Episode 280

Lundi 24 octobre 1966

La requête de Constance

Rodney Harrington est souvent venu à l’hôpital de Peyton Place lorsqu’Allison Mackenzie était près de la mort. La disparition d’Allison reste un mystère complet. Mais en fin de compte, il semble qu’une porte se soit ouverte. Une fille a été emmenée à l’hôpital pour un traitement médical. Une fille qui possède le bracelet qui appartenait à Allison.

Rodney conduit sa Ford décapotable bleu clair. Il se rend à l’hôpital.


L’infirmière en chef Esther Choate est de garde au bureau des renseignements tandis que Rodney entre. Il demande à voir Rachel. 

Mlle Choate n’est pas d’une aide précieuse pour le jeune homme, elle lui dit que le Dr Rossi a donné des instructions pour qu’elle ne soit pas dérangée. 

Mlle Choate est bipée et doit se rendre à la chambre 23, ce qui donne l’opportunité à Rodney de regarder dans le registre où se trouve la chambre de Rachel. Elle n’est pas très loin du bureau des renseignements. Il décide de s’y rendre. 

Dans sa chambre d’hôpital, Rachel (personne ne connaît encore son prénom) se regarde dans un miroir et brosse ses cheveux tandis que Rodney entre. 

Apeurée, elle lui jette le miroir et la brosse, que Rodney n’arrive pas à esquiver. Elle s’apprête à lui jeter une cruche d’eau alors que le Dr Rossi entre et ordonne à Rodney de partir. 

Rodney souffre apparemment d’une contusion mineure à la tête.

Dans le couloir, le Dr Rossi dit à Rodney d’aller se faire soigner, car il a reçu un joli coup sur la tête. Ils parlent de la jeune fille. Mike lui dit qu’elle est fragile, malgré le fait que c’est Rodney qui a été agressé. 

Rodney répond au médecin qu’il a désespérément besoin de réponses, et si la jeune sauvage en possède, il fera tout pour les lui extorquer. 


Dans la chambre d’Allison, Constance observe le placard. Elliot vient lui apporter une tasse de café. Matthew s’est endormi. 

Constance a un coup de blues. Elle ne sait pas pourquoi Mike ne veut pas qu’on la laisse voir la jeune fille de la cabane abandonnée. 

Elliot lui répond que le médecin ne veut pas la brusquer. Cela peut nuire à l’équilibre de la jeune fille. 

Constance ne tient plus. Elle veut parler à la fille, et veut le faire aujourd’hui. Selon Elliot, il ne sert à rien de se mettre Mike à dos. 

Ils entendent Matthew pleurer et Constance va le voir. 


Hannah se rend à la librairie pour parler avec Betty du procès. (N’oublions pas que Betty travaille pour Constance, prend soin de Matthew et l’aide à la librairie.) 

Hannah dit à la jeune fille que si elle a caché la parenté de Steven avec Ann, c’était pour protéger ce dernier. Elle ajoute que si elle va témoigner au procès, ce peut être la fin. Les révélations qu’elle va faire seront lourdes de conséquences. 

Betty ne comprend pas où sa belle-mère veut en venir. 


Elliot va voir le Dr Rossi pour qu’il lui donne la permission de parler avec la jeune inconnue. Le médecin l’informe que Rachel doit bientôt sortir parce qu’elle est en assez bonne santé pour rentrer chez elle. 

Elliot s’en inquiète parce que si la jeune fille s’en va, l’espoir de retrouver Allison s’évanouit. Mike lui dit que l’hôpital n’est pas une maison d’hôte. 

— Mike, je ne peux pas me permettre de couper le lien avec elle. Si elle sait quelque chose sur Allison…

— Je vous ai promis de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour la faire parler avant de la faire sortir de cet hôpital, et je tiendrai ma promesse. 

— Vous ne pouvez pas la garder quelques jours supplémentaires ?

— À moins qu’elle ne se casse un bras ou une jambe, je ne vois pas comment. 

Elliot souhaite qu’on injecte à l’inconnue du Pentothal pour la faire parler.

Le médecin s’y oppose fermement. Non seulement ce n’est pas éthique, mais cela va à l’encontre de la loi. 

Elliot essaie d’insister et le ton monte. Mike campe sur ses positions. Il ne veut pas contourner la loi, même pour Allison. 


La jeune fille dont on ignore encore le nom est dans un fauteuil roulant. En face d’elle, le Dr Rossi est penché sur son bureau. Il écrit quelque chose dans un dossier. La jeune fille l’observe.

