Episode 202

Mardi 5 avril 1966

Le renvoi de Schuster

Rodney Harrington est sorti de prison. Il doit maintenant faire face à un autre problème, le problème d’être le petit-fils de Martin Peyton. 

Rodney se dirige vers la porte d’entrée du manoir. 


Rodney entre dans l’imposante demeure de son grand-père et lui dit qu’il déménage d’une cellule pour aller dans une autre. 

Mais pour Martin, cette journée est exceptionnelle, et rien ne pourra la gâcher. 

Rodney reproche à Martin d’avoir piégé Leslie. S’il déménage ici, c’est uniquement par obligation pour son père. 

Peyton suggère à Rodney de retourner au collège. Il veut que son petit-fils soit la fierté et le pouvoir de la famille. Mais Rodney veut vivre sa propre vie et ne veut pas retourner à l’école. Il veut voler de ses propres ailes. 

Martin se tourne vers son petit-fils : 

— D’accord, Rodney, dit-il tout simplement. 

Rodney s’apprête à partir. Betty fait son apparition et demande à Rodney s’il revient vivre ici. Il acquiesce. Surprise, elle rappelle à Rodney qu’il a toujours souhaité son indépendance. 

— Que veux-tu que je te dise ? répond Rodney. 

— Dis-moi, pourquoi toi, et toutes les autres personnes faites un pas en arrière ?

Peyton s’approche d’eux et demande à Betty de se retirer. 


Martin Peyton téléphone à David Schuster et lui demande s’il a du temps à lui consacrer. David lui répond que oui. 

À la fabrique, Schuster raccroche et parle à Julie de la situation. Il sait que Martin Peyton vient ici pour le renvoyer. Il dit à Julie qu’il ne lui donnera pas ce plaisir et qu’il va démissionner. 

Schuster va être évincé au profit de Leslie, alors Martin pourra à nouveau manipuler à sa guise Leslie. 

Schuster décide de dicter une lettre de démission à Julie pour devancer Peyton. Il est dans l’intention de David de retourner à New York rejoindre sa femme et sa fille. 


Constance et Allison vont faire du shopping au magasin « Les Femmes », voisin de la librairie, pour acheter des vêtements de grossesse. 

Miss Byrd, la nouvelle vendeuse, se présente à elles. Elle suppose à tort que les vêtements sont pour Allison, ce qui fait rire la mère et la fille. 

Constance essaie une robe de grossesse avec une jupe fendue. Totalement ridicule. Elles rient. Constance est heureuse de passer un moment complice avec sa fille. 


Leslie aide Rodney à empaqueter ses affaires au Colonial Post Inn. Leslie demande à Rodney pourquoi il n’attend pas après le dîner pour déménager. Rodney lui répond qu’il déménage pour offrir la paix entre son père et son grand-père. 

Schuster vient les voir et félicite Rodney pour sa relaxe. Rodney s’excuse d’avoir dû impliquer sa fille Kim comme témoin dans toute cette affaire. David lui dit que tout va bien et qu’il est content que tout soit terminé. 

Schuster dénigre Leslie pour s’être de nouveau laissé manipuler par Peyton. 

— Lorsque j’ai pris cet emploi, c’était avec enthousiasme. Mais je me suis fait avoir. Et maintenant, c’est à votre tour de vous faire avoir. 

Il demande à Rodney s’il aimerait déménager à New York. Il lui offre son aide pour lui trouver un travail afin d’échapper aux manipulations de son grand-père. 

Il ajoute qu’il n’y a pas d’amour, mais uniquement de l’étouffement chez les Peyton, et il suggère à Rodney de s’échapper de ce cercle vicieux. 

Rod lui répond qu’il ne peut pas faire ça à son père et son grand-père.


John Fowler débarque au Clarion et remercie Elliot de ne pas avoir assisté à l’audience de Marian. 

Elliot remarque que Marian s’en tire plutôt bien. Elle a reçu seulement un an de probation. 

L’éditorial d’Elliot paru dans le Clarion réclame la démission de Fowler. De toute façon, John l’informe que son mandat est encore valable deux mois et qu’il ignore s’il va se représenter ou non pour un nouveau mandat.


Elliot est de retour à la maison et Allison lui dit qu’elle est au courant que le procès de Marian s’est tenu aujourd’hui. Elle estime que la punition est suffisante. Elle dit à son père qu’il ne devrait pas charger Marian de la même façon qu’il charge John Fowler. 

Constance les rejoint et montre à son mari les vêtements de grossesse qu’elle a achetés. 

Elliot se tourne vers Allison et lui dit qu’elle peut écrire l’éditorial elle-même si elle le souhaite.


Chez les Anderson, Betty informe sa mère que Steven l’a demandée en mariage. La jeune fille dit du bien de Steven. Elle a beaucoup d’affection pour lui, mais ne peut pas dire qu’elle l’aime. D’ailleurs, Betty semble ne pas croire au mot « amour » après ce qui s’est passé entre elle et Rodney. 

Julie félicite Betty lorsque cette dernière lui dit qu’elle va accepter la proposition de mariage. Betty pense être capable d’apprendre à aimer Steven. 


Episode 201

Lundi 4 avril 1966

Baptême de feu

Ce matin, Steven Cord craint que l’éditorial explosif du Clarion contre John Fowler soit un obstacle dans le cadre d’un nouveau procès pour Rodney. Et Elliot Carson sait que pour lui, aujourd’hui, sera « le procès par le feu ».

Quelques personnes marchent dans la neige, sur la place. Sa mallette de travail à main, Steven se dirige du Colonial Post Inn à travers le square recouvert de neige jusqu’au bureau du Clarion où il va parler à Elliot. 


Elliot est au téléphone avec Mme Patterson, une dame furieuse qui se plaint de l’éditorial incriminant John Fowler. Elle lui dit que cela fait six ans qu’elle passe des annonces publicitaires au Clarion. Elliot lui propose de retirer ses annonces et de la rembourser. 

Steven arrive, tout aussi furieux que la dame qu’Elliot avait au téléphone. Il dit à Elliot qu’il compromet les chances de Rodney d’avoir un nouveau procès. Il aurait dû attendre 24 heures, parce que l’audience de Rodney est dans quelques minutes. 

— Si ce doit être la nouvelle orientation du Clarion, vous feriez mieux de vous parer contre les critiques et d’être vous-même sans reproche, hurle-t-il. 

Eli entre à son tour et y va de son propre mécontentement sur l’éditorial. Il semblerait que tout le monde soit contre Elliot. 

