lui expliquer la situation dans laquelle se trouve la jeune femme. Mais Jill ne veut pas prévenir le bureau d’assistance sociale à propos de Tom.
— Pourquoi ? lui demande Michael. Vous êtes une victime.
— Mme Thomas ne verra pas cela comme ça. Le révérend Winter est très apprécié.
Michael lui dit qu’elle ne doit pas avoir peur de Tom. Mais Jill n’est pas de cet avis. Joe revient.
— Les cinq minutes sont passées, claironne-t-il.
Excédée par son comportement, Jill s’en va.
Le Dr Rossi dit à son frère qu’il existe un moyen pour qu’il conserve son droit parental : c’est que Joe et Jill se remettent ensemble. Joe ne l’envisage pas, disant que Jill la déteste.
Mike lui dit qu’une réconciliation serait dans l’intérêt du bébé. Il appartient à Joe de prendre ses responsabilités de père.
Joe secoue la tête.
— Comment pourrais-je me remettre avec elle ? Elle est impossible. Vraiment impossible !





