Episode 341

Mardi 30 mai 1967

La fête surprise

Elliot Carson a vu son dernier espoir de voir Jack Chandler arrêté et interrogé s’évanouir. L’avocat d’Elliot, Steven Cord, n’a pas réussi à présenter les faits sur le passé criminel de Chandler au bureau du procureur. Des faits suggérant que Chandler aurait pu être impliqué dans la disparition de la fille d’Elliot, Allison. L’échec de Steven Cord dans l’arrestation de Chandler a laissé à Elliot l’amertume de la déception et une totale inconscience des tourments de la vie de Steven.

Elliot sort du Clarion. Steven est en voiture et l’appelle.


Steven gare sa voiture devant le bâtiment de la banque, et sort du véhicule tandis qu’Elliot court vers lui en l’appelant. Steven semble absent et indifférent à ce qui l’entoure.

Le journaliste reproche à l’avocat de ne pas avoir signé les papiers au poste de police, et lui demande s’il se rend compte que Chandler a quitté la ville. 

— Ils le retrouveront.

Elliot est abasourdi de voir si peu de remords chez Steven sur le fait qu’il est responsable de ce désastre et veut en parler avec lui. 

— Plus tard, fait Steven d’une voix morne.

— Mais…

— J’ai dit plus tard.

L’avocat monte l’escalier menant à son cabinet. Elliot le suit.

Au secrétariat, Mlle Nolan reçoit un appel de Tom Teal, de l’agence de détectives Blaine à New York. Elle l’informe que M. Cord n’est pas là, mais il arrive juste au moment où Steven entre. Il veut entrer dans son bureau, mais Elliot le suit. Steven crie après lui que ce n’est pas le moment.

— Je ne peux pas attendre ! aboie Elliot. 

— Vous attendrez !

Il claque la porte de son bureau au nez d’Elliot et prend l’appel de New York. Il exige de savoir qui leur a demandé de lui envoyer ce rapport. Teal ne le lui dit pas, il est soumis à la confidentialité. En colère, Steven raccroche et brise la photo de Betty qu’il a sur la table.


Michael se gare devant le drugstore et monte les marches menant à l’appartement de Glover Street. Rachel en sort au même moment. Michael veut lui parler. Ils se dirigent vers le square tout en parlant. Un grand nombre de personnes présentes les regarde. 

Rachel lui rappelle qu’il l’a embrassée hier. Michael lui dit qu’elle a juste le béguin pour lui. Mais Rachel lui assure que ce n’est pas qu’un simple béguin. Le médecin voudrait qu’elle pense à lui comme à « l’image d’un père ». 

Il l’aidera à faire ses devoirs et à la protéger contre Chandler, mais il n’y aura rien d’autre entre eux.


Au Shoreline Garage, Rodney s’habille pour se rendre à l’anniversaire surprise de Steven. Il est avec Sandy, qui lui dit qu’il s’habille comme s’il allait à des funérailles.

Elle aimerait qu’il ne s’y rende pas, afin qu’ils puissent passer la soirée ensemble. 

— Nous aurons plein d’autres soirées à passer ensemble.

Elle lui dit qu’elle n’aime pas le savoir chez son grand-père, elle a peur qu’il lui retourne le cerveau et qu’il l’oblige à l’éloigner d’elle. Rodney lui répond qu’il prend seul ses décisions et que son grand-père, même s’il le veut, ne pourra pas le manipuler.


Chez les Carson, Elliot se prépare également pour la soirée, tout en conversant avec Constance. Elle noue sa cravate, car visiblement il n’y parvient pas. Elliot pense que la fête de ce soir sera pour annoncer la nomination de Steven au poste de procureur par intérim avant les élections. Il sait par conséquent qu’il a beaucoup de choses à gérer, mais pour lui ce n’est pas une raison pour laisser Chandler s’enfuir. Constance lui demande de ne pas être trop dur vis-à-vis de l’avocat. 

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Eli ramène Rachel à la maison, portant ses livres de classe. Il a fermé le magasin plus tôt aujourd’hui. Ils sont tous inquiets de ce que peut faire Chandler. 

Rachel plaisante au sujet du costume d’Elliot, en lui disant que la dernière fois qu’elle a vu une personne habillée ainsi, c’était pour des funérailles. Cela détend l’atmosphère. Elliot embrasse Constance et s’en va. Eli reste avec sa belle-fille et Rachel pour garder la maison.


Une limousine se gare devant la maison Peyton. À l’intérieur, la fête est déjà commencée. Le chauffeur de la limousine descend pour ouvrir la portière. 

À l’intérieur, Mary se fraye un chemin parmi les invités jusqu’à Martin Peyton.

— Ils sont arrivés.

— Ah !

Peyton suit Mary jusqu’à la porte. Mary ouvre la porte au gouverneur Lewis et à sa femme Adrienne.

— Ah, Adrienne, accueille joyeusement Martin.

Lewis serre la main du vieil homme.

— Martin. Cela faisait longtemps. 

— Lewis. Je suis ravi que vous ayez pu vous libérer du Capitol.

— C’est bon de vous revoir, fait le gouverneur. 

— J’ai appris pour l’incendie, dit Adrienne. J’ai vu que vous aviez modernisé ce vieil endroit. C’est charmant.

— Nous devons cela en grande partie à une charmante jeune femme qui a un goût excellent. 

— Oh, vous voulez parler de la jeune femme de M. Cord ?

— Mmm. Je suis très impatient de vous la présenter. Vous allez l’aimer, Adrienne. Elle a votre style.

— Et moi je suis impatient de la rencontrer, renchérit Lewis. 

— Vous ne serez pas déçu, Lewis. 

Parmi les invités, Elliot est avec Rodney. 

— Il l’a fait, dit Elliot. 

— Quoi ?

— Il a dépassé ses limites ce soir. Le gouverneur, le juge Chester, Carrie, l’éditeur du magazine, Malcolm Connors…

Rodney hausse les épaules.

— Pourquoi pas, après tout ? Ce sont les débuts de Steven. Il le mérite.

— Ça reste à voir. Intelligent, n’est-ce pas, la façon dont le vieil homme s’y est pris pour les invitations. Il peut ainsi masquer l’évidente nature politique de cette soirée. 

Chester s’approche d’eux.

— Bonsoir Elliot. 

— Bonjour, juge Chester. 

Le magistrat se tourne vers Rodney pour le saluer.

— Rodney. Presque toutes les grandes pointures sont ici ce soir.

Martin arrive près d’Elliot.

— Bonsoir, Elliot.

— Bonsoir, monsieur Peyton.

— Rodney, puis-je te parler en privé un moment ? requiert le patriarche.

— Bien sûr. Excusez-moi, Elliot.

Le grand-père et le petit-fils s’éloignent de la foule.

— Rodney, je veux que tu ailles voir à l’étage ce qui retient Betty.

— Elle attend probablement Steven.

— Elle est en retard. Il est impératif qu’elle descende immédiatement pour représenter leurs intérêts. La femme du gouverneur est très impatiente de la rencontrer. S’il te plaît, va à l’étage et vois ce qui se passe. 

— Comme tu veux. 

Rodney monte à l’étage. Peyton se mêle de nouveau aux invités.

Rodney se rend dans la chambre de Betty. Elle porte la merveilleuse robe rouge servant de modèle au portrait. Betty prend le téléphone et compose le numéro du bureau de Steven. Rodney lui dit qu’il va bientôt arriver. 

Il ajoute que si jamais Steven vient à lire le rapport de Blaine, la chose la plus importante, c’est que tout ce rapport n’est que mensonges. Rodney presse Betty de descendre, Peyton veut qu’elle rencontre la femme du gouverneur. 

Betty dit à Rodney que Steven ne pourra pas la croire au sujet du rapport Blaine parce qu’il l’aime. Puis elle se repoudre le nez. Ils descendent tous les deux à la fête, mais à une distance raisonnable l’un de l’autre.

