Episode 331

Mardi 25 avril 1967

L’étonnant testament

Pour une jeune femme dont le quotidien consiste à faire bonne impression pour le bien de la carrière de son mari, l’idée d’un chantage est si étrange, si répugnant et comme une mort soudaine, c’est quelque chose qui n’arrive qu’aux autres. Aujourd’hui, Betty Anderson Cord est victime d’un chantage. Leslie Harrington l’a menacée de rendre public le rapport Blaine. Un moment en apparence sordide du passé de Betty. Afin de la forcer à s’emparer du testament de Martin Peyton et de le lui remettre. Betty a essayé désespérément d’éviter cette manœuvre grossière. Elle a essayé et échoué. Mais dans l’ombre, Lee Webber a observé Betty prendre le testament. 

Le vestibule de la maison Peyton. Betty se rend dans la chambre où se trouve le coffre-fort, elle l’ouvre et regarde le testament.


Lee observe Betty mettre le testament dans son sac. Elle quitte la chambre. Elle descend les escaliers et appelle Steven. Elle lui dit qu’elle va faire une course pour Peyton.

À l’extérieur du manoir, elle monte dans sa décapotable. Puis elle lit le testament. Lee Webber l’observe depuis la fenêtre du deuxième étage. 

DERNIÈRES VOLONTÉS ET TESTAMENT de Martin Peyton.

« Je nomme William Kennerly de Boston, Suffock County, Massachusetts, exécuteur testamentaire.

Je nomme mon beau-fils, Leslie Harrington, administrateur de tous mes biens jusqu’à ce que le principal bénéficiaire atteigne l’âge de trente ans, Betty Anderson Cord.

Je lègue tous mes biens, de quelque nature qu’ils soient, et où qu’ils soient situés, et de n’importe quelle façon dont ils ont été acquis à Betty Anderson Cord, à la seule condition qu’elle se marie avec mon petit-fils Rodney Harrington dans l’année suivant ma mort. » 


À la fabrique, la secrétaire de Leslie lui apporte quelques documents. Elle mentionne le contrat Heywood. 

On peut voir l’ombre d’une femme à travers la vitre transparente du bureau de Leslie. Il s’agit de Betty. La secrétaire la fait entrer dans le bureau et retourne à son bureau. 

Betty vient donner à Leslie le testament. En retour, il lui donne le rapport Blaine.  Chacun lit le document qui l’intéresse. 

Leslie la félicite. Betty Anderson, la jeune fille en échec scolaire, est parvenue à décrocher le gros lot. Il évalue la fortune de Peyton entre 10 et 15 millions. Betty lui dit que c’est lui l’administrateur. Il ne l’avait pas vu en lisant le document. Il pense que Peyton est encore plus fou qu’il ne le pensait.  

Leslie veut bien évidemment que Betty se remarie avec Rodney. C’est peut-être pour cela qu’il est exécuteur testamentaire, Martin Peyton pensant qu’il pourra persuader Betty de remplir les clauses du testament. 

— C’est impossible, souffle Betty. Le vieil homme nous a fait une blague, j’en suis sûre. Il ne peut pas en être autrement. 

— Pourquoi ?

— Il sait que je ne peux pas…

— Ne peut pas quoi ?

— Vous savez…

— Te marier à Rod ?

— Oui.

— Tu le devras si tu veux l’argent, dit Leslie d’un ton léger.

— Non, je ne peux pas quitter Steven.

— Le testament dit…

— Je me fiche de ce que dit le testament ! Steven est mon mari.

— Tu peux divorcer.

— Je l’aime.

— C’était un deuxième choix. 

— Ce n’est pas vrai !

— Betty, tu aimes mon fils, tu l’as toujours aimé. 

Elle s’apprête à partir, mais Leslie la retient pour lui dire : 

— Tu auras tout ce que tu as toujours désiré : l’argent et l’homme que tu as toujours voulus.

Elle pose la main sur la poignée de la porte.

— Betty ?

— Vous n’avez donc pas terminé ? 

— Tu oublies quelque chose.

Avec un sourire narquois aux lèvres, il lui tend le testament qu’elle a failli oublier et qu’elle doit remettre dans le coffre.  


Chez les Carson, Elliot fouille la chambre de Rachel. Constance entre dans la pièce. Il trouve la boucle de ceinture. Il se souvient qu’à la prison, ce type de ceinture était fabriqué par des prisonniers. Il va se renseigner pour savoir à quelle prison d’État cette boucle de ceinture a été faite.

Constance commence à douter et espère qu’Elliot ne trouvera aucune connexion entre Chandler et Allison. Elliot l’espère aussi.


Rita est au Cider Barrel, assise à une table et perdue dans ses pensées. Sandy va s’asseoir en face d’elle et lui demande si elle attend Norman. Elle lui répond qu’en réalité, elle est à la recherche de Rachel Welles. 

— Tu la connais ? s’enquiert Rita.

— Oui.

— C’est une amie à moi. 

— Il semblerait que Rachel soit l’amie de nombreuses personnes à Peyton Place.

Sandy paraît jalouse de Rachel, et surtout du fait que Rodney tourne autour d’elle. Rita lui demande un autre café. 

Tandis que Sandy va préparer son café, Rita voit Rachel, avec ses livres dans ses bras, qui s’apprête à monter l’étage menant aux appartements de la maison d’hôtes.

— Sandy, oublie le café.

Rita se lève, sort de Cider Barrel et se dirige vers Rachel. Elle se pose devant cette dernière et lui demande de ne pas y aller. Cela ne va lui apporter que des problèmes. Cependant, Rachel est déterminée à connaître la vérité sur Chandler et Allison, elle ne peut pas reculer. 

Elle dit à Rita qu’elle devrait aller se reposer chez elle, et monte l’escalier. Rita se précipite dans la cabine téléphonique toute proche et appelle l’hôpital. Elle demande à parler au Dr Rossi, mais on lui dit qu’il n’est pas disponible. Elle veut attendre au bout du fil, disant que c’est très important. Elle doit lui parler dès qu’il sera disponible. 


Dans sa chambre, Chandler dit à Rachel qu’il est allé spécialement à White River pour lui ramener les chocolats qu’elle aime tant. Rachel pose des questions sur la mère de Chandler. Elle voudrait savoir où il est né. Mais il devient méfiant et élude la question. 


Steven se gare devant le manoir et utilise sa clé pour entrer. Il demande à la servante Mary si Betty est à l’étage. Mary lui répond non. Il lui demande alors si elle est à la maison. 

— Pas encore, lui répond la domestique. 

Il insiste en lui demandant si elle a appelé. Il voit Lee et l’appelle. Il lui demande ce qu’il fait. Lee lui répond sarcastiquement qu’il essaie de gagner une médaille de scout. Il offre de préparer un verre à Steven. Il a des choses à dire à l’avocat. Steven lui dit qu’il ne veut rien entendre de lui. Lee sourit : 

— Même si cela concerne votre femme ? 


Episode 330

Lundi 24 avril 1967

Le passé de Jack Chandler

Un portrait commandé par Martin Peyton. Le symbole d’un avenir brillant pour Betty Anderson. Maintenant menacé par une image ternie qui lui vient de son passé. Une fille effrayée et échevelée dans le couloir d’un appartement à New York, acceptant de l’argent d’un étranger. Leslie Harrington avait un témoin de la scène qui a pris une photo, le détective Blaine. Et maintenant, il a lancé un ultimatum à Betty. Une copie du testament enfermé dans le coffre-fort de Peyton. Ou bien une copie du rapport de Blaine parviendra à son mari, Steven. Il y a un troisième choix : révéler toute la vérité à Martin Peyton.

Au manoir, Betty découvre son portrait sur le chevalet de l’artiste.


Betty jette un œil furtif à son portrait. Martin s’approche et le recouvre à nouveau. L’artiste s’appelle Barrett Costa. Peyton demande à Betty si elle pense que l’artiste la met en valeur sur la toile. Betty lui répond qu’elle ne peut pas encore le dire. 

Peyton dit à Betty d’ouvrir le coffre-fort pour y prendre le collier. Elle s’exécute. Peyton évoque à nouveau le passé. Il dit que Brian Cord était une nouveauté pour Catherine. L’artiste Barrett Costa sonne à la porte. 


Au bureau du Clarion, Elliot semble s’admirer dans le miroir. Il utilise un trombone pour simuler une fermeture du col de sa chemise. Il a un rendez-vous à White River. Eli vient le voir et lui dit que Chandler est venu chez lui. Il était à la pêche aux informations. 

— Il a découvert que j’avais été me renseigner sur lui à Hastings Valley

Elliot est étonné.

— Tu y es allé ?

— Oui.

— Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?

— Je voulais d’abord poser quelques questions aux habitants en premier. 

— Qu’as-tu découvert ?

—  Walt Bristow. 

— Qui est Walt Bristow ?

