Adrienne Van Leyden sait depuis des mois que Martin Peyton a une lettre de son défunt mari. Une lettre incriminante. Une lettre dans laquelle il est dit, selon Peyton, qu’Adrienne est responsable de la mort du Dr Van Leyden. Ce soir, elle est déterminée à mettre fin à la tyrannie de Martin Peyton, à son incroyable emprise sur elle.
Adrienne ouvre le bureau de Martin Peyton. Elle en sort un dossier étiqueté « Personnel ». Elle le fait accidentellement tomber sur le sol et Peyton y pose le bout de sa canne.
Martin gronde Adrienne. Elle lui dit qu’elle a le droit de voir cette lettre. Après tout, elle a fait un sale boulot pour lui en séparant Steven et Betty. Peyton lui dit qu’elle n’est pas là, mais bien à l’abri.
— J’ai le droit de la lire, répète Adrienne.
Elle lui assure que la mort de Philipp était accidentelle. Peyton connaît le contenu de la lettre par cœur et la lui récite. Cette lettre est pleine de sous-entendus que Peyton n’a pas saisi tout de suite. C’est lorsqu’il a appris sa mort qu’il a pris conscience de sa signification. Adrienne est bouleversée. Avant de remonter se coucher, Peyton lui dit qu’elle a détruit la vie d’un grand homme.
Rita est debout dans le square tandis qu’Eddie arrive à sa hauteur dans son vieux tacot. Il s’arrête en face du pilori. Il est pressé. Il dit à Rita qu’il sait qu’elle était à la maison hier soir lorsqu’il est venu et qu’elle n’a pas répondu. Ils discutent un instant, puis Eddie reprend la route, avec la clé à molette dérobée dans la limousine à l’arrière de sa voiture.
Rodney entre au Cider Barrel pour parler avec Norman. Ce dernier lui dit que Rita n’a pas eu le temps de lui préparer un sandwich, et que c’est pour ça qu’il est ici.
Norman a posé sa main sur l’estomac de Rita est il a senti le bébé bouger. Il sait que le Dr Rossi est inquiet pour Rita. Ils parlent d’Eddie et du fait qu’il a cassé une côte à Norman au cours d’une rixe. Rodney offre à son frère de lui prêter sa voiture pour que lui et Rita puissent faire un petit voyage afin de décompresser.
Eddie conduit sa voiture hors de la ville. Il met ses gants et prend la pièce mécanique. Il traverse le champ près du cimetière et se cache.
Lee conduit la limousine et se gare. Peyton sort du véhicule et Webber demande s’il aimerait qu’il vienne avec lui. Peyton lui dit d’un air méprisant qu’il gâcherait la vue.
Soudain, une mobylette arrive et manque de renverser Martin, qui tombe. La mobylette ne s’arrête pas. Il est clair que le conducteur voulait renverser le vieil homme. Lee aide Martin à se relever et l’emmène sur un banc. Il offre au vieil homme un verre d’eau. Peyton lui parle alors de sa famille qui souhaite le voir mort. Il ajoute qu’après le mariage, il n’aura plus besoin des services de Lee.
— Si Adrienne a dit que vous devez partir, alors vous partirez.
Il lui dit qu’Adrienne est une femme très intelligente. Lee lui répond qu’il peut « s’occuper » d’Adrienne. Peyton va essayer de convaincre Adrienne que Lee est indispensable. Il veut simplement avoir la parole de Lee sur sa loyauté envers lui.
Au manoir, Adrienne se précipite à la porte d’entrée et fait entrer Steven. Elle l’étreint. Elle l’avait appelé en lui disant que c’était urgent. Elle lui dit qu’elle a besoin qu’il s’occupe de lui un moment. Elle a peur de Martin. Elle pense qu’il veut lui faire payer la mort de son défunt mari. Le Dr Van Leyden lui donnait tout ce dont elle avait besoin. Martin pense que Philipp s’est suicidé à cause des choses qu’elle lui a dites.
Elle se confie à Steven comme jamais. Elle se met à pleurer. Steven la prend dans ses bras. Adrienne demande à Steven de ne pas partir. Il lui dit de ne pas avoir peur de Martin Peyton. Le vieil homme lui prodiguera respect et revenus, le tout en un.
Adrienne lui dit alors qu’elle cherche une lettre et que Peyton l’a surpris au moment où elle était sur le point de la récupérer. Steven attrape le menton d’Adrienne et lui dit de ne pas être déçue s’il ne lui donne pas de cadeau de mariage, car il ne sait vraiment pas quoi offrir à une femme qui veut tout.
Eddie Jacks, Rita HarringtonNorman HarringtonEddie JacksMartin Peyton Steven Cord
Aujourd’hui, Steven Cord se heurte à l’ironie de la vie dans une petite ville. Ici, sur la place publique fréquentée par tant de monde, Steven croise sa femme, Betty. Les Cord sont maintenant séparés, en instance de divorce. La raison : la liaison de Steven avec Adrienne Van Leyden, la fiancée de Martin Peyton. Autrefois, Steven et Betty avaient prévu un brillant avenir ensemble. Aujourd’hui, tout cela a disparu et Steven sait que c’est lui, et lui seul, qui est responsable. La faille que Martin Peyton a vue et exploitée, c’est Steven lui-même.
Steven sort du palais de justice. Deux garçons jouent à la balle et Steven la récupère et la leur renvoie. Il traverse la place et se dirige vers le bâtiment de la banque. Il passe devant Betty, qui s’occupe du petit Matthew. Adrienne Van Leyden écarte les stores vénitiens et le regarde. Elle est assise à son bureau où est affichée une grande photo de Betty.
Steven entre dans son bureau et découvre Adrienne assise dans son fauteuil. Elle lui demande s’il veut déjeuner avec elle. Il lui répond que ça ne marchera jamais entre eux deux. Adrienne lui rétorque que c’est sa relation avec Betty qui ne marche pas pour l’instant.
Elle lui avoue que lorsqu’elle aura épousé Martin Peyton, elle ne sera plus disponible pour prodiguer aide et réconfort. Ensuite, elle lui demande une nouvelle fois de la sauver d’un mariage qui ne sera pas heureux avec Peyton. Steven la regarde froidement dans les yeux en lui disant :
— Tu as construit ta propre prison. Tu n’as qu’à y vivre.
Adrienne tourne la photo de Betty et s’en va. Steven se dirige vers son bureau et remet la photo de Betty en place, tout en la touchant du bout des doigts, comme s’il caressait les cheveux de sa femme.
Lee Webber attend dans la limousine en face du bâtiment de la banque. Adrienne monte dans le véhicule et parle avec Peyton. Il lui dit qu’elle ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
Il la menace d’annuler le mariage deux jours seulement avant la cérémonie. Il a toujours la lettre de Philip et peut s’en servir contre elle en cas de besoin. Elle ne doit plus parler avec Steven.
— À la maison, Webber, ordonne le vieil homme.
— Bien Monsieur, répond le chauffeur.
Rodney nettoie ses chaussures tandis que le Dr Rossi arrive au garage. Le médecin lui dit que Rita est dans sa phase la plus critique de sa grossesse. Il voudrait que Rodney agisse comme un médiateur entre Norman et Eddie. Rodney, de son côté, aimerait que le médecin parle avec Eddie.
Tandis que Michael s’apprête à partir, Eddie arrive et leur dit qu’il a réussi enfin à obtenir un compte chèque. Il vient faire le second paiement pour le vieux tacot que lui a vendu Rodney. Eddie offre de payer un verre à Rodney ainsi qu’au Dr Rossi. Ils refusent tous les deux. Michael s’en va et Eddie pense que le médecin ne l’apprécie guère.
Rita confectionne à la machine à coudre la couverture criarde pour le couffin que lui a offert Constance lorsque Norman entre dans l’appartement. Il lui parle du test pour déterminer le sexe du bébé. Ils sont heureux et excités de savoir que le bébé commence à bouger. Norman est très câlin avec Rita.
Ils entendent Eddie appeler en haut de l’escalier :
— Y a quelqu’un ? Mon Ange ?
Ils ne répondent pas. Eddie redescend les escaliers, déçu. Norman et Rita s’embrassent et affichent un regard coupable.
Au Colonial Post Inn, le barman sert un verre à Leslie tandis qu’Eddie se dirige vers lui et commande une bière pression. Leslie lui suggère d’aller à une table pour mieux discuter.
