Lundi 12 juin 1967
Un homme nous observe
La maison de Peyton est à nouveau un champ de bataille. Martin Peyton a tiré les ficelles et ses petits-fils Rodney Harrington et Steven Cord ainsi que la femme de Steven, Betty, sont devenus les pantins d’un théâtre de marionnettes dirigé par le vieil homme. Moins d’une heure plus tôt, Steven a accusé publiquement Martin Peyton d’avoir calomnié Betty. La colère de Steven était justifiée et protectrice. Mais il manque une chaîne au maillon : croit-il le rapport du détective privé sur la conduite de Betty à New York ?
La porte d’entrée du manoir de Peyton. À l’intérieur, Peyton se sert un verre.
Dans leur chambre, Betty parle à Steven d’une dispute qu’ils ont eue il y a longtemps de cela. Betty a dit qu’elle avait été surprise par le ton de sa propre voix. Il s’en souvient. Betty lui dit que c’était une belle dispute, car ils sont réconciliés et qu’ensuite, tout était pour le mieux.
Elle est assise sur le lit et lui sur le canapé. Elle le supplie de venir près d’elle, mais il ne répond pas, demeurant stoïque dans le canapé, un verre d’alcool à la main.
Alors c’est elle qui se lève et qui va près de lui. Elle avoue à Steven qu’elle a lu le testament.
— Je n’ai plus la capacité d’être surpris, répond l’avocat. Lee Webber disait donc vrai.
Betty acquiesce.
— J’ai pris le testament, et je l’ai amené à Leslie Harrington. Et je l’ai lu.
Elle l’informe des conditions du nouveau testament de Peyton dans lequel elle devient l’unique bénéficiaire. À une seule condition : elle doit se remarier avec Rodney dans l’année suivant la mort de Peyton.
Totalement blasé, Steven applaudit Martin Peyton. Il dit qu’il sait parfaitement tirer les ficelles. Il est maître en la matière. Son apparent calme laisse place à de la colère.
— Betty, j’aimerais te dire à quel point je veux lui faire du mal, à quel point je veux le voir souffrir.
Ce que Betty aimerait savoir, c’est si Steven tient encore à son mariage, s’il veut qu’ils restent ensemble.
— T’est-il possible de me dire à quel point tu veux que notre mariage tienne ? À quel point tu veux que l’on reste ensemble ? Te serait-il possible de me le dire, Steven ?
Chez les Carson, l’horloge indique trois heures du matin, et Rachel sort de son lit, met ses pantoufles, et va jusqu’à la fenêtre. Elle voit Jack Chandler rôder dehors. Il l’espionne.
Le lendemain, Elliot est dans la cuisine, vêtu d’un tablier, lorsque Steven sonne à la porte. Elliot enlève son tablier et le laisse entrer. Steven est venu au sujet du rapport Blaine.
Elliot lui rappelle qu’il voulait le lui rendre hier soir. Il critique l’avocat pour la façon dont il a réagi devant les invités hier soir, arguant du fait que ce n’était pas professionnel de sa part. Elliot n’est pas intéressé par le contenu du rapport. En fait, il ne l’a même pas lu.
Il informe Steven que quelqu’un est venu le voir au Clarion hier soir afin de lui demander de ne pas l’imprimer.
— C’était Rodney ? demande l’avocat.
— Peu importe qui c’était, le principal est que je n’ai rien imprimé.
Ce qui intéresse Elliot, c’est le sort de son ennemi, Jack Chandler. Il voudrait que Steven se rende immédiatement à la police afin de demander qu’on piste Chandler. S’il ne le fait pas, Elliot fera appel à un autre avocat.
Steven s’apprête à partir lorsque Constance descend les escaliers. Ils se saluent. Constance rejoint son mari dans la cuisine, suivie bientôt par Rachel qui tient dans ses bras le petit Matthew. L’air grave, elle les informe qu’elle a vu Chandler espionner la maison la nuit dernière.
Michael frappe à la porte de l’appartement et Rita le laisse entrer. Elle informe le médecin qu’elle l’a vu en train d’embrasser Rachel. Michael essaie de s’expliquer.
— Elle a probablement le béguin pour moi. C’est n’est pas inhabituel pour une jeune fille d’avoir le béguin pour un homme plus âgé.
— Aussi longtemps que vous n’avez pas le béguin pour elle.
Il lui dit que c’est Rachel qui l’a embrassé. C’est l’image du père qu’il veut donner, mais Rachel est une fille impulsive.
Rita a peur que le Dr Rossi ne soit tombé amoureux de Rachel. Michael Rossi lui assure que ce n’est pas le cas. Il ajuste son stéthoscope et écoute le cœur de Rita.
Peyton est dans la salle à manger buvant un café lorsque Betty descend les escaliers. Il lui demande si elle compte sortir sans prendre le petit déjeuner. Il ajoute que ce qu’a fait Steven hier soir est impardonnable.
Il suppose que tout est fini entre Steven et Betty. Mais Betty l’informe que son mariage avec Steven n’est pas encore fini. Elle quitte le manoir, en colère.
Dans le bureau de Steven, Mlle Nolan apporte du café à Betty. Cette dernière attend Steven ici tandis que Rodney entre. Il demande à Betty si elle préfère attendre Steven seule. Elle dit d’abord « oui », puis finalement « non ».
Rod s’assoit à ses côtés. Betty explique qu’elle a tout raconté à Steven à propos du rapport Blaine la nuit dernière. Rodney dit à Mlle Nolan que Betty voudrait un autre café.
Steven entre. Rodney est venu justement lui parler du rapport Blaine. Il admet avoir demandé à Elliot de ne pas l’imprimer. Steven informe Rodney que Betty est la principale bénéficiaire du testament de Peyton à la condition qu’elle se remarie avec Rodney de son vivant ou un an après sa mort. Sinon, toute la fortune du vieil homme ira au Boston Historical Society, institut gérant des œuvres de charité.
Rodney lui dit que ce n’est pas lui qui lui a fait envoyer le rapport Blaine. Betty peut perdre une fortune, mais elle ne veut pas perdre un deuxième mari. Steven lui dit qu’il n’est pas une marionnette et ne supporte pas d’être manipulé.
— Tu ne lui tourneras jamais le dos, dit Rodney à Steven au sujet de Betty.
Peyton va rendre visite à Rodney au Shoreline Garage. Rod n’est pas là, mais il arrive bientôt en voiture. Il demande à son grand-père ce qu’il vient faire ici.
Peyton avoue à Rodney les dispositions qu’il a prises dans son testament. Rodney, déjà au courant par Steven, est choqué et se détourne de son grand-père.
— Fais-moi une faveur, veux-tu grand-père ?
— Ce que tu veux.
— Va-t’en.
— Rodney…
— Va-t’en avant que je dise quelque chose que je pourrais regretter.
Comme son grand-père ne veut pas partir, c’est Rodney qui prend la porte. Il marche sur le quai. Peyton le suit et lui crie après, voulant lui expliquer pourquoi il a fait une telle chose.
— Rodney ! Rodney !
Mais Rodney trace sa route sans se retourner.





