Episode 307

Mardi 24 janvier 1967

La décision de Rodney

Chris Webber a pris sur lui de devenir l’exécuteur de son frère Lee. Il a volé un revolver à la taverne d’Ada Jacks, et le porte sur lui, attendant l’opportunité de mettre fin à la vie destructrice de Lee. Quelques instants plus tôt, il avait cette opportunité, mais Norman Harrington, pensant que c’est Lee qui importunait Chris, a séparé les deux frères avant que Chris n’accomplisse sa mission. Maintenant, Norman qui n’a toujours pas compris, insiste pour que Chris reste avec lui et se joigne à la petite fête qui a lieu dans son appartement.

Dans sa décapotable rouge, Norman conduit Chris Webber à l’appartement où a lieu la petite fête.


Rodney danse avec Rachel, tandis que Norman et Chris entrent dans l’appartement. Norman présente Chris à Rachel Welles. Chris leur dit qu’il ne peut vraiment pas rester. Il est juste venu dire bonjour.

Après la soirée, Rodney reconduit Rachel chez les Carson. Rachel veut parler à Rod d’Allison, mais Rodney ne veut pas. Il l’accompagne jusqu’à l’entrée de la maison. 

Caché derrière un buisson, Chandler les observe.


Le lendemain, Rodney et Constance se rencontrent dans la rue en face du drugstore, et le jeune homme offre de lui payer un café à la libraire. 

Elle lui rappelle à quel point Rodney comptait pour Allison. Elle lui dit qu’elle est d’accord pour qu’il voie Rachel. 

Rod mentionne l’abri à oiseaux qu’il avait été à installer avec Allison. Ils parlent encore un moment, mais finalement ne vont pas boire de café.


Steven et Betty entrent dans le vestibule du manoir. Betty enlève son manteau rouge et pose celui de Steven dans l’armoire.

— Actuellement, c’est assez sombre, mais c’est à cause de la fumée, dit-elle. Attends de voir ce que je vais faire. La première des choses à faire sera d’installer une lucarne à l’entrée. Ne penses-tu pas que ce serait mieux ?

— Mmmm…

— Oh, ça va être amusant de rénover cette morgue.

— Qu’est-ce que tu vas faire à propos de la chambre du vieux ? Et celle de Rodney ?

Betty hausse les épaules :

— Eh bien, je n’y ai pas vraiment pensé.

— Au fait, où se trouve la chambre de Rodney ?

— Après celle de son grand-père.

— Il n’a pas toujours vécu dans cette chambre. Avant, il avait l’habitude de partager sa chambre avec Norman, se souvient Steven. 

— Lorsque j’étais mariée à Rodney, nous vivions au troisième étage, au fond. C’était horrible. 

— Pourquoi ?

— Personne n’avait vécu dans ces pièces depuis des années. M. Harrington a refusé de les repeindre et de les rénover.

— Alors maintenant, tu vas prendre ta douce revanche, susurre l’avocat à l’oreille de sa femme.

— Steven, nous ne sommes pas obligés de vivre ici si tu ne le veux pas. 

— J’en suis conscient. 

— Qu’est-ce qui t’ennuie ?

— Tu sais très bien ce qui m’ennuie. 

— Tu n’es toujours pas capable de me faire confiance ?

— Ce n’est pas toi. C’est moi.

— Alors, parlons-en.

— J’ai toujours été jaloux de Rodney, fait Steven. Peut-être que je le serais toujours. C’est n’est pas quelque chose que tu peux guérir en parlant. Nous allons vivre dans la même maison que ton ex-mari. Cette perspective m’ennuie. Je n’y peux rien. 

— Tu peux essayer.

— Tu as vraiment envie de vivre ici, n’est-ce pas ?

— Nous avons beaucoup à prouver, et beaucoup à gagner si nous…

— … et beaucoup à perdre si nous ne pouvons pas vivre avec les fantômes et tous les habitants de cette maison.

— La maison sur la crête est toujours disponible, suggère Betty.

— Nous ne saurons jamais si cette maladie, ma jalousie, est guérissable ou non. Le seul moyen de savoir est d’y faire face, de vivre avec, et peut-être alors je pourrai vaincre cette maladie.

— Si tu as la volonté d’essayer, je te suis. 

Ils se regardent dans les yeux. 

— Je pense qu’une lucarne serait la bienvenue sur l’aile est, déclare Steven. 

— Oh, Steven !

Ils s’embrassent.

— Allons jeter un œil à l’étage, propose l’avocat. 

Ils montent ensemble l’escalier menant au premier étage.

— Je ne pensais pas remettre un jour les pieds dans cet endroit. Tant de choses s’y sont passées. Et tant de temps est passé. Un endroit heureux. Leslie Harrington et Catherine Peyton, mari et femme.

Steven essaie d’ouvrir la porte avec une clé qu’il sort de la poche de sa veste, en vain. 

— Qui t’as donné ces clés ? demande Betty.

— Le chauffeur du vieux. Peut-être s’est-il trompé ?

— Peut-être.


Rodney frappe à la porte de la chambre d’hôpital de Martin Peyton et entre. Il demande à son grand-père comment il va et il l’informe qu’il va déménager du manoir. 

Peyton lui demande s’il s’en va uniquement le temps qu’il soit remis en état. 

— Non, fait Rodney. Je pars définitivement. 

Peyton lui dit qu’il va lui manquer. Il lui demande si sa décision de quitter le manoir a été influencée par l’emménagement de Steven et Betty, et par la confession d’Hannah.

— Je pense que oui, répond Rodney.

La raison évoquée par Rodney est qu’il est fatigué d’être pris pour une balle de tennis que se lancent son grand-père et son père.


Chandler marche le long du quai, près de la taverne d’Ada Jacks. Il se rend à un téléphone public et appelle Leslie à la fabrique. Sa secrétaire lui répond que Leslie est occupé pour l’instant.

— Pouvez-vous lui laisser un message ? Dites-lui que Jack Chandler a appelé. Non, attendez, peut-être qu’il ne se souviendra pas de mon nom. Dites plutôt qu’un vieil ami l’a appelé.

Chandler raccroche en ricanant, sort de la cabine et se rend au Shoreline Garage pour y confronter Rodney. 

Ce dernier travaille sur une décapotable. Chandler l’informe qu’il compte vendre la ferme de Hastings Valley. Il ajoute que Rachel est sa nièce, et qu’il ne lui veut que du bien. 

