Episode 273

Mercredi 28 septembre 1966

Le témoignage du Dr Rossi (première partie)

Elliot Carson, éditeur du Clarion, suit pour les besoins de son journal l’histoire qui a pour sujet « les citoyens contre Lee Webber ». Il s’agit d’un jeune homme accusé d’avoir tué Ann Howard. Une histoire objective et impersonnelle écrit par un homme personnellement impliqué. Sujet de l’histoire, le premier témoin majeur pour l’accusation, le fiancé de la défunte Ann Howard, le Dr Michael Rossi.

La plaque en dessus du pilori : 

PEYTON PLACE

MONUMENT HISTORIQUE

PILORI

PLACE DE PUNITION PUBLIQUE

1650 – 1700

Un homme court vers le tribunal. Le palais de justice.


Le Dr Michael Rossi témoigne devant le juge Irwin A. Chester. Rodney est présent à l’audience. De même que Betty, Elliot, Sandy, Chris et d’autres.

Le procureur prend la parole :

— Ce que vous venez de nous dire, Dr Rossi, c’est que votre amie très proche, voire votre fiancée, était victime d’une série de harcèlements. Harcèlements perpétrés par l’accusé, Lee Webber. Lequel affichait une constante attitude d’amertume et d’hostilité de sa part.

— Oui, confirme le médecin. 

John se tourne vers le juge. 

— Votre Honneur, j’aimerais examiner ces incidents et les faire corroborer avec le témoin.

— Faites donc, M.  Fowler. 

— Merci, Votre Honneur. 

À la table de l’accusation, Lee se penche vers Steven et lui murmure :

— Ce gars semble plutôt à l’aise à propos de ça. 

— Il est toujours à l’aise, fait remarquer l’avocat. 

Le procureur reprend :

— Docteur Rossi, vous maintenez qu’à la mi-avril vous avez conduit votre voiture au garage de Rodney Harrington…

— Oui. 

— Avez-vous parlé à quelqu’un ici présent ?

— Oui. Lee Webber.

— Quel était le sujet de la conversation ?

— J’avais amené ma voiture là-bas pour une révision et il m’a dit que ça prendrait une bonne partie de la journée, alors il m’a offert de me prêter sa voiture.

— Avez-vous accepté son offre ?

— Oui. Plus tard ce jour-là, il est venu m’apporter la voiture à l’hôpital.

— Est-ce que Ann Howard était employée à l’hôpital à cette époque ?

— Oui, elle l’était. 

— Est-ce que l’accusé a quitté l’hôpital directement après vous avoir délivré votre voiture ?

—  Il est allé en salle de rééducation et a parlé à Ann Howard, dit Mike. Monsieur Fowler, Votre Honneur, je ne voudrais pas que mes réponses puissent impliquer plus que ce qu’elles signifient. Je… j’ai une très lourde responsabilité ici. Et j’ai le sentiment que mes réponses ne sont pas comprises dans le sens qu’il faudrait.

Le juge hoche la tête. 

— Nous apprécions votre sens de la responsabilité, docteur Rossi. Toutefois, cette Cour est suffisamment expérimentée pour déduire les conclusions à leur juste valeur. Continuez, monsieur Fowler. 

— Dr Rossi. Après la mort d’Ann Howard, en tant que fiancé, avez-vous remboursé la somme d’argent qu’elle devait au garage de Rodney Harrington ?

— Oui. 

— Comment a-t-elle contracté cette dette ?

— Eh bien, en achetant une voiture au garage. 

— Qui lui a vendu la voiture ?

— Lee Webber.

— Votre Honneur, j’aimerais à ce stade apporter les réparations de la voiture comme pièce à conviction. Il est mentionné sur le procès-verbal le détail des réparations de la voiture en question. 

— Accepté comme pièce à conviction numéro 5,  confirme le juge. 

John reprend :

— Est-ce que Lee Webber ne vous a pas mentionné que la voiture devait être réparée avant utilisation ?

— Non, non, il ne l’a jamais dit. 

— À votre connaissance, n’a-t-il jamais dit à Ann Howard que la voiture était dangereuse si elle n’était pas réparée avant de la lui vendre ?