À l’extérieur de la maison, Steven gare sa décapotable et entre dans l’imposante demeure, le visage fermé. Il lève les yeux et la première chose qu’il voit est Rodney et Betty debout côte à côte sur les escaliers. Ils s’observent longuement.

Les invités chantent « Joyeux Anniversaire ». Betty se décide à rejoindre Steven. Elle l’embrasse sur la joue de manière maladroite. 

Peyton porte un toast à son petit-fils Steven. Il ajoute que le gouverneur Lewis attendait de pouvoir le rencontrer. Le juge Jessup n’avait pas tari d’éloges sur lui. Steven salue poliment Lewis.

Peyton suggère à Steven d’aller se rafraîchir avant le dîner. Steven lui dit que ses invités risquent d’attendre très longtemps. Peyton demande à Edward de dévoiler le portrait de Betty. Des murmures admiratifs parcourent l’assemblée. Steven se dirige vers le portrait et le regarde, le visage toujours fermé.


Episode 340

Lundi 29 mai 1967

Une livraison spéciale

Une livraison spéciale au bureau d’un avocat à Peyton Place de la part de l’agence de détective Blaine, de New York. Une enveloppe envoyée à la demande de Leslie Harrington, qui a exigé à ce que son nom ne figure pas sur le document. Le contenu : une copie de leur rapport sur les activités immorales de Betty Anderson durant la semaine qu’elle a passé à New York, deux ans auparavant. Pour l’agence de détectives, c’est un service de routine pour un ancien client. Ils n’ont aucun moyen de savoir que Betty Anderson est devenue depuis Mme Steven Cord.

Square. Le facteur traverse le square jusqu’au bureau de Steven Cord.


Dans le bureau de l’avocat, Elliot montre le télex qu’il a reçu sur Jack Chandler à Steven Cord. Le nom de Peyton Place comporte une faute. 

SPÉCIAL POUR PAYTON PLACE CLARION

E. CARSON, RÉDACTEUR EN CHEF,

PHOTO IDENTIFIÉE PAR WARDEN D.D. ORCAT

COMME L’ANCIEN DÉTENU DE PRISON, JACK FORREST

ÉPPELÉ F-O-R-R-E-S-T.

FIN DU MESSAGE

Steven remercie le journaliste, cette information lui sera précieuse si jamais Chandler fait des vagues.

Puis l’avocat reçoit le rapport de Blaine par courrier. Elliot mentionne le fait que Jack Chandler a abandonné sa plainte contre lui. Il ajoute qu’il va écrire un article dans le Clarion sur Steven, qui vient d’être promu procureur par intérim par le juge Irwin A. Chester. Elliot félicite Steven et lui demande s’il a des commentaires à faire. Puis il s’en va. 

Steven lit le rapport et appelle Mlle Nolan par interphone en lui disant qu’il va prendre le premier avion pour New York. Il reviendra dès ce soir. Elle lui dit qu’il a des rendez-vous aujourd’hui. Steven lui demande de les annuler. Elle lui demande s’il rentre chez lui se changer. Il lui répond que non, il part directement à l’aéroport depuis son bureau.


Michael vient voir Rita à l’appartement, et est surpris d’y trouver Rachel. 

— Puis-je entrer ? demande-t-il. 

Rachel l’informe qu’elle est ici jusqu’à ce qu’Ada revienne. Rita demande au médecin s’ils l’attendaient. Il lui répond qu’il viendra faire une visite de temps en temps. 

Rachel et Michael se disputent. Le médecin veut qu’elle quitte la ville pour aller au collège du Vermont. Rachel lui dit qu’elle l’aime et l’embrasse pour mettre fin à la dispute. Choquée, Rita les surprend.


Rodney et Peyton discutent dans la limousine. Peyton veut que Rodney assiste à l’anniversaire surprise de Steven. Son absence pourrait rappeler aux gens les fissures de la famille. Rodney refuse.

Tandis que Peyton sort du véhicule, Betty sort du bâtiment Peyton Place Banking & Trust Co. Elle rejoint le vieil homme avec lequel elle s’entretient un moment. 

Peyton demande à Betty de convaincre Rodney de venir à la fête. Puis Peyton se rend au bâtiment de la banque pour aller voir Steven dans son bureau. 

Rodney reste avec Betty. Elle traverse la route. Elle semble bouleversée. Rodney lui demande ce qui ne va pas. Betty lui dit qu’elle s’inquiète au sujet du rapport de Blaine et les conséquences que cela pourrait avoir sur la campagne de Steven pour l’élection au poste de procureur.

— Tu devrais lui parler de ce rapport avant qu’il ne le découvre par lui-même, conseille Rodney.

— Comment pourrais-je le faire ? 

— Tu veux qu’il lise le rapport ? Qu’il parcoure ces froides lettres noires sur papier blanc lui frapper les yeux ? Tu connais Steven. 

— Viens à la fête de Steven, supplie Betty.

— J’ai déjà dit à mon grand-père ce que je pensais de cette fête.

— J’ai besoin de toi, Rod. S’il te plaît, viens.

Rodney capitule.

— D’accord, je viendrai.

Depuis la fenêtre du bureau de Steven, Martin Peyton observe Betty et Rodney qui semblent plus proches que jamais. 


Sur le quai, Eli rencontre Chandler qui descend les escaliers de la maison d’hôtes, portant deux valises. Eli lui demande s’il va quelque part. 

Ironiquement, Chandler donne une pièce de monnaie pour qu’il puisse téléphoner à Elliot la bonne nouvelle de son départ de la ville. 

C’est ce que fait Eli. Une fois Chandler parti, il se précipite vers la cabine téléphonique la plus proche et appelle Elliot au Clarion. Il l’informe du départ de Chandler et dit qu’il veut le suivre. Elliot lui demande de rester éloigné de Chandler, c’est à Steven de s’occuper de cela. Il raccroche, pour se rendre au palais de justice. 

Depuis la cabine téléphonique, Eli observe Chandler. Ce dernier va chercher de l’essence au Shoreline Garage. Il remplit son réservoir et met de l’eau dans le radiateur. Rodney l’informe que l’essence lui coûte 5 dollars. Il espère que son départ est définitif. 

Eli les rejoint. Il essaie de savoir où va Chandler. L’homme ne lui répond pas. Rodney s’en mêle.

— M. Carson vous pose une question, pourquoi ne pas y répondre ?

— Parce que je n’ai pas à le faire.

Il pousse Rodney et Elliot, s’engouffre dans sa voiture et démarre sans avoir payé. 


Elliot se rend au poste de police pour voir que le mandant d’arrêt pour Chandler attend toujours sur une table et n’est pas rempli. L’agent de police lui dit que la faute incombe à Steven qui n’est pas venu signer le dépôt de plainte. Tant que le document n’est pas signé, ils ne peuvent pas arrêter Chandler.

Le policier lui dit qu’il peut toujours lui-même porter plainte à la place de l’avocat.

— M. Cord n’est pas venu ? Et il n’a pas laissé de message ? demande avec étonnement Elliot.

— Non.

Elliot secoue la tête par dépit et s’en va.


Chandler conduit son imposante voiture jusqu’à l’entrée de l’entrepôt 2 de la fabrique Peyton. Il entre dans le bâtiment où sont entreposées de nombreuses caisses en bois. 

Leslie se dirige vers lui. Il a demandé à Chandler de venir le voir ici. Il lui donne de l’argent pour quitter la ville à la condition qu’il ne revienne plus jamais, qu’il ne donne plus signe de vie et qu’il ne mentionne son nom à personne. 

Chandler lui demande de quoi il a peur. Leslie lui dit que quoiqu’il ait pu faire à la fille Carson, il ne veut pas qu’il mente en l’impliquant dans l’histoire. 

Chandler lui rappelle que la dernière fois qu’il est venu au bureau de Leslie, la secrétaire avait fermé la porte. Ils ont discuté très longtemps. Personne ne sait de quoi ils ont parlé et Chandler pourrait dire ce qu’il veut, rien ne pourra prouver le contraire.