Curieusement, Chandler est gentil avec Rodney. Il l’aide en appuyant sur la pédale de frein tandis que Rod ajoute du liquide de freins. Il espère pouvoir travailler à la fabrique pour payer les notes des médecins. 

Il est content que Rachel ait trouvé quelqu’un de cette ville avec qui sortir. Il paie à Rodney ce qu’il lui devait. 

— Je voulais également vous dire que je vous fais confiance avec ma nièce. 

Rodney réplique : 

— Je ne veux pas de votre confiance, Chandler. Je n’en ai pas besoin. 

Avant de s’en aller, Chandler dit à Rodney dans un rictus : 

— Je reste dans les parages.


Episode 306

Lundi 23 janvier 1967

Le plan de Chris

D’une certaine manière, Chris Webber se rapproche de plus en plus du crime suprême. Dans sa poche se trouve, comme un poids mort, un revolver. Celui qu’il a volé à la taverne d’Ada Jacks. Tout au long de cette nuit, l’idée a pris forme dans son esprit de se servir du revolver. Pour tuer son propre frère Lee. Maintenant que l’aube approche, il doit choisir le moment et l’endroit de l’exécution. Il doit choisir avec grand soin.

Chris marche le long du quai, dans la neige. Il touche la moto sous le porche et entre à l’intérieur de la maison.


Chez les Webber, Chris récupère l’arme sur le sofa et le glisse sous son parchemin. Lee arrive et demande à son frère s’il revient ou s’il sort. 

— Un peu des deux, répond Chris, évasif. 

Lee mentionne le fait qu’il fait très froid dehors. Il enlève ses boots tout en racontant qu’il a trouvé un nouveau travail sur le bateau de pêche. 

Mais Chris n’est pas d’humeur à écouter son frère parler de tout et de rien. Il l’accuse à nouveau d’avoir tué Ann. Il était là-bas ce jour-là et Hannah l’a vu précipiter Ann du haut de la falaise. 

Lee se fâche et s’apprête à partir alors que Sandy, qui était couchée dans la chambre, arrive et leur demande d’oublier toute cette affaire. Elle est fatiguée de toutes ces histoires. 

Elle réconforte Chris. Celui-ci lui demande de retourner au lit, mais elle ne veut pas. Il prend le revolver de sa poche et le cache sous le sofa. Puis il dit à Sandy qu’il meurt de faim.


À l’hôpital, Peyton mange son petit déjeuner tandis que Steven frappe à la porte et entre. Peyton n’est bien évidemment pas satisfait de la nourriture de l’hôpital.  Pouvait-il en être autrement, connaissant l’homme ?

Il raconte au jeune homme la charmante visite faite par Betty. Ils discutent ensuite du manoir. Steven respire profondément avant de dire : 

— Une fois les réparations terminées, Betty et moi aimerions vivre là-bas. 

Peyton n’oppose aucune contestation. Il est d’accord de le laisser vivre au manoir. Pour Steven, il ne fait qu’accepter ses droits légitimes : 

— Après tout, je suis un Peyton. Remettons les choses à leur place, je suis le résultat d’un scandale, et non pas la cause.


Chez les Carson, Constance frappe à la porte et entre dans la chambre de Rachel. La jeune fille demande à Constance de l’aider à fermer sa robe. Constance lui dit qu’elle est très belle. 

Elle lui parle ensuite du premier dîner organisé en l’honneur de Rachel chez Rita et Norman. Rachel dit qu’elle a beaucoup de chance d’avoir des amis comme eux.

Elle demande soudainement à Constance si Allison aurait voulu qu’on utilise sa chambre et ses affaires. Constance est sûre qu’elle aurait été ravie de cela.


Chris s’entraîne au piano chez Ada. Cette dernière arrive avec une cuillère de soupe au poisson et la fait sentir à Chris. Elle lui demande s’il a faim. Il lui dit que non. Sandy lui a déjà préparé un bon repas. 

Norman arrive au moment où elle dit qu’elle a fait une grosse marmite de soupe au poisson. Elle retourne dans l’arrière-boutique. 

Deux hommes et Lee entrent en frottant leur main tant il fait froid dehors. Lee a eu une journée difficile à son travail. Il appelle Ada et lui commande un whisky. 

Chris se lève, se cogne contre le juke-box. Puis il se rend à une armoire où sont pendus les manteaux et saisit le revolver dans la poche du sien. Il le coince dans sa ceinture et retourne dans la salle.


À l’appartement, l’électrophone est en route et Norman danse seul tandis que Rodney frappe à la porte. Norman lui dit d’entrer. Le jeune homme semble s’être remis de sa dépression. Il pointe du doigt la porte de la chambre et dit à Rodney d’y aller. 

Rodney frappe à la chambre de Rita et dit : 

— Dépêche-toi Rita, je veux m’amuser. 

Il est heureux de voir que Rachel est également là. Il lui dit qu’elle est en beauté. Il l’observe avec les yeux brillants d’un amoureux transi. 

— Elle est plus qu’en beauté, ajoute Rita.

Norman va chercher la soupe de poisson préparée par Ada à la taverne.


À la taverne d’Ada, Lee fait tournoyer une pièce de monnaie sur le comptoir. Il importune Chris et il est assez odieux pour qu’Ada lui demande de partir. Mais Lee continue à boire. 

Norman entre et Lee l’importune également. Norman lui dit de partir. Lee dit à Norman qu’il ressemble à un petit oiseau chétif. Norman demande une nouvelle fois à Lee de partir. 

Pour empêcher une confrontation qui risquerait de mal finir, Ada dit à Norman que la soupe de poisson est prête.


À l’appartement des Harrington, Rodney danse avec Rita, puis avec Rachel. Ils s’élancent sur le canapé tout en faisant des singeries, qui apparemment amusent Rita. 

Ils passent tous une excellente soirée, et cela leur fait du bien. Assis sur le canapé, Rodney et Rachel s’amusent. Ils sont très complices. Rita observe d’un œil bienveillant ce rapprochement. Cependant, elle s’inquiète, car Norman n’est pas encore rentré avec la soupe de poisson. 

Rodney lui dit de ne pas s’en faire, c’est un grand garçon.


Retour à la taverne, où l’ambiance est moins festive. Accoudé au comptoir, Lee raconte une histoire barbante :

— … Alors j’ai dit « Ton vélo pour ce que tu me dois ». Seulement cette machine valait bien 500 dollars, et il me devait à peine 125 dollars. On avait l’impression qu’il était sur le point de pleurer. Il a secoué la tête, puis il s’est retourné. Et là, je lui ai attrapé le bras et je le lui ai presque cassé. 

