Une longue nuit est passée depuis qu’Hannah Cord a étonné tout le monde lors de son témoignage à l’audience préliminaire de Lee Webber, révélant le secret que Martin Peyton a désespérément voulu garder. Et alors la vérité, comme le soleil, est finalement apparue. Hannah a témoigné que Catherine Peyton a eu une aventure avec Brian Cord, et qu’elle était la mère de Steven Cord et Ann Howard. La lourde et amère lutte de Peyton pour protéger sa fille a brusquement pris fin.
Dans le salon du manoir de Peyton, Martin conduit son fauteuil roulant électrique. Il se rend jusqu’à la cheminée et remue le feu. Il se lève, avec l’aide de ses deux cannes, et observe le portrait de sa fille.
Rodney entre dans la pièce et discute avec son grand-père. Peyton lui parle de la « performance » d’Hannah à la Cour. Rodney a ainsi appris que sa mère avait donné naissance à deux enfants illégitimes.
Il critique son grand-père pour avoir utilisé cette information afin de manipuler la vie de tous. Peyton se défend en disant qu’il a fait ceci pour protéger sa fille, Rodney et Norman. Mais Rodney pense que c’est surtout lui, Martin Peyton, qu’il a voulu protéger.
Hannah descend les escaliers. Thomas l’aide à porter sa valise et sa malle. Elle vient dire à Peyton qu’elle a laissé des instructions détaillées pour sa santé. Elle a décidé de quitter Peyton Place.
Elle ajoute que le petit déjeuner est déjà prêt. Puis elle s’en va. Rodney se rend à l’étage.
Mme Linden, vendeuse de la boutique « Les Femmes », salue Elliot alors qu’il décharge un chargement de livres en face de la librairie, et elle salue Eli qui pousse le bébé dans son landau. Eli lui dit que Matthew a pris 300 grammes cette semaine.
Rodney gare une voiture bleu clair devant le Shoreline Garage et rencontre Jack Chandler qui se présente à lui. Il veut que Rodney s’occupe de sa voiture en lui disant qu’elle a du mal à démarrer. Rodney lui dit qu’il va voir ce qu’il en est et demande à Chandler de revenir dans deux heures.
Chandler offre d’aller boire un café avec Rodney, mais Rodney refuse poliment.
À la librairie, Elliot fait l’inventaire de livres de poche avec Constance. La Cour siège dans une demi-heure et Steven est injoignable.
Betty entre dans la librairie, le visage blême. Elle est inquiète, car elle n’a aucune nouvelle de Steven. Elle ne sait pas où il se trouve et elle a peur qu’il ne vienne pas au tribunal pour l’audience. Elle a surtout peur que les révélations d’Hannah ne l’aient anéanti définitivement.
Elliot tente de la rassurer. Steven est un professionnel, il a fait témoigner Hannah en connaissance de cause, il ne laissera pas tomber l’affaire. C’est alors qu’il voit la voiture de Steven se garer devant le bâtiment de la banque, abritant son cabinet, et demande à Betty de regarder par la fenêtre. Quand elle voit Steven, l’angoisse laisse place au soulagement.
Dehors, elle se précipite vers Steven et l’embrasse.
— Je ne savais pas où tu étais, j’avais tellement peur.
— Allons, j’ai une audience dans moins d’une demi-heure, entrons dans le cabinet, je dois me préparer et me raser.
Ils entrent ensemble dans le bâtiment de la banque.
À l’hôpital, Rachel est dans le bureau du Dr Rossi. Elle est assise sur sa chaise et consulte un livre lorsque ce dernier entre. Pendant un instant, ils jouent à inverser les rôles : Mike se prend pour une vieille femme malade et Rachel pour le médecin.
Puis Rachel dit au médecin que Mme Healey a fait une robe pour elle, et lui a dit qu’elle pouvait se servir de sa machine à coudre.
Mike lui annonce une bonne nouvelle : il vient d’apprendre qu’il n’y aura pas d’audience pour la garde de Rachel, car Chandler a dit qu’il abandonnait l’idée de prendre Rachel à sa charge.
Rachel est d’abord dubitative, ayant beaucoup de mal à y croire, puis finalement se lève et étreint le médecin en le remerciant pour tout ce qu’il a fait pour elle.
Elle aimerait rester à l’hôpital, mais Mike lui dit que ce n’est pas possible, l’hôpital n’est pas une maison ni un hôtel. Et comme Rachel est mineure, elle va devoir aller en foyer d’accueil. La jeune fille n’est pas très enthousiaste à cette idée. Elle insiste pour rester à l’hôpital, en disant qu’elle pourrait aider s’il lui donnait un travail à faire ici. Elle pourrait même aller à l’école pour apprendre un métier. Et en travaillant un peu à l’hôpital, elle pourra se faire de l’argent et s’acheter ses propres vêtements.
Mike promet d’y penser, et lui dit qu’ils en reparleront plus tard. Avant que Rachel ne parte, il lui dit qu’il aime bien la façon dont Mme Healey l’a coiffée.
Au Shoreline Garage, Rodney regarde sous le capot d’une voiture, tandis que Chandler vient l’importuner. Chandler est un peu juste côté argent aujourd’hui, mais aura de quoi payer demain. Il dit que son adresse est RDF 11 Hastings Valley.
Ils parlent tranquillement. Rodney lui dit qu’il a un frère qui s’appelle Norman. Chandler affirme qu’il a été marié à Lucy pendant dix ans et qu’elle est morte récemment. Rodney remplace la batterie. Chandler paye quinze dollars à Rodney et promet l’autre moitié de la somme plus tard.
Steven se rase tandis que Betty l’observe. Il termine en se lavant la figure et en apposant une lotion après-rasage. Il enlève sa chemise et la jette à terre pour en prendre une propre. Il demande à Betty de l’aider à mettre ses boutons de manchettes.
Il lui parle du cadeau qu’il avait eu de Catherine lorsqu’il avait reçu son diplôme. Il se souvient que la carte disait : « À un garçon brillant. Tous mes vœux pour un avenir de vainqueur ».
Il saisit ensuite une cravate et l’ajuste tout en disant à sa femme que Peyton méprise les Harrington autant que les Cord.
— Mais je suis un Peyton autant qu’eux. J’ai le droit d’avoir ce qu’ils ont.
Betty promet de l’aider à obtenir ce qui lui revient des Peyton. Il lui demande de lui prêter une de ses épingles pour lui porter bonheur lorsqu’il se battra à la salle d’audience.
Jack Chandler est un homme qui a une mission. Il veut le retour de la jeune Rachel Welles dans son monde. Le monde isolé de sa ferme de Hastings Valley. Il sait qu’il doit procéder en douceur. Il doit découvrir la nature de l’ennemi. L’ennemi ? Des hommes comme Elliot Carson.
Dans le square sombre, près du kiosque à musique en face du Clarion, Jack Chandler se tient debout et réfléchit à la façon de reprendre Rachel. La lumière du réverbère reflète le visage de Chandler d’une façon inquiétante.
Elliot tape à la machine dans son bureau du Clarion tandis que Chandler entre. Il se présente. Elliot lui demande ce qu’il peut faire pour lui.
— Rien de spécial, lui répond Chandler.
Il complimente Elliot pour son éditorial. Il lui passe de la pommade en lui disant qu’il écrit très bien. Elliot lui dit que son temps est précieux.
Chandler vient à parler de la fille d’Elliot et lui dit qu’il est désolé pour ce qui lui est arrivé. Elliot le remercie froidement pour sa sollicitude.
Ils parlent de Rachel, d’Allison et du bracelet. Elliot lui demande depuis combien de temps il vit à Hastings Valley et la réponse de Chandler est plus qu’évasive.
Elliot se demande s’il était vraiment engagé dans la marine. Chandler lui répond que tout ce qu’a dit Rachel est la vérité.
— Ravi d’avoir fait votre connaissance, dit-il au rédacteur avant de s’en aller.
Dans le salon du manoir Peyton, Leslie est sur le canapé, les pieds sur le tabouret, en train de siroter un verre. Il est passablement éméché. Peyton l’écoute parler. Leslie lui parle des vingt-cinq ans pendant lesquels il a toléré toutes ces choses. Il se souvient avoir été docker à la fabrique.
Peyton lui dit qu’il n’a jamais eu sa place dans l’entreprise. Ses goûts et son comportement ont toujours laissé à désirer. Il restera à jamais un homme ordinaire, un être inférieur selon les propres dires de Peyton. Il n’a jamais appartenu à cette famille.
Leslie lui rétorque qu’il n’a pas arrêté de manipuler sa fille.
— Vous êtes fou, lui répond Martin.
Il ajoute qu’il a vu Norman se rendre au cimetière. Quoi qu’il pense de toute cette histoire, Catherine restera sa mère adorée.
Il demande à Leslie quel est son prix pour qu’il laisse tomber la direction de la fabrique.
— Pas de marché, lui répond Leslie.
Martin lui demande alors s’il souhaite démissionner de son poste de directeur. Leslie lui répond qu’il ne s’est jamais senti à l’aise dans cette famille et dans cette maison. Il s’en va après avoir demandé au vieil homme ce que ça fait de vivre dans une « prison solitaire ». Ils sont plus que jamais des ennemis jurés.
Peyton lui demande de partir.
— Avec plaisir, répond Leslie.
À l’appartement, Rodney et Rita boivent un café. Ils s’inquiètent pour Norman, qu’ils n’ont plus vu depuis l’effroyable témoignage d’Hannah.
Rodney informe Rita qu’il compte aller faire un tour à White River pour essayer de trouver Norman. Elle lui demande comment vont les affaires au garage.
Sur ce, Norman se montre. Rita est soulagée. Elle lui dit qu’elle s’est fait beaucoup de soucis pour lui. Norman est bouleversé, et en colère contre sa mère.
Il énumère les quatre enfants qu’elle a eus. Une fille dont elle n’a jamais voulu faire la connaissance, un fils dont elle ne permettait même pas qu’il assiste aux anniversaires familiaux, puis Rodney et enfin lui.
— Notre mère était folle, dit Norman en pleurant.
Il ne sait pas s’il pourra être le même maintenant qu’il a appris toute la vérité sur sa mère. Rodney tente de le réconforter, et lui dit qu’ils n’ont pas changé et qu’ils ne changeront pas.
Norman lui demande du temps pour digérer tout ceci. Rodney lui répond qu’il l’aime et sera toujours là pour lui. Puis il laisse le couple seul.
Michael se rend au bureau de Steven Cord et trouve Betty en face de la machine à écrire (bien qu’elle ne tape pas). Rossi offre de la raccompagner à la maison.
Il lui demande où se trouve Steven. Betty lui dit qu’il peut lui laisser un message écrit s’il le souhaite parce que Steven et déjà parti.
Chez les Carson, Constance s’occupe du petit Matthew. Elle applique du talc sur son estomac. Elliot lui dit qu’il a passé plus de cinq heures à rédiger l’article sur l’audience de Lee Webber alors qu’il y a un an, il aurait bouclé cela en une heure. Il a du mal à se concentrer, car il ne cesse de penser à Allison, et Constance le comprend bien.
Il est sûr d’avoir déjà vu Chandler auparavant, il se creuse la tête pour savoir où, et il est de plus en plus persuadé que c’était en prison.
Il pense encore que Rachel sait quelque chose à propos d’Allison et qu’elle ne veut rien dire parce qu’elle a peur de Chandler. Constance n’est pas de cet avis. Elle fait confiance à Rachel et pense que si elle savait quelque chose à propos du bracelet, elle l’aurait dit.
Ils couchent Matthew et sortent de la chambre après avoir éteint la lumière.
Rita entre pieds nus et découvre Norman vautré sur une chaise. Elle s’approche de lui et lui dit qu’il se fait tard. Elle lui demande s’il va à l’école demain. Il lui répond par l’affirmative.
