Episode 341

Mardi 30 mai 1967

La fête surprise

Elliot Carson a vu son dernier espoir de voir Jack Chandler arrêté et interrogé s’évanouir. L’avocat d’Elliot, Steven Cord, n’a pas réussi à présenter les faits sur le passé criminel de Chandler au bureau du procureur. Des faits suggérant que Chandler aurait pu être impliqué dans la disparition de la fille d’Elliot, Allison. L’échec de Steven Cord dans l’arrestation de Chandler a laissé à Elliot l’amertume de la déception et une totale inconscience des tourments de la vie de Steven.

Elliot sort du Clarion. Steven est en voiture et l’appelle.


Steven gare sa voiture devant le bâtiment de la banque, et sort du véhicule tandis qu’Elliot court vers lui en l’appelant. Steven semble absent et indifférent à ce qui l’entoure.

Le journaliste reproche à l’avocat de ne pas avoir signé les papiers au poste de police, et lui demande s’il se rend compte que Chandler a quitté la ville. 

— Ils le retrouveront.

Elliot est abasourdi de voir si peu de remords chez Steven sur le fait qu’il est responsable de ce désastre et veut en parler avec lui. 

— Plus tard, fait Steven d’une voix morne.

— Mais…

— J’ai dit plus tard.

L’avocat monte l’escalier menant à son cabinet. Elliot le suit.

Au secrétariat, Mlle Nolan reçoit un appel de Tom Teal, de l’agence de détectives Blaine à New York. Elle l’informe que M. Cord n’est pas là, mais il arrive juste au moment où Steven entre. Il veut entrer dans son bureau, mais Elliot le suit. Steven crie après lui que ce n’est pas le moment.

— Je ne peux pas attendre ! aboie Elliot. 

— Vous attendrez !

Il claque la porte de son bureau au nez d’Elliot et prend l’appel de New York. Il exige de savoir qui leur a demandé de lui envoyer ce rapport. Teal ne le lui dit pas, il est soumis à la confidentialité. En colère, Steven raccroche et brise la photo de Betty qu’il a sur la table.


Michael se gare devant le drugstore et monte les marches menant à l’appartement de Glover Street. Rachel en sort au même moment. Michael veut lui parler. Ils se dirigent vers le square tout en parlant. Un grand nombre de personnes présentes les regarde. 

Rachel lui rappelle qu’il l’a embrassée hier. Michael lui dit qu’elle a juste le béguin pour lui. Mais Rachel lui assure que ce n’est pas qu’un simple béguin. Le médecin voudrait qu’elle pense à lui comme à « l’image d’un père ». 

Il l’aidera à faire ses devoirs et à la protéger contre Chandler, mais il n’y aura rien d’autre entre eux.


Au Shoreline Garage, Rodney s’habille pour se rendre à l’anniversaire surprise de Steven. Il est avec Sandy, qui lui dit qu’il s’habille comme s’il allait à des funérailles.

Elle aimerait qu’il ne s’y rende pas, afin qu’ils puissent passer la soirée ensemble. 

— Nous aurons plein d’autres soirées à passer ensemble.

Elle lui dit qu’elle n’aime pas le savoir chez son grand-père, elle a peur qu’il lui retourne le cerveau et qu’il l’oblige à l’éloigner d’elle. Rodney lui répond qu’il prend seul ses décisions et que son grand-père, même s’il le veut, ne pourra pas le manipuler.


Chez les Carson, Elliot se prépare également pour la soirée, tout en conversant avec Constance. Elle noue sa cravate, car visiblement il n’y parvient pas. Elliot pense que la fête de ce soir sera pour annoncer la nomination de Steven au poste de procureur par intérim avant les élections. Il sait par conséquent qu’il a beaucoup de choses à gérer, mais pour lui ce n’est pas une raison pour laisser Chandler s’enfuir. Constance lui demande de ne pas être trop dur vis-à-vis de l’avocat. 

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Eli ramène Rachel à la maison, portant ses livres de classe. Il a fermé le magasin plus tôt aujourd’hui. Ils sont tous inquiets de ce que peut faire Chandler. 

Rachel plaisante au sujet du costume d’Elliot, en lui disant que la dernière fois qu’elle a vu une personne habillée ainsi, c’était pour des funérailles. Cela détend l’atmosphère. Elliot embrasse Constance et s’en va. Eli reste avec sa belle-fille et Rachel pour garder la maison.


Une limousine se gare devant la maison Peyton. À l’intérieur, la fête est déjà commencée. Le chauffeur de la limousine descend pour ouvrir la portière. 