Il mime le geste sur un client à côté de lui, qui n’est visiblement pas content qu’on s’en prenne à lui :

— Hey, ferme-là, tu veux !

Norman, assis à une table, en profite pour rebondir : 

— C’est facile à faire pour toi, n’est-ce pas Webber ?

Lee s’approche de Norman :

— T’es toujours là ?

— Casser le bras d’un gars. Rendre aveugle ton frère. Tuer quelqu’un. C’est facile pour toi.

—  Pourquoi est-ce que tu n’irais pas t’asseoir dans le fond et nous laisser boire en paix, petit ?

— Pourquoi est-ce que tu ne nous parlerais pas d’Ann Howard ? le provoque Norman.

Lee l’ignore et poursuit son histoire :

— Je disais que cette machine, c’était vraiment quelque chose.

Mais Norman ne lâche pas prise : 

— Dis-nous comment tu l’as suivie jusqu’à la falaise.

— … Entièrement chromée d’un bout à l’autre.

— Comment tu l’as tourmentée, et ensuite comment tu l’as poussée, hein ?

— Norman ! intervient Chris.

— Oh, j’oubliais, Chris. Tu le sais déjà. Eh bien, maintenant, j’aimerais l’entendre de la bouche de Lee. Dis-nous comment tu t’en es débarrassée. C’était ma sœur, Lee.

— Ta demi-sœur, petit, rectifie Lee. Ou quelque chose comme ça.

— Et tu l’as tuée. Pourquoi ? Hein ? Qu’est-ce qu’elle t’avait fait ?

— Tu es un peu en retard avec tout ceci, n’est-ce pas ? Le procès est terminé. Personne ne te l’a dit ?

— Quel effet ça fait, Lee, de tuer une personne et de s’en aller comme si de rien n’était ?

— Tu devrais être bien placé pour savoir ça. C’est chose courante dans ta famille. Est-ce que ta chère mère ne t’a pas raconté comment elle a tué la dame Carson ?

Lee a réussi à mettre Norman hors de lui. Le jeune Harrington se précipite sur lui et le met à terre. Ada arrive.

— Ne te bats pas, garçon. Tu vas perdre, prévient Lee.

Norman veut toujours en découdre avec Lee. Ce dernier se tourne vers Ada et lui dit, en guise de présage :

— Ada, ce n’est pas moi qui ai commencé. Souvenez-vous.

Il pousse Norman qui tombe sur le piano. Lee le toise du regard.

— Maintenant, tu as une raison d’appeler les flics. N’oublie surtout pas de leur dire que c’est toi qui as commencé, petit.

— Sortez d’ici ! hurle Ada.

— Très bien, mais je ne faisais que me défendre.

Lee s’apprête à partir. Mais Chris le retient.

— Lee, attends une minute. Je viens avec toi.

Chris prend sa veste avec le revolver dans la poche. Il suit Lee à l’extérieur.

— Lee, j’aimerais te parler.

— Tu as déjà tout dit, petit frère.

— Reste où tu es un instant. Lee ?

— Je suis ici, mec.

— Rentrons à la maison ensemble. 

— Non merci. J’ai un goût amer dans ma bouche à cause d’Harrington. Je vais à White River me la rincer.

— S’il te plaît, rentre à la maison avec moi, insiste Chris. 

— Non. 

— Lee, j’ai laissé ma canne. Veux-tu aller me la chercher ?

Chris commence à vouloir prendre le revolver dans sa poche. Norman se montre, toujours aussi remonté contre Lee :

— Webber, c’est toi qui as commencé à attaquer !

— Laisse-nous tranquilles, soupire Chris, qui voudrait pouvoir mettre son plan à exécution.

Lee ne répond plus aux provocations de Norman.

— Je ne retournerais pas en prison à cause de toi, petit. Salut, les enfants.

— Lee, attends une minute, le retient Chris.

Lee monte sur sa moto, fait demi-tour et roule en direction de White River.

— Lee ! Lee !  Lee ! appelle  Chris.

— Il est parti, l’informe Norman. Hey, Chris, c’était ma bagarre.

— Non, c’était la mienne.

— Tu ne peux pas.

— Norman, c’est mon frère. Laisse-le-moi.

— Je ne peux pas rester là, à le voir en liberté. 

— Moi non plus. 

— Allez, viens. 

Norman raccompagne Chris à l’intérieur de la taverne.


Episode 305

Mardi 17 janvier 1967

Le revolver

Il n’y a pas si longtemps, Chris Webber avait l’habitude d’attendre anxieusement les premières neiges de l’hiver. Aveugle depuis son enfance, il ressent un plaisir intense à sentir les froids flocons tomber sur son visage. Maintenant, Chris reconnaît à peine cette neige, qui finalement commence à tomber à Peyton Place. Son esprit déborde de haine envers son frère, Lee. Chris est convaincu que Lee a assassiné Ann Howard. Il est également convaincu que Lee doit être puni. 

Chris marche sous la neige du pilori dans le square jusqu’au centre-ville de Peyton Place. Lee le suit à environ dix mètres. Il grimpe sur la base du pilori, puis il continue à suivre Chris. Ada ouvre la Taverne et fait entrer Lee.


Chris est venu tôt chez Ada afin de s’entraîner au piano. Ada lui demande pourquoi il est si matinal. Chris lui répond qu’il a besoin d’entraînement, mais il sait que ce n’est qu’une excuse pour ne pas s’attarder chez Lee. 

Le sergent de police Edward Goddard entre et salue Chris et Ada. Il presse Ada de régler 7,50 dollars pour le renouvellement de la licence de son revolver. Ada se plaint : elle avait acheté ce « stupide revolver » seulement 20 dollars il y a cinq ans. Il examine le numéro de série de l’arme, et lui donne un récépissé pour l’argent. Il promet de lui apporter la licence dans un jour ou deux. Il salue Chris et s’en va, sans s’apercevoir de l’intérêt que Chris a eu pour cette conversation.

Lee entre, s’assoit à une table et lit une annonce à haute voix en prenant un ton sarcastique pour que son frère comprenne qu’il est là. Chris arrête brusquement de jouer « That old feeling » au piano et Lee se dirige vers lui. Lee s’impose à Chris. 