— C’est à propos de moi ?

— Mmm ?

— Ce que vous écrivez, c’est à propos de moi ?

— Pourquoi ça ? Non.

Michael consulte un livre de médecine.

— Voulez-vous bien m’excuser pendant que je me concentre là-dessus ?

Mike se lève et dépose un dossier dans son armoire.

— Terminé ? s’enquiert la jeune fille.  

— Oui. Bien, maintenant, voyons voir cette cheville… Que ressentez-vous ?

— Une douleur.

— Je suppose que ça va être douloureux un petit moment. Maintenant, je voudrais que vous posiez ce poids sur ça.

— Cela me fait mal lorsque je me lève. 

— Dans ce cas, je vais vous aider.

Mike aide Rachel à se lever.

— Très bien, allez. Doucement. Bien. Doucement. Bien. C’est très bien.

— Pourquoi écrivez-vous tout ?

—  Pour m’en souvenir.

— Au début, Dieu créa le ciel et la terre. Et la terre était sans forme et vide. Et l’obscurité avait le visage de la profondeur. Et l’esprit de Dieu s’est élevé à la face des eaux. Je n’ai pas besoin d’écrire ça pour m’en souvenir. 

— Vous avez une très bonne mémoire.

— Cela vient de la Bible. 

— Oui, je sais. La genèse.

— Avez-vous lu la Bible ?

— Mmm, mmm.

— Je l’ai lu cinq fois, à chaque fois d’une traite. Mon nom vient de la Bible : et le labeur avait deux filles ; et le nom de la plus âgée était Leah ; et le nom de la plus jeune était Rachel ; Leah avait de la douceur dans les yeux ; mais Rachel était belle et mise en valeur.

— J’ai l’impression que vous avez mémorisé le livre entier.

— Vous ne voulez pas savoir lequel est mon nom ?

— Leah ? répond Mike en la taquinant. 

— Rachel ! s’exclame-t-elle, indignée. 

— Rachel. Rachel comment ?

— Pourquoi m’avez-vous fait venir ? demande-t-elle en changeant de sujet. 

— Pour examiner votre cheville.

— Vous auriez pu le faire dans ma chambre.

— Oui, je suppose que j’aurais pu. Mais je n’aurais pas été en mesure de remplir ces formulaires. Les avez-vous vus ?

— Comportent-ils des questions ?

— Oui.

— Les gens me posent tous des questions depuis que j’ai l’âge de trois ans.

— Eh bien, c’est ainsi que les gens fonctionnent.

— Moi, je n’aime pas ça. 

— Moi non plus, je n’aime pas ça. Je préfère de loin soigner les patients plutôt que remplir des formulaires. Mais je dois tout consigner sur vous dans le but de vous donner le meilleur traitement possible. Maintenant, vous ne m’avez toujours pas dit votre nom de famille, Rachel. 

— Peut-être que je n’en ai pas. 

— Vous n’en avez pas ?

— Non. 

— Très bien, alors Rachel. Rachel-sans-nom-de-famille. Où habitez-vous ?

—Vous n’avez pas besoin de ce renseignement pour soigner ma jambe.

— Non, je suppose que non. Avez-vous déjà eu un accident auparavant ?

— Non.

— Est-ce qu’un de vos parents s’est déjà fait soigner dans cet hôpital ?

— Je ne sais pas. 

— Des amis à vous ?

— Non. 

— Un petit ami ?

— Que voulez-vous dire par là ?

— Eh bien, un ami garçon.

— Un ami ?

— Oui. 

— Je n’ai jamais eu de petit ami.

— Eh bien, vous en aurez un, un jour.

— Avez-vous une petite amie ?

— Non, je n’en ai pas.

— Pourquoi ?

Mike ne se sent pas le courage de lui parler d’Ann. 

— Être médecin ne vous laisse pas beaucoup le temps d’avoir une petite amie. Où êtes-vous née ?

— Je ne sais pas.

— Quel âge avez-vous ?

— 19. 18 ou 19 ans.

— À quelle date tombe votre anniversaire ?

—  Le 19 juillet.

— Dans quelle école êtes-vous allée ?

— Je ne suis pas allée à l’école.

— Bon, alors où avez-vous appris à lire ?

— Vous ne voulez pas savoir pourquoi je ne suis pas allée à l’école ?

— Vous voulez me dire pourquoi ?