— Il était facteur quand Chandler habitait la ferme. 

— Et qu’avait-il d’intéressant à dire, ce facteur ?

— Que Chandler était quelqu’un de totalement inintéressant. Il ne recevait que du courrier standard, type magazines, catalogues, mais aucun courrier personnel, aucune lettre. 

— Et c’est tout ?

— Laisse-moi terminer. Quand Chandler s’est installé en ville, il recevait des lettres, mais pas au nom de Chandler. 

— À quel nom ?

— Il ne s’en souvient plus. Il pense que c’est Franklin, ou Foster. Il n’en est pas sûr. 

— C’est un début, papa.

— Peut-être, ou peut-être pas. 

Eli lui dit qu’il ne peut pas foncer tête baissée sur cette information. Bristow est un homme de 82 ans qui a la mémoire qui flanche. Son témoignage n’est pas forcément sûr. C’est d’ailleurs pour ça qu’il n’en a pas parlé avant avec Elliot.

Elliot veut en parler à Rachel. Eli tente de l’en dissuader, mais Elliot n’a pas le choix, il doit explorer toutes les pistes, si minces soient-elles. 


Rita parvient en face de la porte d’entrée de la taverne d’Ada Jacks. Ada lui dit qu’elle vient tout juste de faire du café. Rita lui répond qu’elle a déjà pris le sien. Au cours de la conversation, elle informe sa mère que Rachel a commencé des cours du soir. Elle ajoute qu’elle a appris que Chandler était un vieux client de la taverne. Elle demande si Chandler était un ami de son père.

— Tous les gars qui payaient un verre à Eddie Jacks étaient ses amis, répond amèrement Ada.

Rita tient un discours curieux sur la mort, et Ada lui demande quand elle a vu le Dr Rossi la dernière fois. Rita lui parle de maladies héréditaires. Et particulièrement de la sténose mitrale. Ada lui dit qu’elle a attrapé la fièvre jaune à cause d’un virus, et non par hérédité.


Au Colonial Post Inn, Betty frappe à la porte de la chambre de Leslie. Ce dernier lui demande si elle a déjeuné. Il lui dit qu’elle est dominée par l’ambition. Betty promet de lui apporter le testament. 

Elle veut en échange toutes les copies du rapport Blaine. Lorsque Leslie lui demande si elle veut autre chose, elle lui dit : 

— Juste ceci. 

Et elle lui assène une gifle monumentale avant de partir.

En bas de l’immeuble, Steven s’apprête à déjeuner lorsqu’il remarque Betty qui descend les escaliers. Il demande au réceptionniste ce qu’elle fait ici. L’employé l’informe qu’elle est venue voir Leslie Harrington.


À la librairie, Elliot informe Constance qu’Eli a fait une enquête sur Jack Chandler. 

— Je dois maintenant exploiter ce qu’il a découvert.

— Comment ?

— En questionnant Rachel. 

— Elliot, tu as promis de ne plus l’embêter avec ça. 

— Elle sait peut-être quelque chose. 

— Tu sais que ce que tu fais est mal, c’est pour ça que tu viens m’en parler, pour que je sois ta complice. 

Il lui parle de la boucle de ceinture soi-disant trouvée par Rachel, et pense que cet objet est peut-être en lien avec l’homme mystérieux qui s’appelle Foster ou Franklin. 

Elliot lui dit alors une chose terrible : entre Allison et Rachel, elle a fait un choix. Et il espère qu’elle pourra vivre avec ça. 


Betty retourne au manoir et se rend à l’étage. Elle frappe à la porte, et ne recevant pas de réponse, se dirige vers le coffre-fort. Elle l’ouvre et dérobe le testament. 

Lee Webber, caché, l’observe. Elle referme le coffre-fort et quitte la pièce.


Episode 329

Mardi 18 avril 1967

Retour vers le passé

Il y avait des ombres dans la vie de Betty Anderson qui reviennent la hanter, maintenant qu’elle est Mme Steven Cord. Un détective privé avait fait un rapport sur elle, concluant une immoralité alors qu’elle sortait avec un homme inconnu le peu de temps où elle avait vécu à New York. Le rapport était faux, mais il existe, et Leslie Harrington a menacé de le révéler à son mari, si Betty ne lui apporte pas le testament de Martin Peyton.

Betty reste debout un instant devant les escaliers du manoir, puis finalement monte à l’étage.


Betty ouvre la porte de la chambre de Martin Peyton, s’assure qu’il n’est pas là. Elle s’approche doucement du coffre-fort et s’agenouille devant lui. Elle s’apprête à l’ouvrir lorsqu’elle entend la voix de Steven qui l’appelle en bas des escaliers. 

Elle le rejoint sans avoir ouvert le coffre. Steven est excité à la perspective d’une nouvelle carrière qui s’ouvre à lui. Il dit à sa femme qu’il est au sommet du monde. Il attrape le menton de Betty et l’embrasse. Il mentionne le juge Fischer. Il a réussi à obtenir un rendez-vous avec lui dans trois semaines. Il pourrait devenir le nouveau procureur. 

Il sent que Betty ne va pas bien, mais elle lui dit que ce n’est rien, elle est heureuse pour lui. Ils se servent un verre pour fêter ça. Steven fait des plans, les voit déjà tous les deux à Washington. Il admet que Martin Peyton lui a ouvert la voie, même s’il n’a jamais accepté Steven. 

Betty suggère de laisser tomber tout cela et de partir loin d’ici pour refaire leur vie. Steven ne comprend pas sa réaction, alors qu’il est sur le point d’obtenir ce qu’il a toujours voulu. Il est maintenant sûr que quelque chose ne va pas.

Betty est sur le point de lui parler du rapport du détective Blaine, mais Steven ne la laisse pas parler. Il pense qu’elle veut mentionner son mariage avorté avec Rodney et lui dit que le passé doit rester le passé. Maintenant, ils sont mariés et heureux ensemble.

Betty remonte à l’étage pour se maquiller, sans avoir parlé à Steven de ce qui la tracasse vraiment.


Au drugstore, Betty boit un café lorsque Leslie entre et se dirige vers elle. La serveuse demande à Betty comment ça va à la maison. 

Harrington met encore plus de pression sur Betty en mentionnant une nouvelle fois le rapport Blaine. Leslie insiste sur le fait qu’il fait ça pour Rodney. Il exige d’avoir le testament demain. 


À l’hôpital, le Dr Rossi parle dans un dictaphone lorsqu’une infirmière l’interrompt en le bipant. Il lui dit qu’il ne veut pas de rendez-vous pour la prochaine heure. Elle lui répond alors que Rita Harrington est ici et veut le voir. Il consent bien sûr à la voir.

Rita entre dans le bureau et le médecin lui demande comment elle se sent. Elle est venue le voir afin de le convaincre qu’elle est en assez bonne santé pour s’occuper de Matthew pendant que Rachel est à l’école. 

Michael ne veut pas qu’elle prenne un travail supplémentaire parce qu’elle travaille déjà au drugstore. Rita est déprimée. Il lui semble qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfant.

Le médecin mentionne qu’elle a eu une fièvre jaune lorsqu’elle était enfant. Il semblerait qu’elle soit complètement guérie et qu’elle puisse avoir des enfants un jour. Il lui assure que sa sténose mitrale n’est pas héréditaire. Rita remercie le médecin de l’avoir reçue et s’en retourne travailler.


Betty se rend au Shoreline Garage avec sa décapotable. Elle gare sa voiture côté pompe à essence. Elle prend comme excuse le fait que sa radio ne fonctionne plus. Rodney tente de s’excuser en lui disant qu’il n’est pas expert en réparation de radio. Il remet le fil électrique que Betty avait enlevé. Il dit en riant qu’il est finalement expert en réparation de radio. Il veut sortir de la voiture, mais Betty le retient. Elle veut parler un peu avec lui, mais Rodney pense qu’elle perd son temps. 

Il lui rappelle que la dernière fois qu’ils se sont parlé, cela a failli coûter son mariage avec Steven. 

— Steven sait qu’il n’y a rien entre nous, proteste-t-elle.

— Oh si, Betty ! Il y a quelque chose entre nous. Ce petit lien qui nous connectera toujours l’un à l’autre.

Ils parlent tranquillement un instant. Betty demande à Rodney s’il n’a jamais pensé à ce que serait sa vie si elle n’avait pas perdu le bébé. 

— Betty, ne fais pas ça, soupire Rodney.

— Tu y penses, Rod ?

— Bien sûr que j’y pense.

— Il aurait deux ans aujourd’hui. 

— Arrête… tu ne peux pas changer les choses maintenant. Trop de choses nous sont arrivées. 

— Je ne peux pas m’en empêcher, si je n’avais pas perdu le bébé, je n’aurais pas été à New York. Je pense souvent à ce maudit voyage. 

Rodney ne comprend pas pourquoi elle repense à cette époque, et particulièrement à son court séjour à New York.