Steven bondit sur ses pieds. 

— Objection, Votre Honneur ! Il n’y a aucun moyen d’établir cette preuve.

— Retenue. Allez-y doucement, monsieur Fowler. 

— Je suis désolé, Votre Honneur. (À Michael 🙂 avez-vous eu d’autres discussions avec l’accusé ?

Mike opine. 

— Oui, effectivement. Au garage. Je lui ai donné un avertissement. 

— Un avertissement ?

— Oui. Ann Howard est venue me voir à l’hôpital. Elle était bouleversée. Il semblerait que Lee Webber l’avait ennuyée à l’hôpital. 

— Objection, fait de nouveau Steven. Le témoin ne fait que relater un ouï-dire.

— Retenue, approuve le juge. Le ouï-dire  n’est pas admis comme preuve dans un tribunal, Docteur Rossi.

— Docteur Rossi, quel genre d’avertissement avez-vous donné à l’accusé ? demande le procureur. 

— Je lui ai dit d’arrêter d’ennuyer Mlle Howard. Et que s’il ne le faisait pas, il aurait à faire à moi.  

— Qu’est-ce que l’accusé a répondu à votre avertissement ?

— Il n’a pas aimé. Il a commencé à faire des histoires. 

— Était-il hostile ?

— Oui.

— Était-il d’accord pour ne plus ennuyer Mlle Howard ?

— Non. Non, il n’a jamais été d’accord. 

— Je vois. Docteur, avez-vous, peu de temps après, reçu un appel téléphonique de Mme Elliot Carson ?

— Oui, oui, c’est exact.

— Quel était l’objet de cet appel ?

— Eh bien, Mme Carson m’a appelé pour me prévenir que Lee Webber était ivre. Elle pensait qu’il y avait une possibilité qu’il pouvait faire du mal à Ann Howard. Mais je pense qu’il était plutôt préoccupé, à cet instant, par son renvoi. Et il ne devait pas être en état de faire quoi que ce soit. En tout cas, il n’a pas approché Mlle Howard. 

— Hey, qu’est-ce que ça veut dire ? s’enquiert Lee auprès de Steven. 

— Il marque un but contre son camp, répond l’avocat. 

John est un peu dérouté pas la déclaration de Mike, et se tourne vers le juge. 

— Votre Honneur, la dernière partie de la réponse du témoin n’est pas en rapport avec ma question. Je demande à ce qu’elle soit retirée du dossier. 

Le juge accède à sa demande. 

— Très bien, cette réponse est considérée comme irrecevable.

John reprend :

— Docteur Rossi, avez-vous parlé à Mlle Howard le jour de sa mort ?

— Oui. Deux fois. 

— Que vous êtes-vous dit exactement la première fois ?

— Eh bien, j’étais à mon bureau et je lui ai dit que lorsqu’elle aurait fini son travail, je voulais la voir au cottage près de la plage et je lui ai demandé d’attendre que j’arrive à la maison. 

— Pourquoi aviez-vous le sentiment qu’il était nécessaire de poser un tel ultimatum à Mlle Howard ?

Michael ne répond pas. Le procureur insiste :

— Docteur Rossi, dois-je répéter la question ?

— Non, M. Fowler, je vous ai entendu… J’étais inquiet. J’étais très inquiet pour elle.  

— S’il vous plaît, soyez plus précis, docteur.  

— Elle n’avait pas le sentiment d’être en danger. Et je ne pouvais pas la convaincre qu’elle l’était. J’ai essayé. 

— Quel genre de danger ? Faites-vous référence aux menaces dont elle a été l’objet par l’accusé ?

Steven se lève. 

— Objection, Votre Honneur ! Influence le témoin. 

— Reformulez la question, demande le juge. 

— Docteur Rossi, je voudrais vous lire un paragraphe de la déposition que vous avez faite à cette audience. Je cite : le jour où Ann est morte, elle est venue à l’hôpital le matin. Nous avons parlé, et je lui ai demandé d’aller directement chez moi après le travail et de m’attendre. Je ne savais pas ce que Lee Webber avait à l’esprit. Je pensais qu’elle serait en sécurité au cottage. Fin de citation. C’est bien ce que vous avez dit, docteur ?