Norman est toujours perturbé par ce qu’il a appris au tribunal et Rita s’inquiète pour lui. Il est en pleine dépression. Elle lui dit qu’il devrait aller au lit et essayer de dormir un peu, mais il lui répond qu’il ne peut enlever de son esprit ce qu’il a entendu aujourd’hui.
— Viens dans la chambre, dit-elle. Je me sens un peu seule.
— Il va falloir t’y habituer.
— Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ? Que tu vas rester assis sur cette chaise pour le reste de ta vie ?
— C’est une option.
Rita pose son menton contre le bras de son mari.
— Norman, je t’aime.
Mais Norman ne peut exprimer d’autre sentiment que la colère.
Rita lui dit qu’elle se sent seule et qu’elle voudrait un bébé. Norman se lève :
— Écoute, si tu veux un bébé, tu ferais mieux de vendre cette bague et de sortir, ou de t’offrir un chat en bonne santé.
Catherine Peyton Harrington. Née en 1918. Décédée en 1964. Le père de Catherine, Martin Peyton, s’est précipité au cimetière tandis qu’Hannah terminait son témoignage à l’audience préliminaire de Lee Webber. Un témoignage choquant dans lequel elle avouait à tout le monde que Catherine était la mère de Steven Cord et Ann Howard. Et que Martin Peyton a passé les vingt-huit dernières années de sa vie à cacher ce fait.
Au cimetière, Norman se tient devant la tombe de Catherine. Quelques instants plus tard, il s’en va. Martin Peyton, une canne dans sa main droite et un bouquet de fleurs de la main gauche, marche jusqu’à la pierre tombale de sa fille, Catherine Peyton Harrington. La pierre tombale est entourée d’une clôture en acier.
Michael se dirige vers Martin. Il est en colère, et impoli envers le vieil homme. Il lui fait des reproches concernant sa fille Catherine, et sa petite fille Ann Howard. Le médecin doute que Martin connaisse la couleur des yeux d’Ann et il doute qu’il ne l’ait jamais entendue rire.
Martin affiche un visage blême :
— Ses yeux étaient bleus. Mais je ne l’ai jamais entendue rire.
Michael lui dit qu’il a déjà entendu son rire. Peyton lui demande s’il veut des excuses. Il promet au médecin que Lee Webber va payer pour le meurtre d’Ann.
Le vieil homme se retourne et manque de s’effondrer. Rossi se précipite vers lui et l’aide à marcher jusqu’à la limousine.
Au Colonial, Leslie boit un verre à une table tandis que Rodney entre dans la pièce et se dirige vers lui.
Rod se fait du souci pour Norman, qu’il n’a pas vu depuis un certain temps. Leslie l’invite à boire un verre avec lui.
— Mets-toi assis, tu me rends nerveux.
Rodney s’assoit à la table et dit à son père qu’il aimerait son aide pour retrouver Norman. La serveuse apporte à Leslie un autre verre et tend le menu à Rodney. Leslie lui explique comment lui et Catherine se sont mariés.
Il s’était enfui avec Catherine parce que Peyton menaçait de le chasser de la ville s’il approchait à moins de vingt kilomètres de sa fille. Il dit à Rodney qu’il est fort possible qu’ils aient été mariés par la même personne qui a marié Rita et Norman. Il se souvient que c’était un homme qui ressemblait à un entrepreneur de pompes funèbres. Leslie n’était pas assez bien pour la fille de Peyton. Catherine s’est mariée avec lui contre l’avis de son père. Elle a vécu pendant des années dans la même maison que Steven et l’a totalement ignoré.
Leslie parle ensuite de l’héritage de Rodney. Il veut que son fils quitte la maison Peyton pour partir avec lui et ainsi jeter en pleine figure le marché qu’il avait conclu avec le vieil homme.
Betty va voir Steven à la salle d’audience pour lui dire qu’elle meurt de faim. Il lui suggère d’aller à l’auberge, bien que lui n’ait pas faim.
Ralph, l’huissier, apporte quelques papiers à Steven et s’excuse de l’avoir fait attendre.
Betty rappelle à son mari qu’ils ont un rendez-vous pour visiter la maison des Tobin.
La sonnette de la porte d’entrée du manoir retentit. Mary va ouvrir, salue et fait entrer Leslie.
— M. Peyton est ici ? demande Leslie.
Mary va chercher le vieil homme. Pendant ce temps, Leslie se rend au salon et se verse lui-même un verre. Il regarde le portrait de Catherine tout en sirotant son verre.
Hannah arrive sur le pas de la porte. Leslie la salue et lui demande ce qu’elle compte faire maintenant. Elle lui répond qu’elle n’a rien reçu d’autre de Martin que son salaire en tant que gouvernante.
Leslie accuse Hannah d’avoir pu pousser Ann du haut de la falaise. Il espère également que Martin Peyton fermera le manoir et repartira à Boston.
Sur le pas de la porte, Martin entend les dires de Leslie et lui répond qu’il compte rester ici, à Peyton Place. Martin demande à Hannah de le laisser en privé avec Leslie. Hannah s’éclipse. Martin suppose que Leslie a quelque chose d’important à lui dire. Leslie acquiesce. Il jubile tout en buvant son verre de whisky.
Michael est occupé dans son bureau tandis que Rachel frappe à la porte et entre. Michael s’excuse de ne pas l’avoir ramenée lui-même du poste de police à l’hôpital. Il lui demande comment s’est passé son entretien avec Chandler. Il veut savoir ce que Chandler lui a dit.
Rachel lui répond que son oncle veut qu’elle revienne à la ferme. Elle est la seule parente qu’il lui reste. Elle lui a répondu qu’elle préférait s’enfuir plutôt que de retourner vivre avec lui.
Elle lui demande la permission de retourner dans sa chambre. Mais Michael veut plus de détails.
Après cela, Constance frappe à la porte et entre avec Matthew. Elle est ici pour un examen de routine pour Matthew. Rachel est touchée par le bébé. Elle demande à Constance si elle peut le tenir dans ses bras et Constance lui tend l’enfant.
— C’est un merveilleux bébé, dit-elle en souriant.
Rachel parle du fait qu’elle pourrait s’occuper d’enfants. Elle sait qu’elle serait très bonne dans ce domaine.
Au Clarion, Elliot s’entretient avec Jerry, l’imprimeur. Il lui dit qu’il n’aime pas ce qu’il voit. Il préfère deux colonnes en première page. Et plus de graphiques.
— Pas de problèmes, lui dit Jerry en retournant dans la salle d’imprimerie.
Eddie, le facteur, apporte un paquet à Elliot. Eli arrive au même moment et salue Eddie. Elliot n’est pas pressé d’ouvrir le paquet. Eli attrape le paquet, mais Elliot le lui prend des mains.
Le paquet contient de vieux journaux. Elliot fait des recherches sur le nom de Jack Chandler. D’après ce que sait Elliot, la tante de Rachel est allée voir un cousin à la prison d’État de Charlestown. Elle est revenue à Hastings Valley avec Chandler qui n’avait que ses vêtements sur lui comme bagage.
Elliot Carson a profité d’une longue pause de la Cour pour satisfaire sa curiosité à propos de Jack Chandler. Il a interrogé la nièce de Chandler, Rachel Welles, et l’a trouvée délibérément vague et évasive. Mais son attitude n’a fait qu’amplifier la détermination d’Elliot à apprendre tout de cet homme qui cherche à avoir la garde permanente de cette fille effrayée.
Les feuilles mortes jonchent le sol du square. Elliot gare sa voiture le long de la route, puis sort du véhicule et franchit les marches du tribunal. Il se retourne et voit une voiture de police s’arrêter devant l’entrée du tribunal, Rachel à son bord. Le policier conduit Rachel en haut des marches. La jeune fille toise Elliot, puis le contourne et entre dans le bâtiment. Elliot la suit.
Dans le couloir du Town Hall, Rachel se retrouve nez à nez avec Constance et Mike. Derrière elle se trouvent Elliot et le policier. Elle pense à une conspiration pour la faire parler, et elle s’emporte :
— Bien, tout le monde est ici. Pourquoi ne pas faire votre reportage ?
Elle passe devant Constance, qui l’interpelle :
— Rachel…
— Je suis vraiment désolée, mais je ne peux pas vous aider, madame Carson.
Michael ne comprend pas ce que Rachel fait ici, et s’en prend au policier :
— Je pensais que vous deviez la ramener à l’hôpital.
— Je devais, explique l’officier. Mais j’ai été rappelé. Elle a un rendez-vous avec une assistante sociale.
— Rachel, Rachel ! appelle Mike.
Elliot va rejoindre son épouse :
— Il y a eu un léger malentendu.
— À propos de quoi ?
Constance ne comprend pas ce qui se passe et s’adresse à Rachel :
— Je ne sais pas ce qui s’est passé entre toi et mon mari.
— Vraiment ? fait Rachel.
— Non.
Rachel se calme et sourit à Constance.
— Je suis contente. Et je suis également désolée.
— De quoi ?
— D’avoir agi comme une enfant.
Rachel les laisse dans le couloir pour accompagner le policier dans un bureau.
— Mais enfin, que s’est-il passé ? insiste Constance.
— Je lui ai posé des questions sur Chandler, répond Elliot.
Mike est alors intéressé :
— Qu’avez-vous découvert ?
— Rien. Elle ne m’a donné que quelques faits inoffensifs. C’est tout. Je l’ai poussé un peu à bout. Et elle a fait machine arrière.
— N’as-tu pas peur de l’effrayer avec toutes ces questions ? s’inquiète Constance. Est-ce que Chandler pourrait conserver la garde de Rachel ?
— Il y a des chances, opine Elliot. Sur le papier, c’est le tuteur officiel. Tu sais, sa tante Lucy a marié un homme qu’elle ne connaissait pas beaucoup. C’est comme s’il sortait de nulle part. Il est juste là avec un certificat de mariage.
— Ça laisse de nombreuses questions en suspens. Crois-tu que Rachel ait les réponses ?
Elliot secoue la tête :
— Je ne sais pas. Ça va plus loin que des corrections et des mauvais traitements. C’est bien plus profond. Peut-être que ça a commencé dans son enfance.
— Le fait que cet homme ait pu avoir des contacts avec Allison me donne la chair de poule.
— Eli m’attend. Je te laisse.
— Au revoir.
Plus tard, Rachel se rend dans la salle d’audience et s’assoit. Le Dr Rossi, assis à côté de Betty plus loin devant, l’aperçoit et va vers elle.
— Que faites-vous ici ? s’enquiert-il.
— Mme Franks, l’assistante sociale, est occupée. Elle a dit qu’elle me verrait plus tard.
Michael ne veut pas que Rachel assiste au procès. Il l’empoigne et la fait sortir de la salle d’audience pour l’emmener près du sergent Walker, ce dernier étant occupé au téléphone. Ils s’assoient sur un banc et Mike lui dit que cette affaire est d’ordre très privé et qu’il ne veut pas qu’elle y assiste.
Lee, escorté par un officier, passe devant eux.
— C’est lui ? demande Rachel. C’est lui qui a tué Ann ?
— Oui.
— Alors j’espère qu’il va payer très cher, et qu’il souffrira autant que vous avez souffert.
Le moment tant attendu par Steven Cord est enfin arrivé. Hannah Cord s’assoit à la barre des témoins pour poursuivre l’interrogatoire. Le juge siège. Sont présents dans la salle Elliot Carson, le Dr Michael Rossi, Betty Anderson, Norman Harrington, Rodney Harrington, Leslie Harrington, et Martin Peyton.
— Monsieur Cord, vous pouvez commencer l’interrogatoire, dit le juge.
Steven s’approche d’Hannah. L’interrogatoire peut se poursuivre.
— Vous avez vu Ann sur la falaise ?
— Oui.
— Avez-vous parlé avec elle ?
— Oui.
— Pour quelles raisons êtes-vous allée sur la falaise cet après-midi-là, madame Cord ?
— Je devais voir Ann une nouvelle fois. Je devais lui parler.