— J’aime Steven, dit Betty. Je veux être une bonne épouse pour lui.

— Qu’y a-t-il ?

— Rod, que ferais-tu si je te disais que quelqu’un proche de toi essaie de me faire du mal ?

— Eh bien, je ferai quelque chose pour l’en empêcher. 

— Quoi ?

— Tout ce qu’il sera nécessaire de faire. 

— Même si ça signifie l’envoyer au tribunal ou dans une cellule de prison ?

— Betty, qu’y a-t-il ?

— Rien, ne fais pas attention. Je ferais mieux d’y aller. 

Rodney sort de la voiture et s’en va. Leslie arrive au garage et s’approche de Rodney. Il vient de voir Betty partir et aimerait savoir pourquoi elle est venue. Il demande à son fils s’il y a encore quelque chose entre eux. 

— Tu as détruit notre mariage il y a deux ans, tu ne vas pas détruire notre amitié.

— Je ne veux simplement pas te voir impliqué dans une relation avec une femme mariée.

Leslie veut savoir ce que Betty lui a dit. 

— Rien, répond Rodney. Je crois qu’elle a essayé de me dire quelque chose, mais…

Leslie prétend que Betty pourrait rechercher la compagnie de Rodney parce qu’elle est mariée à un avocat qui passe beaucoup de temps au travail, et qu’elle se sent seule. 

Rodney se fâche 

— Je ne veux parler de ça à personne, toi compris. Et je vais te dire ceci : j’en ai assez de tes sermons sur la moralité. 

Leslie retourne dans sa voiture et démarre, tandis que Rodney retourne à l’intérieur du garage.

Pendant ce temps, Betty déambule sur le quai, elle est totalement désemparée. Elle parvient sur un des docks. 


Dans sa chambre de la maison d’hôtes, Eli est occupé à faire une maquette de bateau lorsque Chandler arrive avec une bouteille. Ils essaient de se comporter civilement l’un envers l’autre. 

Chandler veut lui payer un coup à boire. Il lui sert un verre. Il a appris qu’Eli avait été à Hastings Valley pour obtenir des informations sur lui, et cela ne lui plaît pas.  

Chandler parle ensuite d’Elliot et de la prison, puis la conversation tourne au vinaigre. Chandler lui parle de la façon dont Elliot a fait irruption dans sa chambre au sujet de Rachel. Eli lui dit que s’il a quelque chose à reprocher à Elliot, il n’a qu’à le lui dire lui-même. Il le met à la porte.


Episode 328

Lundi 17 avril 1967

Chantage

Le quai de Peyton Place. Une Rachel Welles effrayée se dirige vers une rencontre. Une rencontre dangereuse avec Jack Chandler dans la chambre de la maison d’hôtes. Elle est convaincue qu’elle apprendra quelque chose sur la responsabilité de Chandler dans la disparition d’Allison. Ce soir, elle est déterminée à connaître la vérité sur Jack Chandler. 

Rachel marche sur le quai, portant des livres. Elle grimpe les marches menant à la chambre de Jack Chandler.


Rachel frappe à la porte de la chambre 5 de la maison d’hôtes. Chandler, surpris, la laisse entrer. Elle s’excuse pour l’avoir frappé à la tête la dernière fois, à la ferme. Elle se demande s’il a eu mal. 

Elle aimerait savoir pourquoi il ne la laissait jamais voir personne lorsqu’ils vivaient à la ferme. Il ne lui a jamais laissé la chance de fréquenter d’autres personnes que lui. Il lui répond qu’il pense que les gens n’étaient pas assez bien pour elle. 

Elle se plaint qu’il ne lui ait jamais dit d’où il venait, car elle ne connaît rien sur son passé, avant qu’il n’épouse sa tante. Chandler lui demande de lui faire confiance. Au moment où elle veut partir, il lui dit qu’il l’a raccompagne. Elle ne préfère pas. Il espère qu’elle reviendra bientôt, mais elle lui dit que ce sera difficile, parce qu’elle suit des cours du soir, et qu’elle est par conséquent très occupée. Suspicieux, il pense que c’est Elliot qui lui a demandé de venir, mais elle lui assure que non. 

Elle s’en va et marche sur le quai. Norman l’aperçoit et l’appelle. Elle ne l’entend pas, ou du moins elle ne répond pas. 


Norman et Rita arrivent à l’appartement et Norman offre de lui préparer à manger. Il veut qu’elle s’assoie sur le premier fauteuil venu et n’en bouge pas. Rita est dépitée, elle a l’impression qu’elle est invalide. 

Norman lui dit que le Dr Rossi a préconisé du repos, mais à ce stade, Rita pense qu’elle est pratiquement morte si elle ne fait rien. Norman comprend sa détresse et l’embrasse. 

Il l’informe qu’il a vu Rachel sortir de la chambre d’hôtes où Jack Chandler réside. Il pense qu’elle joue double-jeu et qu’elle continue à voir son oncle. Rachel lui dit qu’Eli vit également là-bas, et c’est peut-être lui qu’elle est allée voir. Norman est sûr que non. Il est persuadé qu’elle a été voir Chandler à la façon dont elle est sortie en courant.

Norman n’aime pas voir Rachel avec Chandler. Rita lui dit qu’elle a trop de cœur et qu’elle est trop naïve. Puis Rita se fâche après Norman qui la traite comme si elle était sur le point de mourir. 


Toujours avec ses livres sous le bras, Rachel apporte ses devoirs au bureau du Dr Rossi pour qu’il y jette un œil. Elle s’est inscrite en anglais basic, en histoire et en maths général. Michael lui dit que ça a l’air bon. 

Il lui parle du temps où il était lui-même étudiant, et lui fait savoir qu’il sera toujours là pour lui prodiguer des conseils sur ses études. 

Rachel lui dit qu’elle voulait prendre une langue étrangère en option, mais que le doyen lui a dit qu’il était un peu trop tôt, elle devrait attendre quelques mois avant d’ajouter une option. Mike lui dit qu’il a sans doute raison.

— Ann parlait une langue étrangère, suppose Rachel.

Le regard de Mike se voile.

— Oui, elle parlait très bien le français. 

Il la raccompagne à la porte de son bureau. 


À la fabrique, Rodney rapporte la voiture de Leslie réparée et lui retourne les clés. Il lui dit qu’il lui enverra la facture à la fin du mois. 

Leslie lui demande s’il a vu Betty ces derniers temps. Rodney lui répond que non. Leslie lui dit qu’il a des doutes sur Martin Peyton et pense qu’il a changé son testament. Il aimerait que Rodney parle à Betty à ce sujet, mais le jeune homme lui dit qu’il n’en est pas question. 


Elliot et Rachel mangent à la table du petit-déjeuner dans la cuisine des Carson. Constance est debout en arrière-plan. Rachel lui parle des cours du soir et dit qu’elle a donné le nom d’Elliot comme personne de contact. Elle aurait peut-être dû lui demander la permission avant. Elliot lui dit qu’elle n’avait pas à le faire, il est normal qu’elle ait donné son nom. 

Il lui donne de l’argent pour qu’elle s’achète livres et fournitures scolaires. Elle refuse, mais accepte devant l’insistance d’Elliot. 

Celui-ci a une autre surprise, cette fois pour Constance. Il s’agit de l’annonce du  baptême de Matthew dans le Clarion qui paraîtra demain. Constance et Rachel regardent l’annonce en se réjouissant. 

La sonnette de la porte d’entrée retentit. C’est Lee. Il vient demander la permission à Elliot de sortir avec Rachel. Elliot est estomaqué devant le culot du nouveau chauffeur des Peyton. Il dit à Lee qu’il n’est pas assez bien pour elle. 

Lee rappelle que lui et Elliot ont des parcours similaires puisqu’ils ont tous les deux été accusés de meurtre. Elliot lui dit que la différence, c’est qu’il a passé 18 ans en prison pour un crime qu’il n’a pas commis alors que Lee n’est pas en prison pour un crime qu’il a commis. 

Avant qu’Elliot ne lui ferme la porte au nez, Lee demande sarcastiquement si Rachel les laisse l’appeler « Allison ». 

Lee remet sa casquette de chauffeur et remonte dans la limousine.


À la fabrique, Leslie dit à Betty qu’il pense que Peyton a rédigé un nouveau testament. Il a le sentiment que le vieil homme a déshérité Rodney au profit de Steven. 

Il fait pression sur Betty pour qu’elle découvre ce que contient le nouveau testament de Peyton. Betty lui répond qu’elle ne veut pas savoir ce qu’il contient. 

Il lui demande « d’emprunter » le testament qui se trouve dans le coffre-fort. Il veut qu’elle fasse cela pour Rodney. Selon lui, les seules choses qui préoccupent Rodney sont les femmes et l’essence. Il ajoute qu’elle doit bien cela à Rodney. 

