Episode 323

Mardi 28 mars 1967

Crime et châtiment

Rachel Welles est de retour au sanctuaire de la maison Carson, emportant avec elle la crainte secrète d’avoir tué Jack Chandler. Jack Chandler, l’homme à qui elle a voulu échapper en venant à Peyton Place. Chandler l’a suivie jusqu’à la vieille ferme. Dans un moment de terreur, elle l’a frappé à la tête avec un lourd chandelier. Elle l’a vu tomber à terre. Dans l’esprit de Rachel, l’idée de la légitime défense n’a pas encore pris forme. Tout ce qu’elle voit pour l’instant, c’est qu’à cause d’elle, une vie humaine est peut-être enlevée.

Rachel marche dans le square recouvert de neige. Dans la vitrine de la librairie est exposé le livre « Crime et Châtiment » de Fydor Mikhailovich Dostoïevsky, publié en 1866.


Rachel entre dans la librairie et s’entretient brièvement avec Constance sur ce qu’est la littérature classique. Rachel demande si la littérature classique est un peu comme la Bible, Constance lui répond qu’un roman raconte généralement une seule histoire, avec un ou une héroïne. Constance lui raconte l’histoire du livre « Crime et Châtiment ». Dans son esprit, la jeune fille associe l’histoire du livre à celle qu’elle vit en se demandant si elle n’a pas tué Chandler. Elle se garde de le dire à Constance et se contente de la remercier de lui avoir raconté l’histoire.

La jeune fille semble extrêmement intéressée par l’histoire, si bien que Constance lui suggère de prendre le livre et de le lire. 

En aidant Constance à mettre les livres dans la vitrine, Rachel aperçoit Chandler sur le trottoir, en train de les observer. Il porte un bandage sur le côté droit de son crâne, dû au coup infligé par Rachel avec le chandelier.

Il salue les deux femmes d’un geste, et s’éloigne. Rachel est choquée en le voyant, elle sait maintenant qu’il est toujours en vie. 


Dans sa chambre, au manoir, Martin Peyton se regarde dans le miroir. Steven Cord frappe à la porte et entre. Ils ont prévu de se rendre à la fabrique pour voir Leslie. L’avocat n’aime pas l’idée de devoir être conduit par Lee Webber, aussi dit-il qu’il fera le trajet avec sa voiture personnelle. Il ne veut pas être conduit par l’homme qui a tué sa sœur jumelle.

Peyton lui demande d’aller voir Lee et de lui dire de mettre le chauffage dans la voiture, pour qu’elle puisse être à bonne température lorsqu’il y entrera. 

Lee entre dans la maison et emprunte les escaliers tandis que Steven descend. Le nouveau chauffeur est venu apporter le manteau à Martin. 

Steven lui dit qu’en tant que chauffeur, il n’a pas le droit de franchir les marches de l’escalier. Il prend le manteau des mains de Lee, et lui communique les instructions de Peyton. Lee lui répond que le chauffage est déjà mis.

À nouveau, Steven lui dit qu’il n’est pas le bienvenu dans cette maison.

— Tant que M. Peyton voudra de moi, je serai là, répond Lee.

— Le temps que vous passerez ici, et je suis sûr qu’il sera court, ne m’approchez pas. Et n’approchez pas ma femme.

Lee redescend et Steven remonte apporter le manteau à Peyton. Pour tenter de raisonner le vieil homme, l’avocat lui dit que Lee a menti lorsqu’il lui a raconté que son frère voulait se suicider, alors qu’en réalité, il voulait le tuer et qu’il a envoyé Steven à sa place pour le confronter. Chris étant aveugle, il pensait tirer sur Lee, et il a failli tuer Steven à la place.

Peyton n’est pas impressionné par l’histoire. Chris Webber n’a pas été arrêté, cela prouve que l’histoire n’était pas si grave que ça. 

Avant de partir, Peyton ordonne à Steven (qui prend sa voiture personnelle) de ne pas être en retard au rendez-vous.