Leslie lui répond que personne ne croira ses mensonges. Avant de partir, Chandler lui dit : 

— On formait une bonne équipe. Vous le cerveau, et moi les muscles. Ou bien était-ce l’inverse ?


Episode 339

Mardi 23 mai 1967

Des projets pour Rachel

Rodney Harrington se trouve attiré par l’appartement de son jeune frère Norman. Sans doute parce qu’ici, au milieu du mariage solide entre Norman et Rita Jacks, il peut s’évader du goût amer que lui a laissé la dispute destructrice qu’il a eue avec son ex-femme Betty Cord.

La caméra nous montre une vue de la porte d’entrée de l’appartement de Norman et Rita. Rodney gare sa décapotable en face de la banque. Il traverse le square, la rue Glover, et monte dans l’appartement au-dessus du drugstore. Il s’arrête pour parler à une dame.


Dans l’appartement, Norman dit à Rita : 

— Je vais faire du café. Pas un de ses jus de chaussettes, mais un bien fort. 

Il entend alors quelqu’un frapper à la porte et va ouvrir. Il laisse entrer Rodney. Ce dernier essaie de lui donner un peu d’argent, mais Norman refuse. Il a beau lui dire que l’argent vient de leur grand-père, Martin Peyton, Norman n’en veut pas. 

Finalement, il accepte cet aide monétaire à contrecœur. Rodney s’en va.


Dans son bureau à la fabrique, Leslie Harrington parle dans un dictaphone lorsque Steven arrive. Le déjeuner de Leslie est sur la table, et ce dernier termine un appel téléphonique avant de faire entrer Steven. 

L’avocat prévient Leslie qu’il représente Elliot Carson dans l’affaire de la bagarre avec Jack Chandler. C’est la raison pour laquelle il est ici. Leslie essaie de donner une raison plausible à l’embauche de Chandler à la fabrique. Il avait été engagé comme ouvrier sur les docks. Steven demande à voir son dossier personnel et Leslie lui répond que Mlle Harris va le lui fournir. 

Dès le départ de Steven, Leslie demande à Mlle Harris de lui appeler Tom Teal, de l’agence de détectives Blaine, à New York. Leslie demande à Teal d’envoyer une copie du rapport sur Betty Anderson à Steven Cord, et lui donne l’adresse du bâtiment de la banque où se trouve le cabinet de l’avocat. 


Sur le quai, Michael fait une surprise à Rachel en l’emmenant au marché de la mer pour voir les homards vivants. Ils prennent chacun un pot de soupe de poisson. Michael met de la sauce dans chacun des deux pots. 

Puis le médecin lui avoue que c’est Elliot qui lui a suggéré de l’emmener ici afin qu’il lui dise quels sont les projets qu’ils ont pour elle. Il lui dit tout d’abord que Chandler avait été en prison pour agression sévère. 

Puis il dit à la jeune fille qu’ils se sont arrangés pour qu’elle puisse intégrer une école pour fille au Vermont. Rachel est tout, sauf ravie par cette nouvelle. Elle lui demande si c’était l’idée d’Elliot de l’éloigner, ou bien celle du médecin. 

Michael a de grandes difficultés à communiquer avec elle. Rachel se braque devant les explications du médecin. Elle s’en va, bouleversée, passant devant la taverne et devant la  limousine de Peyton. Lee Webber vient juste d’arriver sur le quai.


À la librairie, le réceptionniste du Colonial (déjà vu dans les épisodes 332 et 337) vient juste d’acheter des livres pour l’auberge et s’apprête à partir lorsque Rachel entre et dit à Constance que le Dr Rossi veut qu’elle quitte Peyton Place pour aller dans une école au Vermont. 

Mais Rachel veut rester avec Constance. Matthew se met à pleurer. Rachel le prend dans ses bras. 

Eli arrive avec une bonne nouvelle : il crie à qui veut l’entendre que Chandler vient d’abandonner sa plainte.


À la maison d’hôtes de Mme Hewitt, Chandler se repose et récupère dans son lit tandis que Lee vient lui rendre visite. Chandler a un bandage au niveau de l’estomac. Il a une côte cassée. 

Lee s’assoit sur le lit et prétend être venu en toute amitié. Il lui dit qu’il a vu Rachel sur le quai avec le Dr Rossi. Puis il continue à l’importuner au point d’être méchant et de faire sortir Chandler hors de ses gongs. 

Ce dernier lui jette un verre d’eau dans la figure et le frappe.


Episode 338

Lundi 22 mai 1967

Rencontre dans le parc

Betty Anderson Cord a été mariée une fois à Rodney Harrington. Le mariage a été bref et sans succès. Aujourd’hui, le grand-père de Rodney, Martin Peyton, commence la phase cruciale de son plan machiavélique pour briser l’union de Betty et Steven, et réunir Rodney et Betty afin de maintenir l’héritage de la famille Peyton.

Betty descend les escaliers du manoir Peyton, vêtue d’une magnifique robe rouge, jadis portée par Catherine. Peyton jette un œil furtif aux alentours.


Rodney parle avec Betty du portrait. Il admet qu’il va couvrir le mur nu au-dessus de la cheminée. Rodney lui dit que Steven est maintenant le petit-fils préféré de Peyton. Il est très heureux que Betty ne soit plus sa femme. 

Betty le traite de lâche parce qu’il ne s’est jamais battu pour ce qu’il voulait. Rodney lui répond que plus elle vieillit, plus elle devient avide. Puis il s’en va. 

Peyton rejoint la jeune femme et lui demande pourquoi Rodney ne reste pas pour déjeuner. Il l’invite à déjeuner avec lui. Betty se précipite en courant à l’étage sans même répondre.


La secrétaire actuelle de la fabrique, Mlle Harris, fait entrer Chandler dans le bureau de Leslie Harrington. Chandler est sorti de l’hôpital récemment. Il lui dit que seul son bras lui fait encore mal. Il est en voie de guérison et il pourra revenir travailler à la fabrique d’ici une semaine ou deux. 

Leslie lui rétorque qu’il n’a plus besoin de revenir à la fabrique. Il lui donne des indemnités de licenciement et lui suggère fortement de quitter la ville. Il ajoute qu’Elliot sait que son vrai nom est Forrest. 

Leslie offre un bon paquet d’argent pour qu’il quitte la ville, mais Chandler refuse. Le patron de la fabrique lui demande de sortir de son bureau et de ne plus revenir. Chandler lui rétorque qu’il peut utiliser son nom comme une référence à un passé peu glorieux. 

Chandler s’en va tandis que Lee entre précipitamment. Le chauffeur de Peyton dit au directeur de la fabrique que M. Peyton veut le voir. Leslie lui répond qu’il a encore des affaires à régler avant et lui demande d’attendre devant les grilles de la fabrique.


Le Dr Rossi se trouve avec Constance et Elliot chez les Carson. Elliot informe le médecin que Rachel est allée voir Chandler à l’hôpital. Elliot n’a aucun contrôle sur Rachel parce qu’il n’est pas son père. Il a essayé de la préserver de Chandler. 

Michael pense qu’elle devrait aller à l’école dans une autre ville afin de ne pas subir l’influence de Chandler. Elliot n’est pas de cet avis. 

— Je ne pense pas l’envoyer loin d’ici. Pas maintenant. 

— Pourquoi, pas maintenant ? Parce qu’elle pourrait trouver quelque chose sur Chandler que vous essayez de trouver sur lui, s’emporte Mike. 

— Je vais juste oublier que vous avez dit ça. 

Michael lui reproche de ne pas envoyer Rachel dans une autre ville uniquement dans le but qu’elle puisse l’aider à déterrer le passé de Chandler.


Norman conduit une vieille décapotable rouge. Il reconduit Rita chez eux. Il la porte pour monter l’escalier menant à l’appartement. Il la dépose sur le lit et pose une couverture sur ses jambes. Ils s’embrassent.