À l’intérieur, Mary se fraye un chemin parmi les invités jusqu’à Martin Peyton.

— Ils sont arrivés.

— Ah !

Peyton suit Mary jusqu’à la porte. Mary ouvre la porte au gouverneur Lewis et à sa femme Adrienne.

— Ah, Adrienne, accueille joyeusement Martin.

Lewis serre la main du vieil homme.

— Martin. Cela faisait longtemps. 

— Lewis. Je suis ravi que vous ayez pu vous libérer du Capitol.

— C’est bon de vous revoir, fait le gouverneur. 

— J’ai appris pour l’incendie, dit Adrienne. J’ai vu que vous aviez modernisé ce vieil endroit. C’est charmant.

— Nous devons cela en grande partie à une charmante jeune femme qui a un goût excellent. 

— Oh, vous voulez parler de la jeune femme de M. Cord ?

— Mmm. Je suis très impatient de vous la présenter. Vous allez l’aimer, Adrienne. Elle a votre style.

— Et moi je suis impatient de la rencontrer, renchérit Lewis. 

— Vous ne serez pas déçu, Lewis. 

Parmi les invités, Elliot est avec Rodney. 

— Il l’a fait, dit Elliot. 

— Quoi ?

— Il a dépassé ses limites ce soir. Le gouverneur, le juge Chester, Carrie, l’éditeur du magazine, Malcolm Connors…

Rodney hausse les épaules.

— Pourquoi pas, après tout ? Ce sont les débuts de Steven. Il le mérite.

— Ça reste à voir. Intelligent, n’est-ce pas, la façon dont le vieil homme s’y est pris pour les invitations. Il peut ainsi masquer l’évidente nature politique de cette soirée. 

Chester s’approche d’eux.

— Bonsoir Elliot. 

— Bonjour, juge Chester. 

Le magistrat se tourne vers Rodney pour le saluer.

— Rodney. Presque toutes les grandes pointures sont ici ce soir.

Martin arrive près d’Elliot.

— Bonsoir, Elliot.

— Bonsoir, monsieur Peyton.

— Rodney, puis-je te parler en privé un moment ? requiert le patriarche.

— Bien sûr. Excusez-moi, Elliot.

Le grand-père et le petit-fils s’éloignent de la foule.

— Rodney, je veux que tu ailles voir à l’étage ce qui retient Betty.

— Elle attend probablement Steven.

— Elle est en retard. Il est impératif qu’elle descende immédiatement pour représenter leurs intérêts. La femme du gouverneur est très impatiente de la rencontrer. S’il te plaît, va à l’étage et vois ce qui se passe. 

— Comme tu veux. 

Rodney monte à l’étage. Peyton se mêle de nouveau aux invités.

Rodney se rend dans la chambre de Betty. Elle porte la merveilleuse robe rouge servant de modèle au portrait. Betty prend le téléphone et compose le numéro du bureau de Steven. Rodney lui dit qu’il va bientôt arriver. 

Il ajoute que si jamais Steven vient à lire le rapport de Blaine, la chose la plus importante, c’est que tout ce rapport n’est que mensonges. Rodney presse Betty de descendre, Peyton veut qu’elle rencontre la femme du gouverneur. 

Betty dit à Rodney que Steven ne pourra pas la croire au sujet du rapport Blaine parce qu’il l’aime. Puis elle se repoudre le nez. Ils descendent tous les deux à la fête, mais à une distance raisonnable l’un de l’autre.

À l’extérieur de la maison, Steven gare sa décapotable et entre dans l’imposante demeure, le visage fermé. Il lève les yeux et la première chose qu’il voit est Rodney et Betty debout côte à côte sur les escaliers. Ils s’observent longuement.

Les invités chantent « Joyeux Anniversaire ». Betty se décide à rejoindre Steven. Elle l’embrasse sur la joue de manière maladroite. 

Peyton porte un toast à son petit-fils Steven. Il ajoute que le gouverneur Lewis attendait de pouvoir le rencontrer. Le juge Jessup n’avait pas tari d’éloges sur lui. Steven salue poliment Lewis.

Peyton suggère à Steven d’aller se rafraîchir avant le dîner. Steven lui dit que ses invités risquent d’attendre très longtemps. Peyton demande à Edward de dévoiler le portrait de Betty. Des murmures admiratifs parcourent l’assemblée. Steven se dirige vers le portrait et le regarde, le visage toujours fermé.


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