Lorsqu’il voit que Betty est toujours réticente, il la menace avec le rapport que le détective Blaine avait fait sur elle lors de son escapade à New York. En colère, elle lui rétorque que ce rapport était cousu de mensonges. Leslie lui avait promis qu’il l’avait détruit après l’annulation du mariage, il l’avait même promis à Julie. 

Il se trouve qu’il ne l’a pas fait, et si jamais Steven est au courant de ce rapport, cela pourrait nuire à sa carrière d’avocat. Sans compter Peyton : s’il venait à apprendre que Betty a fait entrer un homme dans son appartement à New York et qu’on l’a vu ressortir après avoir donné de l’argent à Betty, il ne pourra pas se permettre un nouveau scandale après celui dont il a dû faire face récemment avec sa fille. 

Betty quitte le bureau de Leslie, elle est dépitée. Elle n’a pas d’autre choix que de suivre les ordres de son ex-beau-père.


Episode 327

Mardi 11 avril 1967

Initiales : JF

Steven Cord, un jeune homme qui a vécu toute sa vie sans connaître la vérité sur sa filiation, maintenant qu’il sait qu’il est le petit-fils de Martin Peyton, est déterminé à réclamer la dignité qu’il prétend de la dynastie des Peyton. L’autorité et l’argent nécessaire à cette autorité. Mais Steven a déjà vu Martin Peyton terrasser cruellement son autre petit-fils, Rodney Harrington, en mettant Steven au premier plan. Steven veut s’assurer que Rodney comprenne les règles de la guerre. Ses propres règles de guerre, pas celles de Martin Peyton. 

Steven marche le long du quai, passant devant le Shoreline Garage. 


Steven se rend au Shoreline Garage pour parler avec Rodney. Ce dernier est assis à son bureau, occupé à taper à la machine une facture. Steven s’excuse pour ce que leur grand-père a dit à Rodney hier soir au cours du dîner familial au Colonial Post Inn. Selon l’avocat, le vieil homme a été très dur. 

Rodney dit à Steven qu’il n’a pas à être le médiateur dans cette affaire. Ils parlent de leur vie respective à la maison Peyton. 

Steven ressort du Shoreline. Lee Webber, en limousine, le voit et commence à le narguer en lui demandant s’il peut le déposer quelque part. Il dit à l’avocat qu’il vient juste de déposer « le vieux » à la fabrique. Steven conseille à Lee de rester loin de lui. Il change de trottoir. 


Betty entre dans la librairie et trouve Matthew dans son siège sur le comptoir. Elle lui parle comme s’il était un adulte. Rachel est à côté, sur une échelle, en train de ranger des livres sur les étagères. Elle descend et se présente, songeant qu’elles n’ont pas eu le temps de faire connaissance au manoir.  

Betty voulait voir si Rachel allait bien, car elle avait le sentiment qu’elle était en difficulté avec Webber. Rachel lui répond que Lee Webber n’est pas un homme bien. Betty plussoie.  

— Alors pourquoi vit-il chez vous ? s’enquiert la jeune fille.

— C’est la maison de M. Peyton. Il l’a engagé comme chauffeur.

Rachel demande s’il a tué Ann Howard. Betty le pense. Elle lui demande de faire très attention à lui, de ne pas l’approcher. 

Avant de partir, elle dit que Rachel lui rappelle quelqu’un. 

— Ann Howard ?

Betty sourit.

— Non, pas elle.

— Une amie ?

— En quelque sorte, même si nous n’avons jamais été proches l’une et l’autre.

Rachel devine qu’il s’agit d’Allison. Avant de partir, Betty se tourne vers la jeune fille :

— Je suis contente de vous savoir chez les Carson. Vous avez autant besoin d’eux qu’ils ont besoin de vous. 


Lee voit Chandler sur le quai et lui réclame les cinq dollars qu’il a gagnés en pariant qu’il deviendrait le chauffeur de Martin Peyton. Il est évident que Chandler ne savait pas que Lee était le chauffeur de Peyton lorsqu’il a placé le chiot dans la limousine. 

Il demande à Lee comment il a rencontré Rachel. Lee lui dit que quelqu’un a laissé le chiot dans la voiture. Il invite Chandler à prendre un verre et lui demande si c’est lui qui a placé l’animal dans la voiture. 

Chandler refuse l’offre de Lee. Ce dernier veut que Chandler organise un rendez-vous entre lui et Rachel. Il trouve que c’est un beau brin de fille et il voudrait sortir avec elle. 

Chandler attrape Lee et le menace, l’avertissant de laisser Rachel tranquille. Lee trouve que les sentiments de Chandler vis-à-vis de Rachel sont très forts pour un oncle.


Dans sa chambre, Elliot prépare un discours pour la chambre de commerce tout en s’habillant. Constance se maquille devant la coiffeuse et lui donne quelques conseils. 

Le chiot de Rachel entre avec la boucle de ceinture aux initiales JF dans la gueule. Rachel et Rita le suivent et Rachel attrape l’animal. Elliot regarde la boucle et demande à la jeune fille où elle l’a trouvée. Elle lui répond qu’elle l’a trouvée en se promenant, et que le chien aime jouer avec. Rita écoute avec un regard désapprobateur. 

Elliot examine l’objet d’un air pensif, s’interrogeant sur la signification des initiales inscrites : JF. Rachel prend le chiot dans ses bras et l’emmène dans la chambre de Matthew. Elle est suivie par Rita. 

Rachel tente de justifier son mensonge auprès de Rita, mais cette dernière préfère ne pas en parler. Rachel sait qu’elle aurait dû dire la vérité à Elliot, mais elle préfère trouver un moyen propre à elle pour faire tomber Chandler et prouver qu’il est responsable de la disparition d’Allison.


Mary fait entrer Leslie à l’intérieur du manoir et lui demande d’attendre le temps d’aller voir si M. Peyton peut le recevoir. 

Peyton est dans le salon, vêtue d’une chemise rouge, et demande à Mary de faire entrer son ex-gendre. 

Leslie vient lui demander de but en blanc s’il a changé son testament. Il pense qu’il a déshérité ses deux fils. Ils se disputent. Leslie lui dit que Rodney a grandi sous son influence. Martin lui répond : 

— La femme de mon chauffeur à plus d’influence sur votre graisseux fils que je n’en ai jamais eu. 

Leslie est furieux. Lee arrive et demande à Peyton si tout va bien. Peyton demande à Lee d’escorter Leslie à la porte. Lee fait sortir Leslie. Puis Peyton congédie Lee par un « Bonne nuit, Webber ». 


À la maison d’hôtes de Mme Hewitt, Chandler fait ses bagages. Il observe longuement une photo de Rachel qu’il glisse dans ses bagages. Il entend quelqu’un frapper à la porte. C’est Rachel qui est là avec trois livres. Chandler est étonné de la voir.

— Bonjour, Oncle Jack. 

Elle lui demande si elle peut entrer. Elle ne peut rester qu’une minute. Il lui dit qu’elle peut rester aussi longtemps qu’elle le souhaite.


Episode 326

Lundi 10 avril 1967

Le dossier de Chandler

Le lent et tranquille changement de saison entre l’hiver et le printemps passe inaperçu chez au moins un des résidents de Peyton Place. Aujourd’hui, Jack Chandler tient le petit chien de Rachel dans ses mains. Il s’est emparé de l’animal en le prenant dans le jardin des Carson. La raison exacte pour laquelle il a pris le chiot est liée aux sentiments instinctifs qu’il ressent envers Rachel. Des sentiments qui sont maintenant partagés par Lee Webber, pour une raison entièrement différente. Webber est déterminé à regagner l’amour de sa femme, Sandy. 

Chandler marche dans la rue, passe devant la boutique « Les Femmes » et la librairie, tenant le chiot de Rachel dans les bras. Il est sur le point de passer devant le Clarion quand une voiture de police arrive. Rapidement, il glisse le chiot par la fenêtre de la limousine de Peyton qui se trouve juste à côté de lui, garée devant le Clarion. Lee Webber, en sifflant, sort du magasin général avec un sac rempli de provisions, frôlant presque l’épaule de Chandler. 


Lee dépose le sac dans la voiture et découvre le chiot sur le siège avant de la limousine. Il parle à l’animal et rentre dans la voiture. Chandler l’observe. Lee démarre avec le chien sur le siège passager, et passe devant la librairie.


Le Dr Rossi, sans sa trousse médicale, va voir Peyton. Il l’informe que depuis qu’il est devenu le chef du personnel de l’hôpital, il a transféré le dossier de Peyton au Dr Fielding. 

Peyton ne veut pas changer de médecin et menace Michael de retirer ses dons à l’hôpital. Mais le médecin fait fi de ses menaces. Il demande au vieil homme pourquoi il a engagé Lee Webber, l’homme qui a tué Ann Howard, la fiancée de Michael et la petite-fille de Peyton. Peyton pense que c’est pour cela que Mike ne veut plus être son médecin. 