— Pourquoi ?
— Parce que lorsqu’elle a quitté la maison, elle était trop bouleversée, j’avais peur qu’elle ne commette l’irréparable.
— Donc la mère compatissante l’a suivie, pour être à ses côtés. N’était-ce pas un peu tard ?
— Objection, Votre Honneur, déclare le procureur.
— Retenue, décide le juge. Monsieur Cord…
— Où étiez-vous lorsque vous avez trouvé Ann sur la falaise ?
— Elle se tenait debout sur bord et regardait la mer. Elle semblait être dans une sorte de transe. Elle avançait de plus en plus près du bord. Elle heurtait des cailloux et j’avais peur qu’elle ne tombe.
— Ou bien qu’elle saute ?
— Oui.
Fowler objecte de nouveau :
— L’avocat influence le témoin.
Steven poursuit :
— Que s’est-il passé après avoir pensé qu’elle allait tomber ?
— Eh bien, je l’ai appelée. Il m’a semblé l’avoir fait sursauter. Oh, Steven, je sais ce que tu penses, mais elle n’est pas tombée après.
— Elle n’est pas tombée… après ?
— Elle n’est pas tombée du tout. Elle a été poussée.
Hannah se lève et pointe son index sur Lee Webber.
— Il l’a poussée.
Des murmures s’élèvent dans la salle. Lee se lève.
— C’est un mensonge ! Je n’ai poussé personne.
Le juge frappe deux coups de marteau pour ramener le calme :
— Asseyez-vous, monsieur Webber.
— Lee Webber a poussé Ann de la falaise, insiste Hannah. Je l’ai vu le faire.
— À la vue de ce témoignage provocant, Votre Honneur, j’aimerais réitérer ma question.
John s’y oppose :
— Votre Honneur, j’aimerais rappeler que cette Cour a déjà était bien indulgente auparavant au cours de cette audience.
— J’apprécie la compréhension dont cette Cour a déjà fait preuve, dit Steven. Mais j’ai le sentiment que ce témoin a totalement inventé la dernière partie de son témoignage dans le but de cacher la vérité sur la mort de sa fille.
Le juge se tourne vers Steven :
— Monsieur Cord, j’accède à votre demande. Mais je n’oublie pas que vous avez affiché du mépris à plusieurs reprises lors de cette audience.
— Oui, monsieur.
— Continuez.
— Merci, Votre Honneur. Madame Cord, vous avez dit avoir vu Lee Webber pousser Ann Howard du haut de la falaise ?
— C’est exact, Steven. Et j’ai prêté serment.
— Les serments ne sont pas nécessaires. Quand avez-vous vu Lee pousser Ann ?
— Après avoir fini de lui parler, je partais, et puis j’ai entendu le bruit d’une mobylette arriver.
— Comment savez-vous qu’il s’agissait de Lee Webber ?
— Eh bien, je ne le savais pas, jusqu’au moment où je l’ai vu.
— Quand l’avez-vous vu s’approcher ?
— J’étais sur la route, un peu après la maison.
— Où était Ann ?
— Elle était toujours sur la falaise.
— Et qu’avez-vous fait lorsque vous avez vu M. Webber s’approcher ?
— Je me suis éloignée de la route et me suis cachée derrière quelques arbres ?
— À votre avis, est-ce que le défendeur vous a vu ?
— Je ne pense pas. Tout du moins, il n’est pas venu vers moi.
— Qu’avez-vous fait ?
— Je ne savais pas quoi faire. J’étais effrayée.
— Effrayée ? De quoi ?
— Le bruit de cette mobylette me désorientait sur cette route solitaire. J’ai attendu jusqu’à ce qu’il arrête le moteur et puis je suis repartie vers la maison. J’ai commencé à courir et puis je les ai vus. Ils étaient au bord de la falaise. Il gesticulait autour d’elle avec des gestes de menace. Elle s’éloignait de lui, mais il avançait vers elle. Il l’a forcée à aller de plus en plus près du bord de la falaise. Il l’a poussée. Il y a eu un cri. Elle n’était plus là.
— Tout cela est très intéressant, madame Cord. Vous avez vu Lee Webber traquer Ann ? Il faisait des gestes de menace ? Et elle s’éloignait de lui tandis qu’il avançait vers elle ? Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps, madame Cord ?
— Oh, Steven, j’étais paralysée. Je voulais bouger, mais je ne pouvais pas. Je suis juste restée debout et j’ai observé.
— Vous avez simplement observé ? Eh bien, c’est très étrange. Vous avez témoigné que vous êtes revenue voir Ann une seconde fois parce que vous aviez peur pour sa sécurité. Et maintenant, vous me dites que vous avez observé votre propre fille se faire pousser du haut de la falaise ?
— C’est la vérité.
— C’est très intéressant, vraiment. Le frère du défendeur, Christopher Webber, a témoigné qu’il se trouvait également à proximité de la falaise. Et il a dit qu’il était également debout en train d’écouter. Très intéressant. Particulièrement depuis que son témoignage a paru en première page du Clarion. Il suffit de changer le terme « j’ai entendu » par « j’ai vu » et le témoignage est similaire. Avez-vous lu le témoignage de Christopher Webber en première page du Clarion ?
— Oui.
— Merci.
Il s’interrompt un instant, puis reprend :
— Maintenant, il y a autre chose que j’aimerais savoir. Par exemple, ce qu’une mère inquiète a fait après que sa fille fasse une chute mortelle de cinquante mètres. Avez-vous couru jusqu’au pied de la falaise pour voir si elle était toujours en vie ? Avez-vous pris votre fille dans vos bras ? Avez-vous prévenu quiconque de ce dont vous avez été témoin ? Avez-vous fait un effort immédiat pour voir cet homme qu’aujourd’hui vous accusez devant la justice pour ce que vous lui avez vu faire à votre fille ?
— Non.
— Pourquoi le faites-vous maintenant ? Pourquoi maintenant ?
— Je ne sais pas… je ne sais pas.
— Vous mentez, n’est-ce pas ?
— Non.
— Votre vie entière n’est que mensonge.
— Non ! Non !
Martin Peyton se lève et intervient :
— C’est assez ! Je ne peux pas permettre qu’il continue.
Ce mouvement d’humeur met la salle en ébullition. Le juge frappe avec son marteau. Mais cela ne suffit pas pour arrêter le vieil homme, qui poursuit :
— L’avocat de la défense ne s’en prend pas seulement au témoin, mais à toute la famille Peyton.
— Monsieur Peyton, veuillez reprendre votre place, intime le juge.
— Il n’y a pas de loi, reprend Martin. Pas de procédure de loi qui permette une telle ignominie. Le nom de ce comté est Peyton. C’est le monde de Peyton.
— Monsieur Peyton !
— J’ai été patient jusque là. Remarquablement patient. Mais je ne peux plus tenir ma langue.
Le juge est excédé par l’attitude de Peyton :
— Huissier, veuillez escorter M. Peyton hors de cette salle d’audience, s’il vous plaît.
L’huissier se dirige vers Peyton.
— Je réalise que je perturbe la Cour, Votre Honneur. Mais Mme Cord et moi sommes ensemble depuis très longtemps, depuis de nombreuses années. Elle est ma plus ancienne et fidèle employée. Et c’est également une amie de longue date.
Peyton retourne à son siège. Voyant qu’il reprend son calme, le juge dit à l’huissier de le laisser. L’huissier s’éloigne de Peyton. Après quoi, Chester demande à Steven de continuer.
— Je vous ai demandé pourquoi vous n’avez pas rapporté cette histoire plus tôt. Lee Webber n’a pas poussé Ann, n’est-ce pas ?
— Oh, Steven, je…
— Elle s’est jetée elle-même de la falaise et vous l’y avez conduite.
— Ann ne s’est pas suicidée. Je ne l’ai nullement conduit à faire cela.
— Vraiment ? Lorsque vous étiez sur la falaise, vous avez vu Ann tout près du bord.
— Steven, je te l’ai dit.
— A-t-elle sauté ?
— Non.
— L’avez-vous poussée ?
— Non !
— Pourquoi étiez-vous après elle ?
— Parce que je ne pouvais plus me taire. Il fallait que je lui dise. Il fallait que je lui dise parce que je pensais qu’elle comprendrait et qu’elle m’aiderait parce que je ne voulais pas te perdre. Il fallait que je lui dise que je n’étais pas sa mère.
Tout le monde est interloqué par cette déclaration. Steven reste sans voix. Après un moment, Hannah avoue :
— Je n’ai jamais eu d’enfant.
Une phrase qui tombe comme un couperet et laisse Steven abasourdi.
— Tu n’as jamais…
— Je ne suis pas ta mère.
Steven accuse le coup.
— Qui est la mère d’Ann ? Qui est ma mère ?
— Catherine Peyton.
Devant cette déclaration aussi brutale qu’étonnante, le public dans la salle se déchaîne. Le juge frappe cinq fois avec son marteau. Le public ne se calme pas. Il frappe onze fois supplémentaires pour tenter de faire retrouver le silence dans la salle.
Steven, en état de choc, s’approche d’Hannah.
— Catherine Peyton…
— Oui.
— … était la mère d’Ann, et la mienne ?
— Oui, Steven.
— Comment avez-vous pu lui dire cela ? Et comment avez-vous pu justifier cette mascarade ?
— Je ne pouvais pas. Lorsqu’elle m’a demandé pourquoi j’avais quitté son père, je lui ai raconté que je l’avais quitté à cause d’une affaire de cœur. « Vous avez quitté votre mari pour une simple affaire de cœur » m’a-t-elle dit. Comme si c’était ma faute, et pas celle de Brian.
— Et vous lui avez dit…
— Pas tout. Juste assez pour essayer de lui faire comprendre ce que c’est que de voir un mari détruire un mariage en forniquant avec une de ses élèves gâtées.
— Étaient-ils amoureux ?
Hannah laisse échapper un rire froid :
— Amoureux ? Catherine Peyton, amoureuse ? Elle n’a jamais été amoureuse de sa vie. Elle n’a jamais aimé personne d’autre qu’elle.
— Dites-moi alors quelle était la nature de leur relation ?
— La nature de leur relation était que Catherine Peyton a toujours eu ce qu’elle voulait. Elle voulait mon mari. Et lorsque le temps était venu pour elle de payer pour ça, son père était là avec son carnet de chèques. Steven, à ton avis, Brian Cord a vécu sur quoi pendant toutes ces années ?
— Êtes-vous en train de me dire qu’il a reçu une aide financière de Martin Peyton ?
— Appelle cela comme tu veux. On peut aussi appeler cela du chantage.
— Avez-vous dit à Ann que son père était un maître chanteur ?
— Elle a insisté pour connaître la vérité. Je ne pouvais pas la lui cacher. Alors, Brian Cord a eu son prix pour garder le silence, un chèque régulier, et un gros. Et Catherine s’est mariée à Leslie Harrington et a passé le reste de sa vie à régner sur Peyton Place sans que personne ne sache ce qui s’est passé.
— Alors son père était le maître chanteur qui avait une liaison avec Catherine Peyton. Mais vous l’avez laissé quitter la maison en lui faisant toujours croire que vous étiez sa mère ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que j’ai réalisé que j’étais déjà allée trop loin.
— Vous l’avez pourtant suivie tout de suite après pour lui apprendre la vérité.
— J’avais peur que M. Peyton ne puisse m’entendre.
— Il vous écoutait depuis le début. Vous avez réagi aussi froidement et délibérément que vous l’avez fait toute votre vie.
— Objection, Votre Honneur, lance Fowler. L’avocat n’est pas ici pour juger le témoin, mais pour défendre son propre client contre une accusation de meurtre.