Il demande à Eddie pourquoi il n’a pas donné signe de vie récemment. Eddie lui parle alors de sa course avec Lee sur le chemin du cimetière et il pense que Lee va pouvoir faire le travail à leur place.
Leslie rappelle à Eddie que le vieil homme doit se marier dans 48 heures.
— Agis maintenant. Et agis seul ! ordonne-t-il d’un ton sec.
Steven entre au bar et commande un martini. Leslie se dirige vers lui pour se plaindre de l’imminent mariage. Puis il dit au barman de faire porter le verre de Steven à sa table. Mais Steven ne veut pas parler avec Leslie et encore moins parler de cette mascarade de mariage. Il préfère donc aller à sa table habituelle.
Il fait nuit lorsqu’Eddie rôde autour de la limousine de Peyton, stationnée non loin du manoir. Avec précaution, il ouvre le coffre et se saisit d’une clé à molette dans une trousse à outil, en prenant soin de ne pas laisser d’empreintes. Il referme le coffre.
Adrienne monte les escaliers et se rend dans la chambre à coucher de Martin Peyton. Elle s’assure qu’il dort, vole les clés se trouvant sur la table et sort de la pièce. Elle va jusqu’au bureau du vieil homme et retire un dossier marqué « personnel ». Elle le laisse tomber par terre. En voulant le ramasser, elle est attrapée par Peyton.
Elle cherchait la fameuse lettre de Philip pour laquelle Peyton la fait chanter. Peyton lui dit qu’elle a fait quelque chose d’imprudent et qu’elle va le regretter toute sa vie.
Adrienne VanLeydenMike RossiRita et Norman HarringtonLeslie HarringtonAdrienne VanLeyden
Ce soir, Martin Peyton est préoccupé par les manipulations de son petit-fils, Steven Cord. Un léger faux pas et le vieil homme se retrouve en équilibre précaire sur l’une des contremarches de l’escalier principal. Soudain, ce simple événement prend des allures extraordinaires et bouscule les pensées de Steven. Si Steven pouvait saisir ce moment, mais le moment est passé.
Martin descend les escaliers de la demeure Peyton. Il trébuche, mais attrape sa canne et saisit la rampe d’escaliers afin d’éviter une chute qui aurait pu être fatale.
Steven observe Martin. Ce dernier appelle par deux fois Mary sans obtenir de réponse. Il descend doucement les escaliers en s’aidant de la rampe. Steven l’observe, mais ne répond pas lorsque Martin l’appelle.
Steven se rend dans la chambre à coucher d’Adrienne. Elle lui demande ce qui se passe. Il dit qu’il a vu Peyton, et qu’il lui a pris l’envie de le pousser dans l’escalier, mais qu’il ne l’a pas fait.
Elle lui demande de la sauver d’un mariage sans amour. Elle regarde Steven dans les yeux et lui dit :
— Je dois quitter cette maison. Je t’aime.
Elle l’embrasse.
Un homme empile des caisses de homards en face de la taverne, tandis que la limousine se gare en face du magasin de cigares et de la taverne. Lee sort du véhicule et se dirige vers la maison d’hôtes. Il passe la porte 7 pour se rendre à la porte 5, celle d’Eddie Jacks.
Lee frappe à la porte et s’annonce comme étant de la police.
— Très drôle, soupire Eddie en ouvrant la porte.
Ayant l’air de rien, Eddie parle du chemin qu’il prend tous les jours pour emmener Peyton au cimetière. Les deux hommes partent ensemble. Lee va emmener Eddie sur le chemin du cimetière, ce dernier ayant parié du temps que cela prend pour s’y rendre.
Plus tard dans l’appartement des Harrington, Rita entend des coups à la porte et ouvre à Eli et Constance qui entrent avec le bébé. Eli porte un couffin. Constance le donne à Rita, car Matthew est trop grand maintenant pour l’utiliser.
Rita est enchantée du présent, mais un peu embarrassée, car elle a acheté un tissu pour un couffin. Constance lui dit qu’elle peut remplacer l’ancien tissu par celui-là. Rita lui montre le tissu. Il s’avère qu’il est dans les tons rouge et orange criard. Rita a lu dans un magazine que les couleurs vives attirent l’attention des bébés.
Si Constance est réservée sur ce sujet, Eli ne se gêne pas pour dire que cette couleur est atroce. Mais il avoue avoir tort lorsqu’il voit Matthew s’accaparer le tissu et s’y intéresser.
Michael Rossi arrive au manoir et est accueilli par Mary. Sur les marches, il salue Adrienne et discute brièvement avec elle. Adrienne demande à Michael pourquoi il est le médecin de Peyton. Cela serait plus simple si c’était quelqu’un d’autre.
Ils discutent à nouveau de la mort suspecte du Dr Philip Van Leyden. Elle dit au médecin que Peyton le méprise rien que pour avoir pensé qu’elle aurait quelque chose à voir avec la mort de son mari. Elle ajoute que Michael n’a aucune éthique.
Lee Webber conduit la limousine à une allure très rapide jusqu’au cimetière. Eddie est son passager. Ils s’arrêtent au cimetière pour parler mécanique. Eddie souhaite conduire pour le retour. Lee accepte qu’il conduise la limousine.
À l’étage, le Dr Rossi s’occupe de Peyton. Il lui prend sa tension. La semaine dernière, ses cellules blanches étaient en hausse. Il lui dit qu’il l’appellera demain avant midi.
Ils parlent du Dr Van Leyden et du futur mariage de Peyton avec Adrienne. Michael lance à Peyton :
— Vous êtes délibérément aveugle. Sachant les circonstances de sa mort, comment pouvez-vous songer à vous marier avec sa veuve ?
Il lui rappelle que Van Leyden lui a administré un traitement qui lui a sauvé la vie à l’époque. Peyton dit au médecin qu’il est la dernière personne à l’avoir vu en vie.
À la maison d’hôtes, Leslie attend dans la chambre d’Eddie. Ce dernier s’étonne en le voyant et lui demande comment il est entré.
Leslie nargue Eddie au sujet de sa fibre paternelle. Eddie se fâche et lui ordonne de sortir de chez lui. Leslie Harrington fait pression sur Eddie Jacks pour qu’il tue Martin Peyton et lui dit qu’il ne le lâchera pas d’une semelle tant que le boulot ne sera pas fait. Puis il s’en va.
Eddie Jacks a trouvé un moyen d’en finir. En finir avec la vie de Martin Peyton. Il s’est mis d’accord avec Leslie Harrington pour essayer de travailler avec le chauffeur de Peyton, Lee Webber. Lee Webber, un homme au milieu de deux forces opposantes. D’un côté, Eddie Jacks resserre l’étau. Et de l’autre, son employé Martin Peyton ne sait pas qu’on complote contre sa vie et ordonne à Lee d’apprendre tout ce qu’il peut sur Eddie Jacks.
Le quai. Eddie monte dans son vieux tacot et va discuter avec Lee, près de la limousine.
Eddie et Lee commencent à parler voiture. Puis ils se rendent dans la maison de Webber. Ils se trouvent comme point commun la prison, car chacun y est allé. Lee aimerait savoir pour quelles raisons Eddie a fait de la prison.
De son côté, Eddie lui demande comment Peyton lui a offert cet emploi de chauffeur. Il remarque que Lee a du respect pour Martin. Le chauffeur argue du fait qu’il lui confie plus de choses à lui qu’à son propre petit-fils. Eddie essaie de monter Lee contre Webber, mais cela ne semble pas avoir d’impact sur le chauffeur.
Au magasin général, Eli joue avec le petit Matthew lorsque Rita entre. Matthew pleure toujours, il doit faire ses dents. Ils parlent d’Eddie et de Norman, et de cette guerre qu’ils se sont déclarée. Eli lui dit qu’elle va être obligée de choisir son camp. Rita lui répond qu’elle ne peut tout simplement pas. C’est impossible pour elle de choisir.
Constance entre et leur demande de quoi ils parlaient tant ils avaient l’air sérieux.
— De robe de grossesse, répond Eli pour noyer le poisson.
Constance s’occupe de Matthew en précisant qu’il a un an.
Au secrétariat du bureau de Steven, Adrienne tient des papiers dans la main et veut les remettre personnellement à Steven. Mlle Nolan précise à Adrienne que Steven ne veut pas être dérangé.