Lee Webber conduit Leslie dans le parc, en limousine. Peyton attend sur un banc.  

— Nous voilà arrivés, informe le chauffeur.

Leslie est étonné de rencontrer le vieil homme au parc, et non chez lui.

— Que se passe-t-il ?

Lee secoue la tête : 

— Ça, je n’en sais rien, M. Harrington.

Lee sort de la limousine et fait le tour pour ouvrir la porte à Leslie.

— Qu’est-ce qu’il fait ici ? s’enquiert le patron de la fabrique.

— Il doit certainement faire une petite bronzette. Mais je sais qu’il déteste attendre. Il vaudrait mieux aller le voir immédiatement.

Leslie se dirige vers Martin, qui l’accueille avec une bonne humeur inhabituelle de sa part :

— Oh, bonjour Leslie. Superbe journée.

— Que voulez-vous ?

— Regardez autour de vous. Que voyez-vous ? L’innocence de la jeunesse. La vie qui bourgeonne à chaque branche des arbres. Quoi de plus symbolique pour le commencement de notre nouvelle relation !

— Je ne sais pas de quoi vous parlez.

— Eh bien, vous devriez. Vous avez lu mon testament.

— Quel genre d’accusation est-ce là ?

— Pas de mascarade, Leslie. Betty m’a dit comment vous l’avez fait chanter pour obtenir le document.

— Je n’aurais jamais eu recours à cette pratique si vous ne m’y aviez pas forcé. 

Martin rit.

— C’est vraiment la seule pratique qui vous convient, Leslie. Le point important, c’est qu’après cinquante ans de bataille royale, nous avons finalement un but en commun.

— Vous voulez que Rodney hérite de vos biens ?

— Oui, c’est bien ce que je veux. 

— Alors, pourquoi ne pas les lui laisser tout simplement ?

— Parce qu’il n’arrivera pas à les gérer.

— Moi, je pourrais, affirme Leslie.

— Oui, Leslie, vous le pourriez. Je n’ai jamais douté de vos capacités administratives, seulement de votre intégrité.

— Et vous pensez être intègre en nommant Betty bénéficiaire si elle quitte Steven et se remarie avec Rodney ? Votre cerveau devrait être envoyé dans un sanatorium. Une équipe de scientifiques devrait l’examiner. 

Cette remarque fait de nouveau rire le vieil homme.

— Vous faites objection à mon testament ?

— Je ne vois pas de raison pour eux de se remarier.

— Mais ce n’est pas ce que je vous ai demandé.

— Ce testament va devenir votre épitaphe. Il va offrir au monde la véritable personnalité de Martin Peyton. Un homme totalement corrompu, sans conscience ni compassion.

— Bel essai, Leslie, ricane Martin. Mais je ne suis pas vraiment intéressé par mon image de marque. Particulièrement après ma mort. Les conditions de mon testament sont définitives.

— Et si vous mourrez demain ?

— Le destin fera son travail. Si mon heure vient avant que Rodney et Betty ne soient ensemble, alors ma fortune tant convoitée risque d’être irrémédiablement perdue. Perdue pour vous, gagnée par les œuvres de charité.

— Vous êtes cinglé.

— Ma fortune a été bâtie sur une succession de jeux de hasard. Pourquoi ne pas tout remettre en jeu ? Allons-nous unir nos forces pour garder cette fortune dans la famille, où allons-nous regarder cette fortune s’évanouir dans la nature ?

— Que voulez-vous que je fasse ?

— Aidez-moi à détruire le mariage de Steven et Betty.

— Pourquoi est-ce si important pour vous que Rodney se marie avec Betty ?

— Parce que Betty est le genre de femme dont Rodney a besoin pour qu’il devienne un homme accompli. Mais le plus important, c’est qu’elle vous déteste, Leslie. Vous ne pourrez jamais contrôler Betty de la façon dont vous avez contrôlé Rodney.

— Très habile, admet Leslie. 

— Je le pense aussi.

— Pourtant vous m’avez nommé administrateur des biens jusqu’aux trente ans de Betty. Ce qui veut dire que j’ai le temps de consulter des tas d’avocats. Si vous êtes tellement déterminé à m’empêcher tout contrôle sur vos biens, alors pourquoi m’avoir nommé administrateur ?

— Eh bien, c’est un jeu que je n’aime pas. Mais je voulais avoir l’assurance de votre aide. 

— Je vois. Vous avez tout prévu, n’est-ce pas ? 

— Bien sûr. 

— Aucun des deux ne voudra briser leur mariage.

— C’est pourquoi j’ai besoin de vous.

— Donc vous voulez que je mette la pression sur Steven. Le frapper de plein fouet avec le rapport de Blaine. Et lorsqu’il découvrira que Betty a eu une relation illicite avec un inconnu, cela lui sera insupportable de rester avec elle. 

— C’est précisément cela.

— Je veux une garantie.

— Vous l’avez, elle est écrite.

— Vous pouvez changer cet écrit. Si Rodney et Betty se remettent ensemble, vous pouvez me retirer l’administration de vos biens.

— Oui, je le pourrais. Mais vous m’aiderez quand même. Parce que c’est votre dernière chance de mettre la main sur la fortune que vous avez toujours convoitée avant même de vous marier avec ma fille… Bien, je vous aurais bien ramené à la fabrique, Leslie, mais je suis sûr que vous préférez y retourner à pied par cette belle journée.

— Comme vous me connaissez bien, Martin.

— En effet. 

Webber tend des gants à Peyton.

— Allons-y, Webber. 


Episode 337

Mardi 16 mai 1967

Le jeune garçon pris au piège

Rachel Welles a disparu de la maison des Carson ce matin pour se rendre au chevet de Jack Chandler, à l’hôpital. Chandler, le visage meurtri et bandé à cause de sa bagarre avec Elliot Carson, ignore Rachel lorsqu’elle le supplie de laisser les Carson tranquilles. Elle veut qu’il quitte Peyton Place. Mais à la place, Chandler lui fait une autre promesse, celle de faire souffrir les Carson, et Rachel. 

Rachel traverse lentement le square à pieds.


Rachel se rend à la librairie. Constance lui reproche d’être partie ce matin de chez eux et d’avoir rendu visite à Chandler. Rachel lui dit qu’elle a essayé de convaincre Chandler de quitter la ville. Constance lui répond que ce n’est pas à elle de s’en occuper. 

Afin de prouver la dangerosité de Chandler, Rachel lui raconte une effroyable histoire. Elle avait quatorze ans à l’époque, Chandler a surpris un garçon en train d’embrasser Rachel sur la joue. Une simple bise innocente qui a pourtant mis l’homme très en colère. Au point qu’il a chassé le jeune garçon en le menaçant d’une arme. En voulant s’enfuir, le garçon s’est pris le pied dans un piège à gibier. Sa cheville était cassée et il hurlait de douleur. Chandler a enfermé Rachel au sous-sol de la ferme, et n’a rien fait pour délivrer le malheureux garçon. Elle l’a entendu gémir et supplier pendant très longtemps. C’est finalement le père de l’infortuné qui l’a trouvé et libéré. 

Rachel veut que les Carson partent loin d’ici pour se mettre à l’abri, consciente qu’ils courent un danger en restant à Peyton Place. Mais Constance lui répond que fuir n’est pas la solution. Ils feront face, tous ensemble. 


Michael Rossi est avec Rita dans la chambre d’hôpital de cette dernière. Norman et Rodney sont avec eux. Le médecin veut que Rita passe une semaine au lit. 

Il écrit une ordonnance et la met au régime sans sel. Il suggère de prendre une infirmière à domicile, également. Rod prend la prescription et s’en va avec.


Betty, dans sa merveilleuse robe rouge, pose pour l’artiste Barrett Costa. Peyton observe la scène. Il reçoit un coup de fil de Rodney. 

Celui-ci l’informe que Rita est très malade, elle est à l’hôpital. Il voudrait que son grand-père aide Norman financièrement, car le coût du traitement est élevé et qu’il ne pourra pas s’en sortir. 

