Lundi 9 janvier 1967
L’incendie
Hannah Cord quitte la ville. La femme qui pendant vingt-huit ans s’est posée comme la mère de Steven Cord avant de révéler que Catherine Peyton était la mère de Steven. Maintenant, elle doit remettre de l’ordre dans sa vie. Elle est allée voir Steven probablement pour la dernière fois de sa vie et a réalisé qu’elle ne pouvait pas contrôler la haine qu’il éprouve à son égard. De cette manière, le seul lien de sa vie, sa relation avec Steven, prend fin. Il y a encore une petite chose qu’Hannah Cord doit faire.
Hannah porte un grand sac noir, et marche jusqu’à la porte d’entrée du manoir. Elle entre, regarde autour d’elle et se dirige vers le sommet des escaliers tandis que la serveuse, Mary, vient la saluer.
Mary informe Hannah que M. Peyton ne veut pas être dérangé. Une manière pour le vieil homme de ne pas vouloir dire au revoir à sa gouvernante. Hannah demande à Mary de dire à Thomas qu’elle est bientôt prête. Mary dit au revoir à Hannah avant de quitter la pièce.
Hannah regarde autour d’elle, peut-être pour la dernière fois, puis se dirige près de la cheminée et brûle le portrait de Catherine.
Au magasin général, Eli prévoit de la neige pour demain. Il se trouve avec Norman et Rachel. Eli prête à Rachel son exemplaire de l’almanach de Richard Poor et elle promet d’en prendre grand soin. Elle mange une pomme, tout en parlant à Eli de l’almanach du fermier.
Betty et Steven roulent en direction du manoir. Steven compte retourner le chèque à Hannah. À noter que les effets spéciaux de cette scène sont très bien réalisés pour l’époque.
— Il devrait neiger bientôt, fait remarquer Steven.
— Tu crois ?
— Les hivers tardifs me contrarient, je ne sais pas pourquoi.
— Steven, j’ai dit à ta mère… (elle se reprend) j’ai dit à Mme Cord que tu ne voulais pas prendre l’argent de la maison.
— Je suis sûr que tu l’as fait. Mais elle sait insister, n’est-ce pas ?
— Elle a dit que même si elle n’a jamais été ta mère, tu seras toujours son fils.
— Elle ne peut s’empêcher d’ajouter des insultes aux injures. Elle est bizarre.
— Et si elle est déjà partie ? Elle a dit que son avion partait ce soir.
— Eh bien, nous découvrirons où elle est allée, et je lui enverrai le chèque par courrier.
— Elle a parlé de toi.
— Oh, Mme Cord est très fière de son petit garçon ! raille Steven.
— Elle paraît tellement bien organisée.
— J’imagine.
— Elle a dit qu’elle laisse tout derrière elle.
— Elle savoure sa misère, Betty.
— Elle m’a dit qu’elle a vendu la maison, juste comme ça. Et elle m’a tendu le chèque, la somme entière de la vente. Steven, j’ai peur de ne pas avoir su comment gérer cela.
— On s’en sortira, rassure l’avocat. Nous allons lui rendre ce chèque. Nous n’avons pas à accepter les faveurs de Mme Cord.
Betty et Steven arrivent au manoir Peyton et se garent devant la porte d’entrée. Ils voient le salon en feu. Steven prend les choses en main :
— Va jusqu’à la maison de l’autre côté de la rue et appelle les pompiers et Rossi.
Betty sort de sa voiture et se précipite vers Steven, qui est déjà sur le point d’entrer dans la maison.
— Steven, n’y va pas ! supplie-t-elle.
Steven est paniqué. Il appelle Martin et Hannah.
— Monsieur Peyton ! Mère ! Mère !
Il n’obtient pas de réponse. Il se tourne vers Betty.
— Fais ce que je t’ai dit.
Il appelle de nouveau, en vain :
— Mère ! Monsieur Peyton !
Il décide d’agir en espérant qu’il ne est pas trop tard. Il brise la vitre d’une fenêtre avec son coude, atteint l’intérieur et déverrouille la porte. Il entre précipitamment.
— Mère ! Monsieur Peyton ! Mère ! Monsieur Peyton ! Mère ! Mère ! Monsieur Peyton !
Betty a eu le temps d’appeler les pompiers et l’hôpital.
Steven voit à travers la fumée dense Martin Peyton, il est étendu au pied de l’escalier. L’avocat le secourt et le porte jusqu’à l’extérieur.