Steven sort de son bureau et invite Adrienne à entrer. Elle lui dit qu’il doit arrêter d’être puritain et devenir adulte. Il lui répond que si l’on serait en 1690, il serait brûlé vif au beau milieu du square. Steven aime sa femme et le répète une nouvelle fois à Adrienne.
— Ton ex-femme, corrige-t-elle.
Elle s’apprête à partir, mais Steven l’attrape par le menton.
— Je t’aime, lui dit Adrienne.
Steven ne répond pas, mais il l’embrasse, c’est plus fort que lui. Elle lui rend son baiser.
Au Shoreline Garage, Betty tape à la machine tandis que Rodney arrive avec les skis et les bâtons. Il les range dans un coin et lui demande comment elle est entrée. En fait, elle sait où Rod garde la clé de la porte d’entrée lorsqu’il s’en va.
Betty et Rodney s’amusent en discutant. Rod fait semblant d’être macho en demandant à Betty de lui enlever ses bottes, et en répétant qu’on aurait jamais dû instaurer le droit de vote pour les femmes. Puis il lui dit de lui apporter ses pantoufles. Jouant le jeu, Betty les lui jette en riant. Ils se serrent dans les bras et s’embrassent.
Lee attend pour voir Peyton. Ce dernier termine de rédiger un chèque de 450.000 dollars, qu’il montre à Lee. Lee lui relate ce qu’il a appris sur Eddie Jacks, et notamment sur le fait que l’homme a fait de la prison. Mais le passé de l’homme n’intéresse pas Peyton. Il veut savoir ce qu’il trame maintenant. Selon Lee, Eddie manigance quelque chose. Martin le presse de savoir quoi.
Lee commence à se méfier de son patron et exige des garanties. Il lui fait part de la conversation qu’il a eue avec Jacks. Ce dernier lui a dit qu’une fois que Peyton se sera servi de lui pour arriver à ses fins, il le licenciera. Peyton lui répond que Jacks est un homme rusé qui manipule Lee à sa guise. Webber prétend le contraire.
— Prouvez-le, ordonne Martin.
La secrétaire de Leslie, portant une robe verte, apporte quelques documents à son patron, puis s’en va. Eddie entre dans le bureau de Leslie par la petite porte de derrière. Il lui dit que Lee Webber a un point faible : il semble trop dévoué à son patron et il a peur que le plan n’échoue.
Leslie lui dit qu’il doit utiliser Webber pour connaître tous les faits et gestes du vieux Peyton afin d’intervenir au bon moment. Eddie persuade Leslie qu’il trouvera la bonne combinaison pour le faire.
Au manoir, Peyton descend les escaliers avec l’aide des ses deux canes et trébuche. Il appelle Mary. Aucune réponse. Il appelle à nouveau Mary. Toujours pas de réponse.
Puis il appelle Steven, sans succès non plus. Steven, cependant, l’observe depuis le pas de sa chambre et ne fait rien pour lui venir en aide.
Ce soir, Eddie Jacks a une mission. Trouver un moyen de mettre fin à la vie de Martin Peyton. Eddie a passé un accord avec Leslie Harrington, dans un dernier effort désespéré pour profiter du testament de Peyton, avant que le vieil homme ne se marie et n’ait la possibilité de changer son testament. Il y a donc fort à faire. Comment Peyton vit-il ? Quels sont ses horaires ? Quelles sont les personnes qui l’entourent ? Car si c’est Harrington qui est le vieil ennemi de Peyton, c’est Eddie qui a été nommé bourreau.
Eddie se cache à l’extérieur du manoir. Steven franchit les portes en fer, enlève sa cravate, monte lentement les marches jusqu’à la porte, met la clé dans la serrure et entre.
À l’intérieur de la demeure, Steven enlève la veste de son costume, le jette sur une chaise avec sa cravate, et se sert un verre. Adrienne arrive à la suite de Steven et l’étreint.
— Votre charme magique est partout, lui dit Steven.
Adrienne avoue à Steven qu’elle l’aime. Mais Steven ne la croit pas, pensant qu’elle joue un jeu.
— Garde ça pour les journaux à sensations, lui dit-il.
Elle lui parle de Betty :
— Où crois-tu qu’elle soit allée après qu’elle t’ait quitté ? Dans quels bras s’est-elle réfugiée ?
En colère, il lui demande de quitter le salon. Adrienne veut lui faire comprendre que s’il veut la faire souffrir, c’est parce qu’il ne veut pas s’avouer les sentiments qu’il a pour elle. Betty n’est pas là, mais elle si. Elle s’accroche à lui. Il la pousse et elle tombe sur le canapé. Puis il se penche sur elle et l’embrasse longuement.
Eddie les espionne par la fenêtre en souriant.
Eddie Jacks descend l’escalier de la pension de famille de Mme Hewitt, traverse le quai humide et s’engouffre au Cider Barrel. Il se rend au fond de la pièce. Leslie arrive et le rejoint.
Eddie lui dit qu’il a le regard inquiet. Charlie se dirige vers eux et demande ce qu’ils prennent. Eddie commande du bacon avec un verre de lait. Leslie ne prend qu’un café.
Loin des regards, les deux hommes complotent. Eddie dit à Leslie qu’il a déjà jeté un œil sur la maison. Il pense aussi que Lee Webber, le chauffeur de Martin, pourrait s’avérer être une aide efficace. Un plan prend du temps à être élaboré, mais Leslie insiste de nouveau sur le fait qu’il n’a pas le temps.
Martin Peyton est assis sur un banc en béton, au cimetière. Il observe le monument symbolisant Samuel Peyton. Lee vient rappeler à Peyton qu’il a un rendez-vous avec le banquier Tomlinson à 15 h 00. Peyton lui dit que Tomlinson peut attendre.
Le vieil homme veut que Webber se rapproche d’Eddie Jacks, soupçonnant ce dernier d’être un escroc. Peyton se plaint. Tout le monde le laisse tomber et sa famille est une déception totale pour lui. Il compte sur Lee pour savoir ce que trame Eddie Jacks. Il se lève et se dirige vers la limousine.
Norman se rend à l’hôpital. Le Dr Rossi l’aperçoit et l’invite à entrer dans son bureau. Norman lui dit que le Dr Matthews s’occupe de lui généralement. Ils se rendent dans le bureau et Michael insiste pour l’examiner. Le médecin note une blessure au niveau des côtes.
Norman ment et dit s’est blessé à son travail sur les docks. Il a une côte de fêlée. (Il se garde de dire au médecin que c’est en fait Eddie qui lui a fait ça en le cognant contre la table au Cider Barrel – épisode 383).
Cependant, Michael arrive à le faire parler et Norman avoue. Le médecin est en colère et rappelle à Norman que Rita a besoin de calme. Le jeune homme lui assure qu’elle ne saura rien de cette bagarre et Eddie, de son côté, ne lui dira rien non plus.
Rodney conduit sa décapotable blanche jusqu’au Colonial Post Inn et invite Betty à aller skier. Il voit que Betty a pleuré. Elle dit qu’elle ne peut pas y aller. Elle se rend compte qu’elle quitte Steven alors qu’elle l’aime encore. Elle l’aime vraiment. Finalement, elle décide tout de même d’aller skier avec Rodney. Mais le jeune homme, voyant la détresse de Betty et sa propre détresse suite à cette déclaration, change d’avis et s’apprête à partir. Betty demande à Rodney de l’embrasser pour lui dire bonsoir. Il l’embrasse sur le front.
À la taverne, deux hommes jouent aux échecs. Il y a du monde ce soir. Eddie charme la foule avec son bagou habituel. Lee arrive juste avant la fermeture. L’horloge indique 1 h 50. La fermeture est à 2 h 00. Lee commande une bière puis change d’avis pour un scotch sec. Il le boit. Eddie lui en offre un double.
Lee lui demande si c’est lui qui fait la fermeture du bar toutes les nuits.
— Sept nuits par semaine, opine Eddie.
Lee commence à se plaindre de Peyton. Eddie demande au chauffeur s’il a déjà été en Californie. Il répond que non. Eddie vante les mérites de cet État, précisant qu’il y a beaucoup de gens riches chez qui il pourrait travailler.
Il l’encourage à s’y rendre. Lee se demande comment un baroudeur comme Eddie a décidé de revenir à Peyton Place. Puis avant qu’il s’en aille, Eddie lui dit qu’il peut revenir quand il veut.
