Episode 321

Mardi 21 mars 1967

Pauvre petite fille effrayée

Rachel Welles est retournée dans la ferme où elle a grandi, la ferme que possédait Jack Chandler. Elle y est retournée avec la détermination de découvrir quelque chose qui pourrait lui en apprendre plus sur Chandler. Sur sa vie, sur ses habitudes. Mais elle espère aussi faire la lumière sur la disparition de la fille d’Elliot Carson, Allison. Pénétrant par infraction dans la maison, elle s’est procuré une boucle de ceinture avec des initiales. Peut-être est-ce ce genre d’objet qui va ouvrir une brèche sur le passé de Chandler ?

Rachel déambule dans le sous-sol, munie d’un chandelier. Elle cherche dans les tiroirs et les boites. Elle trouve la boucle de ceinture.


Au sous-sol, Rachel tient la boucle près du chandelier et peut lire les initiales JF. Elle se retourne en sursautant. Devant elle se trouve Chandler, apparu de nulle part. 

Elle lui demande ce qu’il fait ici. Il lui répond qu’il habite ici. Il lui demande de remonter afin de parler. Elle essaie de s’éloigner de lui. Chandler ne l’entend pas de cette oreille : 

— Toi et moi allons être très proches à partir de maintenant. 

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Je ne vais pas te laisser t’enfuir une nouvelle fois.

Dès qu’elle en a l’opportunité, elle frappe Chandler avec le chandelier et s’enfuit.

Elle court jusqu’à la ferme des Burrows. M. Burrows revient de la ville dans sa vieille voiture. Rachel se précipite vers lui en sanglotant, totalement terrorisée. 

M. Burrows lui dit qu’il a des problèmes de cœur et que sa femme est au lit, trop malade pour bouger. Il ajoute que les Carson sont des gens très bien et qu’elle devrait retourner là-bas.

Il propose à Rachel de la raccompagner à Peyton Place, et elle accepte. 


Plus tard, Elliot Carson se rend à la ferme et en fait le tour avec sa lampe torche. Il y a une photo de Chandler et de tante Lucy au premier plan. Elliot trouve le chandelier sur le sol et note qu’il est encore chaud. Mais Chandler n’est pas ici.


M. Burrows dépose Rachel en face de l’entrée de l’hôpital de Peyton Place. (M. Burrows à l’apparence typique du fermier des années soixante.) Rachel le remercie gracieusement et il lui souhaite bonne chance. 

Elle monte les escaliers de l’hôpital en courant et se rend directement au bureau du Dr Rossi. Michael lui demande si elle est allée à la ferme de Jack Chandler. 

Rachel veut qu’il appelle l’assistante sociale, Mme Franks. Elle avoue avoir été à la ferme, comme le médecin le pensait. Elle pensait que les Burrows pourraient s’occuper d’elle, mais ils sont trop vieux et trop malades. 

Michael l’étreint et la console comme si c’était sa fille, mais presque aussi comme si c’était sa petite amie. Il lui dit qu’elle peut dormir sur le canapé de son bureau. 

Il lui donne un somnifère. Elle s’étend sur le canapé et il la couvre avec une couverture. Elle lui demande de rester, mais il ne veut pas. Il lui souhaite une bonne nuit et s’éclipse.


De retour à Peyton Place, Elliot frappe violemment à la porte de l’appartement de Chandler, à la maison d’hôtes. Pas de réponse. Eli se montre. Elliot lui dit qu’il est à la recherche de Rachel. Ils ne savent pas où elle se trouve. Elliot va dans la chambre d’Eli et prend un café avec lui. 

Elliot lui dit que Norman avait suggéré qu’elle aurait pu retourner à la ferme. Elliot informe Eli qu’il est allé là-bas et que quelqu’un était venu juste avant. 

Le téléphone sonne. C’est Constance qui appelle pour dire que Rachel va bien. Elliot est extrêmement soulagé.


À la taverne d’Ada Jacks, Rodney entre et demande la moitié d’une tasse de café. Un noir lui ira très bien. Ada conseille à Rodney de faire attention. Elle fait référence à Sandy. Elle n’est pas encore divorcée de Lee et cela peut lui coûter des problèmes :

— Crois-moi, Rod. Tu ne seras jamais en paix tant que Sandy n’obtiendra pas le divorce. Si ce n’est pas vraiment sérieux avec elle, est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?

Sandy arrive dans une robe bleu-turquoise. Ils sortent ensemble. Rodney lui dit qu’il veut aller à White River plutôt qu’au Shoreline, où ils avaient prévu de se rendre. Il ne voudrait pas mettre de l’huile sur le feu si jamais ils tombaient sur Lee. Sandy accepte volontiers. 


À l’hôpital, Elliot se dirige vers le bureau du Dr Rossi. Il voit Mike assis sur une chaise dans le couloir, à côté de la porte d’entrée de son bureau. Elliot lui demande comment va Rachel. Il veut la voir. Mais Mike lui dit qu’elle dort, il lui a donné un sédatif. À la demande d’Elliot, le médecin lui explique ce qui s’est passé, et l’état d’hystérie dans lequel se trouvait Rachel quand elle est venue à l’hôpital. 

Cette fois, Elliot est convaincu : il veut que Rachel revienne vivre à la maison. 

— Notre maison est maintenant la sienne, dit-il. Il faut qu’elle le sache.

Il lui dit ensuite que quelqu’un est entré par effraction dans la ferme et l’a saccagée. 

À ce même moment, Rachel se met à crier. Ils entrent dans le bureau. La jeune fille pleure et elle est totalement effrayée. Elle a fait un cauchemar. Michael la réconforte. 

Une fois qu’elle est calmée, Elliot et Mike retournent dans le couloir. Elliot est très remonté contre Chandler, qui torture mentalement la jeune fille. Mike lui dit qu’il devrait rentrer chez lui et se reposer.

— Combien de temps va-t-elle devoir rester à l’hôpital ? s’enquiert Elliot.

— Je ne sais pas. S’il se passe quoi que ce soit, je vous appellerai.

Elliot souhaite bonne nuit au médecin et s’en va.


Episode 320

Lundi 20 mars 1967

Des murs de défense

Ce soir, Lee Webber a été engagé comme chauffeur par Martin Peyton, le grand-père de la fille dont il a été accusé de meurtre. Les raisons de Martin Peyton d’engager Lee sont autres que ses capacités de conducteur et de mécanicien. Mais Lee n’a aucune idée des raisons qui ont poussé le vieil homme à l’engager. Il ne voit que le salaire conséquent qu’il peut en tirer. Lee peut s’en vanter auprès de Sandy, sa femme qui demande le divorce.

Lee marche le long du quai et entre dans la taverne d’Ada Jacks.


Lee entre dans la Taverne et s’installe au comptoir. Ada lui dit qu’il n’est pas le bienvenu ici. Il répond qu’il n’est pas là pour renverser des tables ni casser des verres. 

Depuis l’arrière-boutique, Sandy fait signe à Ada de venir. Lee l’a vue et accompagne Ada. Il s’empresse de dire à sa femme qu’il est le nouveau chauffeur de Martin Peyton. Ada se demande pourquoi le vieil homme a engagé Lee. Ce dernier demande des félicitations de la part de Sandy et les reçoit à contrecœur. Sandy se réfugie à nouveau dans l’arrière-boutique.

Ada lui dit qu’il ferait mieux de partir. 


Steven et Betty sont dans leur chambre. L’avocat revêt un pyjama tandis que Betty est sur lit. Il se plaint à Betty des égards de Martin vis-à-vis de Lee. Selon Martin, c’est la faute de Steven si Lee est en liberté. Betty lui dit qu’il va rencontrer Peyton sur son chemin.

Peyton sait à quel point Steven déteste Lee Webber, et pourtant il le fait entrer dans la maison. L’avocat pense que c’est parce qu’il lui veut du mal.

Betty lui rappelle que Martin a le bras long, et qu’il pourrait aider Steven à devenir procureur.

— Je n’ai pas besoin de son aide, rétorque Steven.

— Nous sommes tous les deux entrés ici avec nos yeux ouverts, dit Betty.

— Alors, gardons-les ouverts. Ne laisse pas mon grand-père t’aveugler en le voyant comme un père Noël personnel. 

Betty dit qu’elle sera toujours à ses côtés. Ils s’embrassent.


Rita entre dans la cuisine tandis que Rachel prépare le petit déjeuner. Rita lui dit qu’elle n’était pas obligée, mais la jeune fille veut que Rita se repose. Elle lui demande de s’asseoir, pendant qu’elle continue à cuisiner. Rita lui dit que Norman dort encore. 

Rachel informe son amie qu’elle prévoit de partir demain. Elle a conscience que Rita a besoin de repos. Cette dernière préfèrerait que Rachel reste, mais la jeune fille a pris sa décision. Elle va trouver un job et un petit appartement, ça ne devrait pas être compliqué, pense-t-elle.

— M. Carson a peut-être changé d’avis, et tu pourrais aller vivre de nouveau chez eux. 