À la fabrique, Leslie dicte une lettre à sa secrétaire. Il lui demande de l’envoyer à Chandler. La secrétaire sort du bureau et fait entrer Chandler. Leslie demande à Chandler s’il a quelque chose à dire avant d’être renvoyé. 

Chandler ne comprend pas pourquoi Leslie veut le licencier. Le directeur de la fabrique lui dit qu’il ne veut pas de problème avec Elliot Carson. Or ce dernier, qui n’est plus venu à la fabrique depuis très longtemps, s’est pointé ici et lui a reproché d’avoir engagé Chandler. S’il a fait le déplacement jusqu’ici, c’est qu’il a de bonnes raisons d’en vouloir à Chandler.

Ce dernier se défend. Il tourne la situation à son avantage. D’abord, il lui dit que sa nièce portait sur elle le bracelet d’Allison et que Carson pense qu’il a quelque chose à voir avec la disparition de sa fille. 

Puis il lui dit que les Carson ont intérêt à le voir partir, car ils ont pris chez eux Rachel et ils ont peur que Chandler veuille la récupérer. Il ajoute qu’il est très lié à sa nièce par alliance. 

À demi-mot, il menace Leslie à propos du deal qu’ils ont passé vingt ans plus tôt. 

— Si quelqu’un d’autre n’avait pas tué Elizabeth Carson, j’aurais empoché mes gains. 

— Est-ce une menace ? aboie Leslie. Vous pensez que j’ai peur de vous ? 

Il saisit le combiné du téléphone et met Chandler au défi d’appeler la police. Chandler secoue la tête :

— Vous savez pertinemment qu’ils ne me croiront pas après toutes ces années. 

Leslie veut le mettre à la porte de son bureau, mais Chandler plaide encore sa cause. Il dit qu’il a toujours joué franc-jeu avec lui. Il n’a jamais parlé aux flics et n’a jamais essayé de le faire chanter avant. Tout ce qu’il veut, c’est gagner de l’argent et il a besoin de ce job.

Leslie accepte de le garder, mais le prévient que si jamais Elliot Carson trouve quelque chose contre lui, la moindre chose, il le renvoie illico. Chandler est soulagé et remercie Leslie.


Au square, deux femmes sortent d’un magasin. Chandler est assis sur un banc. Il se lève et se dirige vers la librairie. Il salue Constance. Il prend le chiot de Rachel dans ses bras et le caresse. 

Il souhaite avoir un exemplaire d’un magazine sur la pêche qui coûte 35 cents. Il veut savoir ce qu’il a fait ce matin pour que Rachel soit bouleversée de la sorte, lorsqu’elle l’a aperçu depuis la vitrine. 

Constance lui dit d’oublier ça. Mais Chandler insiste. Il ne voit pas ce qu’il a pu faire pour la bouleverser de la sorte. Il dit que Rachel est quelqu’un qui a du mal à contrôler ses émotions. Un jour, elle le déteste, et le lendemain elle pourrait lui préparer un gâteau. Il se fait passer pour la victime. 

Tandis que Chandler quitte la librairie, Rodney manque de le heurter sur le trottoir. Ils se regardent un moment, mais ne se parlent pas. Rodney poursuit son chemin et monte à l’appartement voir Norman. 

Rodney dit à Norman que son père est venu le voir et lui raconte leur conversation. Pour une fois, Norman donne raison à son père. Rodney fait un peu n’importe quoi de sa vie. 

— Pourquoi tu ne te maries pas ? Tu es fait pour une vie de famille.

— Ça te va bien de dire ça. Toi, tu as Rita. 

Le visage de Norman se transforme en un masque de tristesse. Il raconte son entrevue avec le Dr Rossi. Rita a une maladie au cœur. Elle devra faire des examens toute sa vie, elle devra éviter toute émotion intense et tout effort physique. 

Rodney est désolé d’apprendre ça. Il lui dit qu’il fera tout ce qu’il peut pour aider Rita. Si elle a besoin d’argent pour les soins, il est prêt à faire des heures supplémentaires au garage. 

Norman se met à pleurer. Il se fait un sang d’encre pour Rita. Rodney pose une main sur son épaule pour le consoler. 


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