Steven quitte le Clarion et se dirige vers le palais de justice pour voir John Fowler. Il le retrouve dans le couloir du tribunal. Steven s’excuse à propos de l’éditorial dans le Clarion. 

Il veut protéger les intérêts de Rodney pour l’audience ou un nouveau procès. Steven et John attendent de voir le juge Irwing A. Jessup.


Allison se trouve dans la cuisine des Carson, lisant le journal tout en surveillant la cuisson de pain au gingembre. 

Eli entre par la porte de derrière et espère que l’éditorial n’ébranle pas trop Allison. Cependant, Allison n’est nullement troublée. Ses impressions sont plutôt positives. Elle aime cet édito, car il démontre les sentiments intenses pour la justice et la moralité qu’éprouve son père. 


L’audience de Rodney n’était qu’une formalité et Rodney sort du tribunal enfin libre, accompagné par Steven et Leslie. Steven regarde sa montre. Il doit les laisser, car il a un déjeuner d’affaires avec Theodore Dowell. 

Leslie est heureux et Rodney peut maintenant penser à ce qu’il va faire du restant de sa vie. 

Rita et Norman se précipitent vers lui, et Rita embrasse Rodney, trop heureuse de voir enfin le cauchemar s’achever. 

Le jeune couple invite Rodney à s’installer avec eux dans l’appartement.  Rodney n’a pas le temps de répondre que Leslie s’empresse de dire qu’il a d’autres projets pour son fils, et que cela ne sera pas possible. 

— On en discutera plus tard, dit Rodney à son frère. 

Rodney, de son côté, décline gentiment un déjeuner père-fils avec Leslie, il a d’autres choses à faire. Leslie demande à Norman s’il est libre pour déjeuner demain. Norman fait la moue : il se sent comme la cinquième roue du carrosse.


Steven téléphone au manoir pour dire à Hannah de mettre le champagne au frais : Rodney est libre. Toutes les charges le concernant ont été abandonnées. 

Hannah dit à nouveau à Steven qu’elle est extrêmement fière de lui. Elle transmet la bonne nouvelle à Martin et à Betty, qui travaille actuellement comme domestique (ce qui n’était pas vraiment le travail décrit par Martin dans l’épisode 160). 

Martin dit à Hannah de préparer une chambre pour Rodney. Hannah et Betty sont surprises, car elles ne s’attendaient pas à cela. 

Betty donne au vieil homme ses médicaments. Peyton dit à Betty que Rodney a encore beaucoup de choses à apprendre. 

Betty retourne voir Hannah qui s’apprête à monter une couverture à l’étage et lui demande comment elle peut se taire lorsque Peyton rabaisse Steven. Hannah est étonnée de la voir si concernée par son fils. 

Betty lui dit qu’elle ne veut pas voir Steven souffrir.

— Moi non plus, rétorque Hannah. 


Dans le bureau du Clarion, Elliot peste contre sa machine à écrire dont le chariot est bloqué. 

Constance entre et le débloque sans problème. Elle fait des commentaires sur les couleurs vives de la chambre du futur bébé. 

Elle sent son mari sous pression et le calme en l’invitant à déjeuner.


Dans la chambre de Rodney, à l’auberge, Leslie discourt sur le futur de son fils. 

Rodney drible avec un ballon de football. Il refuse catégoriquement de retourner au collège. 

Leslie rappelle à son fils qu’il a dépensé pratiquement toutes ses économies à la défense de Rodney. Il s’est préoccupé à chercher un travail et dit que sa moralité est sur la sellette parce qu’il a envoyé un homme en prison pendant 18 ans (Elliot) pour protéger Catherine, sa femme. Toutes les portes se referment pour lui. C’est pour cela qu’il a accepté de reprendre la direction de la fabrique. 

Mais Peyton veut une contrepartie : il veut que Rodney déménage au manoir afin que le vieil homme s’occupe de lui et le forme pour qu’il puisse prendre un jour la direction de l’entreprise. C’est à cette condition seulement que Leslie peut diriger à nouveau la fabrique. 

Pour sa défense, il dit à son fils que cette offre est sa dernière chance. Rodney se laisse attendrir par le discours de son père et accepte de déménager au manoir, principalement parce qu’il doit sa liberté à son père qui a usé toutes ses économies pour sa défense. 


Episode 198

Jeudi 24 mars 1966

La confession de Stella (première partie)

Reconnu coupable de meurtre au second degré, Rodney Harrington attend sa sentence à la prison du comté de Peyton. Stella Chernak se trouve elle-même dans une prison différente. La prison de son passé. À l’extérieur de l’hôpital de Peyton Place, l’ancien petit-ami de Stella, Richard Jensen, attend qu’elle lui livre le prix de sa liberté : un sac à main rempli de narcotiques volés. 

Rodney marchant de long en large dans sa cellule de prison. À l’hôpital, Stella observe Richard par la fenêtre. 


Michael et Allison sortent le l’hôpital. Ils parlent du talent d’écrivain de la jeune fille. Il aime vraiment ce qu’elle écrit.

Allison lui dit qu’elle devrait détester Stella Chernak pour ce qu’elle a fait à Rodney, mais en réalité, elle a de la peine pour elle. 

Elliot gare sa voiture au parking. Il vient chercher Allison.

Allison et le médecin marchent et passent devant Richard Jensen, qui tourne la tête pour se faire discret.

Elliot, de loin, appelle Mike et Allison. Tandis que la jeune fille s’engouffre dans la voiture, Elliot lui demande ce qu’il en est de Stella. Mike l’informe qu’elle ne fera bientôt plus partie du staff de l’hôpital.

Elliot s’en va et Mike retourne vers l’entrée de l’hôpital. Sur le parking, il croise Richard.

— Vous vouliez me voir ? demande-t-il.

Gêné, Richard se présente sous le nom de Fred Blair, démarcheur commercial. Mike lui dit qu’il n’est pas la bonne personne pour le recevoir, et qu’il doit s’adresser à M. Larson qui s’occupe de l’approvisionnement de l’hôpital. 

Michael retourne à son bureau pour découvrir qu’il est fermé à clé. Stella est à l’intérieur. Il demande à une infirmière dans le couloir de lui trouver un passe. 

Il peut finalement entrer dans son bureau. Stella lui dit que les clés n’étaient pas à leur place. 

Mike sent que Stella a quelque chose à se reprocher. La jeune femme lui montre alors son sac à main rempli des narcotiques qu’elle a volé. Michael accuse le coup. Stella lui lance un regard de défi : 

— Qu’y a-t-il, vous n’arrivez pas croire que je suis une voleuse ? 