Peyton lui suggère de venir pour « parler de ça ». Rodney répond qu’il arrive immédiatement.

Curieuse, Betty aimerait savoir si tout va bien avec Rodney. Martin lui répond sournoisement qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ils ne dérangeront pas Betty et le peintre, car ils iront discuter dans le salon.


À l’hôpital, le Dr Rossi va voir Chandler. Le bras droit de ce dernier est en écharpe. Michael apprend que Rachel est venue voir le malade. Chandler se vante en disant qu’en dépit de ce que le Dr Rossi et les autres font, Rachel est quand même venue lui rendre visite. Michael se met en colère :

— Je dirai à la police absolument tout ce qu’ils veulent savoir sur vous, Chandler. Et j’espère qu’ils veulent tout savoir. 

— Je vous préviens, vous feriez mieux de réviser votre cours sur le secret professionnel.

Il se plaint de douleur dans les côtes et informe le médecin qu’il a porté plainte contre Elliot. Il menace Michael de raconter que le médecin est très proche de la jeune fille, qu’il lui achète ce qu’elle veut et qu’il prend particulièrement soin d’elle.


À la maison d’hôtes, Elliot cherche la chambre de Chandler tandis que Steven arrive. Il lui dit qu’il ne peut pas fracturer la porte de la chambre de Chandler parce qu’il pourrait avoir des problèmes. 

C’est donc Steven qui s’en occupe. Elliot trouve une photo de Rachel et informe  en même temps l’avocat que Rachel a trouvé le bracelet d’Allison dans la voiture de Chandler.


Leslie se rend à la taverne d’Ada Jacks et enlève son chapeau. Il demande à ce que le volume du juke-box soit abaissé et il dit à Ada comment Elliot a presque failli tuer Jack Chandler. 

Leslie lui demande ce qu’elle sait au juste sur Chandler. Ada ne sait pas grand-chose en fait. Elle ne l’a jamais connu que sous le nom de Jack Chandler. Seulement sous le nom de Jack Forrest. 

Mais elle lui demande ce que Chandler a sur Leslie pour que ce dernier ait peur à ce point. Pourquoi Leslie est-il tellement concerné par Chandler ? Qu’est-ce que Chandler a fait avec lui ? Quel secret partagent les deux hommes ? 

— Oublie ça, se contente de répondre Leslie avant de partir.

Dans la rue, il rencontre Elliot et lui dit qu’il a entendu parler de la bagarre. Elliot dit à Leslie ce qu’il sait déjà, c’est-à-dire que Chandler s’appelle en fait Jack Forrest.


À la demande expresse de Peyton, Rodney arrive au manoir pour lui parler. Le jeune homme veut savoir si Peyton est décidé à aider Norman. Rita est sérieusement malade et Norman est effondré. 

Peyton demande à Rodney de rester pour le déjeuner. Puis il demande au jeune homme d’attendre le temps qu’il va voir Mary.

Rodney attend au pied de l’escalier tandis que Barrett Costa descend de l’atelier. 

— Oh, monsieur Cord ?

— Euh, non, fait Rodney, surpris de voir un inconnu dans la maison.

— Bien, quel soulagement. Pendant une minute, j’ai eu peur d’être en présence du mari de Mme Cord. Ce qui aurait voulu dire que le portrait que je suis en train de réaliser n’aurait plus été une surprise pour M. Cord. 

— Je suis Rodney Harrington.

— Barrett Costa.

Le portraitiste s’en va par la porte d’entrée.

Toujours dans sa robe rouge, Betty se tient debout en haut des marches. Leur regard se croise.


Episode 336

Lundi 15 mai 1967

Le message

Constance Mackenzie avait déjà fait ce chemin auparavant. Bien des années auparavant, elle était venue visiter ce vieux palais de justice pour y voir un homme nommé Elliot Carson, qui était en prison pour meurtre. Puis une éternité est passée. Elliot Carson a passé dix-huit ans à la prison d’État. Il a été relâché, puis il est revenu vers elle, s’est marié avec elle et a repris sa vie en main. Ce soir, à peine deux ans après le début de sa nouvelle vie, Elliot et Jack Chandler se sont battus sur le quai. Elliot a été arrêté une nouvelle fois et doit d’une façon ou d’une autre passer en cellule la longue nuit à attendre son inculpation le lendemain matin.

Un prisonnier est assis. Constance vient rendre visite à Elliot. 


Elliot et Constance s’étreignent. Elliot ne voulait pas qu’elle vienne. Constance s’inquiète, car Steven lui a dit qu’Elliot encourt jusqu’à douze ans de peine. Lorsqu’elle a compris qu’Elliot allait voir Chandler, elle a prévenu Rodney pour qu’il dissuade Elliot de faire une bêtise. Visiblement, cela n’a pas suffi. 

Elliot lui dit qu’il n’a pensé qu’au bracelet trouvé dans la voiture de Chandler. Il a vu le rouge. Constance se rend à l’évidence :

— Allison est partie, Elliot. Elle est partie.

— Je vais la retrouver.

— En mettant en péril tout ce qu’il nous reste ?

— Je ne peux pas vivre avec ça, Connie. Je dois savoir.

Il lui demande de rentrer à la maison et de se reposer.


Le lendemain, Rodney se rend chez les Carson pour parler avec Constance. Rachel l’accueille et lui dit que Constance n’est pas là. Elle est sortie avec Matthew. Rodney l’informe qu’il a un message pour Constance. 

Rachel le fait entrer et ils s’installent dans le salon. Rodney dit à Rachel que M. Carson a été inculpé à dix heures ce matin. Rachel est persuadée que ce n’est pas Elliot qui a démarré la bagarre, mais bien Chandler.

Le message que Rodney apporte concerne justement la bagarre. Steven Cord souhaite que Constance ne mentionne pas l’appel téléphonique qu’elle a passé à Rodney hier soir, quand Elliot est parti en colère à la recherche de Chandler. Cela pourrait nuire au bon déroulement de l’affaire. Le procureur pourrait s’en servir pour prouver qu’il était en colère et qu’il était donc capable de démarrer une bagarre. 

Il demande à Rachel de délivrer le message en précisant que c’est important. 

— Je sais ce que tu penses, dit Rachel. Tu te dis que tout est ma faute.

— Peu importe ce que je pense.

— Je sais que j’aurais dû tout raconter à M. Carson plus tôt. Lui dire que j’ai trouvé le bracelet.

Rodney est surpris.

— Où l’as-tu trouvé ?

— Je ne peux pas te le dire. Mais je devais le lui dire, à lui. Je ne pouvais pas mentir davantage.

— Mais pourquoi avoir menti en premier lieu ?

— Je sais que si M. Carson va en prison, ce sera ma faute. 

— Si tu cherches une épaule sur laquelle pleurer, je ne suis pas la bonne personne, dit Rodney avant de s’en aller.


Steven et Elliot quittent le poste de police et traversent le square. Elliot vient d’être libéré sous caution. Il demande à l’avocat combien a coûté sa libération. Steven lui répond que tout est réglé. 

Dans la rue, il passe devant la limousine de Peyton avec Lee Webber à l’intérieur. 

Steven supplie Elliot de se tenir à carreau. Il est libéré sous caution, mais sous certaines conditions. Il voudrait qu’il aille se reposer chez lui, mais Elliot lui dit qu’il a un article à écrire. Steven le prévient de ne pas faire de vague.

Ils se quittent ici, Elliot s’en va au Clarion et Steven retourne à son cabinet. En passant devant la limousine, Lee salue l’avocat d’un geste de la main. Ce dernier ne lui répond pas et passe sa route.

Au Clarion, Elliot trouve Eli dans tous ses états. Il remplace Elliot pour la prochaine édition et ce n’est pas un travail facile. 