— Ma tante m’a appris à lire et écrire. Ainsi que les bonnes manières. 

— Votre tante. Ce doit être une femme très intelligente. Passiez-vous beaucoup de temps avec elle ?

— Oui.

— Eh bien, ça m’a l’air d’une femme qui a bien pris soin de vous. 

Mike saisit le téléphone et tend le combiné à Rachel.

— Pourquoi ne l’appelez-vous pas pour lui dire où vous êtes ?

— Je ne peux pas l’appeler.

— Pourquoi ?

— Elle est morte.

— D’accord. mademoiselle Rachel, sans nom de famille, 18 ou 19 ans, j’arrête de tourner autour du pot. Il y a une raison très spéciale pour laquelle je veux en savoir plus sur vous. C’est la même raison qui a poussé M. Carson à vous poser toutes ses questions l’autre jour. Et c’est la même raison qui a poussé ce jeune garçon à venir vous voir dans votre chambre ce matin. 

— Qui était-ce ?

— Il s’appelle Rodney Harrington.

— Il voulait me faire du mal.

— Il ne vous voulait aucun mal, il voulait vous parler. 

— Il voulait me faire du mal. Je l’ai vu sur son visage. 

— Ce que vous avez vu sur son visage était de la colère et de la frustration parce que vous n’aviez répondu à aucune question importante… Maintenant, lorsque Norman et Rita vous ont trouvé dans la cabane…

— Ils ne m’ont pas trouvé. Je n’étais pas perdue.

— Très bien. Lorsque Norman et Rita vous ont rencontré la première fois, vous aviez un bracelet.

— Il était à moi et vous n’aviez aucun droit de me le prendre.

—  Ce bracelet appartenait à une autre jeune femme, une fille qui a disparu depuis plusieurs semaines. Elle s’appelait Allison. 

— Je ne connais aucune fille du nom d’Allison.

Rachel ouvre la porte et « roule » dans le couloir. Mike l’appelle :

— Rachel ! Rachel !

Il parvient à la rattraper. Il la suit tout en parlant. 

— Allison est une personne très spéciale et elle avait des problèmes. 

— Eh bien, si elle a tant de problèmes, pourquoi n’allez-vous pas l’aider au lieu de me poser toutes ces questions ?

— Parce que dans un certain sens, vous êtes spéciale, vous aussi.

— Pourquoi ? Parce que j’ai un bracelet qui ressemble au sien ?

— Rachel, ce bracelet est le même bracelet. 

— Comment le savez-vous ?

— Parce que M. Carson est le père d’Allison, et il le lui a donné.

— Est-ce qu’il l’aime ?

Mike est surpris par la question. 

— Pourquoi ? Oui, bien sûr. Pourquoi ?

— Je ne sais pas. Je me posais simplement la question.

— Rachel, comment avez-vous eu ce bracelet ?

— Pourquoi est-ce que cet autre homme se soucie d’elle ?

— Vous parlez de Rodney ? Eh bien, parce qu’il veut la retrouver lui aussi.

— Est-ce qu’il l’aime ?

— Oui, il voulait se marier avec elle… Rachel, est-ce que vous avez vu Allison ? Est-ce que vous l’avez vue ?

— Non, affirme la jeune fille. 

— Alors, comment avez-vous eu le bracelet ?

— Je l’ai trouvé. 

— Où ?

— Je ne m’en souviens pas.

Mike s’impatiente. 

— Rachel… 

— Je l’ai trouvé. Il est à moi maintenant. 

— Essayez de vous rappeler où vous l’avez trouvé. C’est très important. 

— Je veux partir maintenant. Vous ne pouvez pas me garder ici. Je veux partir.

— Rachel…

— Je pensais que vous étiez différent. Je pensais que vous vouliez réellement guérir ma jambe. Et me faire aller bien. Mais vous ne vous souciez pas de moi. Vous êtes comme les autres. Vous ne vous souciez pas de moi. Maintenant, je veux partir. 

— Très bien, je vous laisse partir. Je veux que vous pensiez à quelque chose lorsque vous serez assise seule dans votre chambre. La fille qui portait ce bracelet est perdue quelque part. Et à l’heure actuelle, ses parents sont perdus, eux aussi, parce qu’ils ne savent pas où la chercher. Chaque jour qui passe est une éternité pour eux. Si vous pouviez juste leur dire quelque chose, vous pourriez rendre les choses plus faciles pour eux. 

—  Je veux partir, insiste Rachel.


Laisser un commentaire