Au drugstore, Elliot lit le manuscrit d’Allison et la complimente pour son talent. Allison lui demande ce qu’il aurait fait si Constance s’était mariée avec quelqu’un d’autre pendant qu’il était en prison. 

Il lui répond qu’il aurait été obligé de trouver quelqu’un d’autre. 


Le Dr Rossi interroge Stella dans son bureau. 

— Pourquoi, Stella ? Pourquoi ?

Stella lui explique que c’est à cause d’un homme, et des mauvaises fréquentations qu’elle a toujours eues. Elle le met au défi d’appeler la police, mais Mike n’en fait rien. Il veut savoir ce qui l’a poussée à voler. 

Elle lui répond qu’elle n’a jamais été du bon côté de la barrière. Avec un père comme Gus et un frère comme Joe, comment aurait-elle pu l’être ? 

— Je suis née pour rester dans un caniveau, dit-elle.

— Ce n’est pas vrai, Stella.

— Mike, pour la première fois de ma vie, j’ai essayé, j’ai vraiment essayé. Quand je suis revenue à Peyton Place, que j’ai trouvé cet emploi, que je vous ai trouvé, je me suis dit que je pouvais recommencer à zéro, mais cette fois du bon côté de la barrière. Mais mon passé m’a rattrapée.

Elle s’assoit dans un fauteuil et soupire. 

— J’ai menti. Au procès de Rodney Harrington. Rodney ne m’a jamais dit qu’il allait tuer Joe. J’ai menti, parce que je le devais. À mon père. À Joe.

— Stella, appelez la police.

Elle se lève de son fauteuil et l’implore d’appeler à sa place. Mike secoue la tête.

— Je ne peux pas. Si je le fais, c’est fini pour vous. Si vous le faites, c’est le début d’une nouvelle vie pour vous.


À l’extérieur de l’hôpital, Richard Jensen attend toujours. Steven se dirige vers lui avec un air de reproche : 

— Vous étiez supposé être dans mon bureau à cette heure-ci !

Il amène Jensen dans le bureau de Michael où il est confronté. Il raconte une histoire larmoyante, mais personne ne le croit. Ils savent tous que la drogue volée par Stella est pour lui. Il tente de s’échapper, mais il y est arrêté par deux infirmiers près du bureau des renseignements. 


Dans sa cellule, Rodney discute avec Leslie. Ce dernier veut savoir ce que lui a dit Peyton lorsqu’il est venu lui rendre visite en cellule. Rodney lui rétorque qu’il n’a rien dit en particulier. Il lui a juste donné deux livres. 

Mais Leslie est sûr qu’il lui a dit autre chose et Rodney s’énerve. Il lui demande de partir. 

Leslie appelle le gardien, qui le sort de la cellule. Rodney l’interpelle et lui demande de revenir. Il s’excuse d’avoir élevé la voix contre son père. La dernière fois qu’il l’avait fait, il n’avait que neuf ans. 

Leslie est touché par l’affection que lui porte son fils et lui demande de ne jamais oublier qu’il l’aime et qu’il sera toujours son père.

Cette déclaration alarme Rodney qui pense que Leslie a entendu des bruits sur le verdict de sa condamnation, mais Leslie lui assure que non.


John Fowler entre au commissariat et apprend par le sergent William Wilson Walker qu’il y a eu du grabuge à l’hôpital de Peyton Place. 

Leslie entre au même moment et parle un instant avec le procureur. John lui dit que le procès est terminé et que Rodney a été déclaré coupable selon les lois en vigueur. Leslie lui dit qu’il sait que son fils est innocent. Fowler s’emporte :

— Si vous voulez contester le verdict, il y a des filières à suivre. Je ne suis pas une d’elles. Je n’ai pas besoin que vous me fassiez une leçon de morale sur la justice. Vous avez envoyé un homme en prison alors que vous saviez qu’il était innocent. Je n’ai pas ça sur ma conscience, moi.

Leslie s’en va, tandis que Walker informe Fowler qu’il a quelqu’un en ligne qui voudrait lui parler. 

John prend l’appel. C’est Stella, qui se trouve toujours dans le bureau avec Mike. Elle lui dit qu’elle veut lui parler et suggère de le voir cet après-midi.

— C’est au sujet du procès Harrington ? s’enquiert John.

— Oui. J’ai menti. 

Michael sort du bureau et s’entretient avec Steven à la réception de l’hôpital. Il lui annonce que Stella vient d’appeler Fowler. 

Stella sort du bureau et demande à Steven de l’accompagner au bureau de Fowler. Elle aura besoin d’aide et demande s’il peut la représenter. 

— Bien sûr, acquiesce Steven.


Episode 197

Mardi 22 mars 1966

La visite de Martin

Steven Cord a attendu très longtemps un certain Richard Jensen. La seule personne capable de détruire le parjure fait par Stella Chernak. La seule personne qui peut rendre la liberté au client de Steven, Rodney Harrington, et changer le verdict de culpabilité pour meurtre. 

Quelques personnes marchent le long du quai. Au Cider Barrel, Steven regarde à travers la buée de la fenêtre. Il nettoie la vitre avec sa main. 


Steven attend Richard Jensen au Cider Barrel. L’homme arrive finalement et commande à Charlie « ce qu’il a ». Charlie lui demande s’il veut son cidre avec ou sans bâton de cannelle. 

— Surprenez-moi, lui répond Jensen. 

Il raconte ensuite à Steven qu’il n’a pas pu parler avec Stella. Charlie apporte le cidre dans un mug avec un bâton de cannelle et réclame 25 cents à Jensen. C’est Steven qui paye. 

— Nous affrontons Stella ensemble ou vous reprenez votre billet de retour. 

— Ça va… ça va…, maugrée Jensen. 

— 4 h 30 dans mon bureau, ordonne l’avocat. 

Jensen dit qu’il y sera. Il demande où il peut trouver une cabine téléphonique. 

Après qu’on lui a indiqué l’endroit, il se rend à la cabine et appelle Stella à son bureau. C’est Michael qui répond. Il tend le combiné à Stella. Mal à l’aise, elle prétend que c’est Fred Blair, le démarcheur commercial imaginaire.


Rita se précipite hors du drugstore pour se rendre au magasin Carson afin de voir Norman, qui assiste Eli Carson. 

Rita est mal à l’aise à l’idée du prochain dîner chez Martin Peyton. Elle est effrayée. Elle voudrait que Norman annule. De toute façon, elle n’ira pas. 

Eli donne à Rita quelques étiquettes à placer sur les objets en ventes. Il lui conseille de faire attention à Peyton du coin de l’œil. 