Eddie JacksMartin PeytonMike RossiBetty Cord, Rodney HarringtonLee Webber
Le tribunal de Peyton Place. Aujourd’hui, il fût l’arène d’une bataille entre Steven Cord et Martin Peyton. Steven a fait tout ce qui était en son pouvoir pour démolir la réputation d’Adrienne Van Leyden. Il a démasqué la fiancée de son grand-père comme une ancienne call girl. Mais cette fois, l’impitoyable tactique de Steven a échoué. Le testament de Peyton reste inébranlable. De même que la conviction de Betty que son mari et Adrienne sont amants. Maintenant, si Steven espère sauver son mariage, il doit faire un autre effort désespéré pour convaincre Betty qu’Adrienne a menti.
Lee Webber est appuyé contre la limousine en face du tribunal du comté de Peyton.
Steven rattrape Betty tandis qu’elle quitte le tribunal. Betty lui dit qu’elle croit Adrienne et que Steven a bien eu une liaison avec elle. Steven insiste sur le fait qu’Adrienne a menti, et c’est ce qu’il a tenté de prouver avec le témoignage de Mme Foster. Betty lui répond qu’il pourrait trouver une douzaine de témoins, cela ne suffirait pas à croire qu’il n’a pas eu de liaison avec la fiancée de Martin. Steven pense qu’elle ment et que tout ceci est une excuse pour mettre fin à leur mariage. Betty ne veut rien entendre et s’en va.
Martin Peyton et Adrienne Van Leyden quittent à leur tour le tribunal. Peyton demande à Lee s’il a vu Mme Cord. Il lui dit qu’il a juste entendu Steven lui crier dessus. Puis il aide Martin à monter dans la limousine avec Adrienne. La voiture démarre.
Leslie se rend à la maison d’hôtes, grimpe les marches, et frappe à la porte de la chambre 5. Il réveille Eddie, ce qui rend ce dernier d’assez mauvaise humeur.
Leslie est particulièrement inquiet de la tournure que prennent les événements. Il a peur que Martin se marie avec Adrienne et que cette dernière spolie l’héritage prévu pour ses fils.
Il veut qu’Eddie se charge de ce problème et pour ce faire, il lui offre 2.000 dollars. Eddie ironise sur le montant qu’il juge ridicule. Leslie a peut-être donné 2.000 dollars à Chandler pour se débarrasser d’Elizabeth Carson à l’époque, mais les temps ont changé et le coût de la vie a augmenté. Leslie ne peut pas se permette d’attendre plus longtemps et offre 5.000 dollars.
Au manoir, Adrienne se précipite vers la porte de la chambre de Martin et frappe. Il ne lui dit pas d’entrer. Cela ne l’arrête pas et elle entre tout de même.
Elle aimerait savoir comment Steven a pu découvrir son passé. Elle est sûre que c’est à cause d’Eddie Jacks. Martin ne voyant pas le rapport, elle lui explique qu’il travaillait pour un détective, et il était chargé de la surveiller. Peyton pense qu’elle aurait pu lui en parler avant. Adrienne ne sait pas à quel jeu joue Martin. Il lui répond que tout ce qu’elle a à faire est de l’épouser, de lui survivre et ainsi elle deviendra veuve une seconde fois. Mais cette fois, elle sera une veuve riche !
Au Cider Barrel, Eddie entre et parle avec Charlie, le patron. Charlie lui dit que Rita est installée à une table au fond avec Norman.
Rita dit à son mari que finalement, elle aimerait avoir un garçon. Norman se rend au comptoir et prend sur lui pour demander à Eddie de se joindre à eux. Il se fait prier, puis finalement, il accepte.
Rita dit à son père que le bébé sera un garçon, elle en est sûre. Ils parlent un instant, puis Eddie s’éclipse pour passer un coup de fil dans la cabine proche du Cider Barrell. Il appelle Leslie et lui donne rendez-vous vous ce soir.
Dans sa voiture, Elliot ramène Constance et Matthew à la maison. Elle revient de sa visite à Rachel. Il lui offre quelques anecdotes sur la librairie qu’il a tenu en son absence et c’était parfois dur. Constance rassure son mari et promet qu’elle ne le quittera plus jamais aussi longtemps parce qu’il lui a manqué.
Chez les Carson, Michael Rossi s’occupe du feu dans la cheminée. Il entend une voiture arriver. Constance et Elliot entrent dans la maison et parlent de Rachel et du Dr Bartlett qui la soigne. Rachel va bien. Elle a fabriqué une poupée représentant son chiot pour Michael. Le médecin pense qu’une fois guérie, elle pourra aller dans une école pour étudier et voir des personnes de son âge.
Eddie marche sur le quai. Il se rend à la porte n°2 de l’entrepôt Peyton et descend quelques marches. Il est ici pour rencontrer Leslie Harrington.
Leslie lui dit qu’ils doivent en finir le plus vite possible et partir avant le retour du veilleur de nuit. Il tend à Eddie une pochette contenant 4.000 dollars en petits billets. Il lui promet 4.000 autres plus tard.
Eddie lui fait écrire un accord pour 50.000 dollars. Il dit que c’est pour prendre soin des gosses. Leslie veut qu’Eddie tue Peyton.
— Je veux la mort de Peyton. Je veux le voir mort, grimace-t-il.
Leslie HarringtonAdrienne VanLeydenConstance et Matthew CarsonEddie JacksLeslie Harrington
Steven Cord passe une longue nuit agitée. De même qu’Adrienne Van Leyden. Pour Adrienne, le fait que Steven soit seul dans son bureau, et sans doute vulnérable, est une opportunité. Pour Steven, son isolement est une torture. Quelques heures auparavant, il a vu sa femme, Betty, quitter le Colonial Post Inn avec Rodney Harrington. Ils ressemblaient à deux jeunes gens sortant ensemble.
Steven regarde par la fenêtre de son bureau.
Adrienne vient voir Steven à son bureau. Elle entre et éteint la lumière.
— Quelqu’un veut jouer au chat et à la souris ? susurre-t-elle.
Steven affiche un air indifférent.
— Trouve-toi un autre joueur.
— Ne me dis pas que tu es trop vieux pour les jeux.
— Rentre à la maison, Adrienne.
Adrienne imite Marlène Dietrich :
— J’ai un travail à faire.
Steven prend son dictaphone.
— Mémo pour le veilleur de nuit, à la fin de chaque journée de travail, assurez-vous que la porte de ce bâtiment reste fermée. Trop de personnes indésirables vagabondent comme elles le veulent.
— On m’a traité de tous les noms, mais jamais d’indésirable.
— Eh bien considère que c’est une première.
— Plein de travail et pas de place pour le jeu rend Steven… très impressionnant. As-tu fait tes devoirs pour demain ?
— Je viens juste de terminer.
— Tu avais fini avant même de commencer.
— Redis-moi ça après l’audience.
— Il sera trop tard alors.
— On verra.
— C’est toi que l’on va traiter d’incapable, pas Martin Peyton.
— Est-ce un fait, ou bien un vœu de ta part ?
Adrienne prend une voix d’homme pour imiter Steven :
— Adrienne Van Leyden à la barre. Tu me donnes un aperçu ?
— Désolé, seulement une performance.
— Le procureur gardera ses yeux rivés sur le visage du témoin.
— Tu pourrais porter un bikini, Adrienne, ça ne ferait aucune différence.
— Oh, tu veux parier ?
— Tout ce que tu veux.
— Tu vas tout perdre.
— C’est vite dit.
— Steven, je ne veux pas couler mon navire en témoignant contre Martin Peyton. Même pour quelqu’un d’aussi attirant, stimulant et pur que toi.
— En fait, tu n’as pas le choix. Tu devrais aller dormir, tu as les traits tirés.
— Je maintiens ce que j’ai dit, Steven. Je peux tout laisser tomber. Le nom de Martin. Son argent. Tout. Tu n’as qu’un mot à dire.
— Oh, j’aime ça. Sincère, humble. Garde ça pour demain.
— Elle ne mérite pas tout ça. Tu ne le vois donc pas ? C’est une petite fille gâtée qui n’est partie de rien et qui se croit au sommet de l’échelle sociale.
— Betty est ma femme…
— … Mais c’est moi que tu veux.
— … et elle va rester ma femme, parce qu’elle m’aime.
— C’est pour cela que tu me punies ? Tu me considères comme mauvaise et immorale ?
— Betty est la seule femme que je veux.