Elliot s’installe à son bureau et tape frénétiquement un article sur sa machine à écrire. Eli lui fait la morale. Il rappelle la promesse qu’Elliot lui avait faite d’aller voir la police et de ne rien entreprendre seul. Eli saisit le papier qu’écrit son fils. Celui-ci décrit ce qui s’est réellement passé, accusant Chandler d’avoir provoqué la bagarre.


Steven regarde par la fenêtre de son bureau. Lee est occupé à polir la limousine. L’avocat se rassoit sur son siège. Puis il se lève et descend dehors voir Lee. 

Il lui demande de le laisser tranquille et de ne pas le provoquer en restant devant l’immeuble de son bureau. Lee dit à Steven qu’il va sans doute avoir un anniversaire surprise au manoir. Steven a vingt-huit ans aujourd’hui.


Lee est venu voir Sandy au Cider Barrel. Charlie lui dit de faire vite parce qu’il y a beaucoup de travail. Lee dit à Sandy qu’un anniversaire surprise se prépare au manoir pour Steven. 

Charlie se rend à l’arrière-boutique. De ce fait, Lee et Sandy peuvent parler en privé. Lee voudrait qu’elle quitte son travail, elle pourrait trouver un meilleur emploi, mieux rémunéré. Sandy lui répond qu’elle aime son travail, mis à part certains clients. Lee lui dit qu’il pourra peut-être lui procurer un travail de serveuse en extra pour l’anniversaire. C’est payé vingt-cinq dollars.


À l’hôpital, Rachel rend visite à Chandler dans sa chambre 127. Elle lui demande de partir, d’aller vivre à Mexico comme il l’avait prévu. Chandler profère des menaces à l’intention des Carson. 

— Rien au monde ne m’empêchera de faire ce que j’ai prévu de faire à M. et Mme Carson.


Episode 335

Mardi 9 mai 1967

Douloureuses traces du passé

Jack Chandler a supplié Leslie Harrington de lui donner de l’argent pour quitter la ville. Harrington a ajourné sa décision et ce soir, Chandler est sur le trajet de la collision. Ses sentiments pour la jeune Rachel Welles sont maintenant presque incontrôlables. Pris au piège par ses sentiments et par la pression qu’Elliot Carson exerce sur lui, Chandler, en cet instant, ne voit qu’une porte de sortie. La fuite. 

Chandler marche sur le quai. Il fait nuit. 


Sur le quai, Elliot appelle Chandler de son vrai nom : « Forrest ». Chandler se retourne. Elliot le rejoint et exige de savoir ce qui est arrivé à Allison. Elliot sait désormais que Rachel a trouvé le bracelet d’Allison dans la voiture de Chandler. 

Les deux hommes se battent violemment. Chandler lance une grosse pierre à Elliot, qui l’esquive. Chandler prend la rame d’un bateau. Au cours de la bagarre, Elliot parvient à saisir la rame à l’insu de Chandler. 

Il cogne Chandler contre un poteau et le menace : 

— Dis-moi où elle est. Dis-le-moi ou je te tue !

Mais Chandler s’effondre.


Dans la pénombre d’une salle d’examen, le Dr Rossi examine les yeux d’Elliot. Le médecin s’excuse : 

— Je suis désolé de vous avoir obligé d’attendre si longtemps pour être soigné, Elliot, mais nous avons été obligés de soigner en premier le perdant. 

Le médecin ajoute qu’Elliot a une collection de cicatrices. Il l’informe que Chandler n’est pas dans le coma, n’a pas de contusions ni de dommages au cerveau. Il reproche cependant à Elliot de s’être battu :

— Que se serait-il passé si vous aviez tué Chandler ? Vous avez une femme, un fils, qui comptent sur vous.

Plus tard, dans la salle d’examen de l’hôpital de Peyton Place, la police interroge Elliot concernant la bagarre sur le quai. Elle lui demande s’il souhaite porter plainte. 

En fait, tant qu’il n’y a pas d’arme et que les blessures sont mineures, il peut porter plainte pour écart de conduite. Elliot rit à l’idée de porter plainte pour écart de conduite.

Dans la chambre 127 de l’hôpital de Peyton Place, la police interroge Chandler concernant la bagarre sur le quai et lui demande s’il veut faire une déposition. Le Dr Rossi et Elliot sont également présents dans la pièce. Chandler, en homme de mauvaise foi qu’il est, dit que c’est Elliot qui a commencé. Selon lui, M. Carson lui a sauté dessus. Il décide de porter plainte et on lui demande de signer sa plainte. Elliot a le bon sens de ne pas s’énerver.


Chez les Carson, Rachel apporte un verre de lait à Constance. Celle-ci est affalée dans un rocking-chair, encore sous le choc d’avoir appris qu’Allison avait croisé la route de Chandler. Rachel tente de la réconforter :

— Allison a pu s’enfuir, spécule-t-elle. Je l’ai bien fait.

— Tu es plus forte qu’elle.

— Parfois, quand nous sommes confrontés à la peur, notre force se décuple.

— Je ne pense pas que notre esprit puisse survivre à une expérience aussi terrible.

— Ne dites pas ça, madame Carson.

— Allison a souffert d’amnésie. Elle pourrait être n’importe où. Le plus dur est de ne pas savoir où elle se trouve.

Rachel propose à Constance de s’en aller si elle leur fait trop rappeler Allison. La dernière chose au monde qu’elle voudrait, c’est faire souffrir davantage Constance.

Constance lui sourit et dit qu’elle ne veut pas que Rachel s’en aille.

Le téléphone sonne. Constance est soulagée d’entendre Elliot :

— Où es-tu ? J’étais si inquiète !

Le soulagement de Constance est de courte durée. Son mari lui dit qu’il n’a pas une bonne nouvelle à lui apprendre.

— Je suis tombé sur Chandler sur le quai, et l’on s’est battus. Écoute-moi Constance, appelle Steven et dis-lui de venir immédiatement au poste de police.

— Est-ce que tu es blessé ?

— Non, non… Fais ce que je te dis. Appelle Steven, s’il te plaît. 


Au manoir, Martin Peyton prend le thé avec Betty dans le petit salon. Il lui parle de son escapade à New York après l’annulation de son mariage avec Rodney et du vol du testament. 

— M. Harrington a engagé l’agence de détectives Blaine quand j’étais à New York. Blaine a rapporté avoir vu un homme sortir de l’appartement que je partageais avec une amie, et il a vu qu’il me donnait de l’argent. Il se trouve que cet homme a eu un geste paternel, il m’a donné cet argent pour pouvoir rentrer à Peyton Place, sachant que je ne trouverais pas ma place à New York. C’est la stricte vérité. La question est de savoir si Steven va le croire.

— Tu oublies que le rapport Blaine n’est qu’une partie de ton problème, tu es aussi accusée d’avoir dérobé mon testament et de l’avoir montré à Leslie Harrington. 

Betty dit au vieil homme qu’Harrington la fait chanter avec le rapport. Martin lui demande si elle a lu le testament. Elle admet que oui. 

Steven entre et demande à Peyton de ne pas utiliser Betty comme coursier pour Leslie Harrington. Peyton acquiesce et se conforme à ses souhaits. 

Une fois Steven parti, le vieil homme affirme à Betty que l’avocat le méprise et que Steven veut rester marié uniquement pour contrarier Peyton. Lorsque Betty le met au défi de tout raconter à Steven (le vol du testament et le rapport Blaine), Peyton dit qu’il ne le fera pas, pour la simple raison qu’il ne veut pas être à l’origine de leur séparation, à elle et à Steven. Si Betty doit quitter son mari, c’est elle qui le décidera. 

Puis Betty monte dans la chambre à coucher, où Steven trie quelques papiers. Steven dit que Lee Webber mijote quelque chose. Mary frappe à la porte pour dire à Steven qu’il a un appel téléphonique.


Au poste de police, dans la salle réservée aux avocats et à leurs clients, Steven dit à Elliot qu’il sera inculpé dans la matinée. Il est accusé d’agression. Ils ont trouvé des éclats de bois de la rame dans les mains d’Elliot. Ce dernier lui dit qu’il a enlevé la rame des mains de Chandler. 

