Episode 312

Lundi 13 février 1967

Coups de feu

Lee Webber a plus d’une corde à son arc. Dans un jeu tout à fait extraordinaire, il a décidé de ne pas révéler à son frère aveugle, Chris, que ce dernier est déterminé à le tuer. De plus, Lee manipule Steven Cord avec savoir-faire.

Lee attend sur le quai Steven Cord.


Steven Cord est sur le quai avec Lee Webber.

— Merci d’être venu, Steven.  

— Que se passe-t-il ? s’enquiert l’avocat d’un ton peu amène.

— Sandy et moi avons eu une nouvelle dispute, ment Lee. Chris était dans la pièce à côté. Tout d’un coup, il est venu vers moi, balançant sa canne et criant. Il l’a cassée et a commencé à pleurer. C’était horrible. Et ce n’est pas tout, Steven. Maintenant, il ne veut même plus me parler. J’ai peur. Il a ce revolver et il a dit qu’il ne voulait plus continuer à vivre.

— Où est Sandy ?

— Je ne sais pas. Mais s’il se fait du mal, Steven, je pourrais prendre ce revolver et le pointer sur moi. J’ai détruit sa vie. J’ai détruit sa vie.

— Très bien, épargnez-moi ça, Lee.

— Écoutez, peut-être que vous arriverez à le raisonner. Il vous écoutera. Oh, je sais que vous ne le pensez pas, Steven. Mais il vous respecte.

— J’ai dit épargnez-moi ce couplet, répète Steven pour qui les paroles de Lee n’ont aucun crédit. Maintenant, vous allez chez Ada. Je vous téléphonerai si j’ai besoin de vous.

— D’accord. Voici la clé de la porte d’entrée. Il s’est probablement enfermé à clé dans sa chambre.

Steven prend les clés et se rend chez les Webber. À l’intérieur, Chris attend toujours Lee, l’arme pointée devant la porte. Steven ouvre la porte. 

Pensant qu’il s’agit de Lee, Chris fait feu sur Steven. Il érafle le manteau de l’avocat. Il tire à nouveau, mais manque Steven, qui s’identifie immédiatement. 

Chris lui dit qu’il pensait que c’était Lee. Lee doit être détruit avant qu’il ne continue à faire du mal autour de lui. Steven lui dit que c’est son avocat et qu’il ne va rien faire ni dire.

Sandy, qui a entendu les coups de feu, se précipite à l’intérieur de la maison Webber. Lee l’attrape. Sandy hurle : 

— Chris ! 

Le sergent Edward Goddard et l’officier Baxter arrivent rapidement. Ils frappent à la porte. 

— C’est la police, ouvrez ! ordonne Goddard

Steven ouvre la porte. Les policiers voient Chris assis sur le sofa.

—  Très bien, quel est le problème, monsieur Cord ? Est-ce que ça va, Chris ?

— Il n’y a pas grand-chose à voir, dit Steven. Le revolver est là.

Goddard fronce les sourcils :

— Monsieur Cord, est-ce que ceci a quelque chose à voir avec l’enquête sur la mort d’Ann Howard ?

— Je ne comprends pas.

— Une dispute de famille. Quelque chose comme un type qui témoigne contre son frère, explique Goddard.

Il se tourne vers son coéquipier : 

— Baxter, fais venir Lee Webber.

— D’accord.

Dehors, Sandy attend dans l’angoisse.

— Je peux entrer ?

Baxter ne fait entrer que Lee. Goddard prend les choses en main :  

— Avez-vous téléphoné à Steven Cord ce soir ?

Lee bredouille : 

— Eh bien, je…

— Vous l’avez fait ou pas ? s’impatiente l’agent.

— Oui. Oui je l’ai fait. 

— Et que lui avez-vous dit ?

— Vous n’êtes pas obligé de répondre aux questions, fait Steven.

— Je sais… J’ai téléphoné à M. Cord pour lui dire que Chris avait un revolver.

— Et que vous aviez peur, ajoute l’avocat. 

— Peur de quoi ? s’étonne Goddard. 

— Que m’avez-vous dit pour que je me déplace jusqu’ici ? demande Steven à Lee.

— Que Chris avait menacé de se suicider. 

— Comment saviez-vous ça ?

— Je l’ai vu depuis la fenêtre. Il parlait tout seul. Ça n’avait aucun sens. Il ne voulait même pas me laisser entrer. (à Chris) Tu n’as pas essayé de tirer sur Steven, au moins ?

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça, Lee ?

— Le trou dans votre manteau.

— Le coup est parti par accident, explique l’avocat. Vous avez absolument raison, Lee. N’est-ce pas Chris ? C’était un accident.

— Oui. C’était une erreur, finit par dire Chris.


Chez les Carson, Elliot entre dans la chambre de Matthew. Constance est assise et écrit.

— Oh, je pense qu’il est un peu tard pour faire une liste des provisions, dit-il. 

Constance sourit : 

— Retourne au lit. Il est toujours endormi. 