— Oui, c’est exact.

— Alors, en effet, vous étiez plus qu’inquiet au sujet de la sécurité d’Ann Howard ce jour-là, n’est-ce pas ? Vous étiez tout particulièrement inquiet sur ce qui pourrait lui arriver si jamais elle rencontrait Lee Webber, l’homme qui éprouvait une haine féroce vis-à-vis d’elle depuis le premier jour où elle est revenue en ville. N’est-ce pas vrai, docteur Rossi ?

Steven bondit à nouveau. 

— Objection, Votre Honneur !

Le juge est choqué par l’attitude brutale de Fowler. 

— M.  Fowler ! 

— Ce sera tout, docteur.

La séance est suspendue. Elliot attrape le Dr Rossi à la sortie du tribunal. Mike veut aller manger un morceau et demande à Elliot de se joindre à lui. 

Elliot lui dit qu’il a été déçu du témoignage que le médecin a fait à propos de Lee. Mike lui répond qu’il s’est borné à dire la vérité. 


Eli va rendre visite à Constance dans sa chambre d’hôpital. Il l’embrasse. Elle s’amuse à écouter et regarder une boite à musique avec une ballerine qui virevolte. 

Eli demande à Constance de parler de son grand-père à Matthew. Il tient à faire partie de la vie du nouveau-né. 


Au tribunal, Steven étudie son affaire tandis que Betty revient avec un sandwich. Elle fait semblant d’être à la barre.

— J’essaie de répondre à la question le plus honnêtement possible. J’ai conscience que je suis sous serment. J’ai demandé une salade de thon sur une tranche de pain au froment. Je n’ai pas réalisé qu’il s’agissait de pain blanc jusqu’à il y a quelques minutes… D’autres questions, monsieur Cord ?… Le témoin va maintenant révoquer la procédure légale et poser des questions au procureur. Encore du café ?

— Non, juste un café, répond l’avocat. 

 Jusqu’à présent le nez dans les papiers, il lève finalement la tête et s’aperçoit du quiproquo. 

— Oh, je pensais que tu m’offrais un autre sandwich. 

Steven prend sa tasse et Betty lui verse du café en provenance d’une Thermos rouge. 

—  Steven, qu’est-ce qui ne va pas ? 

— Ce n’est rien. Mike Rossi va devoir subir un contre-interrogatoire de ma part. Je pensais juste à la stratégie que je vais déployer.  

— C’est un peu comme passer d’un mauvais chemin à un bon chemin. 

Steven sirote son café. Betty l’observe. 

— Toute la matinée, j’ai gardé un œil sur toi, me demandant ce que tu pensais ou ressentais. Je ne saurais le dire.

— On appelle cela le camouflage de l’avocat. Ou comment faire pour que l’accusation ne devine pas ce que l’on pense.

— Ça me donne le sentiment que je ne te connais pas tout à fait complètement.

— Voyons, c’est stupide. Ne commence pas par parler comme une femme négligée. 

— Je ne me sens pas négligée, juste un peu en retrait.

Steven se lève et s’approche de Betty. 

— Eh bien, quels que soient les symptômes, je connais le remède. Quand la Cour se retirera cet après-midi, nous allons nous rendre en ville pour dîner aux chandelles. Qu’est-ce que tu en dis ? Et je te promets qu’aucun problème ne viendra perturber l’esprit de ton mari.

Ils se fixent l’un et l’autre du regard. 

— Je t’aime Betty. 

— Je sais. C’est simplement qu’à chaque fois que je te regarde ici assis à côté de Lee Webber, ça ne me semble pas réel. Steven, ce n’est pas ta place. 

— N’essaierais-tu pas de me chiper mes clients ? fait Steven d’un air faussement contrarié. 

— Tu sais parfaitement ce que je veux dire.

— Moi au moins, je ne fais pas de courbettes à Martin Peyton. 

— Steven, ne commence pas…

— Tu sais, ça ne m’étonnerait pas qu’il te rappelle et qu’il te suggère de te donner un autre essai. « Dis à Steven d’abandonner cette affaire, Betty. C’est un ordre. »

— Je n’ai pas besoin de Martin Peyton pour me dire que tu n’es pas dans le vrai. J’ai vu la façon dont tu regardais Lee Webber quelquefois et je vois que tu le détestes, tu le méprises. 