— Je voulais parler avec toi ce matin, mais tu es parti tôt. Pourquoi cette hâte ?

— Je n’arrive pas à rester dans la même pièce que toi.

Ada s’aperçoit que Chris n’est pas à l’aise en présence de son frère, et suggère à Lee de quitter la taverne et de se trouver un job. Lee fait encore quelques remarques caustiques avant de partir. 

Ensuite, Chris confie à Ada ses craintes pour Sandy. 

— Personne ne peut gagner à chaque fois, dit-il.

Il entend par là qu’un jour, Lee aura le revers de la médaille.


Leslie se rend au manoir Peyton endommagé par le feu et se sert un verre. Rodney descend pour venir lui parler. Visiblement, le feu n’a pas atteint l’étage. 

Il lui dit qu’il est triste pour toutes les choses que son grand-père a perdues dans l’incendie. Tous les livres de Peyton, par exemple, sont partis en fumée. 

Pour Leslie, ce peut être un nettoyage du passé. Leslie et Rodney se font des reproches mutuellement. 

Ils discutent non seulement de Martin, mais aussi de Steven, Betty et Norman. Leslie dit que Steven est en train de créer un Nouveau Monde : le monde de Steven Cord, et qu’ils doivent l’en empêcher.


Steven parle dans un dictaphone dans son bureau. Betty se dirige vers lui et s’assoit sur ses genoux. Le bras droit de l’avocat est bandé, résultat du sauvetage de Martin Peyton. Il embrasse Betty. 

Elle l’informe que Peyton a demandé à la voir à l’hôpital. Il lui dit qu’elle peut aller le voir, mais qu’elle ne doit pas conclure de marché avec lui.

— Je veux juste être sûre. C’est tout ce que je demande. Parce que lorsque tu auras franchi la première étape, tu ne pourras plus revenir en arrière, affirme Betty en parlant du désir de Steven de récupérer le manoir.


Au drugstore, Rita prend un sandwich au jambon et deux tasses de café qu’elle pose devant Rodney. Elle boit la seconde tasse tout en parlant avec lui. Rodney l’informe des dommages causés par l’incendie. 

C’est le premier étage qui est atteint. Le second étage est indemne. La conversation s’oriente ensuite vers la vie privée du jeune homme. Rita dit à Rodney qu’il a besoin de quelqu’un. Elle mentionne Allison et le fait qu’elle doit lui manquer. En partant, lui mentionne Rachel.


Dans son lit d’hôpital, Peyton embête l’infirmière Stacy. Elle remonte le lit de Peyton à la manivelle tandis que Betty entre. Peyton ordonne à l’infirmière de partir. Betty ajuste le lit tandis que Peyton lui dit qu’elle a bonne mine. 

Elle lui demande comment il va et elle ajoute qu’elle se demande bien pourquoi il l’a fait venir ici. Il lui demande de bien vouloir rénover le manoir. Il a l’intention de la payer, bien évidemment. Et elle sera même payée grassement. 

Elle accepte en ajoutant qu’elle a toujours trouvé que les tentures étaient affreuses. Martin lui fait savoir que Thomas et la voiture sont à sa disposition.


Au moment du dîner, Rita se rend chez les Carson et c’est Rachel qui répond à la porte. Rita veut inviter Rachel à dîner demain soir. 

Constance descend les escaliers avec Matthew et dit qu’elle ne voit pas d’inconvénients à ce que Rachel dîner dehors demain. Cependant, Rachel n’est pas sûre, mais Constance l’encourage à le faire. 

Rita s’approche de Constance pour regarder Matthew. Elle est triste, parce qu’elle sait qu’avec la dépression de Norman, il lui sera difficile d’avoir un enfant.


À la taverne, Ada ferme. Chris lui dit qu’il veut s’entraîner encore. Elle lui dit de fermer la lumière avant de partir. Il lui rappelle qu’il n’a pas besoin de lumière. Ada s’excuse. 

Chris commence à jouer « Deep Purple », s’arrête, souhaite bonne nuit à Ada. 

Une fois la patronne de la taverne partie, Chris se rend près d’un tiroir et vole le revolver. Avec l’arme dans sa poche, il quitte la taverne.


Episode 304

Lundi 16 janvier 1967

Un nouveau foyer

Ce soir, Rodney Harrington a convaincu Rachel Welles qu’elle devrait accepter l’offre faite par Constance et Elliot Carson d’aller vivre chez eux, sa seconde maison, à l’époque où sa propre vie était centrée sur Allison Mackenzie.

Rodney conduit Rachel chez les Carson.


Toujours dans la voiture, Rodney et Rachel discutent un instant. Rachel lui dit que M. Carson ne la croit pas. Elle ne sait pas si elle se sentira à l’aise dans cette maison. Rodney la rassure. 

Ils sortent du véhicule. Rodney escorte la jeune fille jusqu’à la porte d’entrée et sonne. Constance semble surprise, mais souhaite chaleureusement la bienvenue à Rachel. Elliot fait de même. 

Rodney ne peut pas rester. Rachel et les Carson montent jusqu’à la chambre d’Allison. Rachel exprime son regret de savoir qu’Elliot ne veut pas vraiment d’elle ici. 

Elle prend quelques poupées et jouets d’Allison. Puis elle prend Matthew dans ses bras. Constance la laisse avec Elliot pour aller faire du café. Elliot remercie Rachel, car elle change les idées de sa femme.


Rachel pousse le landau dans le square. Les promeneurs regardent Matthew et s’émerveillent. Elle se dirige vers le General Store.

Au magasin général, Eli vient juste de remettre du bois dans la poêle tandis que Rachel vient lui montrer son petit-fils. Eli est content de savoir Rachel chez les Carson.

Ils jouent au jeu de l’almanach. Eli lui dit que l’Islande est l’un des trois pays qui ne possèdent pas d’armée. 

Tandis que Rachel s’en va, Norman entre dans le magasin et demande à Eli s’il est un parieur. Lui parie qu’il va neiger demain. Eli se rend à l’extérieur pour tester l’air et faire quelques observations scientifiques. Puis Norman et Eli traversent la rue et vont dans le square jusqu’au kiosque à musique. Norman répète qu’il va neiger demain.


Lee se rend au Cider Barrel et importune Sandy. Il lui demande, d’une manière sarcastique, si elle a remarqué que d’ici on pouvait voir le Shoreline Garage. Sandy est occupée à laver des verres. Lee l’ennuie.