Ils s’entraînent pour le dîner. Eli joue le rôle de Peyton. Rita se détend. Lorsqu’Eli l’appelle Rita, elle répond en riant : 

— J’insiste pour que vous m’appeliez madame Harrington. 


Martin Peyton, en compagnie de Betty, entre au poste de police et discute avec le sergent William Wilson Walker. Martin est venu voir son petit-fils. 

Walker lui demande ce qu’il a dans son sac. Il s’agit de quelques cadeaux pour Rodney. Toujours aussi sarcastique, Peyton lui répond : 

— Un revolver pour que mon petit-fils puisse s’évader. 

Walker demande tout naturellement à examiner le sac, mais Peyton refuse. Walker se voit dans l’obligation d’insister, et Peyton s’y conforme. 

Martin Peyton entre ensuite dans la cellule de Rodney. Il se plaint de cet « opportuniste » policier (Walker) qui a inspecté son sac. 

Il a acheté deux livres à Rodney : « Les lettres de Chesterfield à son fils » et « Le progrès du Pèlerin ». 

Rodney offre à son grand-père de s’asseoir. Il lui explique que la routine carcérale est dure. Peyton encourage son petit-fils à ne pas baisser les bras. Il ne reste plus que quatre jours avant la lecture de la condamnation. 

Martin demande à Rodney s’il veut qu’il sorte de sa vie. Et lorsque Rodney dit non, il demande à Rodney s’il aimerait diriger la fabrique. Rodney lui dit que non. Il préfère suivre son propre chemin. 

Leslie entre au poste de police et rencontre son ex-belle-fille Betty. Cette dernière lui explique que Martin est avec Rodney en ce moment. 

Lorsque Peyton revient dans la pièce, il reproche à Leslie d’ennuyer Betty. Leslie demande expressément à Martin de rester éloigné de Rodney. 

— Vous parlez de votre fils comme s’il était un morceau de viande, l’invective Martin. 

Puis il s’en va avec Betty. 


Elliot se rend à la librairie pour parler avec son épouse. Il attend tandis que Constance informe une cliente, Mme Barrows, qu’elle vient de trouver le livre qu’elle cherchait et qu’elle va l’envelopper. 

Une fois Mme Barrows partit, Elliot raconte à Constance qu’Allison tape à la machine dans son bureau. La jeune fille ne veut pas encore qu’il voie ce qu’elle est en train d’écrire. 


À l’hôpital, Allison entre dans le bureau de Michael pour trouver le médecin en train de lire son cahier. Il lui demande quand elle a écrit cela. 

— Ce matin même, lui répond-elle. 

Il l’invite à s’asseoir et lui dit qu’il souhaite avoir un autographe sur la première édition du livre lorsqu’il sera publié. Il lit des passages du cahier d’Allison à haute voix. Il lui dit que c’est très bon. 

Stella entre et dit à Mike qu’elle a terminé le rapport sur le projet de recherche. Michael et Stella s’échangent un regard étrange. Puis Stella quitte la pièce. 

Mike explique à Allison que Stella n’a plus personne à aimer depuis que Joe et Gus sont morts. Il pense que si Stella pouvait lire le travail d’Allison, cela pourrait l’aider. 


Courte scène dans laquelle Stella dérobe une substance illicite dans une armoire où sont stockées les drogues. Elle referme l’armoire.


Steven Cord appelle le Colonial Post Inn et demande Richard Jensen. Jensen ne répond pas dans sa chambre. Steven demande au réceptionniste de laisser un message à Jensen comme quoi Steven l’attend dans son bureau. 


Stella ferme l’armoire à clé, essuie les empreintes qu’elle a pu laisser et retourne dans le bureau du Dr Rossi. Elle jette un œil par la fenêtre et aperçoit Richard Jensen qui attend au parking. 


Episode 193

Lundi 14 mars 1966

Le verdict

Les semaines durant le procès de Rodney Harrington, les habitants de Peyton Place ont parlé de cette affaire sous tous les angles possibles. Aujourd’hui, le procès est terminé. Le verdict va tomber, et les seuls mots qui vont rester seront les mots du verdict. Les mots qui vont déterminer le futur de Rodney Harrington.

Dans la neige, Rodney et Steven se dirigent vers le Palais de Justice, et pénètrent dans le couloir. Les deux hommes portent des gants, et Steven est muni d’un attaché-case. 


Steven s’entretient avec Rodney, tandis que le public entre dans la salle d’audience. 

Hannah et Betty aident Martin à grimper les marches du tribunal. 

Stella Chernak entre dans la salle d’audience et s’assoit à la gauche de deux hommes, juste en face du juge. 

Martin se place sur l’aile opposée. Hannah s’assoit à sa droite. 

Le juge demande au président de jury de donner le verdict à l’huissier pour qu’il puisse en prendre connaissance. 

Rodney se lève. Le juge lit le verdict et le redonne à l’huissier qui le tend au président du jury. Ce dernier lit le verdict : Rodney est déclaré coupable de meurtre au second degré. 

Le juge lève la caution. La peine sera décidée dans cinq jours. 

Ralph, l’huissier, met les menottes à Rodney. Stella savoure sa victoire et va parler à Betty. Cette dernière crache son venin à Stella. 

Michael attrape l’épaule de Betty et lui dit de se calmer. Betty menace ouvertement Stella. 

—  Je vais la faire souffrir, docteur. Je vais la faire souffrir de la même façon qu’elle fait souffrir Rod, vocifère-t-elle. 

Peyton demande à Hannah de le faire sortir d’ici. Il exprime sa déception à Steven, mais Hannah exprime sa fierté pour son fils de s’être battu de la sorte. 

— Tu as fait du bon travail. Tu as fait de ton mieux, dit-elle à son fils. 


Elliot parle avec John Fowler. Ce dernier lui dit qu’il y aura une conférence de presse cet après-midi. 

Elliot demande à John s’il se sent grandi par sa victoire. John invective Elliot : 

— Pourquoi ne pas faire une campagne pour se débarrasser de John Fowler, le procureur qui a couvert sa femme ? Allez-y, imprimez ça. Imprimez ça et je vous poursuis en justice ! 

Encore une fois, Fowler lui dit qu’il n’était pas au courant des méfaits de sa femme et encore une fois, Elliot ne le croit pas.


Au lit, Norman et Rita discutent de l’issue du procès. Norman est très déprimé par le verdict et le fait que son frère aille en prison pour un bon bout de temps. 


Elliot traverse le square pour se rendre à la librairie et donner la mauvaise nouvelle à Constance, à savoir que Rodney a été déclaré coupable de meurtre au second degré. 

