Lundi 13 juin 1966
Le sous-sol du manoir
Hannah Cord est au service de Martin Peyton depuis de nombreuses années, et pendant de nombreuses années, elle a détesté sa fille, Catherine, le symbole pour Hannah de l’amour que Peyton n’a jamais pu lui donner. Catherine est morte depuis deux ans. Et maintenant, ce soir, dans l’esprit d’Hannah, Catherine est enfin enterrée.
Hannah entaille le portrait de Catherine qui ressemble à Ann Howard. (répétition de la scène 7 du précédent épisode)
Au manoir, Hannah regarde avec satisfaction le portrait lacéré. Puis à l’aide d’un objet lourd, elle frappe le bouton de la porte afin de faire croire qu’il s’agit de l’œuvre d’un intrus. Martin entre et contemple les dégâts.
Hannah se lance dans des explications farfelues :
— Je ne pouvais pas dormir. J’ai cru entendre du bruit et suis descendue pour découvrir ça. J’ai vérifié le reste de la maison. Je n’ai rien trouvé à part cette porte forcée. Il y a des traces, je suppose que l’intrus s’est servi d’un marteau. Cette fille, Martin. Ann Colby. Elle sait, Martin.
— Elle sait quoi ?
— La vérité, à propos d’elle, et de Steven, et de Catherine ! Martin, c’est sa façon de dire qu’elle sait et qu’elle nous met en garde. Allez-vous dire quelque chose ?
Martin n’est pas dupe.
— C’est toi qui as fait ça, Hannah. Tu as déversé toute ta haine, toute ta haine sur ce portrait.
— C’est ridicule, se défend la gouvernante.
— Tu voulais que ce tableau soit détruit. Maintenant, tu l’as fait.
— Non !
— Je te connais, Hannah. Je connais tous tes coups tordus. C’est devenu une obsession chez toi. Comme l’obsession de croire que Steven est vraiment ton fils.
— Vous pouvez croire que c’est moi qui ai fait ça si vous voulez. Si ça peut vous mettre plus à l’aise. Si ça peut vous aider à oublier que cette fille est ici.
— Décroche-le et mets-le au sous-sol ! Personne ne doit savoir ce qui s’est passé. Et tout particulièrement mon petit-fils.
— Martin, il y a une autre personne qui est capable de faire ça. Savez-vous où se trouve Brian Colby ? Non. Non, bien sûr, vous ne le savez pas. Et vous ne voulez pas admettre que ça peut être la première bataille d’une guerre des nerfs. Que c’est peut-être Brian Colby lui-même qui a fait ça ! Et qui est revenu pour en avoir encore plus.
— Il n’aura pas un dollar de plus. Demain matin, je pars pour Boston.
— Pourquoi ?
— Je veux être certain que mon nouveau testament sera dans mes mains dès demain. Je serai armé.
— Où cela va-t-il mener Steven ?
Hannah et Peyton échangent un regard glacial.
— Là où il doit être : dehors !
Plus tard dans la soirée, dans le salon du manoir, Betty remarque que le portrait de Catherine n’est plus à sa place et se demande, avec Rodney, ce qui a pu lui arriver.
Selon Rodney, il aurait été décroché pour être nettoyé. Mais Betty lui dit que le portrait a été nettoyé il y a trois mois. Rodney ajoute qu’il n’aime pas vraiment ce portrait parce qu’il ne capture pas l’essence même de sa mère.
Chris entre au Cider Barrel, et Sandy, qui travaille ici, le gronde parce qu’il ne mange pas son petit déjeuner.
Chris commande une tasse de café et lui dit qu’Allison a proposé d’être sa lectrice. Sandy demande à Chris pourquoi elle ne peut pas lire pour lui.
— Tu n’arriverais pas à dépasser un chapitre, lui dit-il en la taquinant.
Tandis qu’Allison et Chris s’en vont pour aller à la bibliothèque, Rodney entre et Sandy indique qu’Allison et Chris semblent former un couple.
Rodney ne peut pas accepter cette possibilité parce qu’il ne peut pas considérer Chris comme une menace dans sa relation avec Allison.
Sandy joue une nouvelle fois de son charme endiablé et remémore à Rodney le soir précédent.
— Comment s’est passée ta petite ballade au clair de lune sur le bateau ? Si tu as regardé sur le rivage, tu as pu voir que je t’observais.
— Je n’ai pas regardé, Sandy.
— Tu m’as regardé.
À l’extérieur de l’hôpital, Lee approche Ann et lui demande d’arrêter de questionner son frère Chris à propos de l’accident. Il apparaît clairement que Lee craint l’enquête sur l’accident plus que Chris. Il menace Ann :
— Vous l’avez poussé, et vous le savez. Il est aveugle à cause de vous, et vous le savez. Vous êtes en train de le pousser encore maintenant. Mais je vais vous arrêter parce que moi aussi, je peux pousser.
Perturbée par cet affrontement, Ann se précipite à l’intérieur de l’hôpital et dans le bureau du Dr Rossi pour exprimer ses craintes concernant Lee Webber.
Elle raconte à Michael que Lee l’a menacée. Michael tente de la réconforter et lui dit qu’elle doit s’estimer heureuse de n’être pas seule dans cette bataille.
Le Dr Morton entre dans le bureau du Dr Rossi, interrompant le tête-à-tête entre Ann et Michael. Ann s’excuse et s’en va.
Morton est venu voir Michael afin de lui demander pourquoi il n’a pas soumis un rapport d’évaluation sur Ann Howard. Le médecin ajoute que les notes données par les autres médecins sont excellentes.
Michael avoue qu’il a des relations personnelles avec Ann et soumettre le rapport d’évaluation n’aurait pas été objectif.
À la bibliothèque, Chris compte ses pas jusqu’à la réception et demande, en plaisantant :
— Suis-je arrivé aux toilettes pour dames ?
Allison demande à Mme Hunt, la bibliothécaire, de lui trouver des livres de Droit. Allison va en chercher au rayon des livres rares.
Pendant ce temps, Chris se heurte à un mur. Allison se tourne vers lui et il lui demande si elle est embarrassée. Il lui explique que ça lui a pris beaucoup de temps pour accepter sa cécité.
Allison lui parle de la façon dont elle a réagi lorsqu’on lui a appris qu’Elliot Carson était son père. Il lui a fallu aussi du temps pour l’accepter. Ils partagent en quelque sorte la même souffrance, ils sont tous deux passés par de difficiles épreuves.
En face du manoir, Thomas aide Martin et Hannah à entrer dans la limousine. Puis il démarre la voiture.
Betty, seule dans la grande maison, s’ennuie. Elle a du temps à tuer. Elle n’a pas de dîner à préparer ce soir.
Elle entreprend donc d’aller faire un tour au sous-sol pour fouiner. Betty regarde quelques peintures qui s’y trouvent et découvre le portrait lacéré de Catherine. Surprise, elle s’apprête à toucher le tableau lorsqu’une main venue de nulle part lui attrape le poignet.