Il lui commande un café et lui demande si elle rentre directement à la maison après son service. Il lui dit que le seul homme qui l’a félicité à l’issue de l’audience préliminaire était Martin Peyton. Il paie son café et lui dit : 

— Garde la monnaie.  

Puis il s’en va.


Le téléphone sonne dans le salon des Carson et Rachel répond. C’est Rod qui appelle depuis le Shoreline Garage. Il lui demande comment se passe sa nouvelle vie. Rachel semble ravie. Elle a trouvé un nouvel équilibre chez les Carson.

Matthew commence à pleurer. Rodney demande si elle veut sortir avec lui. 

— Pas ce soir, lui répond-elle. 

— Une autre fois ? hasarde Rodney.

Sandy Webber entre à ce même moment au Shoreline Garage. Rod est toujours au téléphone. 

Lorsqu’il raccroche, Sandy lui demande des nouvelles de son grand-père. 

Elle lui dit qu’elle a des sentiments très forts à l’égard du jeune homme. Rodney lui rappelle une nouvelle fois qu’elle est mariée et lui demande de rester loin de lui. 

— Si être mariée signifie avoir une vie à deux, alors je suis aussi célibataire que toi, lui dit-elle. 

Elle regarde par la fenêtre et aperçoit Lee sur sa moto.

Lee se rend à l’hôpital et demande à Mlle Choate quel médecin s’occupe de M. Peyton. Steven arrive et Lee lui demande comment va le vieil homme. Steven ne lui répond pas, et ils se dirigent tous deux vers le bureau du Dr Fielding. Le médecin sort du bureau et veut parler à Steven de l’état de santé de Martin, mais il est sans cesse interrompu par Lee qui feint de s’intéresser à Peyton. Steven ne perd pas son temps. Il est simplement venu donner un petit paquet pour Martin. Il le donne à Fielding.

Steven va prendre un verre d’eau à la fontaine, suivi par Lee. Ce dernier lui demande ce qu’il y avait dans la boite qu’il a donné au médecin pour M. Peyton. Steven lui dit que ça ne le regarde pas. Il ajoute qu’il le déteste et qu’il ne veut plus rien avoir à faire avec lui. 

— Je vais vous écraser comme un vulgaire insecte, et ensuite je vous donnerais en pâture aux hyènes.

Lee le provoque :

— Vous voulez un deuxième round, comme ce que nous avons fait cette nuit-là au Shoreline ? Vous rappelez-vous comment vous avez frappé sur la table, mon garçon ?

— Ne me poussez pas à bout, Webber !


Episode 303

Mardi 10 janvier 1967

Pauvre petite fille

Hôpital de Peyton Place. Ce soir, un feu s’est déclaré à l’intérieur de la vieille maison Peyton. Martin Peyton a été amené ici, à l’hôpital. Steven l’a découvert évanoui au pied des escaliers de sa maison, victime d’une inhalation de fumée, et en état de choc. L’homme, dont l’image domine la ville, est dans un état critique.

Il fait nuit. Sur le parking de l’hôpital, une infirmière sort tranquillement d’une voiture bleue. Rodney est dans une autre voiture, derrière. Il en sort et court jusqu’à l’entrée de l’hôpital.


Steven et Betty sont assis sur un banc. Rodney se précipite vers eux. Steven porte un bandage à la main. Rodney demande à Steven comment va sa main. Il le remercie d’avoir sauvé la vie de Peyton. 

Le Dr Fielding, qui remplace le Dr Rossi parti en vacances à New York, sort d’une salle et leur dit que Peyton a repris conscience. Il a demandé à voir son petit-fils. Ne se faisant guère d’illusion, Steven se tourne vers Rodney : 

— Je pense qu’il parle de toi, Rod. 

Rodney va voir Peyton. Il est sous une tente à oxygène. 

Mais le vieil homme voulait en fait voir Steven. Il ne va pas très bien.

— Steven est dans le couloir, je peux lui demander de venir. 

— Dans un instant. Rodney, je pensais que je ne te reverrais plus jamais, bredouille-t-il. 

Il dit à son petit-fils qu’il n’est pas encore prêt à mourir, il a encore beaucoup de choses à lui transmettre, à lui apprendre. 

C’est au tour de Steven d’entrer. Peyton lui demande pourquoi il est venu à la maison. Il était venu au manoir afin de rendre le chèque de la vente de la maison qu’Hannah avait donné à Betty. 

Martin évoque Hannah, et combien elle était belle à l’époque où il l’a connue. Et combien elle est toujours aussi belle ! 

Il demande à Steven quel est son prix pour lui avoir sauvé la vie. 

— Quand le moment sera venu, je vous le ferai savoir, dit Steven.


Dans une autre chambre de l’hôpital, Elliot frappe à une porte. Il entre. Il fait sombre. Il demande à Rachel si elle dort. N’obtenant pas de réponse, il s’apprête à partir quand Rachel allume. Elle est étendue sur son lit, dans une chambre qui doit se situer dans les combles de l’hôpital. 

Elliot invite officiellement Rachel à venir vivre chez eux. Il ajoute que Constance a besoin d’aide avec le bébé. 

Cependant, il jette une ombre au tableau en lui disant qu’il émet des réserves sur elle parce qu’il pense qu’elle n’a pas dit tout ce qu’elle savait sur le bracelet d’Allison.

Rachel pense que l’invitation des Carson vient du Dr Rossi. Elle a dans l’idée qu’il veut se débarrasser d’elle, qu’il ne veut plus qu’elle reste à l’hôpital. Elle songe qu’en partant à New York, il l’a en quelque sorte abandonnée. Elle est en colère contre lui.

Elliot lui dit sèchement que Rachel n’a rien à voir dans le départ du médecin. Michael a traversé de nombreuses épreuves, dont la plus terrible, la perte de la femme qu’il aimait. Il n’a pas l’habitude de montrer ses faiblesses, mais il souffre intérieurement. Son départ pour New York est une façon de se reconstruire, de tirer un trait sur le passé. Il reviendra à Peyton Place quand il sera prêt, pas avant. 

Avant de partir, Elliot dit que l’invitation tient toujours. Si Rachel veut bien venir s’occuper de Matthew, elle pourra rester à la maison.


Lee ouvre la porte et entre chez lui. Il appelle Sandy et Chris, mais ne reçoit aucune réponse. Il enlève sa veste. 