Constance est choquée. Elle sait que Stella a menti. C’est le faux témoignage de Stella qui a renvoyé Rodney en prison. 

Rodney va payer le prix d’être le fils de Leslie. Constance va maintenant devoir annoncer le verdict à Allison. 


Le Dr Rossi discute avec Stella dans son bureau. Il lui dit qu’elle devrait partir dès maintenant. 

Mais elle lui répond qu’elle a encore des choses à faire ici. Elle veut remettre de l’ordre dans ses papiers. 

Elle lui demande si elle démissionne ou si elle est renvoyée. En tout cas, elle ne demandera pas à être renvoyée. 


Chez les Carson, Allison salue sa mère qui vient d’entrer. La jeune fille ne l’attendait pas pour déjeuner. 

D’une voix hésitante, Constance annonce à Allison le verdict. 

Allison sait que Rodney n’est pas un meurtrier. Elle demande à sa mère ce qu’elle doit faire. Elle veut aller voir Rodney à la prison.


Dans sa cellule, Rodney parle avec Leslie et Steven. Martin arrive à son tour. 

Peyton félicite Rodney pour la façon dont il prend les choses. Le vieil homme réprimande Leslie pour la façon qu’il a eue de diriger cette affaire. Selon lui, le procès aurait pris un autre tournant s’il n’avait pas été là. Peyton aurait déjà engagé un avocat plus compétent que Steven. 

Puis il réprimande Steven, mais Rodney prend sa défense.


Episode 192

Jeudi 10 mars 1966

Le passé de Steven

Le procès de Rodney Harrington pour le meurtre de Joe Chernak s’est terminé cet après-midi. Maintenant le fardeau de décider de la culpabilité ou de l’innocence de Rodney appartient aux jurés. Ce fardeau les suit partout, même au restaurant du Colonial Post, où ils dînent. 

Le square. Les membres du jury entrent au Colonial Post Inn et s’installent autour d’une table pour déjeuner. Steven et Betty sont à une table non loin.  


Steven et Betty sont assis par une hôtesse du Colonial Post. Au cours du dîner, ils parlent bien évidemment du procès. Ralph, l’huissier, et les membres du jury sont également ici. 

Betty lève les yeux vers Steven : 

— Tu es affreusement calme depuis que nous avons quitté la maison Peyton. 

Ils en viennent à parler du passé de Steven, du dévouement de sa mère Hannah pour Peyton, parfois au détriment de Steven, et Betty lui demande de but en blanc s’il est le fils de Martin Peyton. Steven lui répond qu’il n’en sait rien.

C’est une question qui le hante depuis longtemps, mais il n’a jamais posé la question à sa mère ni à Martin.


De retour au Palais de Justice, Ralph escorte les membres du jury dans la salle B pour la suite des délibérations. Un spectateur demande à un juré où ils en sont dans les délibérations. Ralph le sermonne.

Elliot est avec son père et lui dit que tout ce dont Rodney a besoin, c’est d’un doute raisonnable. Elliot se souvient que le père de Fowler était un avocat redoutable. Il en a fait la triste expérience il y a plus de dix-huit ans. 


Nous retrouvons une Allison dépressive qui est assise sur un rocking-chair, dans sa chambre. Il fait sombre. 

Constance entre et lui demande si elle peut allumer. Allison refuse. Elle aime être dans la pénombre. 

La mère et la fille parviennent enfin à se parler. Allison lui demande si elle aime ses cheveux courts. Elle sait que la réponse sera non. 

Elle reproche à sa mère de l’avoir trop surprotégée. À cause de cela, elle estime qu’elle n’a pas réussi à devenir une adulte, et qu’elle a peur des hommes. 

Constance lui répond qu’elle voulait surtout que sa fille ne reproduise pas le schéma de sa mère, qui est tombée enceinte très jeune. 

Allison dit alors une chose terrible :

— Tu aurais dû me faire adopter à la naissance. Personne n’a le droit d’élever un enfant de la façon dont tu m’as élevée. 


Dans le couloir du Palais de Justice, tout le monde attend le verdict. Betty est debout et attend, sans rien dire. 

Puis Leslie s’entretient avec Rodney. Il lui demande ce qu’il pense de son grand-père. 

Rodney veut savoir de quoi son père et Martin ont parlé hier soir avant le dîner. Leslie est peu disposé à lui parler de l’étrange marché qu’il doit faire avec Peyton. 

— J’ai une décision à prendre moi aussi, Rod.

— Et tu ne veux pas m’en parler. Eh bien, félicitations, papa ! Cela a pris du temps, mais tout redevient normal entre nous.

Un officier sort de la salle où le jury est rassemblé. Il va parler à Steven et nous le voyons secouer la tête. 

Steven va rendre compte à Rodney : le jury ne s’est pas encore prononcé. 

— C’est une bonne ou une mauvaise chose ? s’enquiert Rodney. 

Steven ne peut pas répondre. 

— Il semblerait que personne n’arrive à me répondre, se plaint le jeune homme.


Norman et Rita se promènent sur le quai. Ils s’embrassent sous le regard de Michael qui sort de sa voiture et se dirige vers eux. 

Il vient tout juste de délivrer un bébé plein de vie. Il leur demande s’ils ont des nouvelles du jury. Ils n’en ont pas. 

Michael les invite au Cider Barrel pour prendre un mug de cidre doux. 

Ils marchent vers le bar et aperçoivent Stella téléphonant dans une cabine publique. Norman se tourne vers Rita et Michael, intrigué. 

— Est-ce que les Chernak n’ont pas le téléphone ? 

Ils entrent au Cider Barrel. 

Depuis la cabine, Stella appelle le tribunal pour savoir si un verdict est tombé. On lui répond que non. 

Elle entre alors au Cider Barrel et fixe Michael, Rita et Norman. Elle se tourne ensuite vers le patron, Charlie, et lui dit d’un air sarcastique : 

— Je viens ici parce qu’il y a tant de visages connus et amis. 

Norman se lève et demande à Stella de sortir d’ici. 


À l’appartement, Rodney et Norman se détendent en pratiquant de la lutte. Rodney semble plus fort, et Norman abandonne. 

Steven arrive pour leur annoncer que le jury s’est prononcé. Ils doivent être présentables pour la lecture du verdict. 


Episode 191

Mardi 8 mars 1966

Un étrange marché

Le long et pénible procès pour meurtre de Rodney Harrington touche à sa fin. Les témoins ont tous été appelés, les conclusions des avocats ont été formulées. Et le juge a instruit les jurés sur la procédure à suivre. Et maintenant, douze hommes et femmes, forcés à garder le silence, doivent se faire entendre. 