— Monsieur Cord…
— Votre Honneur, ce témoin dit avoir vu une prétendue attaque sur la falaise. Je crois qu’il s’agit d’un alibi pour ses propres actions. D’après ses propres dires, la première conversation de Mme Cord avec la défunte avait laissé la jeune fille déjà instable dans un état émotionnel perturbant. Maintenant, c’est mon but de démontrer que Mme Cord n’a pas suivi Ann uniquement parce qu’elle ne supportait plus de la voir souffrir. Mais pour finir ce qu’elle avait commencé. Sa vengeance contre Catherine Peyton et Brian Cord en détruisant leur fille.
Chester est convaincu :
— Vous pouvez continuer, monsieur Cord.
— Lorsque vous avez revu Ann, pour la dernière fois, lui avez-vous dit que vous n’étiez pas sa mère ?
— Oui.
— Lui avez-vous tout raconté depuis le début ?
— Je lui ai dit que Catherine Peyton était sa mère.
— Dans quelles circonstances Catherine Peyton a-t-elle rencontré votre mari ?
— Mon mari était peintre. Il n’avait pas un grand succès. Mais il a obtenu un emploi de professeur de peinture dans une école pour filles où Catherine étudiait. C’est moi qui ai insisté pour qu’il prenne ce job. Tu vois, je réalisais qu’il pouvait rencontrer le genre de personne qui pourrait lui demander de peindre leur portrait.
— Et une de ces personnes était Catherine Peyton ?
— Elle n’avait que dix-sept ans, elle était si belle. Tu vois, Catherine Peyton a toujours eu tout ce qu’elle voulait. Et lorsqu’elle a vu Brian, elle l’a voulu aussi. Oh, elle était très habile ! Elle savait comment faire. Elle a commandé un portrait d’elle comme cadeau de Noël pour son père. Et une semaine après que Martin Peyton affiche fièrement ce portrait sous la cheminée, elle lui a annoncé qu’elle portait l’enfant de Brian.
— Connaissiez-vous M. Peyton à cette époque ?
— Ce fut l’occasion de notre rencontre. Martin Peyton m’a appelée pour me demander de venir chez lui. Et il m’a posé des questions. Il voulait savoir comment j’allais réagir. Quelle sorte d’homme était mon mari. S’il pouvait faire un mari convenable pour sa Catherine. Il m’a vraiment demandé ça, à propos de l’homme que j’avais épousé.
— Et que lui avez-vous dit ?
— Je lui ai dit qu’en de telles circonstances, ce n’était pas une question d’adaptation, mais de nécessité. Et que si Brian voulait Catherine, il pouvait l’avoir. Je ne me serais pas mise sur leur chemin.
— Est-ce que M. Peyton s’est décidé contre le mariage ?
— M. Peyton était de bonne volonté. Brian, non. Il ne voulait pas se marier avec elle.
— Qui a pensé à l’autre solution ?
— M. Peyton. Il m’a dit que si je divorçais d’avec Brian, alors je pourrais penser à mon avenir. Je n’avais pas d’argent, et aucune formation. Je n’aurais pas pu subvenir à mes besoins. Alors M. Peyton a eu l’idée de mettre mon nom sur le certificat de naissance des jumeaux de Catherine. En échange, il s’occupait de moi en m’offrant un poste de gouvernante chez lui pour s’occuper de l’enfant. Mais il y en a eu deux et Brian avait décidé qu’il voulait le fils. Mais je ne voulais pas qu’il te prenne. Je lui ai demandé de prendre la fille.
— Veuillez enregistrer que le fils dont fait référence le témoin n’est autre que moi, Steven Cord. Donc vous avez élevé le garçon uniquement dans le but d’ennuyer votre ex-mari ?
— Au début, peut-être. Mais, Steven, j’ai appris à t’aimer.
— Dites plutôt que vous êtes restée fidèle au marché. Vous avez gardé le secret de Catherine. Vous avez pris soin de son enfant. Vous avez supervisé ses études.
— Je t’aimais. Brian a fait ça pour l’argent, mais tu étais à moi. Mon fils.
— L’avez-vous dit à Ann ?
— Oui, je l’ai suppliée de te faire comprendre.
— Avez-vous dit à Ann que son père l’a élevée uniquement au prix d’un gros chèque régulier ? Lui avez-vous dit ça ?
— Il l’a fait au début, mais plus tard…
— Plus tard, vous lui en avez dit plus. Peut-être lui avez-vous même dit que sa véritable mère jouait au golf le jour où elle a été accusée d’avoir provoqué la cécité de Christopher Webber ?
— J’aurais dû être Mme Martin Peyton si Catherine avait accepté. Mais elle avait décidé que je n’étais pas une femme assez convenable pour entrer dans la famille Peyton.
— Je veux simplement savoir ce que vous avez dit à la défunte.
— J’ai demandé à Ann de me pardonner. S’il te plaît, pardonne-moi.
— Et vous vous êtes retournée en partant et en la laissant face à sa mort.
Aujourd’hui, le tribunal du comté de Peyton est en effervescence. Martin Peyton et Hannah Cord arrivent ensemble. Peyton, pour lui rappeler ses obligations, et Hannah pour témoigner sur ce qu’elle sait de la mort d’Ann Howard. Quelque part dans ce même bâtiment, la jeune Rachel Welles subit un autre genre d’interrogatoire par l’homme qui se dit être son oncle, Jack Chandler.
La limousine s’arrête devant le tribunal. Peyton et Hannah, aidés par Thomas, sortent de l’imposant véhicule et montent les marches menant au tribunal.
Dans une salle privée, Rachel dit à Chandler qu’elle ne retournera pas à la ferme avec lui. Jamais. Elle menace de dire à la police qu’elle a trouvé le bracelet d’Allison sur le sol de la voiture de son oncle.
Plus tard, Chandler discute avec le Dr Rossi tandis qu’il quitte le poste de police. Il lui demande de remercier M. Fowler de sa part pour lui avoir permis de parler à sa nièce.
Michael demande à un officier de ramener Rachel à l’hôpital. Le public commence à entrer dans la salle d’audience où siège l’audience préliminaire de Lee Webber.
La Cour siège. Michael, Rodney, Elliot, John Fowler et de nombreux citoyens de Peyton Place sont présents. L’huissier proclame la session ouverte.
Hannah est appelée à la barre. Elle identifie une photo de sa fille, Ann Howard (Ann Cord Colby Howard). Hannah raconte qu’elle a donné la fille à son père, Brian Cord. Elle a gardé le garçon, Steven.
Hannah dit qu’Ann a été accusée d’avoir poussé Chris du haut de la falaise lorsqu’elle était enfant. La dernière fois qu’elle avait vue Ann (avant son retour), c’était il y a 28 ans.
Juste avant sa mort, elle a découvert qu’elle était la fille d’Hannah et elle est allée frapper à la porte du manoir de Peyton pour avoir une explication.
Hannah admet qu’elle a ensuite suivi Ann jusqu’à la falaise. Elle demande à Steven une pause afin qu’elle puisse se remettre de ses émotions. La Cour se retire pour une heure.
Au poste de police, Elliot parle avec le sergent Edward Goddard. Il lui dit qu’il a déjà vu Chandler quelque part, mais il n’arrive plus à se souvenir où.
Goddard ne lui est d’aucune aide.
Elliot trouve ensuite Michael au kiosque à musique. Il demande au médecin s’il sait quelque chose sur Chandler.
Rossi lui dit que non. Cependant, Elliot est sûr d’avoir déjà vu Chandler auparavant. Michael, lui, est perturbé par le témoignage d’Hannah.
Elliot arrive à l’hôpital, à la cafétéria, et surprend Rachel qui laisse tomber une bouteille. Il s’excuse de lui avoir fait peur.
Elliot demande à Rachel des renseignements sur Chandler, et notamment d’où il vient. Rachel lui dit qu’elle a raconté tout ce qu’elle sait, mais Elliot tente d’obtenir d’autres informations.
— Je ne lui ai jamais beaucoup parlé, raconte Rachel. Je ne veux plus rien avoir à faire avec lui. Je ne veux même plus penser à lui.
La place principale de Peyton Place est un carrefour. D’un côté, c’est le seul endroit logique pour une nouvelle mère comme Constance Mackenzie Carson de montrer son nouveau bébé. Pour Constance, cette présentation de Matthew Carson a une signification supplémentaire. C’est le moment de mettre de côté le désespoir causé par la disparition de sa fille Allison. C’est aussi le moment d’oublier la tragédie de la mort d’Ann Howard, qui fait l’objet d’une audience préliminaire de l’autre côté de la place. Et de mettre de côté l’entrée soudaine dans sa vie d’une jeune fille, Rachel Welles, dont son mari pense qu’elle sait quelque chose au sujet d’Allison. Mais aujourd’hui, c’est le jour de Matthew.
Eli change le panneau de bienvenue à Peyton Place, faisant passer le chiffre de 8867 à 8868. Il porte un sweater gris et un tablier. Constance arrive près du drugstore, poussant le landau. Elle rencontre Eli en face du Clarion.
Eli demande à Constance de poser pour une photo avec Matthew près du kiosque à musique. Il se rend ensuite au Clarion pour chercher Elliot, puis aide Constance à traverser la route.
Elliot sort du Clarion et pose pour la postérité avec Constance et le bébé. Un jeune garçon, prénommé Newton, essaie de se faire photographier avec le couple.
Plus loin, Jack Chandler apparaît dans sa Ford et se gare devant l’entrée du poste de police, sur le côté est du Town Hall.
Le procureur John Fowler écoute sa voix qu’il a enregistrée sur une bande. Sa secrétaire, Mary Ann, l’appelle par l’interphone afin de lui dire que Jack Chandler veut le voir.
Fowler lui répond qu’il doit se rendre à la Cour, mais qu’il pourra le voir demain. Mais Chandler insiste et Fowler accepte de lui parler à contrecœur.
Le fermier veut voir sa nièce, Rachel. Il dit qu’il ne veut causer de problème à personne. Il ajoute que la jeune fille est le seul lien qu’il lui reste dans sa vie.
Fowler demande à Mary Ann de joindre le Dr Rossi à l’hôpital. Elle compose le numéro de l’hôpital à l’aide de son crayon.
Chandler demande à la secrétaire où il peut trouver un barbier.
— La première à gauche en sortant d’ici, lui répond-elle.
Betty discute avec Steven tandis qu’il se prépare pour la journée. Steven n’arrive pas à trouver sa montre. Il se souvient l’avoir laissé sur la table près du canapé.
Betty la trouve en effet près du canapé où il s’était endormi hier.
Elle a hâte que le procès s’achève afin que Steven puisse passer à autre chose, mais l’avocat n’est pas prêt à passer à autre chose, surtout s’il perd le procès.
Betty a également peur que l’interrogatoire de sa mère n’aille pas détruire que cette dernière, mais également lui-même.
Avant qu’ils ne partent pour le tribunal, Steven s’excuse de devoir obliger Betty à bientôt déménager. Il sait qu’elle se plait dans cette maison.
Betty lui assure qu’elle n’a jamais été très à l’aise dans cette maison.
Au Shoreline garage, Norman est assis en face de Rodney. Leslie les rejoint. Ils sont tous les trois habillés pour se rendre au tribunal.
Il suggère que les trois membres de la famille Harrington aillent ensemble à l’audience, afin de prouver leur unité.
Rodney voit clair dans le jeu de son père.
— Tu veux que l’on se montre unis… contre Martin Peyton.
Leslie s’attend en effet à ce que le nom de Martin Peyton soit sali à la Cour aujourd’hui.
— Ne me demande pas de prendre parti contre grand-père, parce que je ne le ferai pas.
Norman est d’accord pour accompagner son frère et son père.
— Je trouve ça bizarre de voir Hannah à la barre des témoins, se faire interroger par Steven, et nous qui y allons ensemble. C’est un peu comme aller à des funérailles.
— Ça sera peut-être celles de Martin Peyton, profère Leslie.
Ils s’en vont tous les trois ensemble. Direction le tribunal.
Au manoir de Peyton, Hannah attend. Elle pose un regard empreint de haine au portrait de Catherine. On peut facilement imaginer ce qu’elle pense à ce moment même.