Sandy se tient en face du vieux réfrigérateur. Lee se regarde dans le miroir et dit pour lui-même : 

— Bon retour à la maison, Lee. 

Il prend une assiette et se tourne vers Sandy : 

— Prépare-moi quelque chose de bon. 

En bonne femme au foyer, elle s’exécute. Il lui dit qu’il a vu Rodney fricoter avec sa nouvelle petite amie. Sandy lui répond que le nom de la fille est « Rachel » et ils ne sortent pas ensemble. 

Lee fustige Sandy du regard : 

— Je t’ai pardonné une fois parce que j’étais en prison et que tu étais seule, mais je suis de retour à la maison, maintenant.

Cela sonne comme une menace. 


À l’hôpital, Rachel se lève et commence à préparer ses affaires. Rodney frappe à la porte. Elle lui ouvre.

— Qu’est-ce que tu fais ici ?

— Rachel, est-ce que tu pleures ? 

— Ça ne te regarde pas ! Pourquoi es-tu ici ? Tu es supposé être au côté de ton grand-père.

— Il n’y a rien que je puisse faire pour lui. Alors je suis venu te voir. Tu ne veux pas me laisser entrer ?

La voyant bouleversée, il force l’entrée, Rachel s’en offusque.  

Il lui demande pourquoi elle fait ses valises et elle lui répond que l’assistante sociale, Mme Franks, va venir pour lui procurer un nouveau foyer. Elle en veut au Dr Rossi d’être parti sans lui dire au revoir, en ne lui laissant qu’un vulgaire mot.

Rodney lui répond qu’elle agit comme une enfant gâtée. Ce n’est pas parce que le Dr Rossi est parti pour quelques jours qu’il va la laisser tomber. Le monde du Dr Rossi ne tourne pas autour d’elle et il faut qu’elle s’y fasse.

— Je crois que tu as le béguin pour lui, dit-il.

— Je n’ai pas le béguin pour lui, se défend-elle. 

Il voit que Rachel ne met pas dans ses valises ses nouveaux vêtements achetés récemment et il lui demande pourquoi.

— Parce que je ne veux pas qu’on me fasse la charité, explique-t-elle.

— La charité ?

— Je vais les retourner au magasin. C’est le Dr Rossi qui les a payés. 

— Qu’est-ce que tu as contre les gens qui veulent t’aider ?

— Il n’a même pas été capable de dire que c’est lui qui les a payés.

Rodney se fâche et lui dit qu’elle devrait se faire à l’idée que les gens veulent l’aider. 

— Les gens se sentent simplement désolés pour moi, dit-elle. Mme Carson m’a demandé de venir vivre chez elle et m’occuper du petit Matthew. Mais je ne le ferais pas. 

Cela étonne Rodney. Il se fâche de nouveau lorsqu’elle lui dit avoir refusé la proposition. Il veut qu’elle l’accepte.

— Je ne peux pas, dit-elle. M. Carson ne veut pas de moi. Il ne me fait pas confiance. Il pense que je sais des choses à propos d’Allison. Et Mme Carson veut simplement être gentille.

— Mme Carson ne fait jamais les choses pour être gentille. Maintenant, brosse tes cheveux. Je pensais que tu aimais bien Mme Carson.

— C’est le cas. 

Rachel se met à pleurer.

— S’il te plaît, Rachel. Ne pleure pas. 

Rachel dit du bien de Constance. Pour elle, c’est la personne la plus gentille au monde. Elle est belle et ressemble à sa mère. 

Rodney la console. 

— Brosse tes cheveux, et ensuite je t’emmène chez les Carson.

Elle ne s’y oppose plus.


Steven et Betty se rendent au manoir brûlé et regardent les dommages causés. 

— C’est horrible, souffle Betty. 

C’est surtout le petit salon, où l’incendie volontaire s’est déclenché, qui a été le plus touché. 

— C’est peut-être aussi bien, si cet incendie brûle le passé. Il y avait tant de mauvais souvenirs pour toi ici. 

— C’est ça que je veux, dit Steven.

— Quoi ?

— Quand M. Peyton m’a demandé ce que je voulais, eh bien, c’est ça que je veux.

— Cette maison ?

— Oui. Je ne le savais pas avant, mais maintenant j’en suis sûr. C’est la maison que je veux. 

Il regarde le salon et voit déjà comment il la rénovera. 

— Ça signifie voir M. Peyton tous les jours, c’est vraiment ce que tu veux ? demande Betty.

— Après tout, je suis un Peyton, répond Steven.

Betty est également emballée par cette idée. 


Episode 302

Lundi 9 janvier 1967

L’incendie

Hannah Cord quitte la ville. La femme qui pendant vingt-huit ans s’est posée comme la mère de Steven Cord avant de révéler que Catherine Peyton était la mère de Steven. Maintenant, elle doit remettre de l’ordre dans sa vie. Elle est allée voir Steven probablement pour la dernière fois de sa vie et a réalisé qu’elle ne pouvait pas contrôler la haine qu’il éprouve à son égard. De cette manière, le seul lien de sa vie, sa relation avec Steven, prend fin. Il y a encore une petite chose qu’Hannah Cord doit faire.

Hannah porte un grand sac noir, et marche jusqu’à la porte d’entrée du manoir. Elle entre, regarde autour d’elle et se dirige vers le sommet des escaliers tandis que la serveuse, Mary, vient la saluer.


Mary informe Hannah que M. Peyton ne veut pas être dérangé. Une manière pour le vieil homme de ne pas vouloir dire au revoir à sa gouvernante. Hannah demande à Mary de dire à Thomas qu’elle est bientôt prête. Mary dit au revoir à Hannah avant de quitter la pièce. 

Hannah regarde autour d’elle, peut-être pour la dernière fois, puis se dirige près de la cheminée et brûle le portrait de Catherine.


Au magasin général, Eli prévoit de la neige pour demain. Il se trouve avec Norman et Rachel. Eli prête à Rachel son exemplaire de l’almanach de Richard Poor et elle promet d’en prendre grand soin. Elle mange une pomme, tout en parlant à Eli de l’almanach du fermier.


Betty et Steven roulent en direction du manoir. Steven compte retourner le chèque à Hannah. À noter que les effets spéciaux de cette scène sont très bien réalisés pour l’époque.

— Il devrait neiger bientôt, fait remarquer Steven. 

— Tu crois ?

— Les hivers tardifs me contrarient, je ne sais pas pourquoi.

