Mardi 14 février 1967
Le retour du Dr Rossi
Une tempête de neige a frappé Peyton Place la nuit dernière. Une neige fraîche et blanche semble recouvrir la tragédie du non-voyant Chris Webber, que Steven Cord a placé dans un bus intercontinental. Un bus qui va conduire le jeune Chris vers une nouvelle vie. Aujourd’hui, tandis que le soleil illumine le square, Eli Carson a déblayé la neige. Un geste simple qui signifie beaucoup pour celui qui a quitté la petite ville et qui a pris la décision d’y revenir.
De retour de New York, le Dr Michael Rossi conduit sa voiture, passe devant l’auberge du Colonial Post et du Town Hall et se gare devant le Clarion, près du General Store d’Eli.
Le Dr Rossi sort de sa nouvelle voiture de sport rouge. Content de revoir le médecin, Eli l’invite à entrer un instant au Clarion pour prendre une tasse de café.
Pendant ce temps, Michael demande à Eli de lui raconter les derniers potins de la ville. Eli lui parle donc de l’incendie du manoir Peyton, et de l’emménagement de Steven et Betty dans la demeure. Mike est conscient d’avoir manqué de nombreux événements.
— Et Rachel, demande-t-il. Comment s’en sort-elle ?
— Vous lui avez beaucoup manqué, se contente de répondre Eli.
Il est en tout cas très heureux du retour du médecin. Et Michael de répondre qu’il est très heureux d’être de retour. Eli lui demande pourquoi il a quitté la ville si soudainement. Mais Michael ne lui offre qu’une réponse vague avant de partir.
Dans son bureau, Steven Cord regarde par la fenêtre tout en parlant à Sandy de son divorce.
Il lui dit qu’il est trop occupé pour prendre cette affaire de divorce. Cependant, il veut bien lui donner le nom d’une paire d’avocats compétents pouvant s’occuper d’elle.
Mlle Nolan appelle Steven à l’interphone :
— Votre femme est ici, monsieur Cord.
Sandy sort du bureau et rencontre Betty au secrétariat. Elle apprend que les Cord déménagent au manoir Peyton aujourd’hui. Sandy dit au revoir et s’en va.
Betty entre dans le bureau de Steven et dit à son mari qu’elle ne peut pas concevoir Rodney avec Sandy.
— Est-ce que je suis comme Sandy ? demande-t-elle.
Steven dit à Betty qu’il l’aime telle qu’elle est. En réponse, Betty lui dit qu’elle l’aimera toute sa vie. Il prend le visage de sa femme dans les mains et l’embrasse.
Mary ouvre la porte et souhaite la bienvenue à M. Peyton. Il rentre de l’hôpital.
Peyton dit à Thomas de mettre la voiture de côté. Mary lui demande si elle peut faire quelque chose pour lui. Il la remercie pour sa bienveillance.
Steven descend les escaliers du premier et souhaite un bon retour au manoir à son grand-père. Peyton lui demande s’il a déjà emménagé ici. Il répond que oui.
Peyton s’assoit sur le fauteuil roulant motorisé et entreprend de faire le tour de la pièce. Le vieil homme est stupéfait de voir que le travail a avancé aussi vite. Betty entre :
— Bon retour à la maison, monsieur Peyton !
Peyton se tourne vers elle :
— Bien, Betty. Quelle surprise !
Peyton mentionne l’échiquier et Betty lui demande de lui apprendre à jouer aux échecs. La sonnette de l’entrée retentit.
— J’y vais, dit Betty.
Mais Peyton la retient :
— Betty, la reine ne fait jamais le premier mouvement. Ce sont les cavaliers qui bougent en premier.
C’est donc Mary qui ouvre la porte et fait entrer Leslie Harrington, venu parler à Martin. Le vieil homme se tourne vers Leslie :
— Je ne suis pas d’humeur à discuter avec quelqu’un qui n’est pas le bienvenu ici.
Leslie est hostile :
— Je n’ai pas l’intention de laisser mes fils se faire avoir par ce… cette erreur de la nature.
Il veut bien évidemment parler de Steven.
— Je me rappellerai ces, mots, monsieur Harrington, le prévient Steven.
Leslie se tourne vers Martin et lui dit, au sujet de Norman et Rodney :
— Comment pouvez-vous les oublier ? »
— Vous avez une position privilégiée à la fabrique, Leslie. Vous êtes un homme important dans cette ville. Vous aviez tout ce que vous voulez lorsque vous étiez marié à Catherine. N’espérez pas davantage de moi.
— Vous savez très bien de quoi je parle, Martin.
Leslie refuse catégoriquement que la fabrique fasse les tentures pour la nouvelle décoration du manoir que Peyton lui demande de faire.
Puis il s’en va. Steven dit à Betty qu’elle devra faire appel à une autre fabrique de textile pour le matériel.
La sonnette de la porte d’entrée retentit chez les Carson. C’est le Dr Rossi. Il offre à Rachel une boite en carton avec un petit chiot à l’intérieur.