Le problème, c’est que c’est parole contre parole, et ce qui ne joue pas en faveur du journaliste, c’est que c’est Chandler qui est à l’hôpital, alors qu’Elliot n’a pratiquement rien.

Steven lui fait savoir qu’il risque de un à douze ans de prison pour agression. 

Elliot demande à Steven s’il peut le sortir d’ici maintenant, pour ne pas qu’il passe la nuit en cellule, cela lui rappelle de trop douloureux souvenirs. Mais Steven n’en a pas la possibilité. Il demandera sa liberté sous caution demain matin.

Plus tard, dans la prison du comté de Peyton, Elliot entre dans sa cellule. Le gardien referme la porte. Elliot s’étend tout habillé sur sa couchette. 


Episode 334

Lundi 8 mai 1967

La vérité sur Chandler

Rachel Welles est en train de se tisser son propre piège. Lorsqu’elle est arrivée pour la première fois à Peyton Place, elle a menti en prétendant ne rien savoir sur la disparition de la fille d’Elliot Carson, Allison. Elle a menti pour empêcher un homme qui se fait appeler Jack Chandler de nuire aux Carson et à leur enfant. Ses mensonges au sujet de Chandler et de la disparition d’Allison se multiplient, au point que cette jeune fille de 18 ans s’étouffe dans la tromperie, censée aider et non blesser les gens qui prennent si bien soin d’elle.

Elliot marche sur le quai dans la nuit. Il revient de la taverne d’Ada Jacks. Plan de Rachel, allongée dans son lit et vêtue d’une robe rouge. 


Dans la chambre de Rachel, chez les Carson, Elliot demande à la jeune fille de lui dire tout ce qu’elle sait à propos de Chandler. 

Cette fois, Rachel ne peut plus se taire. Elle lui raconte qu’elle a trouvé le bracelet d’Allison dans la voiture de Chandler. Elle a trouvé la boucle de ceinture au sous-sol de la ferme, dans les vêtements de travail de Chandler. 

Il lui demande si les initiales JF lui rappellent quelque chose et si elle a déjà entendu le nom de Jack Forrest. Rachel suggère que Chandler aurait pu changer de nom. 

Constance se joint à eux dans la chambre. Elle pose quelques questions. Rachel leur dit qu’elle pensait avoir tué Chandler la dernière fois à la ferme. Elliot lui dit que c’était la chose la plus courageuse et la plus imprudente qu’elle ait faite. 

Constance veut qu’Elliot appelle la police. Mais il s’en va. Elle s’inquiète parce qu’elle sait qu’Elliot est parti confronter Chandler. Elle a peur de le perdre une nouvelle fois, comme il y a vingt ans. 

Elliot parvient sur le quai, en face des arcades. Malgré la pénombre, Rodney l’aperçoit, court vers lui et lui parle de Chandler. Il lui barre le passage vers l’escalier menant à la maison d’hôtes, car il a peur qu’il ne commette l’irréparable. 

Il lui dit que beaucoup de gens comptent sur lui : Matthew, Constance, Rachel. Il ne lui fait pas confiance, de même qu’il ne se fait pas confiance non plus à lui-même, car il sait à quel point l’un comme l’autre peut perdre facilement son sang-froid. Le passé l’a déjà prouvé. 

Rodney arrive à persuader Elliot de ne pas monter voir Chandler. 


Norman frappe à la porte du bureau du Dr Rossi et entre pour lui parler de Rita. Le médecin a fait des tests et il peut dire maintenant qu’elle a des problèmes liés au cœur. 

Rita a besoin d’au moins deux semaines de repos. Elle doit rester au lit et ne doit pas être perturbée par quoi que ce soit. 

— Tu ne pourras pas la toucher pendant un long moment, dit le médecin à Norman. 

Norman va ensuite rendre visite à Rita dans la chambre 116 de l’hôpital. Il lui parle d’éléphants roses. 

De son côté, elle a l’impression d’avoir des épingles dans le cœur. Mais elle dit qu’elle est plus forte que le Dr Rossi le laisse supposer. Elle veut avoir un bébé. Elle veut avoir un bébé de Norman. Et si jamais il lui arrivait quelque chose, Ada serait là pour s’occuper du bébé. 


Chandler se rend dans la chambre de Leslie au Colonial Post Inn. Il n’y a pas de numéro sur la porte. Il frappe et Leslie le laisse entrer à contrecœur. 

Chandler a besoin d’argent pour quitter la ville, il a le Dr Rossi sur le dos.  Leslie a du mal à croire que le Dr Rossi est une menace. 

Chandler rappelle que Leslie l’avait engagé  pour se débarrasser d’Elizabeth Carson , mais le deal n’a pas pu se faire parce que quelqu’un (en l’occurrence Catherine Harrington) a tué Elizabeth avant. 

Chandler insiste pour lui emprunter 2.000 dollars pour un voyage. Il dit qu’il a sa ferme comme garantie et promet de le payer en retour. Leslie lui dit qu’il lui fera connaître sa réponse prochainement. Chandler quitte la chambre.


Au manoir Peyton, Betty monte les marches de l’escalier menant à l’étage lorsque Peyton l’appelle. Il veut lui parler. Il lui trouve un air fatigué. 

— Je crois qu’il est temps maintenant que tu me rendes le testament, lui dit-il à brûle-pourpoint. 

Il ajoute que la prochaine fois qu’elle veut quelque chose, elle n’a qu’à le demander, plutôt que de le voler. 

Peyton lui dit qu’il l’aime bien et ajoute que l’hérédité est impossible à surmonter. Il lui parle de Brian Cord et lui dit que c’était l’homme le plus infect qu’il ait jamais rencontré. 

Betty se demande pourquoi Peyton a fait un testament aussi insolite. Pourquoi tient-il à ce qu’elle épouse Rodney ?

— Ce serait mieux si tu mettais fin à ton mariage avec Steven, dit Martin. 

— Non.

— Oh, si !

— Non. Steven ne doit jamais savoir ce que contient ce testament.

Martin suggère cependant à Betty de dire la vérité à Steven.


Chandler rencontre Elliot sur le quai et Elliot l’appelle « Forrest ». Il exige de connaître ce qui est arrivé à sa fille Allison. Il sait maintenant que Rachel a trouvé le bracelet dans la voiture de Chandler.  

Acculé, Chandler frappe Elliot au visage. Une violente bagarre est déclenchée entre les deux hommes. 


Episode 333

Mardi 2 mai 1967

Trahison

Ce soir, Steven Cord a été informé que sa femme, Betty, a ouvert le coffre-fort de Martin Peyton et s’est emparée du testament. Il a été également informé que Betty a porté le testament à Leslie Harrington. Il doit aussi prendre en considération la source de ces informations et faire la part des choses entre les sordides manipulations de Martin Peyton et l’amour que lui porte sa femme. La femme de Steven, Betty, a bien pris le testament, mais l’avoir pris n’est qu’une partie du combat. Elle doit maintenant le remettre dans le coffre. Malheureusement, ses efforts, cet après-midi, ont été vains en raison de la présence dans la chambre de Martin Peyton en personne. Le testament est donc toujours dans le sac à main de Betty et elle doit trouver un moyen de le remettre à sa place le plus rapidement possible.

Steven se gare devant la maison Peyton et monte à l’étage.


Steven est à la moitié de l’étage lorsqu’il accuse Betty de mensonges. Lorsqu’il lui demande où elle est allée, elle lui dit qu’elle est allée voir une amie d’enfance, Kay Ramsey. Elle voit que Steven est en colère. 

— Plutôt déçu, lui répond-il. 

Il ne peut pas croire Betty parce qu’il l’a vue au Colonial Post Inn et qu’on lui a dit qu’elle est allée voir Leslie Harrington. 

De plus, Lee Webber l’a vue voler le testament. Betty est choquée par ces révélations et tente de s’expliquer sans admettre quoi que ce soit. 