— Vraiment ? Est-ce son nom que tu griffonnes sur ton bloc note ? Tant de travail et pas de place pour le jeu.
— Ne te maquille pas demain. Ou alors juste un peu de rouge à lèvres. Une simple robe, de préférence noire. Et ne la porte pas trop haut au dessus des genoux. Ça te ferait passer pour quelqu’un de trivial. Et pas de lunettes noires. Les gens qui portent ce genre de lunettes donnent l’impression de se cacher derrière elles. Même quand elles disent la vérité, on a tendance à penser qu’elles mentent. Fin de la consultation.
Dans le couloir de l’hôpital, à l’étage de la maternité, Rita regarde les bébés à travers la vitre prévue à cet effet. Le Dr Rossi l’aperçoit et la rejoint. Rita lui dit qu’elle n’est pas sûre de savoir si elle veut une fille ou un garçon.
— Vous allez être une mère impossible, plaisante le médecin.
Il pense que l’enfant sera gâté et entouré de tout l’amour possible. Rita s’inquiète pour la suite de sa grossesse et Michael la rassure. Il a vu ses derniers tests et elle est en grande forme. Elle doit faire un effort pour arrêter de s’inquiéter, ne pas faire d’effort et tout ira bien.
Au colonial Post Inn, le garçon d’étage apporte un plateau à Betty, mais Steven intercepte le plateau et va l’apporter lui-même. Il lui dit à nouveau qu’il voudrait la voir à ses côtés au cours de l’audience. Betty n’a pas prévu d’y aller. Il insiste, ouvre le placard pour qu’elle prenne une robe. L’audience commence dans vingt minutes. Il veut qu’elle écoute ce qui va se dire au procès.
Il lui tend une robe verte, qu’elle jette par terre. Il la récupère tout en toisant Betty du regard, et la lui tend à nouveau.
— Je n’ai pas l’intention de quitter cette pièce, martèle Betty.
Steven lui dit qu’elle doit se dépêcher de mettre la robe, ils vont être en retard. Betty capitule, mais pour marquer son mécontentement, elle remet la robe verte à sa place et prend un tailleur gris qu’elle juge plus adéquate pour la situation. Elle va dans l’autre pièce pour se changer.
Au tribunal, Peyton est avec son vieil avocat, William Kennerly. Ce dernier ne cache pas son inquiétude quant à l’issu de l’audience. De plus, il n’a jamais caché sa désapprobation sur l’idée de son mariage avec Adrienne.
Peyton lui assure qu’il a toujours ses facultés mentales et que sa mémoire est bonne. Il n’y aura pas de problème. Peyton lui confie qu’il n’a jamais eu l’intention de se marier avec Adrienne. Kennerly en perd son latin.
Dans la salle d’audience présidée par l’honorable juge Irwin A. Chester, le greffier tend une bible sur laquelle Mme Charles Foster pose sa main droite.
— Jurez-vous solennellement de dire la vérité, toute la vérité et rien d’autre que la vérité, avec l’aide de Dieu ?
— Je le jure.
Kennerly se penche vers son client :
— Vous la connaissez ?
— Je ne l’ai jamais vu auparavant, murmure Martin Peyton.
Steven se lève et commence à interroger le témoin :
— Merci d’être venue, madame Foster. Je sais que ce n’est pas facile pour vous. Et quelle épreuve cela va être… Etes-vous mariée ?
— Je l’étais.
— Est-ce que votre mari est décédé ?
— Non. Nous sommes divorcés.
— Oh, je suis désolé. Un divorce est toujours dévastateur et souvent le moyen le plus inutile de résoudre certaines difficultés. Pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé ?
— Mon mari était quelque peu connu comme un chasseur accompli.
— Voulez-vous dire par là qu’il voyait d’autres femmes lorsque vous étiez mariés ?
— Oh, il était discret, mais persistant.
Kennerly objecte :
— Votre Honneur, cela n’a absolument rien à voir avec cette affaire d’incompétence.
— Je dois l’accorder, monsieur Cord. Votre témoin doit témoigner directement sur l’affaire en question.
Steven opine :
— Je vous l’accorde, Votre Honneur. Cependant, j’arrive au fait.
— Faites, monsieur Cord.
— Vous avez déclaré que votre mari voyait d’autres femmes à l’époque où vous étiez mariés. Madame Forster, qu’avez-vous fait ?
— Eh bien, lorsque j’en ai eu assez de cette situation, après 17 ans, j’ai décidé de demander le divorce. Mais Charles ne voulait pas en entendre parler. Il était parfaitement satisfait de sa vie. Vous savez, Charles avait un grand appétit.
— Qu’avez-vous fait ?
— J’ai décidé de nourrir cet appétit. Avec quelque chose pour laquelle il ne pouvait pas résister.
— En d’autres mots, vous avez engagé quelqu’un pour compromettre votre mari dans le but d’obtenir le divorce.
Mme Foster hoche la tête :
— Et d’obtenir un arrangement. Si j’avais reçu un seul dollar à chaque infidélité de Charles, je serais une femme très riche.
— Comment avez-vous trouvé cette personne ?
— Grâce à une agence de détectives privés.
— Est-ce que la personne que vous avez engagé est dans cette salle ?
— Oui.
— Pouvez-vous nous la montrer ?
Mme Foster pointe un index sur Adrienne :
— C’est elle. C’est cette femme.
— Veuillez enregistrer que le témoin désigne Adrienne Van Leyden.
— Son nom à l’époque était Holland, précise le témoin.
— Que s’est-il passé ?
— Elle a été d’accord. Et puis elle a décidé de jouer des deux côtés du tableau.
— Pouvez-vous être plus explicite ?
— Oh, avec plaisir. C’était une femme avide. Elle n’en avait jamais assez. Elle voulait plus d’argent. Elle a fait chanter Charles en le menaçant de tout me raconter, alors que c’est moi qui l’avait engagée.
— Voulez-vous dire par là qu’elle vous a menti ?
— Elle a menti à nous deux. Les paiements que nous devions lui faire nous ont contraint à la banqueroute. Je me suis retrouvé avec un homme brisé et une montagne de dettes. Je ne m’en suis sorti que deux ans plus tard. Mais j’ai dû travailler dur pour rembourser mes dettes.
— Merci, madame Foster.
Mme Foster se lève et retourne au fond de la salle d’audience. Steven s’éclaircit la voix :
— J’appelle maintenant Adrienne Van Leyden à la barre.
Adrienne s’installe tandis que le greffier arrive avec la Bible.
— Jurez-vous solennellement de dire la vérité, toute la vérité et rien d’autre que la vérité, avec l’aide de Dieu ?
— Je le jure. Steven peut maintenant commencer :
— Que faites-vous à Peyton Place, madame Van Leyden ?
— Je crois que vous le savez déjà, Steven.
— Rafraîchissez-moi la mémoire.
— Je suis la fiancée de Martin Peyton.
— L’étiez-vous avant votre arrivée ?
— Non.
— Qu’est-ce qui vous a amené ici ?
— M. Peyton m’a gracieusement invitée chez lui. Lui et mon mari étaient amis.
— Combien vous a-t-il payé pour devenir sa fiancée ?
Le juge croit bon d’intervenir.
— Monsieur Cord, je vous avez déjà averti sur ce genre de question.
Kennerly en rajoute :
— Votre Honneur, j’ai vraiment beaucoup de mal à faire la connexion entre ce type de questions et notre affaire.
— Nous sommes deux, fait le juge.
Steven ne se laisse pas démonter pour autant et explique :
— J’ai l’intention d’établir, Votre Honneur, que Mme Van Leyden a été invitée ici par Martin Peyton dans le but express de détruire mon mariage, afin qu’il puisse valider son bizarre, excentrique et amoral testament. À savoir la mariage de ma femme avec son petit-fils, Rodney Harrington.
— Je vais vous laisser continuer, monsieur Cord, décide Chester. Mais allez au but, s’il vous plaît. Objection rejetée.
— Comment vous décririez-vous, Mme Van Leyden ?
— Je suis une femme au foyer.
— Et avant cela ?
— J’ai fait différentes choses.
— Soyez plus précise, s’il vous plaît.
— Eh bien, quand j’avais cinq ans, j’étais au jardin d’enfants, puis j’ai obtenu mon premier diplôme…
— Est-ce que le nom de Richie Taeger vous dit quelque chose ?
— Non, je ne vois pas.