— Non, répond catégoriquement Rachel. Je ne retournerais pas chez les Carson. 

— Pourquoi ?

— Tu ne sais pas ce que c’est que vivre dans l’ombre d’Allison. Dormir dans sa chambre, utiliser ses affaires, tout en sachant que mon oncle est la dernière personne à l’avoir vue, je ne peux pas continuer à vivre à leur côté sachant qu’ils ne savent pas ce qui est arrivé à leur fille, ce qu’il lui a fait. 

— Qu’est-ce que tu comptes faire ? Confronter ton oncle ?

— Non, je vais fouiner. 

— Comment ça fouiner ? Où ça ?

— Juste fouiner. 

Norman entre et s’assoit à la table. Il salive devant ce qu’a préparé Rachel. Rita lui dit de ne pas s’habituer, la routine va vite reprendre. Rachel lui dit qu’en effet, elle prévoit de partir demain. 

— Eh, Rachel…, commence Norman.

— N’essaie pas de m’arrêter, Norman. S’il te plaît. 


Elliot est assis à la table du petit déjeuner tandis que Constance rumine dans son coin. Les choses ne semblent pas s’être arrangées entre eux. Ils se disputent à nouveau à propos de la façon dont Elliot a traité Rachel. 

Pour avoir la paix, Elliot lui dit qu’il va demander à Rachel de revenir chez eux.  Constance ne réagit pas.

— Tu as entendu ce que j’ai dit ? Je vais demander à Rachel de revenir.

— Pourquoi ?

— Pourquoi ! Parce que tu le veux. 

— Ce n’est pas une bonne raison. 

Constance lui dit que s’il veut qu’elle revienne pour surveiller ses moindres gestes et paroles, alors elle n’est pas sûre que ce serait bon pour la jeune fille. 

Elliot admet avoir eu tort.

— Écoute Connie, quand tu es enfermé entre quatre murs, tu commences à construire des murs. Des murs de défenses, des murs de réflexes nécessaires pour survivre. Dix-huit années, c’est suffisant pour construire des murs costauds. Je te dois des excuses, ainsi qu’à Rachel, pour vous avoir blessé. 

— Si tu penses vraiment qu’on peut donner un foyer à Rachel, alors nous recommencerons. Mais cette fois, ça doit être ta décision.


Leslie travaille dans son bureau, à la fabrique, tandis que Norman est annoncé et entre. Leslie salue Norman et demande des nouvelles de Rita. 

Leslie a reçu une lettre du bureau d’orientation du collège. Ils se demandent pourquoi le fils du directeur de la fabrique de textile a besoin d’un prêt étudiant. 

Norman demande à son père un job pour pouvoir payer ses études. Il veut commencer comme docker, au bas de l’échelle. Leslie lui rétorque qu’il n’a pas de poste disponible. Norman lui parle alors de Chandler et du poste qu’il vient d’obtenir. Il fait remarquer à son père que Rachel est la nièce de Jack Chandler. Elle est morte de peur à chaque fois qu’il s’approche d’elle. 

— Es-tu en train de me suggérer de virer Chandler ?

— S’il n’a pas de job, il fera ses bagages et s’en ira. 

Leslie dit qu’il ne peut pas le licencier, car il ne peut pas s’immiscer dans la vie privée de Chandler. 

Norman est déçu, il s’en va.


À l’appartement, Rachel fait ses bagages tandis qu’Elliot frappe à la porte. Elle ne répond pas. Elliot frappe de nouveau, et comme il n’obtient pas de réponse, il redescend les escaliers et s’en va. 

Rachel prend sa valise et s’en va à son tour. Elles se dirigent vers le tribunal où se trouve la station de bus internationale. 

L’enseigne de destination du bus indique : « HASTINGS VALLEY, WHITE RIVER et HILL JUNCTION ». Rachel monte à bord, paye le chauffeur et s’installe dans un siège. Par la fenêtre, elle voit Chandler qui la toise. Le bus s’en va.

Chandler conduit sa camionnette et klaxonne devant le Shoreline Garage. Il demande de l’essence à Rodney. Rodney lui demande s’il a du liquide sur lui. 

Rodney vérifie son niveau d’huile et d’eau. Ils sont bons. Chandler lui dit qu’il va voir un homme afin de lui racheter sa ferme. Rod demande 2,50 dollars et Chandler paye.


Elliot retourne à l’appartement afin de demander à Rachel de revenir chez les Carson. Mais Norman et Rita l’informent que Rachel est partie ce matin et qu’elle n’est pas revenue. 

Norman pense qu’elle est retournée à la ferme. Mais Rita a l’impression que non, car elle détestait cet endroit. Norman suggère à Elliot d’aller voir Mme Burrows, qui en saura peut-être plus. Il ajoute qu’il appellera Elliot si jamais il a des nouvelles. Elliot s’en va. 

Norman demande à Rita si elle en sait plus qu’elle ne veut en dire.


Norman avait raison, c’est bien à la ferme de Hastings Valley que Rachel est allée. Elle brise une fenêtre afin de lever le loquet de la porte. À l’intérieur, elle saisit un chandelier sur un meuble à tiroirs. Elle y pose des bougies et les allume. Puis elle se rend au sous-sol. 

Elle cherche des indices afin de pouvoir confronter Chandler. Elle y trouve une boucle de ceinture avec les initiales JF. Elle met la boucle dans sa poche. 

Elle ouvre un tiroir et scrute l’intérieur. Elle regarde autour d’elle et elle sursaute en entendant la voix de Chandler lui dire : 

— Le mal du pays, chérie ?


Episode 319

Mardi 14 mars 1967

Une nuit agitée

Pour Lee Webber, la maison de Martin Peyton est l’imposant symbole du pouvoir et de la richesse. En des circonstances normales, il n’aurait jamais vu cette maison de l’intérieur. Mais ce soir, Lee a saisi l’opportunité d’investir un monde qu’il a longtemps renié. 

Dans la maison, Mary se dirige vers la porte d’entrée et introduit Lee Webber.


Peyton salue Lee et lui demande ce qu’il veut. Lee est venu pour l’emploi de chauffeur. Lee dit une nouvelle fois qu’il est innocent, il n’a pas poussé Ann de la falaise. 

Quand Peyton lui demande pourquoi il fait appel à lui pour un job, Lee lui répond qu’à l’issue de l’audience préliminaire, Peyton a été le seul à venir à sa rencontre et à le féliciter. Il a beaucoup apprécié, et il lui en est reconnaissant. 

Ils parlent des qualifications de Lee. Celui-ci dit qu’il s’y connait en mécanique. En plus du rôle de chauffeur, il pourrait entretenir la voiture.

— Êtes-vous prêt à recevoir des ordres ? demande le vieil homme.

— Ça dépend de qui ils viennent.

— Apportez-moi un brandy.

Lee sert un verre à Peyton.

Peyton semble convaincu par ses propos, dit à Lee de prendre son manteau dans la penderie du vestibule. 

Steven Cord entre dans le living-room et demande à Peyton où il va. Peyton a décidé de faire un tour en limousine avec Lee pour voir comment il conduit. 

— Vous ne savez pas ce que vous faites ! s’insurge l’avocat. 

Avant de partir, il demande à Steven de dire à Betty de lui laisser un morceau de tarte. Steven interpelle Lee avant qu’il ne parte.

— Je serai là à votre retour, dit-il d’une voix dont la menace est à peine voilée.

— Prenez vos aises, monsieur Cord. La promenade risque d’être longue.


Dans la cuisine des Carson, Constance applique une lotion sur les gencives de Matthew. Il « fait ses dents ». Elliot entre dans la pièce et Constance lui dit qu’elle n’arrive pas à faire manger des céréales au bébé. 

Ils se disputent à ce propos. Elliot lui dit qu’il n’est pas obligé d’en manger maintenant, et Constance lui fait savoir que le Dr Rossi a préconisé qu’il en prenne. 

Elliot se rend compte que la dispute est futile et il se demande combien de temps cela va durer entre eux. Il sait que le problème, ce n’est pas la nourriture de Matthew, mais Rachel.

— Elle va dormir sur un canapé cette nuit, dit Constance d’un air de reproche. 

— Où crois-tu qu’elle dormait avant ?

— Elle est sous notre responsabilité, Elliot !

— Non elle ne l’est pas. Allison est sous notre responsabilité, Matthew aussi. Mais pas Rachel.

Constance prend Matthew dans les bras et se réfugie dans le salon. Elliot la suit. Il essaie de lui faire comprendre que sa priorité est de retrouver Allison. Mais Constance lui dit que s’attaquer à Rachel ne fera pas revenir Allison.

Il prend son manteau pour partir.

— Est-ce que tu vas à l’appartement ?

— Non, je ne vais pas à l’appartement, répond-il, excédé.

Il s’en va.


À l’appartement, Norman et Rita préparent le canapé-lit tandis que Rachel entre dans le salon en chemise de nuit. Rita lui dit que si elle a besoin de quoi que ce soit, elle n’a qu’à demander. 