— Steven, j’ai dit à ta mère… (elle se reprend) j’ai dit à Mme Cord que tu ne voulais pas prendre l’argent de la maison. 

—  Je suis sûr que tu l’as fait. Mais elle sait insister, n’est-ce pas ?

— Elle a dit que même si elle n’a jamais été ta mère, tu seras toujours son fils.

— Elle ne peut s’empêcher d’ajouter des insultes aux injures. Elle est bizarre.

— Et si elle est déjà partie ? Elle a dit que son avion partait ce soir.

— Eh bien, nous découvrirons où elle est allée, et je lui enverrai le chèque par courrier. 

— Elle a parlé de toi.

— Oh, Mme Cord est très fière de son petit garçon ! raille Steven. 

— Elle paraît tellement bien organisée.

— J’imagine.

— Elle a dit qu’elle laisse tout derrière elle.

— Elle savoure sa misère, Betty.

— Elle m’a dit qu’elle a vendu la maison, juste comme ça. Et elle m’a tendu le chèque, la somme entière de la vente. Steven, j’ai peur de ne pas avoir su comment gérer cela.

— On s’en sortira, rassure l’avocat. Nous allons lui rendre ce chèque. Nous n’avons pas à accepter les faveurs de Mme Cord.

Betty et Steven arrivent au manoir Peyton et se garent devant la porte d’entrée. Ils voient le salon en feu. Steven prend les choses en main :

— Va jusqu’à la maison de l’autre côté de la rue et appelle les pompiers et Rossi. 

Betty sort de sa voiture et se précipite vers Steven, qui est déjà sur le point d’entrer dans la maison.

— Steven, n’y va pas ! supplie-t-elle. 

Steven est paniqué. Il appelle Martin et Hannah.

— Monsieur Peyton ! Mère ! Mère !

Il n’obtient pas de réponse. Il se tourne vers Betty. 

— Fais ce que je t’ai dit.

Il appelle de nouveau, en vain :

— Mère ! Monsieur Peyton !

Il décide d’agir en espérant qu’il ne est pas trop tard. Il brise la vitre d’une fenêtre avec son coude, atteint l’intérieur et déverrouille la porte. Il entre précipitamment.

— Mère ! Monsieur Peyton ! Mère ! Monsieur Peyton ! Mère ! Mère ! Monsieur Peyton !

Betty a eu le temps d’appeler les pompiers et l’hôpital. 

Steven voit à travers la fumée dense Martin Peyton, il est étendu au pied de l’escalier. L’avocat le secourt et le porte jusqu’à l’extérieur. 

— Monsieur Peyton…

Il dépose le vieil homme sur l’herbe et lui frotte le dos. Martin ne se réveille pas. Steven décide de lui faire du bouche-à-bouche. 

— Allez, vieil homme !

Betty le rejoint et s’agenouille près de lui.

— Allez, vieil homme ! insiste l’avocat.

Peyton se met à tousser.

— Il respire ! Il respire !

Steven se précipite de nouveau vers la maison. Betty le suit.

— Non, Steven, non !

— Mère ! mère ! appelle désespérément Steven depuis l’entrée de la maison.

Betty revient vers Peyton en courant.

— Monsieur Peyton, y avait-il quelqu’un d’autre dans la maison ? Est-ce qu’Hannah est à l’intérieur ? S’il vous plaît, parlez. 

— Non, ils sont tous partis, bredouille le patriarche.

Betty se précipite jusqu’au vestibule. 

— Steven. Steven, où es-tu ?

—  Ici !

— Steven, il n’y a personne à l’intérieur. M. Peyton a dit que tout le monde était parti. J’ai appelé l’hôpital. Le Dr Rossi a quitté la ville.

— Quoi ?

Steven revient à l’air libre et s’agenouille une nouvelle fois près de Peyton tandis que la scène se termine.


Au magasin général, Norman et Rachel entendent les sirènes. Rachel est troublée. Elle pose ses mains contre ses oreilles pour ne pas entendre le bruit des sirènes. 

Eli vient vers elle et lui demande ce qui ne va pas. Rodney entre dans le magasin et les informe que le camion de pompiers monte la colline. 

Eli dit à Rachel que son chocolat chaud est prêt. Rodney réconforte Rachel, visiblement traumatisée par les sirènes. Rachel demande à Rodney de ne pas la traiter comme une enfant, même quand elle agit comme telle. Elle ajoute qu’elle n’aime pas le bruit des sirènes. Elle raconte que lorsqu’elle était petite, la grange de ses voisins avait brûlé. Elle en est restée traumatisée.

La caméra nous montre le côté nord de Peyton Place avec la caserne des pompiers, puis le Clarion et enfin les camions de pompiers roulant à vive allure. Rodney continue à réconforter Rachel. Elle dit à Rodney et Eli que ses parents sont morts dans un incendie. 

Rachel et Rodney sortent du magasin et rencontrent Lee Webber qui se trouve sur sa mobylette. Webber se dirige vers eux, les contrarie et les irrite. Lee encourage Rodney à prendre la main de Rachel. 

Rodney lui demande de les laisser tranquilles. Lee emballe son engin et s’en va. Eli se précipite vers Rod et Rachel pour leur annoncer que M. Peyton est à l’hôpital. Et que le feu est au manoir Peyton.


Elliot erre dans la maison tandis que Constance prépare l’arrivée imminente de Rachel. Elliot émet des réserves à propos de Rachel, mais il a tout de même consenti à ce que la jeune fille vienne vivre avec eux. 

Constance est excitée par le fait qu’ils vont héberger Rachel. 

Elliot a peur que Constance fasse un transfert d’Allison. Rachel a presque le même âge que leur fille.

Le téléphone sonne et Elliot, en tant que rédacteur en chef du Clarion, est informé par un sergent de police de l’incendie et du fait que Steven a sauvé la vie de Martin Peyton. Elliot dit à Constance que Peyton est en vie et à l’hôpital. Il va s’y rendre immédiatement.


Steven et Betty s’entretiennent avec le Dr Fielding, actuel chef du personnel de l’hôpital pendant l’absence de Michael. Depuis que le Dr Rossi est parti, le Dr Cortell, le médecin de Peyton à Boston, a été mandaté. 

— Il vient aussi vite que possible, fait savoir Fielding. Nous avons essayé de le joindre, mais sans succès. 

— Quelles sont ses chances, docteur ? s’enquiert Steven à propos de la santé de Martin Peyton. 