Steven est assis dans la salle d’audience, en dessinant des cercles sur un papier. Fowler observe le jury. 


Le juge se charge du jury. Steven se dirige vers la sortie de la salle. Il est rejoint par John qui le félicite d’avoir aussi bien travaillé sur ce dossier. 


Dans le couloir du tribunal. Peyton a envoyé Thomas, son chauffeur, inviter Leslie et Rodney à dîner ce soir. 

Elliot explique à Rodney combien les avocats des deux parties sont satisfaits de leur travail. 

Leslie les invite à l’auberge. Steven accepte, à condition que ce soit lui qui paye la note. Il invite également Norman, mais Norman dit qu’il est trop jeune pour boire et trop vieux pour regarder les autres boire. 


Dans la rue, le garçon à bicyclette jette un exemplaire du Clarion près de la vitrine de la pharmacie.  

Rita longe le trottoir, un sac de provisions dans les mains, et se penche pour saisir le journal. Elle peut lire en gros titre : « Le jury du procès Harrington délibère ». Son visage s’assombrit. 

Eli se dirige vers elle pour lui parler un instant. Il lui dit que le monde ne va pas s’arrêter demain. Elle doit vivre l’instant présent et profiter de sa vie de jeune femme mariée. 

Rita, réconfortée par les paroles d’Elli, retourne dans son appartement (pour mémoire, il s’agit de l’ancien appartement de Paul Hanley, situé au-dessus du drugstore où Rita travaille).  

Dans l’appartement, elle dit à Norman qu’ils ont du porc haché pour souper. 

— Bien, lui répond-il. 

Elle ajoute qu’elle a préparé des pommes épicées, une de ses spécialités. Ils s’embrassent.  

Rita a décidé de suivre à la lettre les recommandations d’Eli. 


Chez les Fowler, John lit le journal tandis que Marian entre dans la pièce pour lui dire que le dîner est presque prêt. Ils parlent du procès.

Marian lui demande s’il est vraiment convaincu de la culpabilité du jeune Harrington. Il lui répond que oui. 

Marian lui rappelle qu’il l’a crue lorsqu’elle lui a menti sur l’accident, lui faisant comprendre qu’on peut croire quelque chose sans que cela soit vrai. 

John lui dit qu’il est très rare qu’une personne innocente se retrouve condamnée. Marian lui cite l’exemple d’Elliot Carson que le père de John a fait condamner pour un crime qu’il n’avait pas commis. 


Au bureau du Dr Rossi, Stella demande au médecin ce qu’il pense de son rapport. Il la complimente. 

Elle est très douée, et Michael lui demande pourquoi elle prend autant de soin à vouloir se détruire elle-même. 

Il ajoute que son père est mort dans les mêmes conditions que son frère, c’est-à-dire dans la haine. 

Elle ne devrait pas avoir de haine et elle devrait dire qu’elle a menti au procès. Il n’est pas trop tard pour rattraper ses erreurs. Mais Stella décharge sa haine sur lui. 


Chez les Carson, Allison entre dans la chambre du futur bébé, qui est encore en chantier. Constance la rejoint. Elle lui dit que tout est encore à faire et Allison lui propose son aide. 

Trop contente de voir sa fille s’impliquer, elle lui demande conseil sur le papier peint. Elliot voudrait un papier peint avec des soldats de plomb. Mais s’il s’avère que le bébé est une fille, cela n’ira pas. 

Allison propose un papier peint avec des clowns. Elliot entre dans la pièce et Constance lui dit qu’Allison et elle aimeraient un papier peint avec des clowns et Elliot est immédiatement d’accord. Allison est heureuse d’avoir pu aider. 

 Constance sourit : 

— C’est bon de t’avoir à la maison. 

Mais Allison lui répond, d’un air innocent, mais qui pourtant paralyse ses parents : 

— Je suis très heureuse de savoir que vous allez avoir un bébé. Ce sera plus facile lorsque je partirai.  


Leslie et Rodney arrivent au manoir pour le dîner. Betty les accueille. Tandis que Leslie monte voir Martin qui est dans sa chambre, Betty invite Rodney dans le petit salon. Ils parlent tranquillement tandis qu’elle attend Steven. 

À l’étage, le vieil homme offre à son gendre un étrange marché : la fabrique en échange de Rodney. 

— Vous êtes complètement dingue, lui répond Leslie. 

Peyton veut en fin de compte que Rodney dirige la fabrique plus tard. Selon lui, le procès a permis à Rodney de devenir plus fort et plus expérimenté pour affronter la vie. Peyton veut un héritier. Leslie veut la fabrique. Tout le monde y trouve son compte. 

La balle est dans le camp de Leslie. Ce sera à lui de convaincre Rodney d’accepter de reprendre la fabrique lorsqu’il sera temps. 

Steven vient au manoir pour chercher Betty. Il dit que le jury délibère toujours. Ils sortent. 

Retour à l’intérieur, où Peyton presse Leslie à se décider.


Episode 190

Lundi 7 mars 1966

Retour à la maison

Pour Norman Harrington, les jurés qui sont assis dans la salle d’audience sont comme des figures de cire d’un musée. Aujourd’hui, ils ont l’air particulièrement vivants et déterminés. Ces figures de cire, revenues à la vie, vont bientôt décider du destin de Rodney. Et tandis qu’ils se préparent à passer la nuit, et peut-être plusieurs nuits au tout proche Colonial Post, ils semblent dominer Peyton Place, et tous ceux qui s’y trouvent. 

Des gens qui se promènent en face du drugstore. Norman regarde du square le Palais de Justice et les jurés qui en sortent. 


Norman se rend au drugstore et demande à Rita une boisson. Un des membres du jury, M. Oldfield, voudrait acheter une brosse à dents à poils durs. Mais le drugstore n’en possède pas. 

Norman parle avec lui. Il aimerait avoir des précisions, savoir notamment combien de temps les délibérations peuvent prendre. 

Oldfield saisit à quel point Norman est concerné par cette affaire, mais ne peut rien lui dire. Il n’en a pas le droit. 

Il s’en va en saluant poliment Norman et Rita. 


À l’extérieur du Palais de Justice, Stella appelle John Fowler et lui demande combien de temps va encore durer le procès. Et par conséquent, quand pourra-t-elle quitter cette ville ? 

Rodney et Steven passent près d’eux. Rodney s’arrête pour dire à Fowler : 

— Peu importe ce qui va arriver, elle a menti. 


À la librairie, Elliot entre pour voir Constance. Ils prévoient d’aller chercher leur fille à l’hôpital. 

