lundi 22 juillet 1968
Pile ou face
Susan Winter a joué avec son mariage. Il y a quelques heures à peine, elle a pris l’avantage avec la réaction de Tom Winter à la visite de l’assistante sociale qui a déclaré la maison des Winter comme « environnement idéal » pour Jill Smith et son bébé. Elle a vu l’amertume de Tom et son mépris pour lui-même. Immédiatement, en prétextant un voyage hors de la ville pour rendre visite à une amie soi-disant malade, elle laisse la maison à Tom et Jill. Maintenant, elle sait que son mariage est en jeu. Mais elle parie sur elle-même et sur la compréhension de son mari.
Susan Winter approche de la maison. Elle entre, enlève ses chaussures et monte à l’étage.
Susan se rend dans la chambre où Tom l’attend. Elle parle comme si de rien n’était, mentant sur son pseudo-voyage, quand soudain, Tom la gifle.
Interloquée, elle lui demande pourquoi il fait ça.
— Parce que tu es une menteuse ! vocifère-t-il.
Il lui répond qu’il sait qu’elle lui a menti depuis le début. Il a appelé Jill Wilbur, l’amie censée avoir eu un accident. Elle allait très bien. Tellement bien qu’elle les a invités à venir faire de la voile le week-end prochain !
Susan essaie de se défendre en se prenant pour une victime puisqu’il l’a frappée. Mais il lui demande de ne pas inverser les rôles.
— Je voulais m’enfuir de cette maison, explique-t-elle. J’y étouffe. J’ai donc inventé cette innocente excuse.
— Il n’y a rien d’innocent dans ton mensonge, prétend Tom. Parle-moi plutôt du plan.
Susan fait semblant de ne pas comprendre :
— Le plan ?
— Celui que tu as bien pensé et fait éclore depuis que tu as invité cette fille à venir vivre chez nous.
— Je ne veux pas t’écouter.
— Pourtant tu vas le faire.
— Ou quoi ? Tu vas encore me frapper ?
— Tu aimerais ça, n’est-ce pas ? Tu aimes te considérer comme une victime. J’ai tout compris, Susan. Depuis longtemps, tu veux me détourner du ministère parce qu’il me prend trop de mon temps. Jusqu’ici, tu as fait de vaines tentatives. Alors tu as décidé de passer à l’étape supérieure. En demandant à une fille extrêmement séduisante et vulnérable de venir vivre ici, tu pensais que cela allait me détourner de l’église.
— J’essaie de sauver notre mariage, Tom. Tu ne le vois pas ? Si je n’étais pas sortie aujourd’hui, je me serais mise à boire.
— La boisson te fait faire n’importe quoi.
— Je t’aime Tom.
— Et c’est pour ça que tu as mis au point ce « piège à séduction » ? En amenant Jill dans cette maison ?
— J’ai aussi voulu qu’elle parte. Mais tu ne voulais pas.
— À cause du bébé, tu le sais très bien. Si elle quitte notre maison, elle peut en perdre la garde.
— Tu te caches derrière l’excuse du bébé. Tu utilises cette enfant pour garder Jill auprès de toi !
Écœuré par cette trahison et le comportement de sa femme, Tom quitte la pièce.
Dans la cuisine des Russell, Marsha entre et est surprise de ce qu’elle découvre :
— Qu’est-ce que tout cela ?
Carolyn a préparé le petit déjeuner. Elle a versé du jus d’orange et a préparé des toasts. Cela ne lui ressemble pas. Elle propose à sa mère de cuire du bacon et des œufs. Marsha suggère plutôt des céréales.
Tout en dégustant le repas matinal, Carolyn dit à sa mère qu’elle pense pouvoir maintenant accepter le divorce de ses parents. Elle se rend compte qu’elle a été affreuse avec sa mère.
— Tu étais blessée, lui répond Marsha.
— Et je n’arrivais pas à accepter le fait que c’était fini entre vous deux, complète Carolyn.
Elle ajoute que maintenant que son père s’en va, elle va être plus indépendante et sortir avec qui elle veut. Marsha lui dit que ce n’est pas une réaction très mature.
Dehors, on entend un coup de klaxon. Quelqu’un vient chercher Carolyn pour aller au lycée. Elle prend ses livres, embrasse sa mère et s’en va.
Steven se rend en voiture au magasin de mobylettes pour voir les frères Harrington. Betty le reçoit.
— Je voudrais parler à M. Harrington, ou M. Harrington, plaisante Steven.
Betty lui dit qu’aucun des frères n’est ici pour le moment. Ils livrent une moto à un client.
Steven lui parle du contrat de 50.000 dollars qu’il a pris à Boston. Betty le compare à « l’ange de la mort ». Il lui dit qu’elle devrait lire ce contrat, car il implique non seulement Norman et Rita, mais aussi Rodney.
Il suggère d’aller en voiture à leur rencontre pour en parler. Elle accepte de le suivre. Elle pose un panneau « fermeture » sur la porte du magasin (mais ne ferme pas la porte à clé. Après tout, nous sommes à Peyton Place).
Tom Winter marche dans la rue et passe devant la bibliothèque. Il est rejoint par le Dr Rossi qui l’invite à un rapide déjeuner. Il suggère un sandwich au drugstore.
Mike veut lui parler de Jill, mais Tom n’est pas disposé à le faire. Le médecin lui dit que quand quelque chose ne va pas, il est bien d’en parler à quelqu’un. Tom rétorque que quand quelque chose ne va pas, il prie. Puis il s’en va.
Rita entre au Cider Barrell et s’installe au petit comptoir. Elle commande une crêpe à Charlie. Carolyn est à côté d’elle et se présente.
La discussion est agréable entre les deux jeunes femmes. Carolyn est curieuse de savoir comme est le mariage, et interroge Rita. Elle aimerait connaître la réaction de la mère de Rita à l’annonce du mariage.
— Votre mère n’a pas fait de crise lorsque vous lui avez appris ?
Rita raconte que sa mère est une femme compréhensive et qu’elle a accepté son mariage avec Norman sans problème.
Elles ont comme point commun le divorce de leurs parents respectifs. Rita lui dit que parfois, le mariage fonctionne, et parfois il ne fonctionne pas. Carolyn est très intéressée par ce que lui dit Rita et des conseils qu’elle lui prodigue.
À l’extérieur de la ville, Rodney et Norman rencontrent un motard et ils lui demandent de l’aide pour la course qu’ils comptent organiser.
Puis ils rentrent en mobylette. Norman veut conduire cette fois. Mais Rodney refuse. Devant l’insistance de Norman, il lui propose de tirer à pile ou face. Il prend « face ». Norman jette la pièce, et c’est « pile ». C’est donc Rodney qui va conduire.
Sur le chemin de retour, ils rencontrent la voiture de Steven, qui est avec Betty. La collision est inévitable. Le véhicule de Steven heurte la mobylette de plein fouet.
Les frères Harrington sont projetés hors de la moto, et dévalent un talus. Rodney heurte sa tête contre un arbre et git, inerte. Steven va voir comment va Norman tandis que Betty se précipite vers Rodney. En le voyant inanimé, elle étouffe un cri d’horreur.