— Monsieur Peyton…
Il dépose le vieil homme sur l’herbe et lui frotte le dos. Martin ne se réveille pas. Steven décide de lui faire du bouche-à-bouche.
— Allez, vieil homme !
Betty le rejoint et s’agenouille près de lui.
— Allez, vieil homme ! insiste l’avocat.
Peyton se met à tousser.
— Il respire ! Il respire !
Steven se précipite de nouveau vers la maison. Betty le suit.
— Non, Steven, non !
— Mère ! mère ! appelle désespérément Steven depuis l’entrée de la maison.
Betty revient vers Peyton en courant.
— Monsieur Peyton, y avait-il quelqu’un d’autre dans la maison ? Est-ce qu’Hannah est à l’intérieur ? S’il vous plaît, parlez.
— Non, ils sont tous partis, bredouille le patriarche.
Betty se précipite jusqu’au vestibule.
— Steven. Steven, où es-tu ?
— Ici !
— Steven, il n’y a personne à l’intérieur. M. Peyton a dit que tout le monde était parti. J’ai appelé l’hôpital. Le Dr Rossi a quitté la ville.
— Quoi ?
Steven revient à l’air libre et s’agenouille une nouvelle fois près de Peyton tandis que la scène se termine.
Au magasin général, Norman et Rachel entendent les sirènes. Rachel est troublée. Elle pose ses mains contre ses oreilles pour ne pas entendre le bruit des sirènes.
Eli vient vers elle et lui demande ce qui ne va pas. Rodney entre dans le magasin et les informe que le camion de pompiers monte la colline.
Eli dit à Rachel que son chocolat chaud est prêt. Rodney réconforte Rachel, visiblement traumatisée par les sirènes. Rachel demande à Rodney de ne pas la traiter comme une enfant, même quand elle agit comme telle. Elle ajoute qu’elle n’aime pas le bruit des sirènes. Elle raconte que lorsqu’elle était petite, la grange de ses voisins avait brûlé. Elle en est restée traumatisée.
La caméra nous montre le côté nord de Peyton Place avec la caserne des pompiers, puis le Clarion et enfin les camions de pompiers roulant à vive allure. Rodney continue à réconforter Rachel. Elle dit à Rodney et Eli que ses parents sont morts dans un incendie.
Rachel et Rodney sortent du magasin et rencontrent Lee Webber qui se trouve sur sa mobylette. Webber se dirige vers eux, les contrarie et les irrite. Lee encourage Rodney à prendre la main de Rachel.
Rodney lui demande de les laisser tranquilles. Lee emballe son engin et s’en va. Eli se précipite vers Rod et Rachel pour leur annoncer que M. Peyton est à l’hôpital. Et que le feu est au manoir Peyton.
Elliot erre dans la maison tandis que Constance prépare l’arrivée imminente de Rachel. Elliot émet des réserves à propos de Rachel, mais il a tout de même consenti à ce que la jeune fille vienne vivre avec eux.
Constance est excitée par le fait qu’ils vont héberger Rachel.
Elliot a peur que Constance fasse un transfert d’Allison. Rachel a presque le même âge que leur fille.
Le téléphone sonne et Elliot, en tant que rédacteur en chef du Clarion, est informé par un sergent de police de l’incendie et du fait que Steven a sauvé la vie de Martin Peyton. Elliot dit à Constance que Peyton est en vie et à l’hôpital. Il va s’y rendre immédiatement.
Steven et Betty s’entretiennent avec le Dr Fielding, actuel chef du personnel de l’hôpital pendant l’absence de Michael. Depuis que le Dr Rossi est parti, le Dr Cortell, le médecin de Peyton à Boston, a été mandaté.
— Il vient aussi vite que possible, fait savoir Fielding. Nous avons essayé de le joindre, mais sans succès.
— Quelles sont ses chances, docteur ? s’enquiert Steven à propos de la santé de Martin Peyton.
— Difficile à dire.
Le Dr Fielding ajoute qu’il est soucieux d’une possible atteinte des poumons de Peyton, due à la fumée.
Il demande à l’infirmière Fletcher de soigner les blessures de Steven, mais de le laisser regarder les plaies avant qu’elle ne les bande.
Steven dit que c’était irresponsable de la part de Rossi de laisser Martin Peyton, sachant à quel point son état de santé est précaire. Il est très concerné par la santé de son nouveau grand-père. Selon lui, le Dr Cortell est un très vieil homme.
Betty fait savoir à son mari qu’elle est fière de lui. Il s’est comporté en héros aujourd’hui.