Songeuse, Rachel ouvre le volet de la fenêtre et regarde le square tranquille. Puis elle va se coucher.

Dans leur chambre, Norman et Rita se disputent à propos de Rachel. Rita lui dit que c’est la seule amie de son âge qu’elle a. Elle a le devoir de l’aider. Norman pense qu’il n’est pas bon pour Rita, qui a des problèmes de santé, de s’occuper d’une jeune fille perdue.

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Norman va répondre. C’est le Dr Rossi, Rita l’a appelé. Il est surpris de voir Rachel couchée dans le canapé. Il est venu examiner Rita. 

— Est-elle malade ? s’inquiète Rachel.

— Non, non, tout va bien. 

Mike et Norman entrent dans la chambre. Ils parlent de Rachel. Michael écoute le cœur de Rita. Il dit que tout va bien. Il lui prescrit quelques médicaments. Il veut qu’elle vienne à son bureau demain après-midi à deux heures. 

Michael demande à Norman pourquoi Rachel a quitté la maison des Carson. Le jeune Harrington lui dit qu’elle s’est disputée avec Elliot. 

Le médecin se rend ensuite au salon pour parler à la jeune fille. Rachel lui demande ce qui ne va pas avec Rita. Il reste évasif et lui demande comment elle va. 

Michael lui dit qu’il aimerait l’aider. Elle lui demande de ne pas lui parler comme à une enfant. Le médecin lui dit qu’Elliot est son ami et il voudrait savoir pourquoi elle a quitté la maison des Carson. 

Elle lui répond qu’Elliot ne lui fait pas confiance et qu’elle ne peut pas revenir en arrière. Il lui souhaite bonne nuit avant de partir. Elle ne daigne pas lui répondre.

À l’extérieur, Michael descend les escaliers. Il monte dans sa voiture et démarre. Chandler l’observe.


Vue du haut des escaliers du manoir. Peyton arrive à la porte d’entrée. Steven lui demande s’il a apprécié la promenade et si elle en valait la peine. Peyton lui répond simplement que Lee est un bon conducteur. 

Mais Steven ne veut pas de Webber dans la maison. Il insiste. Peyton lui dit que, pourtant, à l’époque du procès, Steven travaillait pour Lee. 

— Nous savons tous les deux que Lee a tué Ann Howard, assène Steven. 

Peyton le regarde droit dans les yeux : 

— Je sais que Webber a tué ma petite-fille. Mais maintenant que nous l’avons sous la main, nous allons pouvoir appliquer notre propre justice, n’est-ce pas Steven ?


Au magasin général, Elliot se dispute avec Eli à propos de Rachel devant une tasse de café. Eli lui dit qu’elle est une pauvre enfant effrayée. Il la compare à Allison, ce qu’Elliot n’accepte pas. 

Ils continuent à se disputer jusqu’à ce qu’Elliot s’en aille. 

Dans la rue, Elliot rencontre Chandler. Ce dernier lui dit qu’il était en route pour le Clarion afin de lui dire qu’il a aimé l’article sur l’industrie du poisson. 

Elliot l’interrompt : 

— Pourquoi avez-vous déménagé en ville, Chandler ?

— Vous ne lâchez pas l’affaire, vous.

Il ne comprend pas non plus pourquoi il a choisi d’aller travailler à la fabrique, alors que la ville offre de nombreuses opportunités d’emploi.

— Je n’ai commis aucun crime, répond Chandler. 

Finalement, comme il fait froid, Chandler préfère rentrer directement à la maison d’hôtes où il loue un appartement. Il demande à Elliot de souhaiter une bonne nuit à Rachel. Visiblement, il ignore que la jeune fille n’est plus chez les Carson.

— Je suis content qu’elle soit entre de si bonnes mains, ajoute-t-il.

Elliot se garde de lui apprendre que Rachel n’est plus chez eux.


Episode 318

Lundi 13 mars 1967

Un nouvel emploi

Rachel Welles a quitté la maison d’Elliot Carson et de sa femme Constance. Elle sait depuis longtemps que l’homme qui se prétend être son oncle, Jack Chandler, a un rapport avec la disparition de la fille des Carson, Allison. Si elle révèle cette information explosive à quiconque, elle et les Carson devront faire face à la violence de Jack Chandler. Elle n’avait pas d’autre choix que de quitter la maison des Carson parce qu’elle était sans cesse interrogée par Elliot. 

Des voitures roulent autour du square. En face du drugstore, Constance sort de sa voiture couleur or. Rachel et le chiot sont avec elle.


Rachel monte les escaliers menant à l’appartement de Rita et Norman. C’est ce dernier qui ouvre la porte et les laisse entrer. Constance leur explique pourquoi Rachel est ici. Elle a besoin d’un endroit pour dormir. Rita et Norman acceptent d’héberger la jeune fille et le chiot. 

Avant que Constance ne parte,  Rachel l’étreint et la remercie pour tout. 

— Tu es sûre de ne pas vouloir changer d’avis ? demande une dernière fois Constance. 

— Je ne peux pas. 

Constance s’en va.

Tandis que Norman va chercher des draps propres et un oreiller dans la chambre, Rachel explique à Rita que M. et Mme Carson se sont violemment disputés à cause d’elle. Elle ne veut surtout pas causer de problèmes à Mme Carson, qu’elle aime vraiment beaucoup. 

— Que vas-tu faire maintenant que tu n’es plus chez les Carson ? s’enquiert Rita. 

— Je ne sais pas. Tout ce qui importe, c’est le bien-être de Mme Carson, je m’inquiète pour elle. 

— Leur as-tu parlé du bracelet ?

— Non, je ne peux pas. 

Rita lui dit que c’est une information qui peut avoir de l’importance, mais Rachel a peur de la réaction de Chandler. 

— Tu n’as qu’à prévenir la police, suggère Rita. 

Rachel lui dit qu’elle ne peut pas. Elle est pieds et poings liés. Chandler l’a menacée de s’en prendre à elle, mais aussi au Dr Rossi, aux Carson et même au petit Matthew. Rita est horrifiée rien qu’en pensant qu’il pourrait s’en prendre à un bébé. 

— Je vais découvrir ce qui est arrivé à Allison, déclare Rachel. 

— Tu ne vas rien faire de stupide ?

— J’ai pris ma décision. Je dois vraiment découvrir ce qui lui est arrivé. 


Rodney travaille sur une voiture rouge lorsqu’entre Leslie. Il veut savoir pourquoi son fils est parti de la maison de Martin Peyton. Leslie précise qu’il a obtenu cette information par l’ex-femme de Rodney, Betty. 

— Je suis fier de mon fils. Je l’ai toujours été. Maintenant, pourquoi ne cours-tu pas après ce que tu veux, pour être fier de toi, toi aussi ?

Après sa visite chez Rodney, Leslie se rend à la taverne d’Ada Jacks. Il appelle Ada depuis sa table. Il lui demande des nouvelles de Norman et Rita. 

Il donne cinquante dollars à Ada afin qu’elle achète à Rita quelque chose de bien à se mettre. 

Il lui dit aussi qu’il a procuré un travail à Chandler à la fabrique. Elle sait que Jack Chandler est en fait Jack Forrest. 

— Tu connais Jack Chandler. Tu ne me la fais pas. Pourquoi l’as-tu engagé, Les ? Tu as licencié plus d’un homme à la fabrique ces dernières années.

Leslie évite soigneusement de répondre et s’en va.


Au bar du Colonial Post Inn, Chandler s’entretient avec Frank, le barman. Lee entre et s’assoit à côté de Chandler. Le barman regarde Lee d’un air suspicieux. 

— Est-ce que tu as de quoi payer ? s’enquiert-il.

Lee lui montre de l’argent qu’il sort de sa poche. Le barman lui sert à boire et lui donne cinq minutes pour boire son verre et partir. 

Lee parle avec Chandler. Il lui montre ses mains manucurées par ses soins et lui dit qu’il n’aura plus à se les salir comme par le passé parce qu’il va se présenter pour le job de chauffeur de Martin Peyton. Il parie avec Chandler cinq dollars qu’il aura l’emploi. 

Chandler pense le contraire et accepte le pari. Il lui dit de laisser l’argent à la maison d’hôtes, c’est là qu’il loge. 

Lee s’en va. Leslie entre et parle avec Frank. Il l’appelle par son prénom. Leslie et Chandler se fixent du regard sans mot dire.


Steven et Betty discutent dans leur chambre à coucher de la maison Peyton. 

Betty a le sentiment que Steven est préoccupé par le voyage qu’elle a fait avec Martin à Boston. Steven est ennuyé parce que Peyton lui a montré la maison dans laquelle il a grandi à Boston. Or Steven n’a jamais été fier d’avoir été le fils d’une domestique. 

Mary vient frapper à la porte pour leur dire que M. Peyton souhaite qu’ils se joignent à lui pour le café. La sonnette de la porte d’entrée retentit.

Mary redescend, va ouvrir la porte et fait entrer Lee Webber. Steven descend les escaliers et s’apprête à mettre Lee à la porte. 