— J’ai la photocopie d’un rapport d’une agence de détectives privés sur Richie Taeger et ses associés. Voulez-vous s’il vous plaît me lire le nom d’un des associés. Celui-ci.
Adrienne regarde le rapport et se force à dire :
— Adrienne Holland.
— Eh bien, n’est-ce pas une coïncidence ? Vous avez toutes les deux le même prénom. Quel est votre nom de jeune fille, Mme Van Leyden ?
— Holland.
— Quel était exactement votre travail avec Richie Taeger ?
— Nous étions simplement amis.
— Suffisamment amis pour qu’il vous paie un loyer de 450 dollars par mois pour un appartement ?
— Non.
— J’ai les photocopies des quittances de loyer, Mme Van Leyden.
— C’était un prêt.
— Oui, je peux imaginer comment vous l’avez remboursé en retour.
— Rayez cette phrase, ordonne le juge au greffier.
— Richie Taeger n’était-il pas le premier « fournisseur de filles » dans des réceptions particulières de New York ? Et n’étiez-vous pas sa meilleure marchandise ?
— Objection ! s’insurge l’avocat de Peyton.
— Accordé !
Steven poursuit :
— Alliez-vous à la plupart de ces réceptions lorsque vous étiez à New York, Mme Van Leyden ?
— À quelques unes.
— Étiez-vous à celle où une de vos associée a eu une overdose de drogue et s’est retrouvée tout droit à la morgue ?
— Je ne m’en souviens pas.
— Elle avait 19 ans. Madame Van Leyden. Cela ne me ferait pas plaisir de devoir lire le rapport de police sur cette réception.
— Non ?
— Est-ce que Richie Taeger ne vous a pas introduit dans ce business ?
Kennerly objecte de nouveau.
— Comme professionnelle, ajoute rapidement Steven avant que le juge ne se prononce sur l’objection.
Kennerly est hors de lui :
— Votre Honneur, il n’est pas question de faire le procès du témoin ici. Le but de cette audience est de déterminer la compétence de mon client.
— Votre client a engagé cette femme pour détruire mon mariage, affirme Steven haut et fort.
Le juge n’est pas impressionné :
— Monsieur Cord, vous avez beau avoir une voix forte, elle ne m’atteint pas.
— Je soutiens que la seule différence entre une fille de luxe qui prend 100 dollars la nuit, et un bracelet de 10.000 dollars d’un vieil homme sénile, c’est le prix.
— Voilà des accusations très sévères.
— Je crois pouvoir les faire corroborer, Votre Honneur. Je pose la question à Mme Van Leyden. Est-ce que Martin Peyton vous a engagé pour briser mon mariage ?
— Non, pas du tout, affirme Adrienne.
— Est-ce que quelqu’un vous a engagé pour briser mon mariage ?
— Rayez ceci, dit de nouveau Chester. Le témoin n’a pas à répondre.
— Merci, madame Van Leyden, dit Steven pour terminer l’interrogatoire.
— Le témoin peut se retirer, fait Chester. Vous avez été d’une grande aide.
Il se passe alors quelque chose d’inattendu. Martin Peyton s’exprime :
— Reste où tu es, Adrienne.
— Monsieur Peyton…, prévient le juge.
— Reste où tu es, répète le vieil homme. Il lui a donné les moyens de démarrer une nouvelle vie. Et j’ai l’intention de continuer.
— Monsieur Peyton, s’il vous plaît.
Martin ignore le juge et se tourne vers son petit-fils :
— Regarde-toi Steven Cord, puis jette la première pierre. Ou bien es-tu trop occupé à vouloir mettre la main sur mon argent avec tout ce cirque. Allez, répond ! Ou bien tu as trop honte de me donner une réponse.
— Est-ce votre cas, monsieur Cord ? s’enquiert le juge.
Steven est mis devant le fait accompli, et ne peut pas nier.
— C’est mon cas.
Le juge frappe avec son marteau.
— Le témoin peut se retirer. L’affaire est rejetée.
Steven est anéanti. Tout le monde quitte la salle. Betty se lève. Il veut lui parler, mais elle tourne la tête et s’en va. Steven reste seul dans une salle d’audience vide, avec tout le poids du malheur sur ses épaules.
Norman Harrington mène la bataille la plus importante de sa jeune vie. Une guerre pour l’affection de sa femme, Rita. Bien que Rita lui ait assuré à maintes reprises que les sentiments qu’elle éprouve pour son père, Eddie Jacks, sont distincts de ceux qu’elle éprouve pour lui, Norman exige toujours de recevoir son amour à 100 %. Or, Norman a reçu un message urgent lui demandant de rencontrer le père de Rita sur le quai. Un message qu’il veut désespérément ignorer.
Norman marche le long du quai et rencontre Eddie au Cider Barrel.
Norman entre dans l’enceinte pour parler avec Eddie Jacks. Eddie lui dit que ce serait une tragédie pour Rita si le beau-père et le beau-fils ne parvenaient pas à s’entendre. Il veut faire la paix avec Norman, mais ce dernier ne le croit pas sincère. Il sait qu’Eddie manipule Rita et cela le rend malade. Il l’a manipulée pour obtenir le job de barman à la taverne, et aussi pour qu’il entre dans les bonnes grâces de Martin Peyton.
Le ton monte. Norman ne peut plus s’arrêter et continue à dire ses quatre vérités à son beau-père. Il ne veut plus le voir tenter de se rapprocher de sa fille en lui offrant des fleurs et du champagne comme la dernière fois où il est venu la voir.
– C’est ma fille ! proteste Eddie.
— Vous l’avez oubliée pendant dix-huit ans, lui reproche Norman.
Eddie se fâche et traite Norman de moins que rien et de « monsieur zéro ». Il lui fait savoir ce qu’il pense de lui : un jeune qui est né avec une cuillère en or dans la bouche et qui a épousé une fille du peuple parce que ça le faisait passer pour un rebelle aux yeux de son père.
— Fermez-la ! hurle Norman.
Eddie lui donne un coup de poing dans le ventre et Norman s’effondre sur une table. Charlie vient à sa rescousse.
— Peut-être que l’on se connaît un peu mieux, maintenant, dit Eddie à son gendre.
Il se calme et lui dit que Rita ne doit pas savoir ce qu’il s’est passé. Norman est d’accord pour dire que cette altercation ne regarde qu’eux deux.
Au Colonial, Steven demande au réceptionniste à parler à M. Sloan. Ils ont rendez-vous. On lui dit que M. Sloan est dans la salle à manger. Steven y aperçoit Betty et va la rejoindre.
Cette dernière lui dit que le divorce aura inexorablement lieu. Steven lui répond qu’il se battra contre ça. L’audience pour l’incapacité mentale de Peyton commencera dès demain. Il veut qu’elle soit présente, afin de voir le vrai visage d’Adrienne. Betty rétorque :
— Et que fais-tu du fait que tu voulais d’elle, que tu l’as suivie à Boston ? Que le juge va devoir décider sur ça aussi ?
Steven veut juste qu’elle vienne à l’audience. Il dit à Betty qu’il a versé de l’argent sur son compte en banque et qu’il n’est donc pas nécessaire pour elle d’en prendre de Peyton.
Au manoir, Adrienne vient voir Martin dans son bureau. Elle lui demande pourquoi il l’évite. Il trouve toujours une excuse pour ne pas être avec elle. Elle souhaite voir plusieurs points avec lui au sujet du mariage. Elle voudrait aussi embaucher plus de personnel domestique.
Il lui dit qu’en fait, elle ira vivre à New York après le mariage, ajoutant qu’il sait à quel point elle préfère vivre dans les grandes villes. Cependant, Adrienne n’a pas très envie de quitter Peyton Place. Il lui fait miroiter une belle vie dans un appartement sur Park Avenue, mais Adrienne n’est pas dupe et sait qu’il veut se débarrasser d’elle après l’avoir utilisée. Elle pense qu’il ne viendra pas vivre avec elle dans la grande ville. Il lui assure du contraire :
— Un vieil homme comme moi a besoin de bouger, à besoin d’action. New York est parfait pour cela.
Ils parlent du défunt mari d’Adrienne qui n’aimait pas New York.
— Je n’ai pas joué franc jeu avec Philipp, dit-elle. Mais je n’ai jamais su comment. Vous et moi, Martin, nous n’avons pas ce genre de problème. Nous ne faisons qu’un.
Elle évoque la lettre que Martin a contre elle, sachant que Philipp n’aurait jamais voulu qu’il s’en serve comme d’une arme contre elle.
