Episode 338

Lundi 22 mai 1967

Rencontre dans le parc

Betty Anderson Cord a été mariée une fois à Rodney Harrington. Le mariage a été bref et sans succès. Aujourd’hui, le grand-père de Rodney, Martin Peyton, commence la phase cruciale de son plan machiavélique pour briser l’union de Betty et Steven, et réunir Rodney et Betty afin de maintenir l’héritage de la famille Peyton.

Betty descend les escaliers du manoir Peyton, vêtue d’une magnifique robe rouge, jadis portée par Catherine. Peyton jette un œil furtif aux alentours.


Rodney parle avec Betty du portrait. Il admet qu’il va couvrir le mur nu au-dessus de la cheminée. Rodney lui dit que Steven est maintenant le petit-fils préféré de Peyton. Il est très heureux que Betty ne soit plus sa femme. 

Betty le traite de lâche parce qu’il ne s’est jamais battu pour ce qu’il voulait. Rodney lui répond que plus elle vieillit, plus elle devient avide. Puis il s’en va. 

Peyton rejoint la jeune femme et lui demande pourquoi Rodney ne reste pas pour déjeuner. Il l’invite à déjeuner avec lui. Betty se précipite en courant à l’étage sans même répondre.


La secrétaire actuelle de la fabrique, Mlle Harris, fait entrer Chandler dans le bureau de Leslie Harrington. Chandler est sorti de l’hôpital récemment. Il lui dit que seul son bras lui fait encore mal. Il est en voie de guérison et il pourra revenir travailler à la fabrique d’ici une semaine ou deux. 

Leslie lui rétorque qu’il n’a plus besoin de revenir à la fabrique. Il lui donne des indemnités de licenciement et lui suggère fortement de quitter la ville. Il ajoute qu’Elliot sait que son vrai nom est Forrest. 

Leslie offre un bon paquet d’argent pour qu’il quitte la ville, mais Chandler refuse. Le patron de la fabrique lui demande de sortir de son bureau et de ne plus revenir. Chandler lui rétorque qu’il peut utiliser son nom comme une référence à un passé peu glorieux. 

Chandler s’en va tandis que Lee entre précipitamment. Le chauffeur de Peyton dit au directeur de la fabrique que M. Peyton veut le voir. Leslie lui répond qu’il a encore des affaires à régler avant et lui demande d’attendre devant les grilles de la fabrique.


Le Dr Rossi se trouve avec Constance et Elliot chez les Carson. Elliot informe le médecin que Rachel est allée voir Chandler à l’hôpital. Elliot n’a aucun contrôle sur Rachel parce qu’il n’est pas son père. Il a essayé de la préserver de Chandler. 

Michael pense qu’elle devrait aller à l’école dans une autre ville afin de ne pas subir l’influence de Chandler. Elliot n’est pas de cet avis. 

— Je ne pense pas l’envoyer loin d’ici. Pas maintenant. 

— Pourquoi, pas maintenant ? Parce qu’elle pourrait trouver quelque chose sur Chandler que vous essayez de trouver sur lui, s’emporte Mike. 

— Je vais juste oublier que vous avez dit ça. 

Michael lui reproche de ne pas envoyer Rachel dans une autre ville uniquement dans le but qu’elle puisse l’aider à déterrer le passé de Chandler.


Norman conduit une vieille décapotable rouge. Il reconduit Rita chez eux. Il la porte pour monter l’escalier menant à l’appartement. Il la dépose sur le lit et pose une couverture sur ses jambes. Ils s’embrassent.


Lee Webber conduit Leslie dans le parc, en limousine. Peyton attend sur un banc.  

— Nous voilà arrivés, informe le chauffeur.

Leslie est étonné de rencontrer le vieil homme au parc, et non chez lui.

— Que se passe-t-il ?

Lee secoue la tête : 

— Ça, je n’en sais rien, M. Harrington.

Lee sort de la limousine et fait le tour pour ouvrir la porte à Leslie.

— Qu’est-ce qu’il fait ici ? s’enquiert le patron de la fabrique.

— Il doit certainement faire une petite bronzette. Mais je sais qu’il déteste attendre. Il vaudrait mieux aller le voir immédiatement.

Leslie se dirige vers Martin, qui l’accueille avec une bonne humeur inhabituelle de sa part :

— Oh, bonjour Leslie. Superbe journée.

— Que voulez-vous ?

— Regardez autour de vous. Que voyez-vous ? L’innocence de la jeunesse. La vie qui bourgeonne à chaque branche des arbres. Quoi de plus symbolique pour le commencement de notre nouvelle relation !