Peyton arrive à ce moment même dans son fauteuil roulant et dit à Steven de laisser Lee entrer. Peyton et Lee discutent ensemble. Lee est venu pour l’emploi de chauffeur. Martin semble intéressé par la proposition. Ils partent faire un essai avec la limousine.


Episode 317

Mardi 7 mars 1967

La décision de Rachel

Vingt ans plus tôt, Jack Chandler marchait sur ce même quai, à Peyton Place. À cette époque, il venait ici pour un but bien précis, pour rencontrer Leslie Harrington dans l’arrière-boutique de cette taverne afin de parler affaires. Des affaires d’un genre très particulier. Récemment, Jack Chandler est retourné à la taverne, mais la propriétaire, Ada Jacks, l’a accueilli froidement. Aujourd’hui, il a décidé de faire un nouvel essai. Son but est de récupérer Rachel Welles, et pour se faire il doit avoir une amie et alliée.

Sur le quai, Jack Chandler se dirige vers la taverne d’Ada Jacks.


Chandler entre à la taverne tandis que deux hommes en sortent. Ada se dirige vers lui et lui demande depuis quand Harrington permet à ses hommes de boire pendant leurs heures de travail. Il lui répond que c’est l’heure de sa pause et qu’il est venu boire un café. 

Il tente de se rapprocher d’elle en lui disant qu’elle est une femme généreuse. Mais Ada lui fait clairement comprendre qu’elle n’est pas intéressée et lui dit que s’il veut manger quelque chose, il doit se rendre à l’autre bout du quai.

Chandler est toujours assis au comptoir quand arrive Norman. Ada lui demande pourquoi il n’est pas à l’école. Chandler observe qu’Ada se comporte familièrement avec Norman. Il ne savait pas que le jeune homme avait épousé la fille d’Ada. Chandler se présente à Norman, ce dernier comprenant vite qu’il est l’oncle de Rachel Welles. Chandler s’en va.

Norman discute un moment avec sa belle-mère. Il lui demande comment elle connaît l’homme. Elle lui dit qu’il était l’ami d’Eddie, vingt ans plus tôt. Eddie est le père de Rita, il l’a quittée peu de temps après sa naissance. 

D’après Ada, Eddie est un moins que rien. Lorsqu’il est parti, c’était comme avoir une ordure de moins dans cette ville. C’est la raison pour laquelle elle n’aime pas parler à Rita de son père. Puis Norman lui dit qu’il la verra vendredi. Avant de repartir pour l’école, Ada lui demande de ne pas parler de Chandler et d’Eddie à Rita.


Rita est au drugstore et s’entretient avec Rachel au téléphone. Lee demande à Rita de réchauffer son café. Il lit dans le journal que Peyton recherche un chauffeur. Lee pense qu’il pourrait faire l’affaire. Les chauffeurs n’ont jamais les mains sales comme les mécaniciens, ils portent des gants. 

Rita s’accroche avec Lee au sujet de Rodney. Elle lui demande de rester loin de lui et de ne pas lui créer de problèmes. Elle lui réclame l’argent du café. Il paye et elle refuse son pourboire. 

Rita se prépare à partir. La fille qui la remplace arrive en courant, tout en s’excusant d’être en retard. Lee lui demande comment elle s’appelle. La jeune fille se contente de lui lancer un regard froid.


Derrière l’enseigne du Colonial Post Inn, Rachel a donné rendez-vous à Rita. Elle lui dit qu’elle a besoin de parler à une personne de confiance. Elle informe Rita qu’elle compte quitter la ville. 

— Tu quoi ? s’étonne Rita. 

— Je quitte la maison des Carson. 

— Pourquoi ?

— Parce que je n’ai pas dit tout ce que je sais à propos d’Allison. Je n’ai pas pu. 

— Et ce que tu sais, tu voudrais me le dire, à moi ?

— Je ne peux plus garder ça pour moi plus longtemps, Rita. 

Rita s’éloigne :

— Je ne pense pas vouloir l’entendre. 

Rachel suit Rita jusqu’à l’entrée du Colonial. 

— Oh, s’il te plaît !

— Tu ne peux pas le dire à quelqu’un d’autre ?

— Il n’y a personne d’autre que toi en qui j’ai confiance. 

— Et pourquoi pas Rodney ?

— Non. J’ai trouvé le bracelet d’Allison sur le sol de la voiture de Chandler. 

— Et c’est tout ?

Rachel est ennuyée de voir que Rita ne comprend pas la signification de ses paroles. 

— Tu ne comprends pas, insiste Rachel, il m’a menacée si jamais je parlais de ce bracelet à M. Carson ou au Dr Rossi. 

— Rachel, il a juste voulu te faire peur. Il bluffe. 

Rachel est ennuyée par le manque évident de perspicacité de son amie. Elle parle de Jack et des dix ans qu’il a passé marier à sa tante Lucy. Lorsqu’il est venu vivre à la ferme, il n’avait rien avec lui, pas même un bagage. 

— Rita, je me demande ce qu’il a fait à Allison.  


Dans la salle à manger encore en réfection du manoir, Steven se sert un verre tandis qu’entrent Betty et Martin Peyton. Le vieil homme dit à Steven qu’il a une femme amusante. 

Ils reviennent tout juste de Boston. Il lui a montré la maison des Peyton à Boston. Steven s’inquiétait pour elle parce que les routes sont mauvaises et qu’elle n’a pas appelé. Betty et Martin semblent avoir bien apprécié leur visite à Boston, et une certaine complicité naît entre eux. 


Le Dr Rossi travaille au labo quand arrive Rachel. Elle lui dit qu’Elliot est fâché contre elle. Le médecin lui demande ce qui s’est passé. Elle avoue avoir menti à Elliot à propos de Chandler. Elle lui a dit qu’elle ne l’a pas vu alors que c’est faux. 

Selon Michael, il n’y a pas d’autre solution pour Rachel que de dire à Elliot la vérité. Ce n’est pas la réponse qu’elle souhaitait de la part du médecin.


Rodney et Sandy se promènent sur le quai. Ils se rendent au Cider Barrel et commencent à jouer aux fléchettes. Elle demande à Rodney pourquoi il est malheureux. Rodney commande deux tasses de café à Charlie. 

Il dit à Sandy qu’elle veut être protégée et il pense que c’est la raison pour laquelle elle est avec lui. Charlie leur apporte le café. 

Sandy dit à Rodney qu’elle n’est pas Allison et qu’elle ne veut pas être mise sur un piédestal. Et elle ne veut pas être appelée « Sandra » comme Rodney a l’habitude de le faire. 


Chez les Carson, Elliot crie après Constance à propos de Rachel. La dispute est violente. 

— Cela va prendre du temps avant que je n’arrive à te pardonner si jamais tu la fais partir. 

Rachel entre par la porte d’entrée. Constance lui demande si elle va bien. Elle lui dit que c’est dorénavant Rita qui prendra soin du bébé. 

— Je m’en vais, dit-elle. 

— Attends ! supplie Constance. 

— Je n’aurais jamais dû venir. 

Puis elle se précipite à l’étage. Constance et Elliot continuent à se disputer violemment. Constance lui reproche de s’être emporté contre Rachel parce qu’elle a vu son oncle. 

— C’est son oncle ! Doit-elle te demander la permission de se lever tous les matins aussi ?

Elliot n’avait jamais vu Constance autant en colère. Il pense toujours qu’elle détient des informations sur Allison et il veut que sa fille lui revienne. Constance comprend qu’il n’a jamais voulu de Rachel ici et qu’il s’est servi d’elle pour essayer d’avoir des informations. Elliot demeure persuadé que la jeune fille leur cache quelque chose. 

Constance toise son mari. 

— J’ai appris à aimer cette fille. Si elle part d’ici, je ne suis pas prête à te pardonner. 

Dans la chambre du bébé, Rachel fait ses adieux à Matthew.


Episode 316

Lundi 27 février 1967

Le mensonge

Rachel Welles a reçu un cadeau de la part du Dr Michael Rossi, un chiot. Un cadeau qu’on offre habituellement à un enfant. Elle a également reçu un sermon de la part du médecin. Un message clair qui lui dit de ne pas mal interpréter ce cadeau. Le médecin lui a dit qu’elle jouait au docteur Jekyll et Mister Hyde. En une minute, elle peut passer du stade d’enfant au stade d’adulte. Pour Rachel, les mots du médecin sont incorrects. Depuis qu’elle a rencontré le Dr Rossi et Rodney Harrington, elle se sent femme.

Rachel marche le long du quai jusqu’au Shoreline Garage, portant le chiot offert par le Dr Rossi.


Rachel apporte le chiot au Shoreline Garage pour le montrer à Rodney. « Puppy » est le nom qu’elle a donné à l’animal. 

Rodney se sert d’un chalumeau pour chauffer du café. Il l’invite au Shoreline Cafe. Elle décline l’offre et s’en va. Rodney éteint le chalumeau.