Constance a attendu tellement longtemps le retour de sa fille à la maison. Mais Elliot se voit obligé de lui dire qu’Allison a prévu de quitter Peyton Place. 


Dans sa chambre d’hôpital, Allison fait ses bagages pour rentrer chez elle. 

Le Dr Rossi entre pour lui dire au revoir et lui souhaiter bonne chance. 

Allison se rend dans la salle de rééducation et s’assoit sur une balançoire. Russ Gehring est ici. Il rassemble ses affaires. Il lui dit qu’elle ne devrait pas être ici. 

Elle demande à Gehring s’ils l’ont renvoyé. Il lui répond que c’est lui qui s’en va de son propre chef. Il va sans doute aller s’installer à Boston. 

Elle lui demande de la pousser. Il s’approche d’elle et lui attrape le bras. Elliot arrive à ce même moment. 

— Sortez d’ici ! vocifère-t-il au thérapeute avant de le gifler. 


Elliot et Constance ramènent Allison à la maison. Elle se déplace toujours avec ses béquilles. 

Eli est là aussi pour l’accueillir et lui souhaite la bienvenue. 

Allison va directement dans sa chambre. Constance lui demande si elle veut qu’elle l’accompagne, mais Allison veut être seule. 

Elle monte dans sa chambre. Eli se tourne vers son fils, et lui dit de ne pas s’inquiéter : 

— Laisse-la faire. Donne-lui du temps, fiston. 

Eli prend le bagage d’Allison et le lui monte. Il frappe à la porte et lui demande si elle veut un peu de compagnie. Il lui demande si elle va bien : 

— Tu es à la maison, maintenant. 

Allison lui dit que rien n’a changé ici, exceptée elle. 


John Fowler fait son plaidoyer. Il dit au juré qu’il n’est pas facile de devoir prendre une décision au sujet de l’avenir d’un être humain. Fowler précise que la défense a essayé de faire passer Joe Chernak pour un indésirable, mais que c’était avant tout un être humain. 

— Rodney n’est pas allé sur le quai cette nuit-là par accident. D’après son propre témoignage, il est allé là-bas dans le but précis de trouver Joe Chernak. Et l’État soutient qu’il est allé là-bas dans le but précis de tuer Joe Chernak.


Dans le couloir, Norman aide un gosse, Larry, à prendre une boisson à une machine automatique. 

Betty se dirige vers eux, ainsi que la mère de Larry qui s’en va avec son enfant. 

Norman et Betty parlent du procès. Betty lui dit qu’elle est sur le point de crier tant elle est tendue. 


De retour à la salle d’audience, John continue son plaidoyer. Il lit la définition d’un accident à la cour. Il demande finalement un verdict pour meurtre au premier degré. C’est au tour de Steven de faire son plaidoyer. Steven parle d’une sœur qui n’a pas eu le temps de prendre soin de son frère, citant Stella. 


Episode 189

Jeudi 3 mars 1966

La réconciliation des Schuster

Accusé du meurtre de Joe Chernak, Rodney Harrington a témoigné sous serment cet après-midi. Le seul autre témoin pour la défense est une petite fille sourde de huit ans, Kim Schuster. Celle qui, avec Rodney, est la seule personne qui a vu mourir Joe. 

Rodney et Steven sortent par l’entrée principale de l’auberge du Colonial Post et descendent les escaliers. David, Doris et leur fille Kim sortent de leur voiture en face de l’auberge.


David prend les choses en main : 

— Tu vas à l’intérieur, je vais prendre les bagages. 

Doris et Kim s’apprêtent à monter les escaliers. Rodney les salue. Doris salue Rodney et Steven. 

L’avocat la remercie d’avoir emmené Kim à Peyton Place afin de témoigner. Elle lui répond qu’elle n’avait pas le choix. Elle ajoute qu’elle s’inquiète pour l’état émotionnel de Kim. 

David demande quand elle doit se rendre au tribunal. 

— Demain matin à 9h45, répond Steven. 

Rodney et Steven prennent congé des Schuster et entrent au Colonial où ils s’installent pour dîner ensemble. 

Ils parlent bien évidemment de l’affaire. Rodney lui demande si son témoignage était aussi mauvais qu’il pense. Mais Steven lui répond qu’il s’est bien débrouillé dans l’ensemble. 

L’avocat le regarde dans les yeux et avoue : 

— Tu as utilisé une grammaire pourrie, un langage défectueux, tu n’as pas accentué les choses que je t’avais demandé d’accentuer. Bref, tu as fait une bonne impression. 

Rodney est surpris : 

— Une bonne impression ? 

— Ton langage était honnête, poursuit Steven. C’est la seule raison pour laquelle je t’ai mis en première ligne. Et puis, pour ne pas avoir eu le bon sens de dire que la mort de Joe Chernak était un accident.  

Rodney exprime son inquiétude concernant le témoignage de Kim. Steven lui répond que la seule chose pour laquelle il la cite comme témoin, c’est parce qu’elle est la seule qui a assisté à la scène et à la mort de Joe. 


Dans le salon des Anderson, Betty et sa mère Julie discutent. Betty a froid, Julie est fatiguée. Betty lui dit qu’elle a vu Allison. Elle ne savait pas qu’Allison viendrait au tribunal. Julie note que c’est la première sortie d’Allison depuis son accident. 

Betty se demande à haute voix pourquoi elles n’ont même pas allumé un feu dans la cheminée. Il fait si froid dans la pièce. 

Elle raconte à sa mère qu’Allison et Rodney ont rompu et avoue qu’elle aime beaucoup Steven et qu’elle connaît ses sentiments à son égard. 

Elle dit également qu’elle a acheté une casquette à Rodney pour son anniversaire. De toute évidence, entre Steven et Rodney, son cœur balance. 

Julie lui dit qu’elle est devenue une belle et magnifique adulte et qu’elle doit prendre elle-même ses décisions. 


Le Dr Rossi est avec Allison dans sa chambre d’hôpital. Elliot entre. Elle demande à son père de s’asseoir. 

Elliot lui dit que lui et Constance veulent absolument qu’elle revienne à la maison. Mais Allison lui fait part de son intention de quitter la maison une fois qu’elle ira mieux. 

Elliot lui demande si c’est à cause du bébé qu’attend Constance. Elle répond que non. 

Elliot lui rappelle qu’elle n’a que dix-huit ans, et qu’il est égoïste de sa part de vouloir s’éloigner de ses parents. Elliot termine en lui disant qu’il l’aime. 


Au Colonial, David entre dans la chambre de Doris. Il lui a dit qu’il a essayé de lui avoir une chambre près de la sienne. Il lui raconte que les chambres sont presque toutes occupées en raison du procès. 