Sur le quai, la limousine s’arrête et Lee aide Peyton à en sortir. Le vieil homme se dirige vers les docks de la fabrique afin de s’entretenir avec Norman. Il le trouve dans la benne d’un camion.
— Tu viens rendre visite à tes esclaves ? ironise-t-il.
Peyton lui répond que s’il pense être un esclave, qu’il retourne dans les années 40 pour voir comment cela se passait. Il lui fait un sermon sur la dure vie de l’époque et sur le fait que Norman, étant son petit-fils, n’a pas le droit de se plaindre.
Il est venu lui demander ce qu’il pense de son beau-père. Il veut savoir s’il ennuie Norman et Rita. Norman aimerait beaucoup savoir quel est cet intérêt si soudainement pour Eddie. Peyton pense qu’il en veut à son argent.
Puis le vieil homme ajoute que les factures médicales de Rita sont envoyées au manoir et qu’il va les payer. Norman mentionne le fait qu’Eddie Jacks voulait également payer les factures, et fait savoir à son grand-père qu’il n’est pas à vendre.
Eddie frappe à la porte de l’appartement et entre pour voir Rita en train de pleurer sur un oreiller. Eddie lui donne son mouchoir, précisant que ce sera plus facile de se moucher dedans que dans un oreiller. Rita évoque son état dépressif comme s’il était normal parce qu’elle est enceinte. Elle lui dit qu’elle a peur, et elle ne sait pas pourquoi. Elle est malade du cœur et si un drame devait lui arriver, qui s’occuperait du bébé ? Ça et le fait que ses parents se disputent l’empêche de dormir la nuit.
Eddie dit qu’il sera là avec Ada pour prendre soin de l’enfant. Rita admet que Norman ne le laissera jamais aux mains d’Eddie. Il la rassure en disant qu’elle et le bébé iront bien.
Norman arrive juste au moment où Eddie s’en va. Il dit à sa femme que Peyton leur offre de payer les frais médicaux de Rita et que pour toute réponse, il a joué à « monsieur l’indépendant ». Il lui demande s’il a bien fait.
— À ton avis ? lui répond-elle.
Norman le prend mal :
— Merci pour le vote de confiance !
Il va dans sa chambre.
Rodney et Betty sortent du Colonial Post Inn et partent faire une promenade en voiture. Betty semble ravie de cette petite escapade. Tandis qu’ils partent, Steven les regarde depuis la fenêtre de son bureau.Sur le quai, Rodney gare la voiture. Il offre une couverture à Betty parce qu’il commence à faire frais. Ils se rendent au Shoreline Garage.
Là-bas, Betty monte dans une voiture en réparation et fait semblant d’être pilote de formule un et Rodney d’être son co-pilote. Puis Betty devient plus sérieuse, elle sort de la voiture.
Rodney lui dit qu’elle va divorcer, elle n’a pas à culpabiliser de passer du bon temps avec lui. Ça fait un an qu’il attendait cela et maintenant, ils peuvent se voir. Betty lui demande de ne pas se méprendre, elle ne veut pas commencer une relation avec lui.
Rodney pense que les choses sont en train de changer pour eux. Ce n’est pas ce que pense Betty. Elle lui dit qu’ils ne se connaissent pas vraiment l’un et l’autre, ce qui fait tiquer Rodney.
— Nous nous sommes mariés pour de mauvaises raisons et nous n’avons jamais eu de vie privée, raconte Betty.
Elle ajoute qu’ils ne se connaissent pas mieux maintenant. Il y a toujours eu une certaine distance entre eux depuis le départ. Mais Rodney ne l’entend pas de cette oreille. Il lui dit qu’il l’aime et elle se sent attirée par lui. Ils s’embrassent longuement.
Rodney Harrington et Betty Anderson Cord ont passé un long après-midi ensemble. Un après-midi qui a explosé dans une étreinte et s’est terminé dans l’amertume. Betty, à ce moment de sa vie, peu après que les avocats de Martin Peyton aient déposé une demande de divorce en sa faveur, n’a aucune intention de s’impliquer à nouveau avec Rodney. Et Rodney doit décider si son intérêt pour Betty est intensément personnel ou un moyen de blesser Steven, le mari de Betty.
Conduisant vite, Rodney ramène Betty au Colonial Post Inn.
Au Colonial, Betty se précipite dans sa chambre et trouve Steven l’attendant. Elle lui demande comment il est entré.
— Quelle différence cela peut faire ? répond-il. Nous devons parler.
Betty ne ressent plus le besoin de parler. Steven l’informe qu’il intente une action en justice pour prouver l’incapacité mentale de Peyton. Un processus complexe qui inclue des rapports médicaux, des témoins, un procès. Il lui dit à quel point c’est important pour lui, mais aussi pour elle. Il a besoin de son aide. Il veut qu’elle soit à ses côtés pour l’audience.
Mais il se heurte à une Betty blasée qui n’en a plus rien à faire de Steven, de Martin et de la fortune des Peyton. Il ajoute qu’il ne lui a jamais menti. Betty répète alors qu’elle l’a vu quitter la résidence de Boston avec Adrienne. Elle lui parle aussi du rapport Blaine. Lorsque Steven en avait pris connaissance, il ne l’avait pas cru lorsqu’elle lui avait dit la vérité. Elle pense que Steven veut se servir d’elle pour atteindre son grand-père.
— Steven, même si tu me dis qu’il ne s’est rien passé entre Adrienne et toi, je ne te croirais pas !
Rodney sort de sa voiture et monte les marches menant à l’appartement de Norman et Rita. Cette dernière l’invite à entrer. Il lui demande si elle veut aller se promener. Rita pleure. Elle confie à Rodney avoir eu une sévère dispute avec Norman. La dispute portait sur Eddie.
Rodney avoue que son frère peut se montrer borné parfois. De plus, Rita veut que Norman ait les meilleures opportunités pour son avenir. Travailler dur sur un dock n’est pas forcément propice à un bon futur.
Eddie gare son vieux tacot devant la demeure de Peyton, juste devant la limousine, et va sonner à la porte du manoir.
Mary sert le petit déjeuner de Peyton tandis que la sonnette de l’entrée retentit. Elle fait entrer Eddie. Ce dernier se présente à Martin comme le père de Rita et lui dit que c’est un plaisir de le rencontrer.
Peyton demande de but en blanc pourquoi Eddie est revenu à Peyton Place. Le vieil homme le traite de bon à rien et de parasite. Il ajoute qu’il peut reprendre sa bouteille de brandy qu’Eddie lui a offert. Il n’en veut pas.
Selon lui, Eddie est revenu en rampant ici parce qu’il a senti l’odeur de son argent. Puis Peyton lui dit de débarrasser le plancher. C’est à ce moment qu’arrive Adrienne. Eddie la félicite pour son prochain mariage. Martin ne cesse de lui demander de partir, sans succès. Eddie continue son petit numéro avec Adrienne. Il ajoute qu’il dirige la taverne, dont il était le propriétaire auparavant. Eddie s’en va enfin, et Peyton claque la porte derrière lui.
Le vieil homme se pose des questions sur la venue d’Eddie. Il avait l’impression qu’il se servait d’Adrienne comme d’un jouet et se demande s’il sait quelque chose sur son passé. Adrienne lui dit qu’il est juste venu ici pour les ennuyer, c’est tout. Et visiblement, il a réussi.
Au poste de police, Steven demande à Elliot à voir l’interview qu’il a réalisé hier. Il veut savoir ce que Peyton a dit au sujet du mariage. Elliot lui répond qu’il n’a pas dit grand chose. Pour être honnête il ne sait pas vraiment ce qu’il a dit. Il a aussi parlé brièvement avec Adrienne.
Cependant, Steven insiste pour avoir la transcription complète de l’entretien et il aimerait l’avoir aujourd’hui même. Elliot lui demande pourquoi c’est si important. De toute façon, l’article paraîtra dans l’édition de samedi prochain. Mais Steven insiste pour l’avoir maintenant.
Elliot mentionne l’audience requise par Steven et lui propose un deal : si Steven affirme que l’audience à venir n’a rien à voir avec son grand-père, alors il lui donnera une copie de l’entretien immédiatement.