— Il n’est pas requis à son avocat d’aimer son client. Je n’avais pas à aimer Rodney pour accepter de le défendre. 

John Fowler entre dans la salle d’audience.

— Excusez-moi. Est-ce que j’interromps quelque chose ?

— Oh non, non, entrez. Quand l’audience doit-elle reprendre ? s’enquiert Steven. 

— Dans cinq minutes environ. Mais finissez votre déjeuner. 

— Non, nous avons fini, merci.

— Oh, Steven, tant qu’on a une minute, j’aimerais vous parler de la liste de vos témoins. J’ai la liste des gens que vous avez cités à comparaître… La voici. Si vous pouviez juste me donner une idée approximative de l’ordre dans lequel vous avez l’intention de les appeler. Je présume que vous gardez votre mère pour la fin, et que vous croisez les doigts pour qu’elle soit de retour en temps voulu. 

— Oh, je n’ai pas l’intention de l’appeler avant une paire de jours. 

— Vous a-t-elle dit quand elle comptait rentrer ?

— Ses voyages à Boston ne durent qu’un jour ou deux.

— Ce n’est donc qu’un voyage de routine. Je pensais qu’il s’agissait de quelque chose de très urgent pour que votre mère prenne le premier avion à quelques jours seulement de son témoignage.

— Pauvre mère, elle n’aime vraiment pas prendre l’avion. C’est un véritable exploit de la faire grimper dans cet engin. Mais c’était le moyen le plus sûr pour qu’elle revienne à temps. 

— Bien, je voulais juste m’assurer que vous êtes au courant. Pas besoin que mon délégué vous prévienne dans ce cas.

L’huissier ouvre la porte.

— M. Fowler. 

— J’arrive tout de suite. (à Steven) : oh, laissez donc la liste sur ma table quand vous l’aurez examinée.

Fowler s’en va. Betty se tourne vers son mari. 

— Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu avais fait citer ta mère à comparaître ? Qu’est-ce que tu as l’intention de faire, Steven ? Lui faire couler des larmes à la barre comme tu l’avais fait avec Rita Jacks ? 

— Je ne vais pas rater cette chance, répond Steven d’un ton sarcastique. 

— Je suis très heureuse que ta mère soit partie, Steven. J’espère qu’elle ne reviendra jamais.


Peyton est assis, solitaire, devant son échiquier, tandis que Mary fait entrer Leslie Harrington. Leslie demande à Peyton s’il a choisi un remplaçant pour Steven (il a démissionné de son poste d’avocat de Peyton dans un précédent épisode). 

Leslie parle ensuite du portrait de Catherine et se demande quand il sera replacé. Peyton l’informe que le portrait a été détruit. Et il est trop endommagé pour qu’il puisse être réparé. 

Quand le portrait a été peint, Catherine avait deux ans de plus que Rodney actuellement. Peyton montre à Leslie un autre portrait de Catherine, alors qu’elle était plus âgée.


À l’audience préliminaire, Steven contre-interroge le Dr Rossi.  

— Docteur Rossi, avez-vous eu une relation intime avec la défunte ?

— Oui. 

— Est-il vrai que vous aviez l’intention de vous marier ?

John proteste :

— Objection, Votre Honneur. Les relations du témoin avec la défunte n’ont aucun rapport avec notre affaire.

— Mais au contraire, Votre Honneur, il y a un rapport. Il est fondé sur le préjugé, la motivation et le préjudice. 

— Objection rejetée. 

Steven reprend :

— La mort d’Ann Howard vous bouleverse au plus haut point. N’est-ce pas, docteur Rossi ?

— Oui.

— Et vous êtes persuadé qu’elle a été assassinée et que son meurtre doit être puni. 

— Bien sûr, affirme le médecin. 

— Vous avez pourtant témoigné que, peu de temps après les funérailles, vous êtes retourné dans son appartement. Est-ce exact ?

— Oui. 

Le procureur objecte à nouveau :

— Objection Votre Honneur. Est-ce que tout ceci est nécessaire ?