Il lui demande si elle est embarrassée par leur séparation (ils se sont séparés parce que Doris est partie avec Kim à New York pour l’inscrire dans une école spécialisée tandis que David est resté à la direction de la fabrique Peyton). 

Ils ont une sérieuse discussion et mettent les choses à plat en parlant de leur mariage. David avoue ses torts. Doris lui dit qu’elle a détesté les deux mois passés loin de lui. Ils finissent par se réconcilier et s’embrassent. 


Rita est avec Norman au drugstore. Elle regarde dehors par la fenêtre et est émue de voir que Kim est de retour en ville. 

Norman sort et lance une boule de neige à David et sa fille. Kim lance une boule de neige à son père. Schuster lui répond en lançant une boule sur elle. 

Rita descend à son tour et invite David à se mettre au chaud au drugstore. Norman offre à Kim un chocolat chaud. 

Il parle à la fillette de la bagarre entre Rodney et Joe. De son côté, Schuster demande à Rita si Norman a trouvé du travail. 

Elle hoche la tête : 

— Il travaille pour Eli Carson. 

David aperçoit Norman en train de parler de Joe et Rodney à Kim et l’accuse de vouloir manipuler le futur témoignage de la fillette. 


À l’audience, Steven interroge Kim à la barre des témoins. Il lui demande de dire comment la bagarre a commencé. 

Kim n’apporte pas de nouvelles réponses, elle dit qu’elle ne se souvient plus de ce qui s’est vraiment passé. Mauvais point pour Rodney et Steven.


Episode 188

Mardi 1er mars 1966

Le témoignage de Rodney

Il y a beaucoup de gens à Peyton Place qui croient que Rodney Harrington est coupable du meurtre avec préméditation de Joe Chernak. Il y a beaucoup de gens, comme Betty Anderson, qui ont le sentiment qu’il est innocent. Aujourd’hui, Rodney est appelé à la barre des témoins en prenant sa propre défense, espérant ainsi convaincre le jury que, seuls la propre colère et le ressentiment de Joe ont causé sa mort accidentelle. 

La limousine Peyton passe devant le drugstore, tourne à gauche jusqu’au bâtiment abritant la banque, tourne à nouveau à gauche et s’arrête devant le Palais de Justice. Thomas sort du véhicule, en fait le tour, et aide Betty à sortir. Elle entre dans le Palais de Justice. 


Steven interroge Rodney à l’audience. Rodney nie avoir menacé Joe Chernak. Il donne une version totalement différente de ce qui avait été dit à la cour précédemment par Stella. 

Betty arrive en retard et s’assoit sur la droite. Allison, elle, est assise sur la gauche. Michael est près d’elle. Leslie est assis à côté du médecin. 

Allison chuchote quelques mots à Michael. Le médecin pense que Rodney est trop stressé. 


Stella entre dans le drugstore et réclame de l’attention. Il n’y a personne au comptoir. Elle saisit la cafetière et se sert elle-même un café noir. Rita revient de l’arrière-boutique et s’excuse auprès de Stella. 

Cette dernière lui dit qu’il n’y a personne dans les rues et les magasins. La ville tout entière est au tribunal (ce qui paraît difficile à croire étant donné qu’il n’y a que 30 sièges dans la salle d’audience. 15 de chaque côté). 

Stella se met à jouer avec deux pailles. Elle demande à Rita pourquoi elle ne s’est jamais mariée avec Joe. Rita lui répond que Joe ne lui avait jamais demandé sa main. 

Stella porte un regard interrogateur sur Rita : 

— Et s’il l’avait demandé, te serais-tu mariée avec lui ?  

Rita avoue qu’elle ne sait pas. Elle est plutôt gênée par les questions de Stella. Cette dernière soupire : 

— Si tu t’étais mariée avec Joe, rien de tout ceci ne serait arrivé. 

Stella s’en va et marche en direction du Palais de Justice dans la neige lourde. 


L’audience est suspendue, et tout le monde se retrouve dans le couloir.

John Fowler reproche à Elliot d’avoir emmené Allison au tribunal sachant que sa femme Marian est celle qui l’a heurtée. 

John lui dit que c’est injuste et qu’il s’agit là d’une manœuvre destinée à déstabiliser l’accusation. 

Betty, de son côté, s’entretient avec Allison. Elle lui offre une petite promenade en limousine, mais le Dr Rossi lui a déjà offert de la ramener à l’hôpital. 

Norman se joint à elles, et Betty avoue qu’elle doit bientôt repartir pour assister Martin Peyton au manoir. 

Norman demande à Allison si elle veut se joindre à lui et Rita pour le déjeuner. Michael lui suggère d’y aller pour se changer les idées. Norman l’aide à monter les marches des escaliers. 

Il entre dans l’appartement et dit à Rita qu’il a invité Allison à déjeuner. Rita est ennuyée, car ils n’ont pas assez de nourriture pour trois. 

Allison, toujours aidée de ses béquilles, entre et complimente Rita pour le soin qu’elle apporte à l’appartement. 

Norman et Rita se rendent à la cuisine, laissant Allison dans le salon. Rita demande à Norman ce qu’Allison a fait avec ses cheveux, tout en préparant quelques sandwiches. 

Norman hausse les épaules, ne sachant quoi répondre. De retour au salon, il dit à Allison qu’il aime bien sa nouvelle coupe de cheveux. Allison sourit : 

— Je sais que tu n’en penses pas un mot, dit-elle. 

Après le déjeuner, quelqu’un frappe à la porte. C’est le Dr Rossi. Norman lui demande d’entrer. 

Allison se prépare à partir et Norman l’aide à mettre son manteau. Michael aide Allison à descendre les escaliers de l’appartement. 

Elle avoue au médecin qu’elle a peur. 

—De quoi ? lui demande-t-il. 

— De tout. 


Tout en buvant un café au tribunal, Rodney discute avec Steven et Betty du procès. 

Betty veut jouer à un jeu intellectuel, comme des QCM. C’est ce qu’ils font. Cela dans le but de se divertir et d’oublier un temps le procès. 

Ralph, l’huissier, entre et dépose des documents sur le siège du juge. 


L’audience reprend. Steven essaie de prouver la thèse de l’accident. 

John contre-interroge Rodney :

— Au vu des réponses que vous avez données, maintenez-vous toujours que la mort de Joe était un accident ? 

Rodney ne répond pas. Les jurés et le juge attendent. John reprend :

— Monsieur Harrington, je répète ma question : maintenez-vous toujours que la mort de Joe était un accident ?

Tout le monde est pendu aux lèvres de Rodney.