Rachel quitte le garage et marche le long du quai. Elle se heurte à Jack Chandler. Il affirme qu’il ne la suit pas et l’informe qu’il travaille au dock pour la fabrique Peyton. 

Derrière Chandler, à quelques distances de là, nous voyons Elliot sortir du Sparhawk Employment et dire à quelques amis qu’il les verra plus tard.

Il se décide à suivre Chandler. Il veut connaître ses intentions. 


Dans la salle à manger du manoir, Steven, Betty et Peyton prennent leur petit déjeuner. Steven lit le journal. Peyton lui dit que c’est une prérogative bourgeoise de lire le journal à table. 

Il l’informe que Thomas, le chauffeur, a donné son préavis. Il se marie dans deux semaines. 

Peyton demande à Steven d’aller faire un tour au Clarion et de déposer une annonce pour la recherche d’un nouveau chauffeur. 

Betty offre de s’en occuper, mais Peyton lui répond qu’il a d’autres projets pour elle. Ils vont partir ensemble pour Boston. En réalité, il va voir ses avocats, Wainwright et Kennerly, et pendant ce temps Betty pourra aller faire du shopping. 

Betty accepte volontiers et se tient prête à y aller. 

Steven part travailler. Martin dit à Betty qu’il n’aime guère le paysage qui figure au-dessus de la cheminée. 

Il voudrait le remplacer par le portrait de Betty. Il veut que ce soit un cadeau surprise pour l’anniversaire de Steven. Il en parlera à un artiste peintre lorsqu’ils seront à Boston.


Rodney gare sa voiture en face du drugstore. Rita est en train de repasser lorsque Rodney entre dans l’appartement. 

Il lui dit qu’elle devrait se reposer. Elle lui demande si c’est Norman qui lui a demandé de venir pour l’espionner. 

Norman a repassé quelques chemises hier soir, mais le jeune homme n’est guère doué dans les tâches ménagères et elle est obligée de les reprendre. 

Rita sent qu’elle peut aller travailler. Elle va mieux. Rodney lui dit que le dîner à quatre au Shoreline est annulé. Rita suggère alors de dîner tous ensemble à l’appartement à la place. Elle se propose de commander des pizzas. 

Rita admet qu’elle aime vraiment bien Rachel. Quant à Rodney, il veut pouvoir prendre en main sa propre vie et ne veut pas d’attache. 

— Tu ne peux pas changer ce que tu es, lui dit Rita avant qu’il ne parte.


Au Clarion, Elliot enfonce un clou dans le mur afin de poser une photo lorsque Rachel frappe à la porte et entre. 

Elle est venue lui montrer son fils, Matthew, dans le landau. 

Elliot lui demande si elle a vu Chandler. Elle lui répond que Chandler ne l’ennuie plus. Elliot sait qu’elle ment puisqu’il l’a vue avec Chandler tout à l’heure. 

Il l’informe donc qu’il est allé au Sparhawk Employment, non loin du quai afin d’interviewer un homme pour un article sur les marins et il a vu Rachel sur le quai avec Chandler. 

Elle est sur la défensive et lui reproche de lui avoir tendu un piège. Elliot veut savoir pourquoi elle a menti. Le ton monte et chacun se fait des reproches. 

Il lui demande pourquoi Chandler a emménagé dans cette ville. Rachel lui répond qu’elle n’est pas sa fille et qu’elle n’a aucun compte à lui rendre. Puis elle s’en va.


La voiture de Rodney s’arrête sur le sol neigeux devant la maison des Webber. Rodney frappe à la porte. Sandy ouvre la porte, heureuse de voir Rodney venir vers elle. Ils s’embrassent. 

Rodney lui demande de prendre un manteau. 

— Où va-t-on ? lui demande-t-elle. 

Rodney lui sourit : 

— Où tu veux. 


Episode 315

Mardi 21 février 1967

Un inconnu qui ne l’est pas vraiment

Aujourd’hui, Rachel Welles est une jeune fille confuse et malheureuse. Pendant des semaines, elle attendait avec impatience le retour du Dr Michael Rossi de New York. C’était son protecteur. Un protecteur très concerné. Maintenant, il est revenu et a dit à Rachel qu’elle ne doit pas le considérer autrement que comme un ami.

Rachel passe devant le Colonial Post Inn et la banque pour se rendre à la librairie.


Rachel, portant le chiot, entre à la librairie et parle à Constance. Elle lui raconte que le Dr Rossi a été froid et inamical avec elle, pas comme la première fois qu’elle est arrivée en ville. 

Constance excuse Michael en disant à la jeune fille qu’il est très occupé à s’installer à son nouveau poste de chef du personnel de l’hôpital. Cette nouvelle responsabilité est venue soudainement. 

Rachel lui dit que Rodney est un garçon très bien. Elle demande à Constance si elle peut lui en dire un peu plus sur le Dr Rossi après le souper de ce soir.


Le Dr Rossi examine Rita, qui a eu un vertige. Il lui parle de Rachel. Rita lui dit que Rachel leur a appris un nouveau pas de danse. 

Concernant son diagnostic, il pense qu’elle souffre de fatigue intense. Il veut la voir toutes les semaines. Et plus de danse pour l’instant. 

Rita s’en va. Michael téléphone l’infirmière Raffer afin de lui dire d’inscrire dans le dossier de Rita qu’elle souffre probablement d’une sténose mitrale.


Steven arrive près de l’entrée du manoir et discute avec Betty en haut des escaliers. Il lui dit qu’elle a l’air de se porter comme un charme. 

Il se rend ensuite à l’étage. Betty l’informe que Peyton veut lui parler avant qu’elle et Steven ne sortent dîner. Betty va donc voir le vieil homme. Il lui dit qu’il est temps pour elle de devenir la maîtresse de cette demeure. 

Il entend par là remplacer Hannah Cord en payant les factures, préparant les menus, engageant ou renvoyant du personnel. 

Peyton lui montre où se trouvent les registres. Il lui montre la liste des marchands avec lesquels il traite. 

Steven et Betty vont dîner en ville avec le banquier, le vieux Charlie Tomlinson. Peyton dit à Betty de saluer Regina Tomlinson de sa part.


Chandler marche sur le quai et se rend à un téléphone public. Il compose le numéro de la fabrique et la secrétaire l’informe qu’elle a un message pour lui de part de M.  Harrington. Elle lui passe Leslie. 

Ce dernier lui demande de se présenter demain matin sur les docks pour un travail. Il ajoute qu’il ne veut plus que Chandler l’appelle par téléphone. 

— C’est vous le patron, répond Chandler.

Après avoir raccroché, Chandler se dirige vers la taverne d’Ada Jacks. Un homme et une femme quittent la taverne tandis que Jack Chandler entre. Il s’assoit au comptoir et interpelle Ada :

 — Excusez-moi. 

— Qui a-t-il ?

— Vous ne vous souvenez pas de moi, hein ?

— Désolée. 

— J’ai pris quelques kilos depuis, mais je ne pense pas avoir autant changé. Ça fait longtemps. Alors, vous ne vous souvenez pas ? Vous aviez l’habitude d’apporter des sandwiches à moi et Eddie dans l’arrière-boutique… Vous vous souvenez, n’est-ce pas, Ada ?

— Que vendez-vous, monsieur ?

— Je ne vends rien. J’achète. Une bière. Vous avez fait de cet endroit quelque chose de très joli. On s’y sent à l’aise. Eddie aurait été content de ce que vous en avez fait. Mon prénom est Jack. 

— Je sais. Jack Forrest.

— En réalité, j’ai changé mon nom de famille. Je m’appelle Jack Chandler maintenant, Ada. J’ai une nouvelle vie.

— Que voulez-vous ?

— Rien. Vous avez des nouvelles d’Eddie ?

— Non, et je n’en veux pas. 

— C’est bon. Il est parti et il vous a laissé, n’est-ce pas ? C’était un drôle de type. Un peu bouffon, si vous voulez mon avis. 

— Ça fera 25 cents, monsieur Chandler.

— Vous n’avez jamais vraiment apprécié les amis d’Eddie, n’est-ce pas ?

— Et je ne les apprécie toujours pas.

— J’ai entendu dire que vous et Eddie aviez eu une fille. C’est vrai ?

— Vous cherchez l’aumône. C’est ça que vous voulez ?

— Non, non. Je cherche l’un de ces sandwiches que vous aviez l’habitude de faire.  

— Je ne sers plus de sandwiches.

— Oh, c’est dommage. Ils étaient très bons. Avez-vous des nouvelles des gars ? 

—  Non, je me suis débarrassée d’Eddie et de tous ces amis. Écoutez, je fais très attention à qui entre ici. Un seul problème et vous sortez, pour de bon. 

— Vous n’aurez aucun problème avec moi. Je suis simplement content de voir qu’après vingt ans, vous êtes toujours ici. Et je suis venu ici pour avoir une bière et un peu d’amitié. Allons, Ada, vous êtes probablement la seule amie que j’ai dans les alentours. 

— Tout ce qu’il y a pour vous ici, c’est de la bière.