— Tu peux toujours te moquer de moi. Que fais-tu ici, toi ? (il lit ce qu’elle a écrit) : « Mike R. pour P. Définitif. Peut-être Betty Cord pour M. » Ça veut dire quoi P. et M. ?

— Parrain et marraine. Je suis en train de prévoir le baptême de Matthew. 

— Es-tu en train de me dire que tu es sortie du lit chaud et douillet en pleine nuit uniquement pour planifier le baptême de Matthew ?

— Ne dis pas « uniquement ». C’est très important.

— Bien sûr que c’est important. Mais pourquoi cette hâte ? C’est comme faire sa liste de Noël le 14 juillet. Ne pense pas un instant que je vais les laisser verser de l’eau froide sur le visage de Matthew par une telle température. 

— Ils ne versent pas, ils parsèment. Et ce sera une église chauffée. 

— Avec quinze centimètres de neige sur le sol. 

— Ça se passera dans une église chauffée.

— Ce n’est pas tant l’église. Il fait froid dehors.

— C’est Elliot Carson qui parle… celui qui va initier très tôt son fils aux règles du football ?

— Mais pas avant qu’il ne sache marcher.

— De toute façon, on ne peut pas prévoir de date tant que Mike n’est pas revenu. Je lui enverrai la première invitation.

— Oh la la… tant de précipitation pour le baptême de Matthew !

— Lorsque j’ai eu Mike au téléphone, il avait une voix bizarre. 

— Tu m’as dit qu’il avait une voix très enjouée. 

— Trop enjouée. J’avais l’impression que lorsqu’il m’a dit qu’il restait à New York quelques jours supplémentaires, il essayait en fait de retarder son retour ici.

— Oh, je vois, et tu utilises Matthew comme appât.

— En tant que parrain de Matthew, il peut difficilement refuser de revenir pour le baptême.

— Bien sûr, le sens des responsabilités.

— Tu ne penses pas que c’est juste ?

— Juste ? Je pense que c’est ingénieux. Terriblement ingénieux.


À l’appartement, Rita lit tandis qu’arrive Norman. Il l’embrasse. Il revient de l’école et dit qu’il a besoin d’encouragements. Mais Rita pense qu’il a surtout besoin de se reposer. 

Norman est sur les nerfs, il traverse une crise existentielle, se demandant qui il est et ce qu’il va faire de sa vie. 


Au poste de police, Chris, Ada, Steven et Sandy sortent de la salle d’interrogatoire. 

Chris remercie Ada d’avoir menti pour lui au sujet de l’arme. Ada embrasse Chris et lui demande de prendre soin de lui. Steven offre de la raccompagner, mais elle préfère marcher. Elle a besoin d’air frais. 

Chris décide de quitter Peyton Place dès ce soir. Il n’aime pas laisser Sandy seule avec Lee, mais elle lui dit de ne pas s’inquiéter, elle n’a plus peur de Lee. 

Lee Webber sort du tribunal et se dirige vers le square. Ada, Chris, Steven et Sandy sortent du poste de police. 

Chris attend pour prendre le bus pour Boston. Il se rendra ensuite à New York, puis à Los Angeles. Il est conscient que le barreau désapprouve les avocats qui ont tenté de commettre un meurtre. 

Chris ne regrette pas d’avoir voulu tuer Lee. Il veut que Sandy vienne avec lui, mais elle ne veut pas partir. 

Steven demande à Chris ce qu’il va faire en Californie. Il pense trouver un emploi de pianiste dans un bar. 

Le bus arrive en face du tribunal et Steven aide à faire monter Chris à l’intérieur. Chris s’engouffre dans le véhicule sans avoir embrassé Sandy pour lui dire au revoir. Le bus indique « Boston » sur le pare-brise. Le véhicule s’en va. 

Lee observe la scène sans se montrer. 

Steven dit à Sandy qu’il va faire une réservation de chambre à l’auberge pour elle. Sandy se dirige vers le Colonial Post. 

Lee s’approche finalement de Steven et lui demande où Chris est parti. Steven attrape Lee par le col et l’accuse d’avoir tué Ann Howard. Puis il retourne à sa voiture et démarre.

À l’auberge, le réceptionniste demande à Sandy où sont ses bagages lorsque Rodney arrive. Elle demande à Rodney s’il a entendu parler des coups de feu et l’informe que Steven lui a réservé une chambre ici. 

— La vie continue, Sandy, philosophe Rodney. 

Sandy lui dit qu’elle a besoin d’une brosse à dents. Rodney lui conseille de traverser la ville pour trouver un drugstore ouvert la nuit. 

Elle demande à Rodney de rester avec elle. Rod lui rappelle qu’elle est toujours mariée à Lee. 

— Est-ce de Lee dont tu as peur, ou de moi ? lui demande-t-elle. 

Pour toute réponse, Rodney lui dit d’aller dans sa chambre et d’y rester. Puis il va s’asseoir sur un banc, dans le vestibule de l’auberge.


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