— C’est un bon chauffeur, justifie Peyton.

— Il a tué votre petite-fille. 

— Il n’a pas été déclaré coupable.

— C’est un meurtrier.

— Cela n’a pas été prouvé. 

— Il a tué Ann.

— Votre fiancée.

— Votre petite-fille. 

Peyton lui fait comprendre qu’il a engagé Lee pour avoir un œil sur lui et trouver de nouvelles preuves de sa culpabilité, arguant du fait que s’il ne l’avait pas embauché, Lee aurait quitté Peyton Place et ils n’auraient rien pu faire pour tenter de le piéger. 

Mike ne répond pas et s’en va.


Chez les Carson, Rachel répond au téléphone. Lee Webber appelle du manoir des Peyton, pour dire qu’il a trouvé le chiot. Il lui demande de venir le chercher chez Peyton, où il vit et travaille, pour le récupérer. 

Il ajoute que son nom est Webber, Lee Webber. Et il sait qu’elle s’appelle Rachel et qu’elle vit chez les Carson. Si elle veut récupérer son chien, elle doit venir le chercher. Rachel prend peur.


Leslie se gare devant le Shoreline Garage et y entre. Rodney a un pied sur la table et lit négligemment la page sport du journal. Leslie invite Rodney à déjeuner avec lui. Mais Rodney lui dit qu’il a déjà mangé. Il demande à son père s’il a besoin d’essence. Il lui répond que non.

Leslie souhaiterait que son fils l’accompagne à New York afin qu’il apprenne comment fonctionne la fabrique. Devant le peu d’intérêt de Rodney, il se fâche. Il veut partager tout ce qu’il a appris avec son fils. Il veut qu’il reprenne la fabrique, il a travaillé dur pour la lui léguer. Pour Leslie, le garage n’est qu’un caprice, Rodney mérite d’avoir mieux, il mérite de diriger la fabrique. 

Ils parlent ensuite de Martin Peyton, Sandy Webber et Steven Cord. Rodney lui dit que Steven a rejoint le clan des Peyton, ce qui inquiète Leslie, qui a peur que ses deux enfants se voient défavoriser sur le testament du vieil homme. Rodney, lui, n’en a cure. Il se contente de souhaiter bon voyage à son père.


Norman entre dans l’appartement, avec un sac à provisions, et trouve Rita endormie sur le canapé. Elle se réveille et offre de lui préparer un déjeuner. Mais Norman ne veut pas qu’elle fasse d’efforts. 

Constance, avec Matthew dans ses bras, frappe à la porte et Norman les fait entrer. Rita, heureuse de voir Matthew, le prend un instant dans ses bras, avant de le rendre à Constance. 

Cette dernière arrange pour Rita un baby-sitting ce soir à partir de 7 heures. Norman informe Constance que Rita est malade et ne doit pas faire d’efforts. Rita lui dit qu’elle n’est pas malade, elle est juste fatiguée. Constance est ennuyée, elle lui dit qu’elle devrait probablement parler avec le Dr Rossi avant. Rita remercie Constance, avant qu’elle ne parte. 

Puis la jeune fille se tourne vers Norman avec un regard de désapprobation parce qu’il a dit à Constance qu’elle est malade : 

— Merci beaucoup ! dit-elle.


Au magasin général, Eli s’occupe de Mme Linden, la vendeuse de la boutique « Les Femmes », qui vient d’acheter pour 7,31 dollars de marchandises, dont un balai à franges. 

Dehors, Elliot jette un regard furtif par la fenêtre. Mme Linden s’en va. Elliot entre et demande à Eli de l’aider à enquêter sur Chandler. Elliot a le dossier personnel de Chandler que lui a procuré Leslie. 

D’abord, Eli lui conseille de ne pas s’en mêler :

— Tu me fais l’impression d’être un stupide détective amateur.

Elliot pense qu’il doit y avoir quelque chose dans le dossier qui lui a échappé. 

— Rends ce dossier à Leslie Harrington, conseille Eli. Je ne veux pas te voir faire quelque chose derrière le dos d’un homme. 

— Il s’agit peut-être de l’homme responsable de la disparition d’Allison !

— Si c’est ce que tu penses, alors affronte-le et ne fouille pas dans son dossier personnel. 

Elliot se rappelle que son père connaissait une famille qui habite Hastings Valley. Eli lui dit que ça fait cinq ou six ans qu’il n’a plus de nouvelle de la famille Bunny. Il ne sait même pas si le père est encore en vie. 

Elliot aimerait qu’Eli reprenne contact avec cette famille. Elle sait peut-être quelque chose à propos de Chandler. Eli accepte à une condition : il veut qu’Elliot lui promette d’aller directement voir la police s’il découvre quelque chose de suspect. Il ne veut pas que son fils joue au justicier. Il est très sérieux sur ce point. Ils se serrent la main pour conclure ce pacte. 


À la Fabrique, Leslie entre dans son bureau et sa réceptionniste, Mlle Harris, lui dit que Mme Cord attend pour le voir. 

Betty est venue chercher le rapport trimestriel des ventes de la fabrique. Leslie lui  dit qu’il ne sortira pas de rapport sans un accord écrit de la part de M. Peyton. Betty est sur le point de s’en aller, mais Leslie consent finalement à lui donner le rapport. Mlle Harris dit à Leslie qu’il est sur sa table. Il donne les rapports pour Peyton à Betty, et lui dit que la prochaine fois, il aimerait les donner à Peyton en mains propres. 

Betty lui répond qu’il était très occupé et explique qu’il a vu maître Kennerly brièvement, ce dernier ayant fait un saut à Peyton Place. Tous les sens de Leslie sont en alerte. 

Une fois Betty partie, Leslie dicte un mémo concernant Kennerly et les droits de succession de Peyton. Puis il demande à Mlle Harris de lui ramener au bureau tous les documents relatifs à la succession de Peyton.


Au manoir, Lee Webber tient dans ses bras le chiot tandis que Rachel frappe à la porte d’entrée. Il remonte du sous-sol sans le chien et va ouvrir. Rachel vient chercher son chiot. Il pointe le doigt vers la sonnette et lui dit de ne pas frapper, mais sonner. 

Il va au salon pour brosser ses chaussures et Rachel lui dit qu’il va mettre de la saleté sur le tapis. Lee lui rétorque que Peyton peut se permettre de changer de tapis. Elle demande si M. Peyton est ici. Il lui répond que le vieil homme a été « se pieuter ». 

Elle lui demande où est le chiot. Il ne répond pas tout de suite et lui parle de Rodney. Il veut savoir si elle est sa petite amie. Rachel lui répond qu’elle n’est pas la petite amie de Rodney ni de personne d’autre. Lee voudrait sortir avec elle. 

Elle redemande où est son chien. Lee lui dit qu’il se trouve au sous-sol. Il ouvre la porte du sous-sol et ils descendent ensemble. Rachel voit son chiot et court vers lui. Elle essaie de donner les dix dollars de récompense promis dans l’annonce passée dans le Clarion à Lee, mais il ne les accepte pas. Il veut sortir avec elle en échange. 

Rachel prend peur et tente de s’enfuir. Lee la rattrape et la force à l’embrasser. Elle se dégage et court jusqu’à la double porte du salon. Lee saute sur elle et ils tombent sur le sofa.  

Betty arrive à ce moment-là par la porte d’entrée, sauvant ainsi Rachel du pire. La jeune fille parvient à se dégager de Lee et va auprès de Betty. 

Comme si de rien n’était, Lee offre à Rachel de la raccompagner. Bien évidemment, elle refuse. Betty s’approche de lui et Lee lui attrape le menton avec sa main droite, mettant un doigt au centre de son menton. Il lui dit que les filles curieuses sont de vilaines filles.


Episode 325

Mardi 4 avril 1967

Le coffre-fort

Lee Webber est un homme qui croit au concept de la possession. En dépit du fait que sa femme, Sandy, a demandé le divorce, il est convaincu qu’elle lui appartient toujours. Qu’elle est toujours sa propriété privée. Il sait que quelques mois plus tôt, Sandy et Rodney Harrington se sont rencontrés, alors qu’il était en prison. Maintenant, Sandy sort avec Rodney ouvertement. La propriété privée n’est plus sienne.

Lee Webber, le chauffeur de Peyton, fait les cent pas devant la limousine tandis que Rodney arrive dans sa décapotable blanc et bleu immatriculée 691-352. Il se gare en face de la limousine et escorte Sandy jusqu’au Colonial Post Inn.


À l’intérieur du Colonial Post, Rodney demande à l’hôtesse une table pour deux. Elle lui répond qu’une table va se libérer dans un instant. La table n’est pas très loin de celle de Martin Peyton. 