Il informe les Carson qu’il a été promu chef du personnel de l’hôpital de Peyton Place.
Elliot va à la cuisine sortir une bouteille de champagne pour fêter l’événement. Michael parle en privé à Constance.
— Tu n’es vraiment pas heureux de pratiquer ici ? demande Constance.
— C’est juste qu’à New York, il y a beaucoup d’argent disponible pour la recherche.
— Et à New York, il y a plus d’endroits pour se cacher.
Au Restaurant « Le village Italien », un enfant se goinfre de spaghetti. Rodney emmène Rachel dîner pour leur premier rendez-vous.
— Est-ce que tu avais l’habitude d’emmener Allison ici ? demande soudainement la jeune fille.
— Non Rachel.
Rodney est mal à l’aise de devoir parler d’Allison à Rachel et s’empresse de changer de sujet :
— C’était amusant de patiner ce soir, n’est-ce pas ? La glace était lisse comme du verre.
— Pourquoi ne l’as-tu jamais emmenée ici ? insiste Rachel.
— Doit-on vraiment parler d’Allison ?
— Oui.
— Pourquoi ?
La serveuse apporte les plats.
— Nous ne parlons jamais d’elle, Rodney. Uh…
Elle regarde son assiette. Rodney fronce les sourcils :
— Quoi ?
— Les spaghetti me font penser à la ferme. Nous mangions des spaghetti froids tous les jeudis soir. Et Chandler avait l’habitude d’attendre que nous ayons fini la vaisselle pour venir dans la cuisine, enlever son tee-shirt et se raser dans le lavabo. Moi et tante Lucy…
— Tante Lucy et moi, corrige gentiment Rodney.
— Tante Lucy et moi avions l’habitude de rester debout et de le regarder.
— Pourquoi me racontes-tu cela ?
— Je sentais que je devais le faire. Le sentiment que je devais te dire quelque chose que je n’ai jamais dit à personne.
— Que veux-tu savoir sur Allison ?
— Eh bien, les Carson sont si gentils avec moi. Il n’y a pas pu y avoir de problèmes.
— Il n’y en avait pas.
— Était-elle trop gâtée ?
— Non
— Eh bien, je ne comprends pas pourquoi elle est partie.
— Elle était… Elle avait fait une dépression. Elle était malade.
— C’est ce que tout le monde dit, mais je ne crois pas que cette version.
— Oh, c’est la vérité.
— Les Carson sont des gens tellement charmants. Comment pouvait-elle faire une dépression ?
— C’était une fille illégitime.
Rachel est surprise :
— C’était quoi ?
— M. et Mme Carson n’étaient pas mariés quand Allison est née, explique le jeune homme.
— Je sais ce que le mot veut dire. Je suis simplement surprise !
— M. Carson était marié à quelqu’un d’autre. Elle a été tuée. Et il est allé en prison. Bien des années plus tard, ils ont découvert qu’il était innocent. M. et Mme Carson ne sont mariés que depuis deux ans. Et ce n’est pas tout. Il y a plus. Tu vois, Mme Carson conservait une photographie d’un homme sur la cheminée. Elle avait raconté à Allison qu’il était son père et lui avait dit qu’il était mort.
— Tu veux dire que Mme Carson a menti ?
— Elle l’a fait pour protéger Allison. Et peut-être que cela aurait aidé Allison si elle l’avait su plus tôt.
— Tu penses que tu es quelqu’un pendant si longtemps et puis tu découvres que tu es quelqu’un d’autre, dit Rachel d’un air pensif.
— Tes spaghetti doivent être bons et froids et prêts à être mangés maintenant.
Chez les Carson, Michael dîne avec Constance et Elliot. Le médecin leur raconte que sa sœur à une chienne qui vient juste d’avoir des chiots.
Il en a apporté un pour Rachel. Il sort le chiot de la boite et s’excuse en même temps pour leur créer des ennuis avec cet animal domestique. Elliot sourit :
— Maintenant, nous voilà avec deux enfants.
Le dîner se termine et le Dr Rossi ouvre la porte pour partir. Elliot lui dit de rouler prudemment.
Rodney arrive juste au moment où Michael s’en va. Il ramène Rachel à la maison. Rachel se précipite vers le Dr Rossi et le salue par une étreinte.
En riant, Michael lui dit d’aller doucement avec le fragile vieil homme qu’il est.
— Et quand le fragile vieil homme est-il revenu ? demande Rodney.
Rachel demande à Michael si elle peut le voir demain. Il accepte tout en corrigeant sa grammaire. Rachel entre dans la maison.
Rodney souhaite la bienvenue au Dr Rossi et lui demande si sa voiture est neuve. Michael lui répond que oui.
Il fait observer qu’il est bon pour Rachel de sortir avec des jeunes personnes. Il demande à Rodney s’il a bien pris soin d’elle. Rodney pense que Michael est jaloux et le lui dit. Le médecin s’en défend.
Il monte dans sa nouvelle voiture de sport rouge et démarre, tandis que Rodney entre dans la maison.