Steven ne répond pas et s’en va. Elliot le rattrape. Il lui dit que la haine n’est pas un sentiment sain, et il est bien placé pour le savoir. Cette haine, il l’a eue pendant les dix-huit années qu’il a passées en prison. Steven lui répond :
— Pour vous ça a duré dix-huit ans, pour moi c’est la vie entière.
Lee Webber gare la limousine et aide Betty à en sortir. Elle frappe à la porte d’entrée du manoir et Mary, ravie de la voir de retour, la fait entrer.
— Je ne suis pas revenue, précise-t-elle à l’employée de maison.
Peyton s’enquiert de l’entretien qu’a eu Betty avec Maître Kennerly. Il lui demande de s’asseoir afin de discuter tranquillement avec elle. Il vante les qualités de la jeune fille. En ce qui concerne le divorce, il voudrait qu’elle attaque Steven pour cruauté mentale et non pour adultère, sinon le procès risque de durer un an si Steven se défend. Elle accepte parce qu’elle veut se débarrasser le plus vite possible de ce mariage.
Steven Cord a été manipulé par son grand-père, Martin Peyton. Arnaqué et détourné du droit chemin par la fiancée de son grand-père, Adrienne Van Leyden. Ce soir, Steven est déterminé à découvrir si oui ou non ses soupçons sont fondés. À savoir que le principal manipulateur serait en fait son demi-frère Rodney Harrington.
Tard le soir, Steven se rend en voiture au Shoreline Garage.
❖
Steven entre dans le garage, ouvre la lumière et réveille Rodney, qui dort dans un lit de camp. (On note que la nuit, il n’est pas nécessaire de fermer sa porte à clé à Peyton Place.) Steven est venu connaître la vérité. Il soupçonne fortement Rodney d’être de connivence avec Martin Peyton pour briser son mariage. Ainsi il pourrait avoir Betty, et aussi l’héritage Peyton.
Rodney lui demande de s’en aller, il doit dormir, car il se réveille tôt demain matin. En colère, Steven renverse le matelas de son demi-frère, l’accusant de connaître depuis le début la raison pour laquelle Adrienne est venue à Peyton Place.
N’en pouvant plus des insinuations de l’avocat, Rodney le frappe au visage. Steven s’effondre, mais il se relève rapidement.
— Tu savais depuis le début qu’Adrienne allait détruire mon mariage avec Betty, lui dit l’avocat.
Et lorsque Rodney lui répond qu’il ne savait rien du tout, l’avocat le traite de menteur. Puis il s’en va.
◇
Dans le square, de la vapeur fumante émane du radiateur du vieux tacot d’Eddie. Un jeune vient lui demander combien il veut pour ce vieux tas de ferraille. Eddie chasse le gamin et se rend au bureau de Steven Cord à pieds.
Il se présente à Steven. Il a des informations à lui transmettre sur Adrienne Van Leyden. Flairant l’arnaque, Steven lui demande cyniquement combien cela va lui coûter. En plaisantant, Eddie dit que sa réputation le suit, mais qu’il n’est pas venu ici pour lui vendre quelque chose. Les informations qu’il a, il veut les lui donner gratuitement, pour aider sa fille.
Steven ne voit pas le rapport entre Adrienne et Rita. Il se trouve que si Peyton se marie avec cette femme, Norman et Rodney vont passer à côté de la fortune du vieux. Et par conséquent, Rita sa « pauvre petite fille enceinte » (ainsi qu’il l’appelle), également.
Il sert de nouveau le même couplet du père qui revient après dix-neuf ans d’absence pour renouer des liens avec sa fille. Ce qui ne fonctionne pas sur Steven, qui dit à Eddie qu’il connaît bien Norman et qu’il s’occupe très bien de Rita.
Eddie veut pour sa fille tout ce qu’elle a le droit d’avoir, et ce qu’elle a le droit d’avoir, Norman, Rodney et Steven ont également le droit d’avoir.
— Si Martin Peyton se marie, bye bye l’argent, dit-il.
Il se trouve qu’il connaît Adrienne parce qu’il travaillait pour un détective privé à New York et il était chargé de la surveiller. Il sait qu’elle ne laissera pas un centime aux descendants de Martin Peyton. Il laisse entendre à l’avocat qu’à New York, Adrienne payait des hommes pour lui tenir compagnie, et que Steven pourrait s’en servir contre elle.
On voit sur le visage de Steven qu’il est intéressé par les propos d’Eddie. Cependant, il fait mine de ne pas s’en soucier :
— Vous me faites perdre mon temps, sortez d’ici, dit-il.
Lorsqu’Eddie s’en va, il est encore dans le secrétariat lorsqu’il entend Steven appeler Mlle Nolan et lui demander de se mettre en contact avec un détective privé à New York. Eddie s’en va, le sourire aux lèvres, satisfait de sa mission accomplie.
◇
Martin Peyton descend les escaliers de l’entrée du manoir. Lee Webber lui montre la bouteille de brandy qu’Eddie Jacks lui a offert. Il aide le vieil homme à remonter les marches et à entrer dans la demeure.
Martin s’assoit pour se reposer. Elliot Carson sonne à la porte. Mary le fait entrer. Elliot vient chercher des informations sur le mariage pour le Clarion, bien que les mariages l’ennuient le plus souvent.
Adrienne arrive et Peyton la présente à Elliot. Elliot devient très indiscret en demandant à Adrienne où elle a rencontré le Dr Van Leyden. Adrienne lui sert une histoire invraisemblable : elle a rencontré le Dr Van Leyden dans un safari en Afrique, où elle a par erreur tiré sur lui lorsqu’elle chassait le zèbre. Cette histoire fait rire Elliot qui la félicite pour son humour. Il lui repose la question.
— À une fête de charité, dit-elle.
Les questions embarrassent Adrienne, si bien que Peyton lui demande de partir. Elliot insiste. C’en est assez pour Peyton qui chasse Elliot de sa demeure. Seule avec sa « fiancée », Peyton dit à celle-ci de ne pas sous-estimer Elliot Carson. Elle pense que ce n’est qu’un journaliste de province inoffensif, mais Peyton lui ordonne de ne plus l’approcher.
◇
Betty cueille une fleur dans le square et se dirige vers la librairie. Elle regarde la vitrine. Rodney l’appelle et lui demande de monter dans la voiture. Elle refuse dans un premier temps, puis accepte.
Tout en conduisant, Rodney lui raconte la visite surprise de Steven au garage. Steven sort du Peyton Place Professional Building et les observe.
◇
Sur le quai, Eddie prend un verre de cidre et s’apprête à partir sans payer. Le propriétaire du Cider Barrel lui fait rappeler qu’il n’a pas payé. Il se rend à la cabine téléphonique et appelle Leslie à la fabrique. Il lui rapporte sa conversation avec Steven, et surtout, ce que ce dernier a dit à sa secrétaire. Leslie le remercie, il est soulagé.
◇
Toujours sur le quai, Le Dr Rossi gare sa voiture et appelle Norman, qui décharge des caisses pour la fabrique Peyton. En voyant le médecin, Norman prend peur et pense à Rita, mais Michael le rassure, elle va bien. Ils marchent ensemble et vont prendre un café à la camionnette ambulante.
Le médecin dit qu’il est satisfait de l’état de santé de Rita pour l’instant. Norman lui explique comment son aversion pour Eddie cause des problèmes avec Rita. Le médecin lui répond qu’Eddie est le père de Rita et il fait maintenant partie de sa vie. Norman lui assure qu’il a promis qu’il ferait un effort pour supporter Eddie, mais il n’est pas sûr d’en être capable. Il retourne travailler.
◇
Rodney conduit Betty à l’étang Tucker, réputé pour les flirts d’été. C’est là que Betty et Rodney ont fait l’amour il y a quatre ans, et où Betty est tombée enceinte. Cet endroit leur rappelle cependant de bons souvenirs, les souvenirs de l’été 1964 où ils étaient très amoureux.
Ils se garent, sortent de la voiture, et marchent tranquillement côte à côte le long d’une clôture en bois. Rodney fait remarquer à Betty qu’elle est très calme face à la situation qu’elle traverse. Il lui suggère de prendre un appartement à Boston sans donner l’adresse à Steven.
Ils s’assoient sur un banc et continuent à parler de leur relation amour-haine. Elle veut s’éloigner de Steven, mais aussi de Rodney. Or, Rodney veut se rapprocher d’elle. Il embrasse Betty. Elle répond à son baiser, mais soudain se rétracte et retourne précipitamment dans la voiture. Ils retournent en ville.