— Vous allez aimer cela. Vous vous souvenez de Leslie Harrington, le type au nez cassé qui dirigeait la fabrique à l’époque ? Eh bien, ce même Harrington dirige toujours la fabrique aujourd’hui. Les choses sont étranges, vingt ans plus tard, on discute travail. Et aujourd’hui, il m’a procuré un job. 

— Félicitations, dit la patronne du bar sans conviction. 

— Content de vous avoir revu Ada. Je vous reverrai très bientôt.


Eli tape à la machine lorsque Elliot entre au Clarion. Eli écrit à un fournisseur pour lequel il a payé des factures pour des marchandises qu’il n’a pas encore reçues. 

Elliot veut se servir de la machine pour son édito. 

Ils en viennent à parler de Rachel, et Eli lui dit qu’elle est une fille très gentille qui mérite beaucoup d’attention. 

Mais Elliot émet toujours des réserves sur la jeune fille, et Eli ne manque pas de le lui reprocher. Une nouvelle fois, il lui reproche de s’être rapproché d’elle dans l’espoir d’obtenir des informations sur la disparition d’Allison. 


Sandy se rend au Shoreline Garage pour dire à Rodney qu’elle est dorénavant libre puisqu’elle demande le divorce. Il est clair qu’elle fait comprendre au jeune homme qu’elle est disponible pour lui. 

Rodney ne saute pas sur l’occasion. Il lui dit que Lee est un homme fort qui ne va pas laisser passer un divorce. 

Sandy l’informe que si ce n’était pas pour Rodney, elle sauterait dans le prochain bus et disparaîtrait de cette ville. Elle l’appelle Golden Boy et Rodney lui fait remarquer que Lee l’appelle aussi ainsi. 

En parlant de son avenir, il affirme qu’il ne veut pas travailler à la fabrique, il veut être libre. 

Voyant qu’elle ne parvient pas à s’octroyer les faveurs de Rodney, elle promet de ne plus l’importuner.


Episode 314

Lundi 20 février 1967

Projets d’avenir

En des circonstances habituelles, Rodney Harrington et la jeune Rachel Welles auraient été attirés l’un vers l’autre, et pour l’heure auraient leurs vies totalement liées. Mais Rodney avait l’habitude de raccompagner Allison dans cette même maison. Et dans son esprit, le temps qu’il consacre à Rachel est du temps volé. Volé à Allison. Et ce soir demeure un autre problème entre eux : le Dr Michael Rossi est de retour en ville et Rachel ne peut pas cacher son intérêt pour lui.

La rue en face du drugstore. La porte d’entrée de la maison des Carson.


Rachel joue avec le chiot et demande à Constance si elle peut garder ce cadeau offert par le Dr Rossi. Constance lui répond que, bien sûr, elle peut le garder. Elle ajoute qu’elle ne doit pas tarder à aller se coucher, parce qu’elle a deux bébés maintenant à s’occuper.


Chandler se rend au Shoreline Garage, frappe à la porte et entre. Il veut parler à Rodney et lui dit qu’il avait raison. Il n’ennuiera plus Rachel. 

Il a vu Rodney avec Rachel et lui dit qu’elle n’est pas comme les autres filles de son âge. Elle a été élevée différemment. 

Il demande à Rodney d’y aller doucement. Quant à Rodney, il demande à Chandler de rester loin d’elle. Rodney n’a pas besoin de conseil sur la façon de se comporter avec Rachel. Chandler s’en va.


Rita prépare le petit déjeuner pour Norman. Elle l’appelle, et n’obtenant pas de réponse, elle va dans la chambre le réveiller. Elle l’embrasse et lui demande s’il veut des œufs frits ou brouillés. 

Elle met son peignoir sur lui et le conduit dans la cuisine. Elle lui dit qu’il est de son devoir de s’assurer qu’il ait un bon petit déjeuner. 

Il lui parle de ses cours et du fait qu’il s’est endormi dans le cours de M. Hillyard, la matière où il est en difficulté. 

Rita est soudain prise de vertige et manque de s’évanouir. Norman l’aide à s’installer sur le sofa. Il lui dit qu’elle devrait appeler M.  Courtney du Drugstore pour lui dire qu’elle ne pourra pas venir. 

Norman téléphone à M.  Courtney, puis au Dr Rossi.


Au manoir, plus précisément dans le petit salon, Steven Cord est assis sur une chaise couverte d’un plastique afin de la protéger de la peinture et de la poussière. La pièce est encore en chantier. 

Betty entre. Depuis les dommages causés par l’incendie, le portrait de Catherine n’a pas été remis au-dessus de la cheminée. 

Steven se souvient qu’il a fait sa demande en mariage à Betty ici même. Ils se remémorent ensemble ce moment. 

Heureux, ils sont à l’aise dans leur nouvelle demeure. 


Jack Chandler fait irruption dans le bureau de Leslie sans être annoncé, expliquant qu’il n’y avait personne à la réception. 

Chandler lui parle d’un marché conclu à l’arrière-boutique de la taverne 18 ans plus tôt entre Leslie et Eddie Jacks, le mari d’Ada. 

Chandler rappelle à Leslie que son nom, à cette époque, était Jack Forrest. Leslie se souvient parfaitement de lui, et lui dit :

— Elizabeth Carson a été tuée par ma femme. Ma femme est morte. De même qu’Elizabeth Carson. N’essayez pas de les déterrer.

— J’ai bien compris le message, monsieur Harrington. 

— Vous avez plutôt intérêt. 

Après avoir discuté un moment avec Chandler, et par peur du chantage, Leslie lui annonce qu’il sera sans doute capable de lui trouver un job à la fabrique.


Sandy et Ada marchent vers la porte arrière de la taverne. Sandy porte deux valises à la main. Elles entrent dans ce qu’Ada appelle : « le palace de Peyton Place ». 

Ada la fait entrer dans la chambre qui était celle de Rita avant qu’elle ne se marie. Elle lui dit qu’elle devrait mettre le plus de distance possible entre elle et Lee. 

Sandy admet être intéressée par Rodney Harrington. 

Lee frappe à la porte et entre sans y être invité. Il est accompagné par deux clients réguliers du bar. Ada lui dit qu’il n’est pas le bienvenu ici. Et Sandy d’ajouter : 

— Je ne suis plus ta femme !

Elle lui annonce qu’elle demande le divorce. Avant de partir, Lee vocifère qu’il lui faudra au moins une année entière avant d’obtenir le divorce. Il ne compte pas la laisser faire. 


On frappe à la porte du bureau du Dr Rossi. Le petit chiot entre, suivi par Rachel. Michael a le nez plongé dans l’armoire à dossiers. Rachel dépose le chiot sur l’armoire. Elle lui dit qu’elle trouve merveilleux le fait qu’il ait été nommé chef de l’hôpital. 

— Chef du personnel, corrige-t-il. 

Elle lui demande si c’est la raison pour laquelle il est revenu. Il lui répond que c’est une des raisons. 

Le médecin en profite pour mettre les choses au clair en ce qui concerne leur relation. Elle est purement amicale pour lui. Il est trop vieux pour elle. 

Même si elle est triste, Rachel essaie de ne pas le paraître et lui dit qu’il remue trop de poussière pour rien. Puis elle quitte le bureau.


Episode 313

Mardi 14 février 1967

Le retour du Dr Rossi

Une tempête de neige a frappé Peyton Place la nuit dernière. Une neige fraîche et blanche semble recouvrir la tragédie du non-voyant Chris Webber, que Steven Cord a placé dans un bus intercontinental. Un bus qui va conduire le jeune Chris vers une nouvelle vie. Aujourd’hui, tandis que le soleil illumine le square, Eli Carson a déblayé la neige. Un geste simple qui signifie beaucoup pour celui qui a quitté la petite ville et qui a pris la décision d’y revenir.

De retour de New York, le Dr Michael Rossi conduit sa voiture, passe devant l’auberge du Colonial Post et du Town Hall et se gare devant le Clarion, près du General Store d’Eli.


Le Dr Rossi sort de sa nouvelle voiture de sport rouge. Content de revoir le médecin, Eli l’invite à entrer un instant au Clarion pour prendre une tasse de café. 

Pendant ce temps, Michael demande à Eli de lui raconter les derniers potins de la ville. Eli lui parle donc de l’incendie du manoir Peyton, et de l’emménagement de Steven et Betty dans la demeure. Mike est conscient d’avoir manqué de nombreux événements. 

— Et Rachel, demande-t-il. Comment s’en sort-elle ?  

— Vous lui avez beaucoup manqué, se contente de répondre Eli. 

Il est en tout cas très heureux du retour du médecin. Et Michael de répondre qu’il est très heureux d’être de retour. Eli lui demande pourquoi il a quitté la ville si soudainement. Mais Michael ne lui offre qu’une réponse vague avant de partir.


Dans son bureau, Steven Cord regarde par la fenêtre tout en parlant à Sandy de son divorce. 

Il lui dit qu’il est trop occupé pour prendre cette affaire de divorce. Cependant, il veut bien lui donner le nom d’une paire d’avocats compétents pouvant s’occuper d’elle. 