Martin entre dans la pièce et demande à Hannah si tout va bien et où elle était hier soir. Elle ne répond pas à la question. À la place, elle lui dit qu’elle lui trouve une petite mine et pense qu’il devrait rester à la maison.
Mary arrive pour dire à Hannah que son taxi est arrivé. Martin dit à la domestique de renvoyer le taxi et de faire venir la limousine. Il va accompagner Hannah.
Cette dernière n’y tient pas. Elle a l’impression que Martin pense qu’elle va s’enfuir pour ne pas témoigner.
Puis elle se rend compte de sa paranoïa et accepte finalement d’aller avec Martin au tribunal.
La limousine de Peyton s’arrête devant le tribunal. Thomas sort de l’imposant véhicule et en fait le tour afin d’ouvrir la porte et d’aider Hannah à sortir. Martin sort à sa suite.
Mike Rossi emmène Rachel au poste de police afin qu’elle rencontre son oncle, Jack Chandler. Le médecin souhaite superviser la rencontre.
Mais Fowler veut une entrevue en privé avec la présence de la police juste derrière la porte.
Mike insiste, mais n’obtient pas gain de cause.
À contrecœur, Rachel discute avec Chandler. Ce dernier lui dit qu’il a fait des erreurs avec elle, mais il n’en commettra plus. Il veut qu’elle revienne vivre avec lui. Elle refuse catégoriquement.
— Je suis ton oncle, Rachel.
— Non, tu ne l’es pas. Tu étais le mari de ma tante.
— Quelqu’un doit prendre soin de toi.
— Je peux prendre soin de moi.
— Tu ne pourras pas te débrouiller seule. Tu es une jeune fille sauvage.
— À cause de toi.
— Non, à cause de toi. Mais quelle différence cela fait-il ? Tu n’as rien connu d’autre que la ferme. Tu ignores comment te comporter avec les gens.
Il lui dit qu’ils vont être bien ensemble, il va même repeindre la maison pour qu’elle s’y sente à l’aise. Mais Rachel sait que tout ceci n’est que mensonges.
Pour tenter de l’apprivoiser, il lui dit qu’il a recueilli une petite chienne et qu’elle pourra prendre soin d’elle.
Elle lui répond qu’elle va y réfléchir.
Rachel s’apprête à quitter la pièce lorsque Chandler lui demande ce qu’elle sait à propos du bracelet d’Allison.
— Qu’est-ce que tu veux savoir ? s’enquiert la jeune fille.
— Je te demande juste par curiosité.
— Je l’ai trouvé.
— Où ?
— Je ne me souviens plus.
— Je veux que tu me dises la vérité, Rachel.
Il commence à s’énerver.
— C’est important, dit-il.
Rachel s’emporte à son tour et crie :
— Tout le monde dans cette ville me pose des questions sur ce bracelet. Une bonne fois pour toutes, je n’ai jamais vu de ma vie cette Allison Mackenzie !
Elle crie tellement fort que le policier posté devant la porte entre pour voir ce qu’il se passe. Il s’assure que tout va bien et ressort de la pièce.
Chandler insiste auprès de Rachel au sujet du bracelet. Elle veut crier, mais il l’en empêche en posant une main sur sa bouche.
Rachel se dégage et lui demande de la laisser tranquille.
— Je ne repartirai pas avec toi ! Et si jamais tu veux m’emmener de force, je dirais la vérité à tout le monde !
— La vérité sur le bracelet. Je l’ai trouvé sur le plancher de ta voiture.
Chandler menace de s’en prendre à elle et au Dr Rossi si jamais elle raconte cela à la police.
Il repart calmement, laissant Rachel en proie à une terreur sans nom.
Le Dr Michael Rossi s’est engagé totalement dans la protection d’une de ses patientes, la jeune Rachel Welles. Aujourd’hui, il a donné à Constance Mackenzie la permission de voir la fille. Le médecin voit en cette rencontre le dernier espoir d’obtenir des informations sur la disparition d’Allison Mackenzie.
L’extérieur de l’hôpital. Puis l’intérieur, le couloir. Le Dr Rossi sort de son bureau et se rend au local des infirmières de service.
Une bénévole, Mme Healey (la femme du médecin légiste du comté de Peyton), aide Rachel à se laver les cheveux. Rachel lui dit qu’elle a l’habitude de se servir d’un shampooing au savon ordinaire.
Michael donne à Mme Healey les cinq dollars que Mme Burrows a laissés à Rachel, afin qu’elle puisse acheter ce que veut la jeune fille. Mme Burrows s’en va et Mike dit à la jeune fille que Mme Carson souhaite la voir. Il parle aussi des appels téléphoniques anonymes que Constance a reçus ces derniers temps. Il lui parle enfin d’Ann, la femme qu’il aimait et qu’il a perdue.
Après avoir refusé, et grâce à la persuasion du médecin, Rachel accepte de voir Constance.
Sandy, portant des sandwiches du Cider Barrel commandés par Rodney, se dirige vers le Shoreline Garage et entre à l’intérieur du bâtiment. Elle pose les sandwiches à 3,75 dollars sur la table.
Rodney est froid avec elle, il ne veut pas lui parler. Il lui dit que le baiser de la dernière fois était une erreur. Il préfère qu’ils ne se voient plus.
— Je sais que c’est faux, répond-elle.
— Pourquoi ?
— Parce qu’il me paraît impossible de rester loin de toi.
Sandy comprend que la situation est compliquée. Elle n’insiste pas.
Elle s’en va et dehors, croise Norman qui arrive en voiture. Ils se saluent brièvement.
Norman entre au Shoreline Garage et demande à son frère ce que Sandy faisait avec lui. Rodney lui explique qu’elle n’est venue que pour apporter des sandwiches, et rien d’autre. Norman espère bien, il dit à son frère qu’il a besoin de Sandy comme il a besoin de se pendre.
De retour au Cider Barrel, Sandy donne à Charlie l’argent de Rodney. Chris taquine Sandy à propos de sa relation avec Rodney. Il lui dit qu’une relation avec lui est vouée à l’échec. Lee a une chance sur deux de sortir de prison à l’issue de l’audience préliminaire. Il ne laissera pas Sandy fricoter avec Rodney et cela ne pourra aboutir qu’à un drame. À l’extérieur, on peut voir Hannah.
Elle descend du quai et se tient debout en face du Cider Barrel. Tommy Magnuson, le vendeur de homards, se dirige vers elle et lui demande comment étaient les homards qu’il a apportés à M. Peyton. Hannah lui répond qu’ils étaient bons et que M. Peyton les a beaucoup appréciés.
Elle regarde les marches menant à la maison d’hôtes de Mme Hewitt, où Ann avait loué un appartement. Elle emprunte les escaliers.
Sandy l’aperçoit depuis une fenêtre du Cider Barrel. Elle mentionne à Chris qu’Hannah est allée à la maison d’hôtes, mais elle ignore pourquoi. Mme Hewitt n’a pas trouvé de nouveau locataire depuis la mort d’Ann. Il semblerait que personne ne veuille de sa chambre.
Steven va voir Lee en prison, à la demande de ce dernier. L’avocat lui suggère d’être bref, car il a beaucoup de choses à faire.
La prison porte sur les nerfs du prisonnier et il veut sortir. Il se plaint de la rigueur de l’univers carcéral.
Il a la nette impression que Steven ne fait pas son maximum pour le défendre, preuve en est du fiasco du contre-interrogatoire de Peyton.
Steven parvient à calmer son client en lui promettant de tout faire pour le faire sortir d’ici.
Rodney travaille sous une voiture dont l’immatriculation est K84-635. Norman l’aide à titre gracieux. Il donne à son frère les ustensiles requis.
Norman sort ensuite de l’atelier pour aller prendre un soda et retourne près de son frère pour lui dire qu’il a vu « Lady Macbeth » à la maison d’hôtes. Il veut bien entendu parler d’Hannah.
Il est prévu qu’elle témoigne à l’audience préliminaire demain.
À l’hôpital, Constance parle avec Rachel et la met en confiance. Rachel dit à Constance qu’elle n’a jamais vu Allison. Constance insiste :
— Tu sais combien l’imagination peut nous jouer des mauvais tours lorsque l’on ne sait pas exactement ce qui s’est passé. Si tu sais quoi que ce soit, dis-le-moi, je t’en prie.
Rachel jure à nouveau n’avoir jamais vu Allison.
Constance lui sourit :
— Tu l’aurais aimée si tu l’avais connue.
Rachel lui apprend qu’elle n’avait que huit ans lorsqu’elle a perdu ses parents. Constance dit qu’elle aime beaucoup Allison et qu’elle veut la retrouver.
Le Dr Michael Rossi a dû partir du tribunal du Comté de Peyton où il assistait au témoignage de Martin Peyton, pour régler un étrange incident survenu à l’hôpital de Peyton Place. Une de ses patientes, la jeune Rachel Welles, y a été admise pour avoir attenté à sa vie. Une profonde entaille au poignet dans le dessein de la garder le plus longtemps possible dans le sanctuaire de l’hôpital. Mais le sanctuaire a été investi par un homme qui s’identifie comme l’oncle de Rachel.
Le Dr Rossi se gare dans le parking de l’hôpital (qui est en réalité le parking de la 20th Century Fox). Il se précipite à l’intérieur de l’hôpital sans sa trousse médicale et va parler à Mlle Choate au bureau des informations. La main de Rachel est bandée.
Michael va parler avec Chandler et le somme de ne plus importuner sa patiente. Chandler lui demande s’il s’agit d’une menace. Si le médecin persiste dans son attitude, il le menace de le traîner en justice. Mais Michael lui dit que c’est lui qui va le traîner en justice pour démontrer son inaptitude à être tuteur.
Le Dr Rossi entre ensuite dans la chambre 101 où Mme Healey s’occupe de Rachel. La bénévole essaie de renvoyer Rachel dans son lit. Mike informe la jeune fille qu’il a parlé avec son oncle. Il ajoute que Chandler est parti et ne reviendra plus. Rachel le remercie et lui demande s’il a eu peur de Chandler. Rachel semble considérer Mike comme son héros, ce qui met le médecin mal à l’aise.
— Retournez au lit, lui dit-il avant de quitter la chambre.
Mme Healey l’aide à se remettre au lit.
Dans la salle du tribunal vide, Steven parle à Betty de la pauvre Ann. Il n’a pas su lui rendre hommage avec le contre-interrogatoire de Martin Peyton. Betty étreint Steven et lui dit qu’elle l’aime.
Leslie entre dans la salle d’audience et s’approche d’eux. Il fustige Steven pour l’interrogatoire, disant qu’il était à un doigt de le détruire, mais qu’il n’a pas réussi.
Betty prend la défense de son mari et a pour Leslie des mots très durs qui semblent atteindre l’homme dans son amour-propre. Elle lui demande de les laisser tranquilles et de sortir. Leslie ne répond pas, mais on sent qu’il est offensé par les propos de son ex-belle-fille. Il préfère s’en aller.
Peyton et Rodney quittent le tribunal et Thomas aide Peyton à entrer dans la limousine. Rodney s’assoit sur la banquette à côté de lui.
— J’espère que tu ne penses pas que j’ai ressenti une satisfaction personnelle à mettre Steven en difficulté, commente le vieil homme.
Rodney ne répond pas.
— Tu es en colère, conclut Martin.
— Je ne suis pas en colère, grand-père.
Martin lui dit qu’il n’a fait que se défendre et qu’il n’avait pas l’intention de mettre Steven dans l’embarras.
— Rentrons, dit-il au chauffeur.
La limousine s’en va au moment où Steven et Betty sortent du tribunal. Ils voient le véhicule passer devant le magasin général, le Clarion, le Peyton Professional, la bijouterie et l’agence immobilière, de Peyton Place, puis la librairie, la boutique « Les Femmes » et le drugstore.