Le grand-père de Rodney dîne avec Steven et Betty après sa réunion avec son avocat de Boston, William Kennerly, à l’aéroport. Peyton aperçoit Rodney et sa compagne, se lève et se dirige vers la table de Rodney afin de l’inviter, lui et « la charmante jeune femme » à s’asseoir à sa table avec Steven et Betty. Peyton fait asseoir Sandy à sa gauche, à la place de Steven.


Dans la cour de la maison des Carson, Rachel, pas vraiment habillée contre le froid, est dehors à la recherche de son chiot. Derrière un arbre, Chandler l’observe. Il tient le chiot dans ses bras, et s’en va.

À l’intérieur, Elliot s’entretient avec Constance dans la cuisine lorsque Rachel revient, portant une gamelle de lait. Constance la réprimande légèrement pour être sortie sans manteau et lui demande de le mettre la prochaine fois qu’elle sort. 

Rachel est inquiète pour le chiot, elle se rend à nouveau à l’extérieur, puis revient, toujours sans nouvelle de l’animal. 

Constance et Elliot passent au salon. Constance veut qu’Elliot lui parle de son entretien avec Chandler, mais il ne veut pas l’inquiéter. Constance insiste, et Elliot lui dit qu’il a peur que Chandler s’en prenne à Rachel. Il est totalement obsédé par elle et il ne laissera pas tomber. 

Rachel rentre, toujours sans nouvelle de Puppy. Elliot se décide à partir à la recherche de l’animal en voiture avec Rachel.


Chandler aperçoit Leslie se rendant au Clarion muni d’une grande enveloppe kraft. Au Clarion, Elliot et Rachel rédigent une annonce sur la disparition du chiot. Elliot donne à Rachel le numéro de téléphone de leur domicile (555-3251). 

Leslie entre. Rachel donne le numéro de téléphone à Jerry, le concepteur du journal. Leslie dit à Elliot qu’il a décidé de lui montrer le dossier personnel de Chandler.

Si Elliot voit quelque chose qui ne va pas sur ce dossier, Leslie s’engage à licencier Chandler. Il ajoute que s’il peut faire quelque chose pour aider à retrouver Allison, il le fera. Elliot le remercie froidement. 

Ce qu’Elliot voudrait pouvoir trouver dans le dossier, c’est un nom ou une référence qui pourrait prouver que Chandler n’est pas celui qu’il prétend être.


Au Colonial Post, Rodney veut passer un appel à son père, et Sandy en profite pour aller prendre l’air frais. À l’extérieur, Lee saisit le poignet de Sandy et la force à le regarder. Sandy fait face à son mari : 

— Ce que je fais et avec qui ne sont pas tes affaires. 

Lee ne veut pas lâcher Sandy, qui crie de la laisser tranquille. Rodney sort à son tour et aperçoit Lee menaçant Sandy. Il le frappe. Lee enlève sa casquette de chauffeur, remonte dans la limousine et démarre. 

Rodney demande à Sandy si elle va bien. Il aperçoit alors Chandler, près du magasin général, et aide Sandy à monter dans sa voiture. 

Puis Rodney appelle Chandler et va le rejoindre : 

— Hey, Chandler, hey ! 

Chandler hausse les sourcils : 

— Dégage, gamin. 

Rodney se rend au Clarion. Leslie y discute toujours avec Elliot. 

Rodney informe Elliot, Leslie et Rachel que Chandler traîne dans le coin. 

Impatiente, Sandy klaxonne dans la voiture de Rodney et ce dernier quitte le bureau pour aller la rejoindre. À l’extérieur, il apparaît évident que Sandy a conduit la décapotable juste devant le Clarion.


Dans la chambre à coucher de Steven et Betty au second étage du manoir, le couple discute dans le lit des événements de la soirée. Betty est fière de son mari pour avoir gardé son sang-froid devant l’art de la manipulation de son grand-père. 

Elle demande à Steven pourquoi il ne s’est pas décidé à ouvrir un cabinet à Boston. Steven dit qu’il veut être son propre patron. Et aussi, s’il a décidé de vivre au manoir, c’est parce qu’il veut ce qui lui appartient. 

Il pense que le nouveau testament le concerne et il rêve de ce qu’il pourrait faire de l’argent quand Peyton ne sera plus là. 

Betty doit aller donner ses médicaments à Peyton. Elle sort de la chambre pour aller dans celle du vieil homme. 

Peyton est en train d’écrire sur le petit bureau de sa chambre lorsque Betty entre avec son plateau de médicament. Il lui donne par écrit la combinaison du coffre-fort ainsi que la clé de la boite qui contient les documents officiels. Il lui demande de prendre le document (il s’agit du testament) qui se trouve dans l’enveloppe kraft et de le déposer dans une boite en fer. Elle s’exécute et ne regarde pas le document. Elle replace la boite en fer dans le coffre et le referme. 

Le vieil homme lui dit qu’il n’a pas besoin de ses médicaments. Il admet que Betty a un remarquable self-control parce qu’elle n’a pas regardé les documents. Betty souhaite une bonne nuit à Peyton. 


Rodney reconduit Sandy chez elle. Il parle de Chandler qui rôde sans cesse autour de Rachel. Sandy est jalouse de Rachel et Rodney lui rappelle la promesse qu’elle avait faite de ne pas s’attacher à lui. Il ne veut pas se disputer avec elle. Il la ramène à la maison et l’embrasse avant de lui souhaiter une bonne nuit. 


Episode 324

Lundi 3 avril 1967

Un nouveau testament

Ce soir, dans l’hiver amer et rigoureux de la Nouvelle-Angleterre, Martin Peyton est allée à l’aéroport le plus proche pour rencontrer l’un de ses avocats de Boston, William Kennerly. Un gentleman qui a dévoué plus de 40 ans de sa vie à l’empire Peyton. Kennerly a été convoqué d’urgence par Peyton afin que ce dernier puisse manipuler d’une façon légale les membres survivants de la famille Peyton.

Lee Webber conduit Martin Peyton dans la limousine jusqu’à l’aéroport de White River. La limousine s’arrête et Lee en sort. Le vieil avocat, William Kennerly et sa secrétaire, Mlle Wilson, descendent de l’avion. 


Lee escorte Kennerly et sa secrétaire jusqu’à la limousine. Peyton demande à Mlle Wilson de le laisser seul avec l’avocat. Kennerly monte dans la limousine et dit à Peyton que c’est la dernière fois qu’il prend l’avion pour venir le voir. Il ne peut plus supporter les avions. 

Ensemble, ils discutent du nouveau testament que Kennerly a apporté. L’avocat appelle ce nouveau testament un « caprice » et lui demande s’il est sûr de vouloir le signer. 

Peyton veut juste savoir si ses nouvelles conditions sont légales. Même si l’avocat est en désaccord avec ce document qu’il juge être une pure folie, il le tend à Martin, sa façon à lui de dire que ce testament est légal. 

Mlle Wilson et Lee sont les témoins du nouveau testament. Peyton interdit à Lee de lire le document. Mlle Wilson montre à Lee où il doit signer. Ils signent. Puis Peyton demande  à Webber de fermer la fenêtre qui les sépare. 

Le vieil homme souhaite un bon retour à Kennerly. L’avocat et sa secrétaire sortent de la voiture. Webber retourne à sa place et Peyton lui demande de le ramener à la maison. Lee le remercie pour la confiance qu’il lui accorde et promet de ne rien dire. Peyton lui ordonne de ne pas parler de ce nouveau testament s’il veut garder son job.


Betty est avec Steven dans le bureau de ce dernier. Elle s’amuse avec un yo-yo (très populaire à l’époque). L’interphone bourdonne et la secrétaire de Steven dit à celui-ci que le chauffeur de Peyton souhaite le voir. Steven demande à Betty de regarder par la fenêtre si elle voit la voiture. 

— Un instant, dit-il à Mlle Nolan.

Betty voit la limousine.

— Je n’ai pas envie de le voir, dit Steven. Tout spécialement ici.

Il accepte pourtant de le recevoir et demande à la secrétaire de le faire entrer. C’est la première visite de Lee dans le nouveau bureau de Steven. Lee Webber lui dit que M. Peyton l’invite à dîner avec Betty. 

Il leur dit que Maître Kennerly déteste les avions, histoire de leur apprendre insidieusement que l’avocat est venu voir Peyton. Steven sait très bien que Kennerly s’occupe du testament de Peyton. 

Betty accepte l’invitation à dîner pour elle et Steven. Webber s’en va. Steven dit à Betty qu’ils prétendront ne pas être intéressés par le nouveau testament.


Sandy, sortant de sa maison, rencontre Rodney sur le quai. Il l’invite à dîner dans le restaurant de son choix. Il mentionne le Shoreline Cafe, le Mamasitos, le Shan-gri-la, et bien sûr le fabuleux Colonial Post pour dîner. Elle veut se changer avant, mais il lui répond que ce n’est pas nécessaire.


