Épisode 444

jeudi 4 juillet 1968

Douche froide 

Le révérend Tom Winter a passé les longues heures de cette nuit à marcher le long du quai, près de la côte rocailleuse, et sur la route de Peyton Place. Il doit faire face à une vérité. Il doit admettre qu’il a des sentiments pour Jill Smith. Des sentiments qu’il doit combattre s’il veut rester dans les ordres, et s’il veut rester marié à Susan Winter. Ce matin, Tom a conclu que la seule façon de contrôler ses émotions est de recoller les morceaux de son mariage.

Tom Winter parcourant le quai. Tom passe un appel depuis la cabine téléphonique publique.


Chez les Winter, c’est Jill qui répond au téléphone. Elle accueille l’appel avec bonhomie, mentionnant le fait que le révérend est parti très tôt ce matin. Cependant, Tom prend un ton professionnel avec Jill et demande à parler à madame Winter. 

Jill se rend dans la chambre de Susan afin de lui dire que Tom est au téléphone et souhaite lui parler. Tandis que Susan veut saisir le combiné sur la table de nuit, elle tombe. 

Affolée, Jill lui vient en aide. Susan n’est pas blessée. Elle rit à gorge déployée, visiblement ivre. 

Jill prend le téléphone et s’en va. Susan se lève et, en chancelant, se rend près de la commode où elle saisit des lunettes noires. Puis elle se laisse tomber sur le lit et Jill revient avec le téléphone. 

Elle se lève et manque à nouveau de tomber. Cette fois, Jill la rattrape à temps. Voyant que Susan, dans son état, ne supporte pas la lumière, elle va tirer les rideaux.

Jill informe Susan qu’elle a menti au révérend en disant que sa femme se trouvait sous la douche. Et c’est justement d’une bonne douche froide dont Susan a besoin pour dégriser. 

Jill l’aide à aller dans la salle de bains, lui demande d’ôter ses vêtements, mais Susan refuse.

— Vous ne pouvez pas prendre une douche avec vos vêtements, proteste l’employée.

— J’adore prendre des douches avec mes habits, plaisante Susan.

Jill la prend au mot. Elle flanque Susan dans la cabine de douche, et met en marche le jet d’eau. Surprise, Susan crie à plusieurs reprises que l’eau est trop froide. 


Carolyn se rend au Shoreline Cafe. Il est fermé à cette heure. Seul Jeff est là, assis au piano, en train de composer une chanson. D’une main, il effleure les touches du piano, et de l’autre, il écrit sur une partition. 

Carolyn mentionne le fait que Jeff était manifestement absent du cours de musique hier, avant-hier et le jour avant-hier. Elle lui parle de leur professeur de musique, madame Harkness, et le prévient des conséquences de faire l’école buissonnière. Il risque de ne pas avoir son diplôme s’il continue à sécher les cours.

Jeff lui demande de parler de Joe. Il aimerait savoir quelle relation elle a avec lui. Elle lui dit qu’elle l’aime, qu’elle le déteste, qu’elle l’adore, qu’elle le méprise. En un mot, c’est une relation compliquée. 

Carolyn et Jeff sortent du bâtiment et s’engouffrent dans le buggy du jeune homme. 


Juste en face du Shoreline Café se trouve le nouveau Harrington Motorcycle Shop. Betty et Rodney travaillent ensemble près de la pompe à essence quand Jeff et Carolyn s’en vont.

Norman arrive dans ce qui pourrait être le vieux tacot d’Eddie Jacks (Eddie lui aurait donc cédé le véhicule). 

— Où étais-tu passé pendant que les honnêtes gens travaillaient ? plaisante Rodney. 

— J’étais juste en train de développer un ulcère, ne plaisante pas Norman.

Il lui raconte qu’il a rencontré Steven au square, alors que ce dernier sortait du palais de justice. Il lui a dit qu’il a lu le contrat du nouveau magasin et qu’il a trouvé pas mal d’incohérences.

Embaucher l’avocat leur serait d’une grande aide. Rodney ne veut pas, d’autant plus que Betty ajoute que ça l’embêterait d’avoir Steven pour avocat. Cela voudrait dire qu’il resterait dans leur vie, qu’ils se verraient souvent et ça ne lui plaît pas. 

Mais Norman ne voit que le business et demande à Rodney s’ils dirigent une affaire, ou simplement un hobby. Ils doivent faire la part des choses. S’ils veulent diriger une entreprise, il leur faut des bases solides au niveau juridique.

Rodney interroge Betty du regard. Elle lui dit que c’est à lui de prendre la décision. Rodney capitule et consent à ce que Norman embauche Steven.


À la maison de la plage, le Dr Rossi prépare une boisson pour lui et Marsha. Cette dernière lui fait savoir que ce cottage doit être un merveilleux endroit pour vivre. 

Elle raconte à Mike qu’elle et Fred ont été mariés pendant 18 ans. C’était un bon mari et un bon père. Mais elle a vécu une horrible expérience avec lui et se confie à Michael. 

— Ça a commencé par des absences répétées. Il disait qu’il avait beaucoup de travail. Il revenait tard, allait travailler le week-end, et recevait beaucoup d’appels téléphoniques. J’aurais dû me méfier. Comment pouvait-il avoir plus de travail qu’avant alors qu’il n’a même pas obtenu de promotion ? 

Michael se sert un autre verre pendant que Marsha poursuit : 

— Un jour, j’ai répondu à un de ces appels de travail. Lorsque la personne à l’autre bout du fil a entendu ma voix, elle a raccroché immédiatement. C’est à ce moment-là que j’ai compris. J’ai alors fait attention à tout le reste : trace de rouge à lèvres sur les cols de chemises, costume imprégné d’un parfum de femme…

Marsha s’excuse auprès du médecin. Elle pense qu’elle l’ennuie avec ses problèmes. Mais Michael lui assure que non. Il peut mesurer le calvaire qu’elle a subi avec son ex-mari.

Joe entre et salue son frère et Marsha. Le médecin lui dit qu’il va dîner dehors avec Marsha. 

— Dommage, fait Joe en sortant deux cartons de sa poche. J’avais deux places pour le match de ce soir. Je voulais t’inviter. 

Michael lui dit que ça aurait été fantastique, et ce sera pour une prochaine fois. Puis le couple s’en va, laissant Joe seul avec ses billets dans la main.


Chez les Winter, Susan a préparé un dîner aux chandelles pour deux. Elle allume les bougies au moment où Tom rentre. Il lui demande ce qui se passe ici en voyant la table dressée pour deux. 

Susan lui dit que Jill et Kelly ont déjà mangé. Elle veut passer une agréable soirée avec Tom. Elle lui demande de s’asseoir. Elle s’occupe de tout. 

Alors qu’elle se rend à la cuisine, Tom s’assoit et, soudainement, se lève et monte à l’étage.

Il trouve Jill assise dans sa chambre. Tom entre et la regarde. Ils se regardent un instant droit dans les yeux, puis Tom repart.


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