Le couple se dirige à pied en direction du Colonial Post et du bâtiment abritant la banque.
Peyton entre dans le manoir, suivi par Thomas. Le vieil homme pose son chapeau et dit à Hannah qu’il l’a cherchée tout à l’heure. Elle répond qu’elle est rentrée à la maison plus tôt.
Hannah lui propose un brandy. Elle ajoute qu’elle est très fatiguée et compte s’étendre un peu avant le dîner. Peyton lui dit qu’il a fait ce qui devait être fait. Hannah lui dit qu’il s’est bien débrouillé. Elle a cependant eu de la peine en voyant Steven.
Le téléphone sonne. Hannah répond. C’est Steven. Il lui demande de venir chez lui et elle accepte. Peyton, de son côté, est sûr qu’Hannah ne sera pas appelée à la barre.
Hannah le pense aussi et elle se réjouit d’avance de ce rendez-vous avec son fils. Si effectivement Steven décide de ne pas l’appeler à la barre, elle sera reconnaissante à Martin pour le restant de sa vie.
Dans le salon des Cord, Steven boit. Betty regarde par la fenêtre tandis que la sonnette de la porte d’entrée retentit. Betty va répondre et fait entrer Hannah.
— Je suis heureuse que tu aies appelé, dit-elle à Steven.
Elle sourit et félicite Betty pour la décoration de la maison et demande à Steven comment il va.
Betty s’excuse et préfère laisser Steven parler seul avec sa mère. Hannah espère pouvoir parler un peu avec Betty après.
Une fois Betty éclipsée, elle parle de l’inévitable : le témoignage de Peyton. Elle lui dit notamment que Peyton n’avait aucun droit de l’humilier de la sorte lorsqu’il était à la barre.
— M’envoyer à la barre des témoins aurait été une grave erreur pour ton affaire, dit-elle, toujours persuadée qu’elle n’ira pas témoigner.
Steven lui dit alors qu’il n’a pas l’intention de laisser tomber et qu’elle fait toujours partie de la liste des témoins à comparaître.
Hannah est choquée :
— Alors, pourquoi m’avoir demandé de venir ?
Il sort de la poche intérieure de sa veste une enveloppe et la tend à sa mère.
— Je ne veux plus de cette maison, mère. Je te rends ton « grandiose cadeau de mariage ». C’est l’acte notarié, précise-t-il en tendant l’enveloppe. Nous payerons le loyer jusqu’à ce que nous trouvions un nouvel endroit.
— S’il te plaît, Steven. Ne fais pas ça.
La seule chose qui intéresse Steven, c’est la vérité et il se fiche de savoir qui doit souffrir.
Hannah est dévastée, car elle ne s’attendait pas à cela. Elle s’en va.
Betty revient dans la pièce et observe Steven. Il tient d’une main son verre, et de l’autre l’acte notarié qu’Hannah n’a pas pris.
Le Dr Rossi va voir John Fowler au tribunal afin de lui demander d’entamer une action en justice contre Chandler. Il lui dit notamment que Chandler s’est introduit à son insu dans la chambre de la jeune fille. Il veut un ordre de restriction. Fowler l’informe qu’un procureur ne peut rien faire contre ce genre de cas et l’envoi chez le juge Andrews.
Chandler attend à l’extérieur. Lorsque Michael sort du tribunal, Chandler et lui échangent un regard glacial.
Puis Chandler entre dans le bâtiment et va voir Fowler. Il se présente à lui. Fowler discute avec lui de Rachel. Chandler est venu la ramener à la maison.
Le procureur l’informe que la jeune fille persiste à dire qu’il la maltraite. Chandler nie les faits et insiste sur le fait que lui et sa femme s’occupaient très bien de Rachel.
— Pourtant, elle s’est enfuie, précise Fowler.
Il ajoute qu’il devrait retourner chez lui. Chander lui demande s’il a des enfants. John répond que non. Chandler s’en va, sans adresser un regard pour la secrétaire devant laquelle il passe.
Aujourd’hui, un fermier de Hastings Valley nommé Jack Chandler est venu en voiture à Peyton Place. Pendant que l’attention de la ville est portée sur le tribunal où Martin Peyton est interrogé par Steven Cord, cet homme, Chandler, est venu réclamer la fille qu’il dit être sa nièce, Rachel Welles, la fille qui a été trouvée avec le bracelet d’Allison Mackenzie, portée disparue.
Chandler gare sa Ford rouge 1957 en face de l’hôpital.
L’infirmière de service du bureau des renseignements s’entretient avec Mme Montgomery sur les travaux du labo lorsque Jack Chandler se dirige vers elle. Il lui dit qu’il veut voir Rachel, mais l’infirmière lui répond que sa nièce n’est autorisée à voir personne. Ce sont les instructions de Mlle Choate. Chandler dit à l’infirmière que Rachel est sa nièce.
— Je suis désolée, lui répond-elle. Vous devez suivre les instructions.
Il demande où il pourrait trouver une boutique de cadeaux et l’infirmière lui répond qu’il n’a qu’à traverser la rue pour en trouver une. Ensuite, l’infirmière de service prévient Mlle Choate du passage de Chandler.
Choate prend le téléphone et dit à l’opératrice de trouver le Dr Rossi et de lui dire de la rappeler immédiatement.
Chez les Carson, Eli aide le livreur, Ed, à décharger une lourde et encombrante caisse. Rita ouvre la porte d’entrée et demande ce que contient la boite et Eli lui dit en riant qu’il s’agit d’un bébé éléphant.
Elle appelle Constance qui arrive avec Matthew dans les bras. Rita lui dit que la caisse contient un bébé éléphant. Eli ouvre la caisse. À l’intérieur se trouve une magnifique voiture d’enfant, accompagnée d’une carte : « Pour que Matthew trouve déjà le bon chemin, Grand-père Carson ».
Constance place Matthew dans le landau et Rita sort avec lui. Eli prévient le bébé que les femmes le pousseront tout au long de sa vie.
Au tribunal, des choses plus sérieuses se déroulent. Steven Cord débute le contre-interrogatoire de Martin Peyton.
— Monsieur Peyton, lorsque le procureur vous a demandé si vous connaissiez le défendeur, vous avez répondu oui. Puis-je vous demander à quel point vous le connaissez ?
Martin Peyton lui répond avec sa verve habituelle.
— Je ne souhaite pas chicaner, monsieur. Cord. Je n’ai pas dit que je le connaissais. J’ai dit que je l’avais déjà vu.
— Donc vous ne connaissez pas Lee Webber personnellement ?
— Non.
— Bien, quand l’avez-vous vu dans ce cas ?
— Je l’ai rencontré une fois, par accident.
— Avez-vous parlé de lui à quelqu’un ?
— Oui.
— Qui ?
— Principalement mon petit-fils.
— Qui était l’ex-employeur du défendeur, Rodney Harrington.
— Oui.
— Que vous a dit Rodney Harrington sur le défendeur ?
— Juste un moment, monsieur Cord, intervient le juge Chester. Monsieur Fowler, n’avez-vous pas d’objection à faire sur le principe d’un ouï-dire dans le témoignage ?
— Pas de cette nature, Votre Honneur, répond John.
Le juge s’en étonne.
— Très bien, puisque l’accusation ne fait pas d’objection, et comme nous sommes à une audience préliminaire sans jury, vous pouvez continuer, monsieur Cord. Mais soyez rapide sur ce fait.
— Voulez-vous que je répète la question ? s’enquiert Steven auprès du témoin.
— Je ne suis pas aussi sénile que vous pouvez le croire, monsieur Cord.
— Je suis content de savoir ça, monsieur. Peyton, parce que la vie d’un homme dépend de votre aptitude à vous rappeler avec précision tous les faits en rapport avec l’affaire. Mais la vie d’une fille dépendait de vous, aussi.
Cette fois, le procureur intervient.
— Votre Honneur…
— Maître, tempère Chester.
— Si vous vous rappelez la question, pouvez-vous y répondre s’il vous plaît ?
— Vous m’avez demandé de vous dire ce que mon petit-fils a dit sur Lee Webber. Il n’avait pas à me dire quoi que ce soit. Il est simplement venu à la porte un soir, le visage tuméfié et ensanglanté. Il s’était battu avec ce jeune sauvage.
— Avez-vous vu la bagarre ?
— Seulement le résultat.
— Avez-vous vu le visage de Lee Webber ? Était-il tuméfié et ensanglanté ?
Même si John n’objecte pas la question, le juge interrompt Steven.
— Monsieur Cord, je considère tout ceci comme hors de propos pour l’issue de cette audience. Dans une audience de cette nature, il est un devoir pour cette Cour de donner au défendeur une large latitude. Mais vous vous égarez au-delà des limites établies dans le cadre de l’interrogatoire d’un témoin, monsieur Cord.
— Votre Honneur, la déposition de ce témoin est motivée entièrement par un effort désespéré de blâmer mon client sur la mort d’Ann Howard.
— La Cour n’a rien observé de désespéré dans la déclaration du témoin, monsieur Cord.
— Mais, Votre Honneur, le témoin admet n’avoir eu aucun contact avec le défendeur. Et il est évident qu’au ton de sa remarque, il le considère comme un moins que rien.
— Maître Cord. Vos remarques sont hors de propos.
Martin appuie les propos du juge :
— Huh. Huh. C’est vrai Votre Honneur. Ce garçon a toujours prôné l’insolence.
— Monsieur Cord, avez-vous terminé avec le témoin ? s’impatiente Chester.
— Non, Votre Honneur, je n’en ai pas fini.
Steven laisse passer un petit moment, puis se tourne vers le témoin.
— Monsieur Peyton, vous avez témoigné que Mme Cord est votre employée depuis une trentaine d’années. Est-ce exact ?
— Oui.
— En quoi consiste son travail ?
— J’ai engagé Mme Cord en premier lieu comme gouvernante.
— C’est le seul rôle qu’elle a joué pour vous ?
— Objection, Votre Honneur, s’offusque le procureur.
— Je répondrais à cela, Votre Honneur, bien que ce soit une question des plus insolentes pour un fils de demander cela à propos de sa propre mère. Mme Cord est une femme très intelligente et très capable. Dès les premières années de services, j’ai fait d’elle ma secrétaire et confidente. Je l’ai chargée de mes affaires personnelles et privées.
— Je me demande si vous serez capable de répondre à ceci, monsieur Peyton. Dans de telles conditions, est-ce que Mme Cord était seulement votre employée ?
John Fowler se lève, totalement indigné :
— Hors de propos et inintéressant, Votre Honneur !
— Votre Honneur, j’ai des raisons de croire que la relation entre le témoin et Mme Hannah Cord a une conséquence directe sur les causes de la mort, se justifie Steven. J’ai l’intention de faire le lien entre ces deux faits. Mais pour le moment, j’annule ma question. Maintenant, monsieur Peyton, vous avez témoigné que Mme Cord était, je cite : une employée digne de confiance et fiable ; fin de citation.
— C’est exact.
Le sergent de police William Wilson Walker entre dans la salle d’audience et murmure quelques mots à l’intention du Dr Rossi.
— Quelqu’un sur qui vous pouvez compter, poursuit Steven.
Rossi se lève et quitte la salle.
— Décidément, Steven, la raillerie ne vous convient pas, dit Martin.
— Vous avez également témoigné que Mme Cord avait, je cite, un caractère stable.
— Vous n’avez rien oublié, n’est-ce pas, Steven ?
— Pas depuis 28 ans.
— Excepté peut-être où nous sommes en ce moment.
Le juge s’impatiente :
— Monsieur Peyton. Cette Cour est pleinement consciente de la relation particulière qu’il existe entre le témoin et l’avocat de la défense. Mais s’il vous plaît, messieurs, contentez-vous de rester à ce qui intéresse la Cour.
— Oui, Votre Honneur. Steven, voulez-vous que quelqu’un lise votre dernier commentaire, ou vous dise où vous êtes ?