La sonnette de la porte d’entrée des Carson retentit et Constance descend les escaliers pour aller ouvrir. Elle fait entrer Michael. Il lui dit qu’il est ici pour voir comment va Rachel. Constance lui parle de Chandler et de la façon bizarre dont il se comporte. Pour Mike, ils ne peuvent rien faire d’autre que garder un œil sur elle.  

Constance l’informe que la jeune fille est à l’étage en train de s’occuper de Matthew. Mike est venu avec un catalogue de choix pour un collège. Constance l’invite à dîner. Il monte voir Rachel. 

Elle change Matthew tandis qu’il frappe à la porte et entre. Le Dr Rossi commence à parler à Rachel de son éducation. Rachel porte un tablier. Elle dit qu’elle n’a pas le temps de reprendre ses études parce qu’elle est occupée avec Matthew. Peut-être quand il sera plus grand.

Michael lui dit qu’elle peut s’accorder une ou deux soirées par semaine pour des cours du soir. Il lui montre le catalogue et elle semble un peu perdue parmi toutes les options. Il lui demande de réfléchir et s’en va, tout en prenant soin de lui laisser le catalogue.

Rachel est ravie que le médecin lui ait demandé de retourner à l’école.


Lee Webber est seul dans la limousine. Il en sort et entre au Colonial Post Inn. Rodney et Sandy se garent juste devant l’imposant véhicule et Sandy comprend que Lee est à l’intérieur du Colonial. Rodney sort de sa voiture. Il fait le tour de la voiture pour ouvrir la porte à Sandy. 

Rodney dit à Sandy qu’ils ne doivent pas se laisser intimider par Lee. Au moment où ils atteignent l’entrée du restaurant, Lee sort du bâtiment et les toise. Ils passent devant lui et entrent.


À l’appartement, Norman remue un pot lorsque Ada sonne à la porte. Elle est venue dîner avec Norman et Rita. Il prépare le souper pour trois. Ada a apporté des restes. Norman dit que Rita ne doit pas faire la cuisine pendant un mois. 

Ada aimerait faire plus pour eux. Elle essaie de tendre le chèque que Leslie lui a donné pour eux. Rita entre à ce moment-là. 

Norman se précipite vers Rita et la porte jusqu’à l’appartement. Il ajoute qu’il fête leur 424e jour de mariage. 1 an et deux mois qu’ils sont mariés. 


Chandler monte les escaliers de la maison d’hôtes. Il se rend à la chambre 5. Il y trouve Elliot en train de l’attendre. Chandler lui demande comment il va. Il offre un verre à Elliot et lui dit qu’il fait froid sur les docks. 

Elliot insiste pour que Chandler réponde à ses questions. Il veut savoir ce qui s’est passé à la ferme. Chandler lui dit simplement qu’il est allé à la ferme pour se tenir prêt à la vendre.

Cependant, Elliot n’est pas dupe. Il a vu qu’on avait cassé une vitre pour entrer, et que la maison était sens dessus dessous. Chandler retourne la situation en lui disant qu’il est entré dans sa propriété sans permission, ce qui est interdit par la loi. Il se peut même que ce soit lui qui ait vandalisé la ferme. 

Elliot se fâche, il sait que Chandler est un monstre qui a maltraité Rachel, et il fera tout pour la protéger de lui. Il voudrait savoir pourquoi il tient absolument à rester ici et faire de la vie de la jeune fille un enfer. 

Chandler lui répond qu’il est ici parce qu’il aime Rachel et qu’il compte la récupérer. 

— Ce jour n’arrivera jamais, Chandler.

— Vous voulez m’en empêcher ?

— S’il le faut, oui.

Elliot s’en va. 


Episode 323

Mardi 28 mars 1967

Crime et châtiment

Rachel Welles est de retour au sanctuaire de la maison Carson, emportant avec elle la crainte secrète d’avoir tué Jack Chandler. Jack Chandler, l’homme à qui elle a voulu échapper en venant à Peyton Place. Chandler l’a suivie jusqu’à la vieille ferme. Dans un moment de terreur, elle l’a frappé à la tête avec un lourd chandelier. Elle l’a vu tomber à terre. Dans l’esprit de Rachel, l’idée de la légitime défense n’a pas encore pris forme. Tout ce qu’elle voit pour l’instant, c’est qu’à cause d’elle, une vie humaine est peut-être enlevée.

Rachel marche dans le square recouvert de neige. Dans la vitrine de la librairie est exposé le livre « Crime et Châtiment » de Fydor Mikhailovich Dostoïevsky, publié en 1866.


Rachel entre dans la librairie et s’entretient brièvement avec Constance sur ce qu’est la littérature classique. Rachel demande si la littérature classique est un peu comme la Bible, Constance lui répond qu’un roman raconte généralement une seule histoire, avec un ou une héroïne. Constance lui raconte l’histoire du livre « Crime et Châtiment ». Dans son esprit, la jeune fille associe l’histoire du livre à celle qu’elle vit en se demandant si elle n’a pas tué Chandler. Elle se garde de le dire à Constance et se contente de la remercier de lui avoir raconté l’histoire.

La jeune fille semble extrêmement intéressée par l’histoire, si bien que Constance lui suggère de prendre le livre et de le lire. 

En aidant Constance à mettre les livres dans la vitrine, Rachel aperçoit Chandler sur le trottoir, en train de les observer. Il porte un bandage sur le côté droit de son crâne, dû au coup infligé par Rachel avec le chandelier.

Il salue les deux femmes d’un geste, et s’éloigne. Rachel est choquée en le voyant, elle sait maintenant qu’il est toujours en vie. 


Dans sa chambre, au manoir, Martin Peyton se regarde dans le miroir. Steven Cord frappe à la porte et entre. Ils ont prévu de se rendre à la fabrique pour voir Leslie. L’avocat n’aime pas l’idée de devoir être conduit par Lee Webber, aussi dit-il qu’il fera le trajet avec sa voiture personnelle. Il ne veut pas être conduit par l’homme qui a tué sa sœur jumelle.

Peyton lui demande d’aller voir Lee et de lui dire de mettre le chauffage dans la voiture, pour qu’elle puisse être à bonne température lorsqu’il y entrera. 

Lee entre dans la maison et emprunte les escaliers tandis que Steven descend. Le nouveau chauffeur est venu apporter le manteau à Martin. 

Steven lui dit qu’en tant que chauffeur, il n’a pas le droit de franchir les marches de l’escalier. Il prend le manteau des mains de Lee, et lui communique les instructions de Peyton. Lee lui répond que le chauffage est déjà mis.

À nouveau, Steven lui dit qu’il n’est pas le bienvenu dans cette maison.

— Tant que M. Peyton voudra de moi, je serai là, répond Lee.

— Le temps que vous passerez ici, et je suis sûr qu’il sera court, ne m’approchez pas. Et n’approchez pas ma femme.

Lee redescend et Steven remonte apporter le manteau à Peyton. Pour tenter de raisonner le vieil homme, l’avocat lui dit que Lee a menti lorsqu’il lui a raconté que son frère voulait se suicider, alors qu’en réalité, il voulait le tuer et qu’il a envoyé Steven à sa place pour le confronter. Chris étant aveugle, il pensait tirer sur Lee, et il a failli tuer Steven à la place.

Peyton n’est pas impressionné par l’histoire. Chris Webber n’a pas été arrêté, cela prouve que l’histoire n’était pas si grave que ça. 

Avant de partir, Peyton ordonne à Steven (qui prend sa voiture personnelle) de ne pas être en retard au rendez-vous.


À la fabrique, Leslie dicte une lettre à sa secrétaire. Il lui demande de l’envoyer à Chandler. La secrétaire sort du bureau et fait entrer Chandler. Leslie demande à Chandler s’il a quelque chose à dire avant d’être renvoyé. 

Chandler ne comprend pas pourquoi Leslie veut le licencier. Le directeur de la fabrique lui dit qu’il ne veut pas de problème avec Elliot Carson. Or ce dernier, qui n’est plus venu à la fabrique depuis très longtemps, s’est pointé ici et lui a reproché d’avoir engagé Chandler. S’il a fait le déplacement jusqu’ici, c’est qu’il a de bonnes raisons d’en vouloir à Chandler.

Ce dernier se défend. Il tourne la situation à son avantage. D’abord, il lui dit que sa nièce portait sur elle le bracelet d’Allison et que Carson pense qu’il a quelque chose à voir avec la disparition de sa fille. 

Puis il lui dit que les Carson ont intérêt à le voir partir, car ils ont pris chez eux Rachel et ils ont peur que Chandler veuille la récupérer. Il ajoute qu’il est très lié à sa nièce par alliance. 

À demi-mot, il menace Leslie à propos du deal qu’ils ont passé vingt ans plus tôt. 

— Si quelqu’un d’autre n’avait pas tué Elizabeth Carson, j’aurais empoché mes gains. 