Mlle Nolan appelle Steven à l’interphone : 

— Votre femme est ici, monsieur Cord. 

Sandy sort du bureau et rencontre Betty au secrétariat. Elle apprend que les Cord déménagent au manoir Peyton aujourd’hui. Sandy dit au revoir et s’en va. 

Betty entre dans le bureau de Steven et dit à son mari qu’elle ne peut pas concevoir Rodney avec Sandy. 

— Est-ce que je suis comme Sandy ?  demande-t-elle. 

Steven dit à Betty qu’il l’aime telle qu’elle est. En réponse, Betty lui dit qu’elle l’aimera toute sa vie. Il prend le visage de sa femme dans les mains et l’embrasse.


Mary ouvre la porte et souhaite la bienvenue à M. Peyton. Il rentre de l’hôpital. 

Peyton dit à Thomas de mettre la voiture de côté. Mary lui demande si elle peut faire quelque chose pour lui. Il la remercie pour sa  bienveillance. 

Steven descend les escaliers du premier et souhaite un bon retour au manoir à son grand-père. Peyton lui demande s’il a déjà emménagé ici. Il répond que oui. 

Peyton s’assoit sur le fauteuil roulant motorisé et entreprend de faire le tour de la pièce. Le vieil homme est stupéfait de voir que le travail a avancé aussi vite. Betty entre : 

— Bon retour à la maison, monsieur Peyton ! 

Peyton se tourne vers elle : 

— Bien, Betty. Quelle surprise !

Peyton mentionne l’échiquier et Betty lui demande de lui apprendre à jouer aux échecs. La sonnette de l’entrée retentit. 

— J’y vais, dit Betty. 

Mais Peyton la retient : 

— Betty, la reine ne fait jamais le premier mouvement. Ce sont les cavaliers qui bougent en premier. 

C’est donc Mary qui ouvre la porte et fait entrer Leslie Harrington, venu parler à Martin. Le vieil homme se tourne vers Leslie : 

— Je ne suis pas d’humeur à discuter avec quelqu’un qui n’est pas le bienvenu ici. 

Leslie est hostile : 

— Je n’ai pas l’intention de laisser mes fils se faire avoir par ce… cette erreur de la nature. 

Il veut bien évidemment parler de Steven. 

— Je me rappellerai ces, mots, monsieur Harrington, le prévient Steven. 

Leslie se tourne vers Martin et lui dit, au sujet de Norman et Rodney : 

— Comment pouvez-vous les oublier ? » 

— Vous avez une position privilégiée à la fabrique, Leslie. Vous êtes un homme important dans cette ville. Vous aviez tout ce que vous voulez lorsque vous étiez marié à Catherine. N’espérez pas davantage de moi.

— Vous savez très bien de quoi je parle, Martin. 

Leslie refuse catégoriquement que la fabrique fasse les tentures pour la nouvelle décoration du manoir que Peyton lui demande de faire. 

Puis il s’en va. Steven dit à Betty qu’elle devra faire appel à une autre fabrique de textile pour le matériel.


La sonnette de la porte d’entrée retentit chez les Carson. C’est le Dr Rossi. Il offre à Rachel une boite en carton avec un petit chiot à l’intérieur. 

Il informe les Carson qu’il a été promu chef du personnel de l’hôpital de Peyton Place.

Elliot va à la cuisine sortir une bouteille de champagne pour fêter l’événement. Michael parle en privé à Constance. 

— Tu n’es vraiment pas heureux de pratiquer ici ? demande Constance. 

— C’est juste qu’à New York, il y a beaucoup d’argent disponible pour la recherche.

— Et à New York, il y a plus d’endroits pour se cacher.


Au Restaurant « Le village Italien », un enfant se goinfre de spaghetti. Rodney emmène Rachel dîner pour leur premier rendez-vous.

— Est-ce que tu avais l’habitude d’emmener Allison ici ? demande soudainement la jeune fille. 

— Non Rachel. 

Rodney est mal à l’aise de devoir parler d’Allison à Rachel et s’empresse de changer de sujet :

— C’était amusant de patiner ce soir, n’est-ce pas ? La glace était lisse comme du verre.

— Pourquoi ne l’as-tu jamais emmenée ici ? insiste Rachel. 

— Doit-on vraiment parler d’Allison ?

— Oui.

— Pourquoi ?

La serveuse apporte les plats.

— Nous ne parlons jamais d’elle, Rodney. Uh… 

Elle regarde son assiette. Rodney fronce les sourcils :

— Quoi ?

— Les spaghetti me font penser à la ferme. Nous mangions des spaghetti froids tous les jeudis soir. Et Chandler avait l’habitude d’attendre que nous ayons fini la vaisselle pour venir dans la cuisine, enlever son tee-shirt et se raser dans le lavabo. Moi et tante Lucy…

— Tante Lucy et moi, corrige gentiment Rodney. 

— Tante Lucy et moi avions l’habitude de rester debout et de le regarder.

—  Pourquoi me racontes-tu cela ?

— Je sentais que je devais le faire. Le sentiment que je devais te dire quelque chose que je n’ai jamais dit à personne. 

— Que veux-tu savoir sur Allison ?

— Eh bien, les Carson sont si gentils avec moi. Il n’y a pas pu y avoir de problèmes. 

— Il n’y en avait pas.

— Était-elle trop gâtée ?

— Non 

— Eh bien, je ne comprends pas pourquoi elle est partie.

— Elle était… Elle avait fait une dépression. Elle était malade.

— C’est ce que tout le monde dit, mais je ne crois pas que cette version. 

— Oh, c’est la vérité.

— Les Carson sont des gens tellement charmants. Comment pouvait-elle faire une dépression ?

— C’était une fille illégitime.

Rachel est surprise :

— C’était quoi ?

— M. et Mme Carson n’étaient pas mariés quand Allison est née, explique le jeune homme. 

— Je sais ce que le mot veut dire. Je suis simplement surprise ! 

— M. Carson était marié à quelqu’un d’autre. Elle a été tuée. Et il est allé en prison. Bien des années plus tard, ils ont découvert qu’il était innocent. M. et Mme Carson ne sont mariés que depuis deux ans. Et ce n’est pas tout. Il y a plus. Tu vois, Mme Carson conservait une photographie d’un homme sur la cheminée. Elle avait raconté à Allison qu’il était son père et lui avait dit qu’il était mort.

— Tu veux dire que Mme Carson a menti ?

— Elle l’a fait pour protéger Allison. Et peut-être que cela aurait aidé Allison si elle l’avait su plus tôt.

— Tu penses que tu es quelqu’un pendant si longtemps et puis tu découvres que tu es quelqu’un d’autre, dit Rachel d’un air pensif. 

— Tes spaghetti doivent être bons et froids et prêts à être mangés maintenant.


Chez les Carson, Michael dîne avec Constance et Elliot. Le médecin leur raconte que sa sœur à une chienne qui vient juste d’avoir des chiots. 

Il en a apporté un pour Rachel. Il sort le chiot de la boite et s’excuse en même temps pour leur créer des ennuis avec cet animal domestique. Elliot sourit : 

— Maintenant, nous voilà avec deux enfants. 

Le dîner se termine et le Dr Rossi ouvre la porte pour partir. Elliot lui dit de rouler prudemment. 

Rodney arrive juste au moment où Michael s’en va. Il ramène Rachel à la maison. Rachel se précipite vers le Dr Rossi et le salue par une étreinte. 

En riant, Michael lui dit d’aller doucement avec le fragile vieil homme qu’il est. 

— Et quand le fragile vieil homme est-il revenu ? demande Rodney. 

Rachel demande à Michael si elle peut le voir demain. Il accepte tout en corrigeant sa grammaire. Rachel entre dans la maison.

Rodney souhaite la bienvenue au Dr Rossi et lui demande si sa voiture est neuve. Michael lui répond que oui. 

Il fait observer qu’il est bon pour Rachel de sortir avec des jeunes personnes. Il demande à Rodney s’il a bien pris soin d’elle. Rodney pense que Michael est jaloux et le lui dit. Le médecin s’en défend. 

Il monte dans sa nouvelle voiture de sport rouge et démarre, tandis que Rodney entre dans la maison.


Episode 312

Lundi 13 février 1967

Coups de feu

Lee Webber a plus d’une corde à son arc. Dans un jeu tout à fait extraordinaire, il a décidé de ne pas révéler à son frère aveugle, Chris, que ce dernier est déterminé à le tuer. De plus, Lee manipule Steven Cord avec savoir-faire.

Lee attend sur le quai Steven Cord.


Steven Cord est sur le quai avec Lee Webber.

— Merci d’être venu, Steven.  

— Que se passe-t-il ? s’enquiert l’avocat d’un ton peu amène.

— Sandy et moi avons eu une nouvelle dispute, ment Lee. Chris était dans la pièce à côté. Tout d’un coup, il est venu vers moi, balançant sa canne et criant. Il l’a cassée et a commencé à pleurer. C’était horrible. Et ce n’est pas tout, Steven. Maintenant, il ne veut même plus me parler. J’ai peur. Il a ce revolver et il a dit qu’il ne voulait plus continuer à vivre.