— Monsieur Peyton… avertit Chester.
— Je suis désolé, Votre Honneur. Je pensais simplement que lorsque j’ai placé ce garçon dans une école de Droit, j’espérais qu’il puisse en sortir avec un peu plus d’équilibre. Et des manières plus professionnelles. Mais je crois que vous me posiez une question sur le caractère de votre mère.
— Vous avez dit qu’elle était stable, fait Steven. Ne voulez-vous pas plutôt dire rigide ?
— Steven, tu as grandi sur mes genoux. Tu sais très bien que je ne choisis jamais mes mots au hasard. Ils sont toujours appropriés. Et j’ai dit : stable.
— Mme Cord est votre employée depuis 30 ans. L’avez-vous déjà vu entrer dans une colère violente ?
— Non.
— L’avez-vous déjà vue rire à gorge déployée ?
— Non.
— Pleurer à profusion ?
— Ah, tu essaies de me piéger pour que je me contredise. Veux-tu suggérer par là que je n’ai pas vu les retrouvailles entre Mme Cord et Ann Howard ? Que je ne les ai pas vues pleurer ?
— Donc elles pleuraient.
— C’est ce que j’ai dit.
— Vous avez dit : « leurs yeux étaient rouges, leur mouchoir mouillé. Il y avait des larmes. Beaucoup de larmes. »
— Oui, c’est exact.
— Tout ceci venant d’une femme que vous décrivez comme stable. D’une femme qui n’a jamais fait montre d’une quelconque émotion en 30 ans où vous avez vécu avec elle ? N’avez-vous pas dit, monsieur Peyton, qu’Hannah Cord avait pleuré à en mouiller son mouchoir ? Que c’était un moment d’un intense et dramatique traumatisme et peut-être le moment le plus perturbant de toute sa vie et de la vie de sa fille, Ann Howard ?
— Tu veux toujours faire d’une colline une montagne, Steven.
— Et vous minimisez toujours l’importance de tout ce que vous ne pouvez pas contrôler.
— Messieurs, intervient de nouveau le juge. Maître Cord, si vous persistez dans votre conduite non professionnelle, je me verrais dans l’obligation de vous sanctionner.
— Je suis désolé, Votre Honneur.
Fowler prend la parole :
— Votre Honneur, si l’avocat de la défense veut ajourner la séance…
— Je vais bien, Maître. Merci… Vous avez témoigné que le jour des retrouvailles mère-fille, le jour où Ann est morte, elle est venue à votre domicile pour voir Mme Cord, est-ce exact ?
— Oui.
— Comment connaissiez-vous le but de sa visite ?
— Mme Cord me l’a dit.
— Quand ?
— Après le départ d’Ann Howard.
— Donc vous n’avez pas parlé à Ann ?
— Non.
— Cependant, vous vous êtes assis à la barre des témoins et vous avez dit, je cite : que d’après vous Ann n’était pas émotionnellement perturbée. Si vous n’aviez eu aucun contact avec elle, sur quoi basez-vous votre opinion ?
— Sur ce que j’ai vu, affirme Martin.
— Sur ce que vous avez vu ? Vous avez voulu m’impressionner tout à l’heure en me disant que vous choisissez toujours les mots appropriés pour décrire quelque chose, monsieur Peyton. Alors pourquoi avez-vous utilisé le mot vu et non pas entendu ?
— Eh bien, je… euh…
— Dites-moi exactement combien de temps vous avez écouté la conversation ?
— Suffisamment longtemps pour savoir que c’était deux femmes hystériques qui se réjouissaient de se retrouver dans des retrouvailles hystériques.
— Vous avez dit hystérique ?
— Eh bien, c’était une façon de parler.
— Encore une façon de parler que vous choisissez, monsieur Peyton. Est-ce que cela décrit exactement la rencontre entre Ann Howard et Mme Cord ?
— Pas aussi bien que je décrirais ta conduite dans cette Cour, répond le vieil homme du tac au tac.
— Où étiez-vous lorsque la conversation entre les deux femmes a débuté ?
— Dans ma chambre.
— Au deuxième étage, à l’aile opposée de la maison ?
— Tu n’as sûrement pas oublié où est ma chambre, Steven. Tu avais l’habitude de venir tous les soirs avec le journal, lorsque tu étais jeune. Tu ne t’en souviens pas ?
— Sur l’aile opposée de la maison en haut des escaliers, lorsqu’elles parlaient ?
— La plupart du temps, oui.
— À quel autre endroit étiez-vous ?
— Dans le hall d’entrée.
— Vous avez donc descendu les escaliers ?
— Steven, tu es la seule personne à toujours t’être servi de la rampe. Ha. Ha.
— Tout ceci est donc si amusant pour vous, monsieur Peyton ? N’est-ce pas une blague élaborée ? Ma sœur est morte. Une sœur que je ne connaissais même pas avant sa mort. Parce que vous l’avez tenue éloignée de nos vies. Et maintenant, la vie d’une autre personne est en jeu et vous êtes assis là à faire des blagues à deux sous.
— Maître Cord. Je vous ai prévenu des conséquences si vous n’arrivez pas à contenir vos émotions, dit Chester.
— Votre Honneur, j’essaie d’établir la possibilité que quelqu’un d’autre que le défendeur puisse être responsable de la mort d’Ann Howard. Quelqu’un habitant dans la maison de cet homme. Et je crois que ça a conduit Ann Howard au suicide. Et je ne vois rien d’humoristique dans ce fait.
Martin prend à témoin le juge :
— Que veut-il de plus, Votre Honneur ? J’ai déjà témoigné du fait que la rencontre entre Mme Cord et Ann Howard était sans grande importance.
— Sans grande importance pour quoi, monsieur Peyton ? Le mensonge monumental qui a détruit sa vie ? La cruauté que vous lui avez infligée parce que vous ne lui avez jamais permis de connaître la vérité ?
— Votre Honneur, je dois faire objection, intervient Fowler. Nous ne faisons pas le procès du témoin.
— On devrait, répond Steven. Les retrouvailles « sans grande importance » ont été le détonateur qui a causé la mort d’Ann. C’est comme s’il lui avait donné une arme dans la main le jour où elle est née. Le jour où lui et ma mère l’ont rejetée. La fille croyait un mensonge. Un mensonge, le même que j’ai cru pendant toute ma vie.
— Monsieur Cord…
Steven ignore l’avertissement du juge et poursuit.
— Nous n’avons rien connu d’autre que le mensonge.
— Greffier, appelle Chester.
— Même maintenant, dans une Cour de justice, il ment.
— Monsieur Cord !
Steven n’écoute pas Chester. Il poursuit avec Martin.
— Vous n’avez jamais dit la vérité. Même lorsque vous l’avez connue. Si vous aviez dit la vérité à Ann, elle ne serait pas morte à l’heure actuelle.
— Tu n’en as rien à faire de la mort de ta sœur. Tout cela n’est qu’une mascarade, Steven.
Après Steven, le juge a maille à partir avec le vieil homme et tente de le remettre à sa place.
— Monsieur Peyton !
En vain. Martin continue :
— Si tu te souciais de la mort de ta sœur, tu n’aurais jamais accepté cette affaire.
— Vous n’avez aucun cœur.
— Un cœur ! Tu n’en as pas non plus pour défendre l’homme qui a tué ta sœur.
Lee bondit de sa chaise :
— Je n’ai tué personne.
L’interrogatoire tourne au règlement de compte. Martin continue à invectiver Steven.
— Où est ton cœur ?
Le juge ne sait plus où donner de la tête.
— Asseyez-vous, monsieur Webber. Maître Cord, je vous ai assez prévenu. Je vous condamne pour outrage à la Cour à une amende de 500 dollars. Venez dans mon bureau, immédiatement. Monsieur Peyton, vous pouvez vous retirer. L’audience est ajournée.
Martin Peyton sourit, l’air satisfait.
Rachel est dans son lit au second étage de l’hôpital en train de lire lorsque Mme Healey, la femme du médecin légiste du comté de Peyton portant un uniforme de la croix rouge, passe avec le chariot à livre. Un panneau « Aucun visiteur » est affiché sur la porte de la chambre de Rachel.
Ignorant le panneau, Chandler entre avec une boite de chocolats au caramel pour Rachel. Il explique à Mme Healey qu’il n’est pas un visiteur, mais un parent proche.
Il dit à Rachel qu’il est parti dans le Maine chercher la sœur de sa défunte femme, Meg, qui est une autre tante de Rachel. Il lui dit que tante Meg prendra soin d’elle lorsqu’elle reviendra à la ferme.
— J’ai arrangé les choses à la maison et tu vas être heureuse là-bas. Tu vas l’aimer, Rachel. Je sais que oui.
Rachel, qu’un retour à la ferme effraie plus que tout, devient hystérique et crie :
— Je ne veux pas y aller ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas !
Mme Healey, la bénévole, a des difficultés à traiter avec Chandler et préfère aller prévenir Mlle Choate.
Mlle Choate informe par téléphone le Dr Rossi qu’une des bénévoles a un problème avec Chandler.
Michael arrive, confronte Chandler, et le fait sortir de la chambre de Rachel. Ils se rendent dans une petite salle pour parler. Chandler lui demande ce qui est arrivé à Rachel. Il menace Rossi de le traîner en justice s’il ne lui rend pas sa nièce. Mike lui dit qu’il est inapte à être son tuteur. Chandler s’en va, en colère.
Le froid amer de l’automne envahit Peyton Place. C’est avec ce soudain retournement de saison que Martin Peyton est descendu de sa maison de la colline. L’entrée de sa limousine dans le square provoque un événement extraordinaire. L’homme est le symbole de la ville qui a appartenu et a été dirigée par ses ancêtres. Cet homme, Martin Peyton, fait une rare apparition en public. Il va témoigner en faveur de l’accusation dans l’audience préliminaire de Lee Webber, accusé de meurtre sur la personne d’Ann Howard. Martin Peyton a passé la plupart de ses années à éviter des questions. Des questions sur sa vie privée, sur son contrôle de la ville. Sur ses manipulations. Maintenant, le procureur John Fowler le force à se soumettre à un interrogatoire. Martin Peyton sait que ses réponses peuvent déterminer le chemin d’innombrables vies pendant les nombreuses années à venir.
Peyton se fait conduire dans son imposante limousine par Thomas, son chauffeur. Ce dernier l’aide à descendre du véhicule. Le vieil homme évite la caméra d’un journaliste en tapant sur l’appareil avec sa canne. Martin se dirige vers le tribunal.
Rodney salue son grand-père à l’intérieur du tribunal et l’invite à s’asseoir à ses côtés. Il offre à son grand-père quelque chose à boire, comme de l’eau. Mais Martin préfère un brandy.
John Fowler offre au vieil homme un verre d’eau. Peyton est agacé de voir que tout le monde veut lui faire boire de l’eau.
Rodney va téléphoner au Dr Rossi pour lui dire que Martin est déjà au tribunal.
Steven, de son côté, parle avec Betty. Ensuite, l’avocat demande à parler à Fowler. Il lui dit qu’il ne ratera pas l’occasion de contre-interroger Peyton.
Rita revient de la réserve lorsque Norman entre au drugstore, portant pas moins de huit livres scolaires. Il demande à Rita de garder les livres et de ne pas renverser de moutarde dessus. Il ne voudrait pas en tirer un mauvais prix lorsqu’il les revendra le semestre prochain.
Rita lui fait remarquer qu’il a séché un cours. Il avait prévu d’aller au tribunal, puis finalement a changé d’avis et a préféré venir voir Rita au drugstore.
Norman lui dit qu’il veut former une famille avec elle. Rita encourage Norman à montrer du respect pour sa mère en allant au tribunal soutenir moralement son grand-père.
Après tout, Peyton est le père de sa mère. Norman sourit et embrasse Rita.
Dans la salle d’audience pleine à craquer, Peyton est installé à la barre des témoins. Chris est assis à la droite de Sandy.