— Est-ce une menace ? aboie Leslie. Vous pensez que j’ai peur de vous ? 

Il saisit le combiné du téléphone et met Chandler au défi d’appeler la police. Chandler secoue la tête :

— Vous savez pertinemment qu’ils ne me croiront pas après toutes ces années. 

Leslie veut le mettre à la porte de son bureau, mais Chandler plaide encore sa cause. Il dit qu’il a toujours joué franc-jeu avec lui. Il n’a jamais parlé aux flics et n’a jamais essayé de le faire chanter avant. Tout ce qu’il veut, c’est gagner de l’argent et il a besoin de ce job.

Leslie accepte de le garder, mais le prévient que si jamais Elliot Carson trouve quelque chose contre lui, la moindre chose, il le renvoie illico. Chandler est soulagé et remercie Leslie.


Au square, deux femmes sortent d’un magasin. Chandler est assis sur un banc. Il se lève et se dirige vers la librairie. Il salue Constance. Il prend le chiot de Rachel dans ses bras et le caresse. 

Il souhaite avoir un exemplaire d’un magazine sur la pêche qui coûte 35 cents. Il veut savoir ce qu’il a fait ce matin pour que Rachel soit bouleversée de la sorte, lorsqu’elle l’a aperçu depuis la vitrine. 

Constance lui dit d’oublier ça. Mais Chandler insiste. Il ne voit pas ce qu’il a pu faire pour la bouleverser de la sorte. Il dit que Rachel est quelqu’un qui a du mal à contrôler ses émotions. Un jour, elle le déteste, et le lendemain elle pourrait lui préparer un gâteau. Il se fait passer pour la victime. 

Tandis que Chandler quitte la librairie, Rodney manque de le heurter sur le trottoir. Ils se regardent un moment, mais ne se parlent pas. Rodney poursuit son chemin et monte à l’appartement voir Norman. 

Rodney dit à Norman que son père est venu le voir et lui raconte leur conversation. Pour une fois, Norman donne raison à son père. Rodney fait un peu n’importe quoi de sa vie. 

— Pourquoi tu ne te maries pas ? Tu es fait pour une vie de famille.

— Ça te va bien de dire ça. Toi, tu as Rita. 

Le visage de Norman se transforme en un masque de tristesse. Il raconte son entrevue avec le Dr Rossi. Rita a une maladie au cœur. Elle devra faire des examens toute sa vie, elle devra éviter toute émotion intense et tout effort physique. 

Rodney est désolé d’apprendre ça. Il lui dit qu’il fera tout ce qu’il peut pour aider Rita. Si elle a besoin d’argent pour les soins, il est prêt à faire des heures supplémentaires au garage. 

Norman se met à pleurer. Il se fait un sang d’encre pour Rita. Rodney pose une main sur son épaule pour le consoler. 


Episode 322

Lundi 27 mars 1967

Où est Jack Chandler ?

Une longue nuit pour Elliot Carson prend fin. Il a reçu un mot de la part du docteur Rossi l’informant que Rachel Welles s’est réveillée de son sommeil artificiel. Cette nuit a commencé lorsque Rachel est partie, déterminée à éviter dorénavant toutes les questions relatives à la disparition de la fille d’Elliot, Allison. L’angoisse d’Elliot s’est accentuée lorsqu’il a réalisé que Rachel aussi avait disparu. Seule Rachel connaît la raison qui l’a poussée à partir. 

Elliot se gare devant l’hôpital de Peyton Place.


Michael parle avec Rachel dans son bureau lorsque quelqu’un frappe à la porte. Voyant qu’il s’agit d’Elliot, Michael sort du bureau et discute avec lui dans le couloir. 

Il prévient Elliot de ne pas faire subir de pression à la jeune fille en lui posant des questions. Elliot se conforme aux conseils du médecin. Il entre dans le bureau et s’excuse auprès de Rachel. Il l’encourage fortement à revenir à la maison. 

Elle lui répond qu’elle ne peut pas retourner chez lui parce qu’il ne la comprend pas. Il n’a pas été honnête vis-à-vis d’elle. Elliot tente alors de lui faire comprendre qu’il se méfie des gens parce qu’il y a dix-huit ans, il est allé en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Il admet aussi qu’il se sent coupable d’avoir voulu trop protéger Allison. Il ouvre son cœur à la jeune fille et cela la touche. Il la supplie de revenir à la maison. 

Il sort de sa poche le bracelet d’Allison et lui dit qu’il est désormais à elle.


Constance est dans le salon, regardant par la fenêtre et attendant impatiemment l’arrivée d’Elliot et de Rachel. Elle est heureuse de revoir Rachel. Elliot demande à Rachel si elle veut du café, mais elle décline l’offre. Elle veut juste monter dans sa chambre. 

Elliot lui dit que cette pièce est sa chambre aussi longtemps qu’elle le souhaite. Rachel lui dit que ça pourrait être pour longtemps. 

Constance monte avec la jeune fille dans sa chambre. Rachel lui demande si c’est elle qui a demandé à Elliot d’aller la chercher. Constance lui répond que non, elle lui dit que c’est lui qui a voulu qu’elle revienne vivre à la maison. Rachel montre à Constance le bracelet d’Allison et l’informe qu’Elliot lui a dit qu’il était à elle maintenant. C’est une marque de confiance qu’elle apprécie beaucoup.

Constance retourne au salon où Elliot alimente le feu. En face de la cheminée, Elliot et Constance discutent. Constance est heureuse du retour de Rachel. Elliot lui demande si cela la dérange d’avoir donné le bracelet d’Allison. Constance lui répond que non, bien sûr. 

Pour Elliot, Rachel fait maintenant partie de sa famille. De sa merveilleuse famille, ajoute-t-il.

Dans sa chambre, Rachel sort la boucle de ceinture de sa poche et l’examine.


Betty, dans une magnifique robe rouge, est agenouillée devant le coffre-fort, tandis que Peyton est derrière elle et lui demande de l’ouvrir. Il y a à l’intérieur un collier qui appartenait à Catherine et qui sera dorénavant pour elle. 

Betty lui dit qu’elle a le sentiment qu’il veut une remplaçante à Catherine. Peyton admet finalement que, d’une certaine mesure, elle n’a pas tort. 

— Je ne suis pas Catherine, dit Betty.

— Crois-moi Betty, j’en ai pleinement conscience. De même que j’ai conscience de qui tu es. 

Betty se retourne, Peyton attache le collier autour de son cou et lui dit qu’il lui va aussi bien qu’à Catherine. Ensemble, ils quittent la pièce.


Elliot se rend à la fabrique. Il entre dans le bureau de Leslie pour lui demander où se trouve Chandler et pourquoi il l’a engagé. Leslie dit qu’il doit une faveur à Elliot. Ce dernier voudrait regarder le dossier personnel de Chandler. 

Après une hésitation, le directeur accepte de le lui montrer à la seule condition que Chandler soit d’accord. À l’interphone, il demande à Mlle Nolan, la secrétaire, de faire venir Jack Chandler. Elle rappelle un peu plus tard pour informer Leslie que Chandler n’est pas venu travailler aujourd’hui.


Au drugstore, Rachel se confie à Rita, la seule personne qui est au courant de tout. Elle lui montre la boucle de ceinture et dit à Rita comment elle en est venue à frapper la tête de Chandler. 

Elle a appelé la fabrique et on lui a dit qu’il n’est pas venu travaillé. Elle a peur de l’avoir tué. Un client les interrompt, réclamant ses œufs avant qu’ils ne soient trop cuits.

Rita suggère à Rachel de tout dire à Elliot, mais la jeune fille hésite.


Dans son bureau, à l’hôpital, Michael dit à Norman que Rita pourrait aller mieux si elle se décidait à se reposer suffisamment. Le médecin insiste en disant que c’est très important. Norman remercie le Dr Rossi et s’en va.


Au Shoreline Garage, Rodney se lave les mains lorsqu’il entend un coup de klaxon et il braille qu’il est fermé. 

C’est Lee qui vient chercher de l’essence pour la limousine, et faire une vérification des niveaux. Il dit à Rodney qu’il vient d’être engagé comme chauffeur de Peyton. Il a commencé ce matin. 

Lee est odieux avec Rodney. Il dit qu’il semblerait qu’ils se partagent les mêmes personnes : Steven Cord, Peyton, Sandy. 

— Le monde est petit, se contente de répondre Rodney, ne voulant pas faire d’esclandre.

Puis il ajoute : 

— Il n’y a rien que tu puisses me dire sur Sandy que je ne sais déjà.

Ils se disputent, et Rodney s’énerve :

— Vas-y ! Qu’est-ce que tu attends pour me frapper ?

Mais Lee ne rentre pas dans son jeu, sachant qu’il pourrait perdre sa place : 

— Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, mais je ne voudrais pas salir mon nouvel uniforme.

Il s’en va.