— Où est Sandy ?

— Je ne sais pas. Mais s’il se fait du mal, Steven, je pourrais prendre ce revolver et le pointer sur moi. J’ai détruit sa vie. J’ai détruit sa vie.

— Très bien, épargnez-moi ça, Lee.

— Écoutez, peut-être que vous arriverez à le raisonner. Il vous écoutera. Oh, je sais que vous ne le pensez pas, Steven. Mais il vous respecte.

— J’ai dit épargnez-moi ce couplet, répète Steven pour qui les paroles de Lee n’ont aucun crédit. Maintenant, vous allez chez Ada. Je vous téléphonerai si j’ai besoin de vous.

— D’accord. Voici la clé de la porte d’entrée. Il s’est probablement enfermé à clé dans sa chambre.

Steven prend les clés et se rend chez les Webber. À l’intérieur, Chris attend toujours Lee, l’arme pointée devant la porte. Steven ouvre la porte. 

Pensant qu’il s’agit de Lee, Chris fait feu sur Steven. Il érafle le manteau de l’avocat. Il tire à nouveau, mais manque Steven, qui s’identifie immédiatement. 

Chris lui dit qu’il pensait que c’était Lee. Lee doit être détruit avant qu’il ne continue à faire du mal autour de lui. Steven lui dit que c’est son avocat et qu’il ne va rien faire ni dire.

Sandy, qui a entendu les coups de feu, se précipite à l’intérieur de la maison Webber. Lee l’attrape. Sandy hurle : 

— Chris ! 

Le sergent Edward Goddard et l’officier Baxter arrivent rapidement. Ils frappent à la porte. 

— C’est la police, ouvrez ! ordonne Goddard

Steven ouvre la porte. Les policiers voient Chris assis sur le sofa.

—  Très bien, quel est le problème, monsieur Cord ? Est-ce que ça va, Chris ?

— Il n’y a pas grand-chose à voir, dit Steven. Le revolver est là.

Goddard fronce les sourcils :

— Monsieur Cord, est-ce que ceci a quelque chose à voir avec l’enquête sur la mort d’Ann Howard ?

— Je ne comprends pas.

— Une dispute de famille. Quelque chose comme un type qui témoigne contre son frère, explique Goddard.

Il se tourne vers son coéquipier : 

— Baxter, fais venir Lee Webber.

— D’accord.

Dehors, Sandy attend dans l’angoisse.

— Je peux entrer ?

Baxter ne fait entrer que Lee. Goddard prend les choses en main :  

— Avez-vous téléphoné à Steven Cord ce soir ?

Lee bredouille : 

— Eh bien, je…

— Vous l’avez fait ou pas ? s’impatiente l’agent.

— Oui. Oui je l’ai fait. 

— Et que lui avez-vous dit ?

— Vous n’êtes pas obligé de répondre aux questions, fait Steven.

— Je sais… J’ai téléphoné à M. Cord pour lui dire que Chris avait un revolver.

— Et que vous aviez peur, ajoute l’avocat. 

— Peur de quoi ? s’étonne Goddard. 

— Que m’avez-vous dit pour que je me déplace jusqu’ici ? demande Steven à Lee.

— Que Chris avait menacé de se suicider. 

— Comment saviez-vous ça ?

— Je l’ai vu depuis la fenêtre. Il parlait tout seul. Ça n’avait aucun sens. Il ne voulait même pas me laisser entrer. (à Chris) Tu n’as pas essayé de tirer sur Steven, au moins ?

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça, Lee ?

— Le trou dans votre manteau.

— Le coup est parti par accident, explique l’avocat. Vous avez absolument raison, Lee. N’est-ce pas Chris ? C’était un accident.

— Oui. C’était une erreur, finit par dire Chris.


Chez les Carson, Elliot entre dans la chambre de Matthew. Constance est assise et écrit.

— Oh, je pense qu’il est un peu tard pour faire une liste des provisions, dit-il. 

Constance sourit : 

— Retourne au lit. Il est toujours endormi. 

— Tu peux toujours te moquer de moi. Que fais-tu ici, toi ? (il lit ce qu’elle a écrit) : « Mike R. pour P. Définitif. Peut-être Betty Cord pour M. » Ça veut dire quoi P. et M. ?

— Parrain et marraine. Je suis en train de prévoir le baptême de Matthew. 

— Es-tu en train de me dire que tu es sortie du lit chaud et douillet en pleine nuit uniquement pour planifier le baptême de Matthew ?

— Ne dis pas « uniquement ». C’est très important.

— Bien sûr que c’est important. Mais pourquoi cette hâte ? C’est comme faire sa liste de Noël le 14 juillet. Ne pense pas un instant que je vais les laisser verser de l’eau froide sur le visage de Matthew par une telle température. 

— Ils ne versent pas, ils parsèment. Et ce sera une église chauffée. 

— Avec quinze centimètres de neige sur le sol. 

— Ça se passera dans une église chauffée.

— Ce n’est pas tant l’église. Il fait froid dehors.

— C’est Elliot Carson qui parle… celui qui va initier très tôt son fils aux règles du football ?

— Mais pas avant qu’il ne sache marcher.

— De toute façon, on ne peut pas prévoir de date tant que Mike n’est pas revenu. Je lui enverrai la première invitation.

— Oh la la… tant de précipitation pour le baptême de Matthew !

— Lorsque j’ai eu Mike au téléphone, il avait une voix bizarre. 

— Tu m’as dit qu’il avait une voix très enjouée. 

— Trop enjouée. J’avais l’impression que lorsqu’il m’a dit qu’il restait à New York quelques jours supplémentaires, il essayait en fait de retarder son retour ici.

— Oh, je vois, et tu utilises Matthew comme appât.

— En tant que parrain de Matthew, il peut difficilement refuser de revenir pour le baptême.

— Bien sûr, le sens des responsabilités.

— Tu ne penses pas que c’est juste ?

— Juste ? Je pense que c’est ingénieux. Terriblement ingénieux.


À l’appartement, Rita lit tandis qu’arrive Norman. Il l’embrasse. Il revient de l’école et dit qu’il a besoin d’encouragements. Mais Rita pense qu’il a surtout besoin de se reposer. 

Norman est sur les nerfs, il traverse une crise existentielle, se demandant qui il est et ce qu’il va faire de sa vie. 


Au poste de police, Chris, Ada, Steven et Sandy sortent de la salle d’interrogatoire. 

Chris remercie Ada d’avoir menti pour lui au sujet de l’arme. Ada embrasse Chris et lui demande de prendre soin de lui. Steven offre de la raccompagner, mais elle préfère marcher. Elle a besoin d’air frais. 

Chris décide de quitter Peyton Place dès ce soir. Il n’aime pas laisser Sandy seule avec Lee, mais elle lui dit de ne pas s’inquiéter, elle n’a plus peur de Lee. 

Lee Webber sort du tribunal et se dirige vers le square. Ada, Chris, Steven et Sandy sortent du poste de police. 

Chris attend pour prendre le bus pour Boston. Il se rendra ensuite à New York, puis à Los Angeles. Il est conscient que le barreau désapprouve les avocats qui ont tenté de commettre un meurtre. 

Chris ne regrette pas d’avoir voulu tuer Lee. Il veut que Sandy vienne avec lui, mais elle ne veut pas partir. 

Steven demande à Chris ce qu’il va faire en Californie. Il pense trouver un emploi de pianiste dans un bar. 

Le bus arrive en face du tribunal et Steven aide à faire monter Chris à l’intérieur. Chris s’engouffre dans le véhicule sans avoir embrassé Sandy pour lui dire au revoir. Le bus indique « Boston » sur le pare-brise. Le véhicule s’en va. 

Lee observe la scène sans se montrer. 

Steven dit à Sandy qu’il va faire une réservation de chambre à l’auberge pour elle. Sandy se dirige vers le Colonial Post. 

Lee s’approche finalement de Steven et lui demande où Chris est parti. Steven attrape Lee par le col et l’accuse d’avoir tué Ann Howard. Puis il retourne à sa voiture et démarre.

À l’auberge, le réceptionniste demande à Sandy où sont ses bagages lorsque Rodney arrive. Elle demande à Rodney s’il a entendu parler des coups de feu et l’informe que Steven lui a réservé une chambre ici. 

— La vie continue, Sandy, philosophe Rodney. 

Sandy lui dit qu’elle a besoin d’une brosse à dents. Rodney lui conseille de traverser la ville pour trouver un drugstore ouvert la nuit. 

Elle demande à Rodney de rester avec elle. Rod lui rappelle qu’elle est toujours mariée à Lee. 

— Est-ce de Lee dont tu as peur, ou de moi ? lui demande-t-elle. 

Pour toute réponse, Rodney lui dit d’aller dans sa chambre et d’y rester. Puis il va s’asseoir sur un banc, dans le vestibule de l’auberge.