— Je ne sais pas de quoi vous parlez.

— Eh bien, vous devriez. Vous avez lu mon testament.

— Quel genre d’accusation est-ce là ?

— Pas de mascarade, Leslie. Betty m’a dit comment vous l’avez fait chanter pour obtenir le document.

— Je n’aurais jamais eu recours à cette pratique si vous ne m’y aviez pas forcé. 

Martin rit.

— C’est vraiment la seule pratique qui vous convient, Leslie. Le point important, c’est qu’après cinquante ans de bataille royale, nous avons finalement un but en commun.

— Vous voulez que Rodney hérite de vos biens ?

— Oui, c’est bien ce que je veux. 

— Alors, pourquoi ne pas les lui laisser tout simplement ?

— Parce qu’il n’arrivera pas à les gérer.

— Moi, je pourrais, affirme Leslie.

— Oui, Leslie, vous le pourriez. Je n’ai jamais douté de vos capacités administratives, seulement de votre intégrité.

— Et vous pensez être intègre en nommant Betty bénéficiaire si elle quitte Steven et se remarie avec Rodney ? Votre cerveau devrait être envoyé dans un sanatorium. Une équipe de scientifiques devrait l’examiner. 

Cette remarque fait de nouveau rire le vieil homme.

— Vous faites objection à mon testament ?

— Je ne vois pas de raison pour eux de se remarier.

— Mais ce n’est pas ce que je vous ai demandé.

— Ce testament va devenir votre épitaphe. Il va offrir au monde la véritable personnalité de Martin Peyton. Un homme totalement corrompu, sans conscience ni compassion.

— Bel essai, Leslie, ricane Martin. Mais je ne suis pas vraiment intéressé par mon image de marque. Particulièrement après ma mort. Les conditions de mon testament sont définitives.

— Et si vous mourrez demain ?

— Le destin fera son travail. Si mon heure vient avant que Rodney et Betty ne soient ensemble, alors ma fortune tant convoitée risque d’être irrémédiablement perdue. Perdue pour vous, gagnée par les œuvres de charité.

— Vous êtes cinglé.

— Ma fortune a été bâtie sur une succession de jeux de hasard. Pourquoi ne pas tout remettre en jeu ? Allons-nous unir nos forces pour garder cette fortune dans la famille, où allons-nous regarder cette fortune s’évanouir dans la nature ?

— Que voulez-vous que je fasse ?

— Aidez-moi à détruire le mariage de Steven et Betty.

— Pourquoi est-ce si important pour vous que Rodney se marie avec Betty ?

— Parce que Betty est le genre de femme dont Rodney a besoin pour qu’il devienne un homme accompli. Mais le plus important, c’est qu’elle vous déteste, Leslie. Vous ne pourrez jamais contrôler Betty de la façon dont vous avez contrôlé Rodney.

— Très habile, admet Leslie. 

— Je le pense aussi.

— Pourtant vous m’avez nommé administrateur des biens jusqu’aux trente ans de Betty. Ce qui veut dire que j’ai le temps de consulter des tas d’avocats. Si vous êtes tellement déterminé à m’empêcher tout contrôle sur vos biens, alors pourquoi m’avoir nommé administrateur ?

— Eh bien, c’est un jeu que je n’aime pas. Mais je voulais avoir l’assurance de votre aide. 

— Je vois. Vous avez tout prévu, n’est-ce pas ? 

— Bien sûr. 

— Aucun des deux ne voudra briser leur mariage.

— C’est pourquoi j’ai besoin de vous.

— Donc vous voulez que je mette la pression sur Steven. Le frapper de plein fouet avec le rapport de Blaine. Et lorsqu’il découvrira que Betty a eu une relation illicite avec un inconnu, cela lui sera insupportable de rester avec elle. 

— C’est précisément cela.

— Je veux une garantie.

— Vous l’avez, elle est écrite.

— Vous pouvez changer cet écrit. Si Rodney et Betty se remettent ensemble, vous pouvez me retirer l’administration de vos biens.

— Oui, je le pourrais. Mais vous m’aiderez quand même. Parce que c’est votre dernière chance de mettre la main sur la fortune que vous avez toujours convoitée avant même de vous marier avec ma fille… Bien, je vous aurais bien ramené à la fabrique, Leslie, mais je suis sûr que vous préférez y retourner à pied par cette belle journée.

— Comme vous me connaissez bien, Martin.

— En effet. 

Webber tend des gants à Peyton.

— Allons-y, Webber. 


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