Steven attrape le menton de Betty. Sans regarder dans son sac où se trouve encore le testament, il se retourne et s’en va, en colère et déçu. 


Rita se réveille à l’hôpital, prête à faire un ECG. Elle est étendue sur une table lorsque Michael lui explique comment va se passer l’examen. 

Une infirmière assiste le médecin. En plaisantant, Michael menace Rita d’une fessée si jamais elle désobéit encore aux ordres du médecin. 

Rita lui demande si elle a fait une crise cardiaque. Le Dr Rossi lui dit qu’il ne pense pas. 

Michael retourne dans son bureau pour y découvrir Elliot l’attendant. Ils parlent de Rachel. Puis Elliot s’en va et Michael s’enferme dans son bureau.


Au manoir, Lee frappe à la porte et entre dans la chambre à coucher de Martin Peyton. Martin est étendu sur le lit. Il ne salue pas son chauffeur et le reçoit  même froidement. 

Lee rapporte à Peyton ce qu’il a fait. Peyton offre à Webber un brandy. Mais lorsque Lee tend la main pour prendre le verre, Peyton retire le verre et le frappe avec sa canne. 

Il lui rappelle qu’il est un domestique au même titre que sa servante et sa cuisinière et qu’il n’est ni son associé ni son ami. Il compare Lee à un chien. 


À l’hôpital, Ada Jacks se rend au bureau des renseignements et demande des nouvelles de Rita. 

Rodney la rejoint et la réconforte en lui donnant des nouvelles rassurantes sur l’état de santé de sa fille. La jeune femme se repose. Rodney lui suggère d’aller s’asseoir avec lui et d’attendre. 


Sur le quai, Elliot commence à monter les marches menant à la chambre de Chandler. Ada l’aperçoit et l’invite à prendre un verre à la taverne. Ils parlent de Chandler. Ada se sent responsable :

— J’ai gardé le silence trop longtemps à propos de Jack Chandler. J’aurais dû le flanquer à la porte à l’instant même où il est entré ici. Maintenant, c’est trop tard.

Puis Elliot s’en va.

À la maison d’hôtes, Chandler sort de sa chambre et contemple la scène.


Episode 332

Lundi 1er mai 1967

La colère du Dr Rossi

Steven Cord a choisi de vivre dans la maison de son grand-père Martin Peyton. La maison sur la colline. La maison Peyton. Steven y a emménagé avec sa femme, Betty, de l’autre côté du couloir où se trouve la chambre de Martin Peyton en personne. Mais la maison Peyton n’est pas seulement une simple résidence. Martin Peyton y a installé un jeune homme nommé Lee Webber et qui lui sert de chauffeur. Un jeune homme qui peut faire quelque chose. Il peut faire souffrir Steven Cord. 

Steven se gare en face de la maison Peyton.


Alors que Steven ne veut pas l’écouter, Lee s’impose à lui et lui raconte que Betty a pris le testament dans le coffre-fort. Il l’a vue. Il sait qu’il s’agit du testament parce que c’est le document qu’il a signé à l’aéroport, où Peyton avait rencontré son avocat William Kennerly. 

Il ajoute que Betty est allée voir Leslie Harrington à la fabrique avec le testament. Il l’a suivie jusque là-bas. Steven accuse Lee de mentir. Il veut le confronter à Peyton et Betty. Lee est d’accord de confronter Peyton puisqu’il dit la vérité. Le vieil homme saura très vite qui, de Lee ou de Betty, dira la vérité.

Lee retourne dans ses appartements. Contrarié, Steven prend sa veste et sort. 


Ayant reçu un appel téléphonique d’urgence, le Dr Rossi rencontre Rita devant les marches menant à la chambre de Chandler, à la maison d’hôtes. 

— Qu’est-ce que Rachel fait avec Chandler ? demande-t-il.

— Je lui ai dit que c’était une mauvaise idée d’y aller, murmure Rita. 

Mike veut savoir ce qui se passe réellement. Rita hésite à le lui dire, mais le médecin insiste. Rita lui dit alors que si Rachel parle, ce n’est pas seulement elle qu’elle met en danger, mais aussi les Carson et lui-même. 

— Rita, je veux savoir ce qui se passe.

— Rachel sait des choses à propos d’Allison.

— J’en étais sûr ! J’étais sûr qu’il s’agissait d’Allison. 

Il dit à Rita d’attendre sa mère, puis se précipite en haut des escaliers. 

Il force la porte de la chambre 5, la chambre de Chandler. Il découvre Rachel avec Chandler. Ils étaient occupés à regarder des photos et des cartes géographiques. Chandler se tourne vers Rachel : 

— Dis au Dr Rossi que tu es ici de ton propre gré. 

Michael ordonne à Chandler de rester loin de Rachel. Chandler est chez lui et demande à Michael de sortir et à Rachel de rester. Finalement, Rachel s’en va avec Michael. 

Le médecin insiste auprès de Rachel pour qu’elle dise tout ce qu’elle sait à propos d’Allison. Tandis qu’ils partent dans la décapotable de Michael, Rita les appelle, mais ils n’entendent pas.

Rita flâne sur le quai. Rodney l’appelle, l’emmène au garage et la fait s’asseoir afin qu’elle se repose. Rita lui raconte ce qui vient de se passer entre Rachel, Chandler et le Dr Rossi. 

Rodney lui sert une tasse de café. Il est en train de lui parler lorsqu’elle perd connaissance et s’effondre. Rodney appelle l’hôpital.


Au Clarion, Elliot est au téléphone, en train de prendre des notes, tandis qu’Eli entre. Elliot dit à Eli qu’il pense que la boucle de ceinture avec les initiales JF a été fabriquée dans une prison. Or au Texas, en 1956, il y avait un prisonnier du nom de Jack Forrest, qui travaillait à ce genre d’objets. Il avait été reconnu coupable d’agression criminelle. Eli pense que Forrest et Chandler ne font qu’un.


Le Dr Rossi ramène Rachel chez les Carson. Constance tire les rideaux pour les observer. Arrivé à la maison, Michael demande où se trouve Elliot. Constance l’informe qu’il est au travail. 

Rachel monte dans sa chambre tandis que Constance et Mike discutent un peu dans le salon. Le médecin est en colère. Il informe que Rachel est allée voir Chandler.

— Chandler ? s’exclame Constance. 

— Oui, c’est ce qu’elle a fait, elle y est allée juste après ses cours. C’est pour ça qu’on ne peut pas la laisser seule, Constance. Tu dois garder constamment un œil sur elle. 

Il explique à Constance pourquoi Chandler doit rester le plus loin possible de Rachel. Selon lui, Chandler est obsédé par la jeune fille. 

— Et pour tout te dire, je suis un peu déçu de voir que tu as si peu de contrôle sur elle.

Constance n’apprécie pas les allusions du médecin :

— Hey, attends une minute ! Rachel est peut-être jeune, mais ce n’est plus une enfant ! Nous n’avions aucune raison de penser qu’elle allait voir Chandler après ses cours. Elle a pourtant été claire sur le fait qu’elle avait peur de lui. 

Elle s’approche plus près de Mike :

— Pourquoi est-elle allée le voir ?

— Je ne suis pas sûr. Tout ce que je sais, c’est que cette fille n’est pas capable de prendre des décisions par elle-même.

Constance fait la remarque que Mike a peut-être un peu plus que de l’amitié pour Rachel. Mike s’offusque et lui rappelle que la jeune fille a la moitié de son âge. 


Betty entre à la maison Peyton, se rend à l’étage, et entre dans la chambre où se trouve le coffre-fort dans le but de remettre le testament à sa place. Elle est surprise d’y découvrir Martin Peyton. Le vieil homme s’éveille : 

— Betty, est-ce toi ?

Il lui dit que Mary prépare le dîner. Il lui demande de rester. Elle s’excuse en disant qu’elle n’a pas encore vu Steven et qu’elle doit se changer. Elle quitte la pièce précipitamment.