Martin Peyton prête serment. Fowler se lève et s’approche du patriarche.
— Déclinez votre identité, je vous prie.
— Martin Peyton.
— Monsieur Peyton, depuis combien de temps habitez-vous à Peyton Place ?
— Quelle question stupide ! s’énerve déjà le vieil homme.
Fowler ne se laisse pas déstabiliser.
— C’est la routine, monsieur Peyton.
— C’est une routine stupide !
— Je vous saurai obligé de répondre à la question. Depuis quand habitez-vous ici ?
— Je suis né à Peyton Place. J’ai vécu ici toute ma vie, excepté lorsque ma santé précaire exigeait que je réside à Boston.
— Connaissez-vous le défendeur, Lee Webber ?
— Si je le connais ?
— L’avez-vous déjà rencontré ?
— D’une certaine façon, oui.
— Et vous êtes conscient du fait que Lee Webber est accusé du meurtre de Ann Howard ?
— Bien sûr que je le suis. Pour un procureur, vous posez des questions remarquablement ineptes.
Le public se met à rire. Le juge frappe son marteau à quatre reprises. Fowler reprend :
— Monsieur Peyton, nous avons pu établir, d’après les témoignages reçus auparavant à cette Cour, que Ann Howard était chez vous peu de temps après qu’elle a été retrouvée morte au pied de la falaise. À votre connaissance, est-ce exact ?
— Oui.
— Savez-vous ce qu’Ann Howard faisait dans votre maison ?
— Ann Howard est venue voir ma gouvernante, Mme Cord.
— Hannah Cord ?
— Mme Hannah Cord, acquiesce Martin.
— Et maintenant, puis-je vous poser une autre remarquable question inepte ? Depuis combien de temps Mme Hannah Cord est-elle votre employée ?
— Mme Cord travaille pour moi depuis bientôt 30 ans.
— Serait-il correct de dire que vous la connaissez parfaitement bien ?
— Vous pouvez faire cette supposition.
— Est-ce le cas, monsieur Peyton ?
— Monsieur Fowler, je viens juste de vous informer que Mme Cord est mon employée, et qu’elle réside dans ma maison, depuis un temps presque égal à votre âge. Vous ne faites preuve d’aucune capacité.
— Je ne suis pas en procès, monsieur Peyton.
— Mais vous êtes devant la Cour. Tout comme moi.
— Est-ce que Mme Cord a toujours été une employée digne de confiance ?
— Oui.
— Et pendant toutes ces années, pouvez-vous dire qu’elle a fait preuve d’un caractère stable ?
Steven intervient :
— Objection, l’avocat influence le témoin.
— Retenue, annonce le juge Chester. Vous n’avez pas à répondre à cette question, monsieur Peyton.
— Comment décririez-vous le caractère de Mme Cord ? poursuit John.
— Je le décrirais comme un caractère stable.
Cette fois, Steven se lève.
— Objection !
Le juge frappe avec son marteau à cinq reprises consécutives pour calmer les spectateurs dans la salle.
— Le témoin n’est pas, à ma connaissance, qualifié pour donner un jugement sur la stabilité émotionnelle de quiconque, explique l’avocat de Lee.
— Objection rejetée, monsieur Cord. Cette Cour a le sentiment que cette relation de trente ans est suffisante pour que le témoin puisse entreprendre une description générale de la personnalité de Mme Cord.
John peut donc continuer :
— Monsieur Peyton, vous maintenez que le jour de sa mort, Ann Howard est venue chez vous voir Mme Cord. Pourquoi Ann Howard est-elle venue voir Mme Cord ce jour-là ?
— Parce qu’apparemment, Ann Howard venait juste d’apprendre qu’elle était la fille de Mme Cord. Ann Howard est venue voir sa mère.
— Et comment savez-vous cela, monsieur Peyton ?
— Parce que j’étais là, dans la maison. Je les ai entendues parler.
— Vous les observiez ?
— Oui.
— Pouvez-vous décrire à la Cour ce que vous avez exactement vu ?
— Décrire ce que j’ai vu ? (Il se tourne vers le juge : ) est-ce nécessaire ?
Fowler répond à la place du juge :
— Vous devez répondre aux questions, monsieur Peyton.
— Eh bien, ce que j’ai vu n’avait pas beaucoup d’importance. Deux femmes réunies. Leurs yeux étaient rouges, les mouchoirs mouillés par les larmes d’une mère et d’une fille. Elles étaient maladroites l’une envers l’autre. Mais qui ne l’aurait pas été en de telles circonstances ? Elles étaient embarrassées par la situation. Il y avait des larmes, beaucoup de larmes. Une mère et une fille qui se retrouvent après tant d’années a de quoi profondément toucher. Mais un événement qui n’a pas d’importance au regard de la mort d’Ann Howard.
— Alors d’après vous, monsieur Peyton, Ann Howard n’était pas émotionnellement perturbée lorsqu’elle a quitté votre domicile ce jour-là ?
— Permettez-vous cette question, monsieur Cord ? intervient le juge.
Steven secoue la tête :
— Je n’ai pas d’objection, Votre Honneur.
Le Dr Rossi entre dans la salle et s’assoit à côté de Rodney.
— Comment va-t-il ? s’enquiert le médecin auprès du jeune homme.
— Jusqu’à présent, il semble aller bien, murmure Rodney.
John répète sa question.
— Monsieur Peyton, d’après vous, Ann Howard était-elle émotionnellement perturbée lorsqu’elle a quitté votre domicile ce jour-là ?
— D’après moi, monsieur Fowler, Ann Howard était émotionnellement épuisée. D’après moi, Ann Howard était prête pour un bain chaud et une bonne nuit de sommeil.
— Merci, monsieur Peyton. Je n’ai plus de questions, Votre Honneur.
— Voulez-vous contre-interroger le témoin, monsieur Cord ? s’enquiert Chester.
Steven se lève. Son grand moment est arrivé.
— Oui, Votre Honneur. J’aimerais beaucoup contre-interroger le témoin.
Au même moment, Peyton pose une main sur sa poitrine, et dans une grimace horrible, a le souffle coupé. Le juge s’inquiète :
— Monsieur Peyton, est-ce que ça va ?
Martin ne peut pas parler, il émet un son glauque. Le Dr Rossi vient au secours de Martin.
— Va chercher mon appareil ECG, il est dans ma voiture.
Le juge frappe avec son marteau.
— La Cour se retire pour quinze minutes.
À la table de l’accusation, Lee s’agite.
— Monsieur Cord, j’aimerais beaucoup savoir ce que je vais retirer de tout cela ?
— Vous ? s’étonne Steven.
— Oui, moi. Je suis le type qu’ils veulent descendre. Vous avez oublié ça ? Cord, n’essayez pas de m’avoir ou bien…
— Ne me menacez pas. N’essayez jamais de me menacer. Est-ce que vous pensez que j’aime m’asseoir à côté de vous à cette table ?
Hannah est toujours assise dans le public, elle contemple la scène.
Martin est emmené dans le bureau du juge, où Michael Rossi l’examine. Il lui verse un verre d’eau.
— Tenez, buvez ceci.
— Merci, docteur.
— Ressentez-vous une douleur ?
Mike place son stéthoscope autour de son cou.
— Non, non. Seulement une raideur dans la poitrine. J’aurais dû vous écouter, docteur.
Le médecin place son appareil à tension autour du bras de Peyton.
— Quand était-ce ?
— Oh, l’autre jour lorsque vous avez dit qu’une personne dans mon état ne devrait pas apparaître dans cette salle d’audience.
— Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voulais simplement que vous ayez une visite médicale avant par précaution, c’est tout.
— Vous aviez raison.
— Bien, voyons voir ce que c’est.
Rossi prend la tension de Martin.
— Vous êtes si déterminé à aller à la barre, je vais voir si vous êtes capable d’y retourner.
Betty et Steven sont dans le couloir.
— Il fait semblant, assure Steven.
— Est-ce que tu en es sûr ?
— Il a tout simulé, je le parierais.
— Steven, peux-tu te permettre de perdre ce pari ?
— Je vais aller le voir et je lui ferai avouer son bluff.
— Steven, même s’il bluffe maintenant, tu peux faire avoir à M. Peyton une vraie crise cardiaque si tu le pousses à bout avec tes questions.
— « Vas-y doucement avec le pauvre vieil homme, utilise des gants avec lui. » Non, Betty. C’est ce qu’il espère. Avoir sa vie sur ma conscience.
— Ça peut arriver. C’est un vieil homme malade.
— C’est un vieux démon, n’oublie pas ça. Je ne veux pas sa mort. Non, je veux au contraire que M. Peyton vive de nombreuses années pour qu’il puisse se rappeler la journée mémorable qu’il va passer.
— Tu risques de courir à ta perte Steven. Et c’est tout ce qui m’importe. Pas parce que tu vas détruire M. Peyton, mais parce que tu vas te détruire toi-même.
— En essayant de faire le plus difficile contre-interrogatoire de ma carrière ?
Leslie se dirige vers eux.
— Je suis sûr que vous vous en sortirez bien, dit-il. Peyton est suffisamment bien pour revenir à la barre.
— Nous le savons aussi bien que vous, monsieur Harrington, déclare Betty.
— Je suppose que vous avez dû en entendre parler.
— Nous n’avons rien entendu.
— Ce vieux fraudeur. Il vous a dupé, Steven. Il a pensé qu’il pouvait éviter vos questions.
Betty s’énerve :
— Monsieur Harrington. Mon mari n’est pas l’avocat général et M. Peyton n’est pas le défendeur.
— Bien sûr que non, Betty. Mais une opportunité comme celle-là ne se présente pas tous les jours.
— J’ai l’intention de défendre au mieux les intérêts de mon client, monsieur Harrington.
— Un homme comme vous peut monter deux chevaux en même temps sans tomber. Cela demande beaucoup d’agilité. Mais vous pouvez vous en sortir. Je vous ai déjà vu en action auparavant.
— Au procès de votre propre fils, monsieur Harrington, dit Betty. Auriez-vous demandé à Steven de monter deux chevaux, s’il défendait Rodney à la place de Lee Webber ?
Leslie esquive la question.
— Bonne chance, Steven.
Il s’en va. Betty se tourne vers son mari.
— Steven, j’espère que tu as entendu ce que je t’ai dit.
— La loi sera rendue, Betty. Et si ce n’est pas la loi, au moins ce sera la justice.
Retour dans le bureau du juge, où Michael utilise son appareil à ECG portable sur Martin Peyton afin de lui faire un électrocardiogramme. Il en conclut qu’il n’y a rien d’alarmant. L’ECG confirme son optimisme. Martin peut retourner à la barre des témoins.
Fowler et le juge Chester retournent au bureau du juge et parlent avec Martin pour voir s’il est prêt à reprendre son témoignage. Fowler offre à Peyton une seconde opinion médicale.
Dans la salle d’audience, Hannah demande à aller voir Martin dans le bureau du juge. Le juge Chester lui accorde ce droit.
Elle parle brièvement en privé à Martin et lui confie sa peur. Elle veut absolument que le vieil homme déclare ne pas être en état de poursuivre l’interrogatoire. Mais Martin refuse :
— Il faut être au-dessus de ça, lui répond-il.
Jack Chandler (dont c’est ici la première apparition dans le feuilleton) conduit sa Ford rouge 1957 et se gare directement derrière la limousine de Peyton. Il grimpe les 6 marches de l’escalier du Town Hall deux par deux et pénètre à l’intérieur du bâtiment. Il passe devant la salle d’audience où siège l’audience préliminaire de Lee Webber et se rend au poste de police.
À la réception, il dit simplement à l’officier de police Walker :
— Je viens pour Rachel Welles.
Walker lève la tête vers l’homme.
— Et vous êtes ?
Chandler pousse un soupir.
— OK, je m’appelle Chandler. J’ai une ferme à Hastings Valley. Je suis venu chercher Rachel Welles, ma nièce.