Steven intervient avant le juge :

— Si je suis autorisé à continuer, Votre Honneur, peut-être que mon collègue pourra apprécier la pertinence de mes questions. 

— Très bien, monsieur Cord. Mais venez-en au but. 

Steven remercie le juge par un hochement de tête et se tourne vers Mike. 

— Qui était avec vous ce jour-là dans l’appartement de la défunte ?

— Vous.

— Est-ce que le témoin pourrait parler un peu plus fort ? demande le juge.

Mike reprend : 

— Vous étiez avec moi dans l’appartement d’Ann, monsieur Cord. 

— Et vous êtes convaincu que Lee Webber a tué Ann Howard ? N’est-ce pas ?

— Oui.

— Ce jour-là dans l’appartement, vous étiez très en colère contre moi. Pourquoi ?

— Parce que vous aviez dit qu’elle… vous aviez dit qu’Ann Howard s’était suicidée. 

— Objection, Votre Honneur, clame le procureur. 

— Objection retenue… Monsieur Cord, veuillez vous rendre dans mon bureau immédiatement. Vous aussi, monsieur Fowler… La Cour se retire pendant cinq minutes. 

Steven et Fowler sont amenés dans le bureau du juge. Celui-ci s’assoit devant son bureau. 

— Dites-moi exactement ce que vous pensez être en train de faire, monsieur Cord.

— Je défends mon client, Votre Honneur. 

— Vous appelez ça comme ça ? intervient John. 

Le juge reprend :

— Tout d’abord, monsieur Cord, je ne vais pas vous laisser vous servir de vos témoins pour cautionner vos opinions.  Deuxièmement, ceci est une audience préliminaire. Pas un procès pour meurtre. Vous et votre client n’avez rien d’autre à faire que vous asseoir et écouter. John, ici, a la charge de la preuve. Et c’est tout ce qui nous intéresse. Savoir s’il y a des preuves suffisantes contre Webber pour qu’il aille en procès pour meurtre. 

— Gardez vos ruses pour le procès. Vous en aurez besoin, dit John. 

Steven se tourne vers lui :

— Êtes-vous en train de dire que le juge Chester devrait ignorer certains faits de cette affaire ?

— Bien sûr que non. Mais pensez-vous vraiment pouvoir prouver qu’Ann Howard s’est suicidée ?

— Autant que vous pouvez prouver qu’elle a été tuée. 

— Avez-vous prévu d’appeler des témoins pour prouver ceci ? s’enquiert Chester. 

— Oui, monsieur. 

— Êtes-vous conscient de ce que vous êtes en train de faire ? Vous pensez que je vais abandonner les charges qui pèsent sur Webber sur les preuves basiques que vous voulez présenter. C’est un jeu dangereux, monsieur Cord. 

— Je le sais, Votre Honneur.

— Et si vous perdez, et que je décide d’envoyer Webber en procès pour meurtre, vous donnerez l’avantage à John, et il saura exactement quoi faire pour vous vaincre.

— J’en ai conscience, Votre Honneur.

— Et vous réalisez que même si vous obtenez l’abandon des charges, je peux rouvrir l’affaire contre Webber n’importe quand ? dit John à Steven. 

— Oui, je comprends cela. 

— Est-ce que votre client le comprend aussi ? questionne le juge. 

— Oui, monsieur. 

— Très bien, monsieur Cord. Je n’approuve pas, mais c’est votre droit de révéler votre défense. Votre manipulation abusive sur le témoin, toutefois, est une autre affaire. 

— Il est évident que le témoin a des doutes sur la culpabilité de Lee Webber. Et vous n’avez aucun droit d’essayer d’empêcher que je me serve de ce doute.

— Mais je ne vais pas rester assis et vous laisser ruser en présentant des suppositions de preuves, affirme John. 

— Pas plus que moi, monsieur Cord, renchérît le juge

Le juge Chester se lève. 

— Vous avez de toute évidence des idées sur comment faire abandonner les charges contre votre client. Il serait regrettable, à vrai dire, de priver Lee Webber de profiter de votre défense pour la simple raison de votre conduite indécente.

— Je comprends, Votre Honneur.


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