— Difficile à dire.

Le Dr Fielding ajoute qu’il est soucieux d’une possible atteinte des poumons de Peyton, due à la fumée. 

Il demande à l’infirmière Fletcher de soigner les blessures de Steven, mais de le laisser regarder les plaies avant qu’elle ne les bande. 

Steven dit que c’était irresponsable de la part de Rossi de laisser Martin Peyton, sachant à quel point son état de santé est précaire. Il est très concerné par la santé de son nouveau grand-père. Selon lui, le Dr Cortell est un très vieil homme. 

Betty fait savoir à son mari qu’elle est fière de lui. Il s’est comporté en héros aujourd’hui.


Episode 301

Mercredi 4 janvier 1967

L’ultime face-à-face

Ce soir, Hannah Cord a fait un long chemin. Sa destination : le bureau de Steven Cord. Elle doit voir le jeune homme qui a vécu toute sa vie en pensant qu’elle était sa mère. Hannah essaie désespérément d’empêcher Steven de tirer profit du fait qu’il est le fils de Catherine Peyton. Peut-être le fait-elle pour la dernière fois.

Hannah traverse le square et se dirige vers le bureau de Steven.


Steven range quelques affaires dans son bureau quand Hannah ouvre la porte. 

— Puis-je entrer ?

— Eh bien, j’allais rentrer à la maison…

— Je suis venue te dire au revoir, je m’en vais ce soir.

Il la fait entrer et lui propose de s’asseoir.

— Que vas-tu faire, maintenant ? s’enquiert l’avocat.

— Voyager, aller là où le vent me porte. 

Elle lui dit qu’elle en a assez d’être sous la coupe de Martin Peyton. 

— Je veux savoir une chose : lorsque tu as témoigné à la barre avoir vu Lee pousser Ann de la falaise, tu mentais, n’est-ce pas ?

— Pendant des années, je t’ai menti, Steven. Je n’ai plus aucune raison de le faire maintenant. J’aurais voulu ne pas voir cela se produire, mais ça s’est produit. 

— Espères-tu que je vais croire ça ?

— Ce doit être difficile pour toi.

— Difficile ? Impossible, tu veux dire !

Il jette son stylo par terre. Hannah se lève. 

— Steven, si je te dois bien quelque chose, si je peux encore te donner quelque chose, c’est la vérité.

— Je ne vais jamais croire que tu as vu Lee tuer Ann.

— Très bien. Je ne suis pas venue pour te parler de ça, mais ce que je te dis est la vérité, je te le jure !

Steven lui reproche de lui avoir menti pendant toutes ces années, alors qu’il croyait être son fils. 

Hannah semble sincèrement désolée. Steven se tourne vers la fenêtre. Hannah veut lui toucher l’épaule pour le consoler, mais elle ne fait que l’effleurer. 

— Il va me falloir beaucoup de temps avant d’arrêter de t’appeler « maman », dit Steven. Quand je te parle, je pense encore à toi de cette façon. 

Il se retourne. Hannah n’est plus là. Elle est partie. Steven retourne à la fenêtre et la voit s’éloigner, elle est visiblement bouleversée. 


À la bibliothèque, Eli présente Rachel à Mlle Hunt. Rachel lui serre la main et présente à la bibliothécaire une liste que le Dr Rossi lui a donnée. Mlle Hunt lui explique le classement des fiches des différents livres. 

Eli s’éloigne pour aller réveiller Norman qui lit un livre sur l’hérédité. Eli demande à Norman d’aider Rachel à trouver quelques livres. 

Il retourne près de Rachel, qui cite l’almanach du fermier. Eli dit à la jeune fille qu’elle devrait observer Norman et apprendre de lui.


Pendant ce temps, au manoir, Peyton retourne à la maison, aidé par Thomas, le chauffeur. Le vieil homme tend à Thomas son chapeau et lui dit : 

— Ce sera tout pour le moment, Thomas. 

Il lui demande d’aller conduire Mme Cord à l’aéroport.

— Je ne veux pas qu’elle ait à se débrouiller par elle-même. Ensuite, vous pourrez prendre votre soirée, vous et Mary.

Rita Jacks Harrington attend dans le salon de Peyton et sursaute lorsqu’elle le voit entrer. Le patriarche l’impressionne toujours autant.

Rita dit au vieil homme que Norman pense que sa mère, Catherine, n’était pas mentalement équilibrée et Norman pense qu’il a hérité de ses gènes. 

Peyton affirme qu’il n’y a jamais eu de personnes folles dans la famille Peyton. Rita s’en va. Martin se dirige vers le portrait de Catherine et l’observe longuement.


Elliot et Constance vont voir Michael dans son bureau. Le médecin leur dit que c’est dorénavant le Dr Fielding qui sera responsable de Rachel Welles pendant son absence. Il les informe qu’il s’en va pendant quelques jours. 

Il a appelé Mme Franks, qui est toujours en charge du dossier de Rachel. Constance parle au médecin de sa décision de vouloir héberger Rachel. Mais Michael voit qu’Elliot est contre cette idée. Or, il veut que tous les deux soient d’accord. 

Michael examine Matthew avant de partir. Il doit attraper un avion dans 40 minutes. (comme il sera dit plus tard, Rossi va à New York pour rendre visite à sa famille et voir un grand hôpital.)


Au manoir, Hannah prend soin des derniers préparatifs de départ. Elle regarde autour d’elle, peut-être pour la dernière fois. Elle dit à Mary qu’elle aimerait dire au revoir à M. Peyton. Mary lui répond que M. Peyton ne veut pas être dérangé. Elles se disent au revoir. 

Mary se retire, et Hannah regarde une nouvelle fois autour d’elle. Son regard se porte sur la cheminée, et sur l’échiquier. Elle s’avance près de la cheminée, puis regarde avec haine le portrait de Catherine. Elle saisit le Peyton Place Clarion, le chiffonne et l’enflamme avec le feu de la cheminée. Puis elle porte le journal devant le portrait de Catherine et s’apprête à y mettre le feu.


Episode 300

Lundi 2 janvier 1967

Ressentiments

Jack Chandler avait abandonné ses droits légitimes de tuteur de la jeune Rachel Welles. Aujourd’hui, toutefois, il a toujours un impact écrasant sur Rachel, et a rapporté à la fille quelques effets personnels afin de les lui remettre personnellement, ce qui lui permet de la revoir.

Chandler conduit son imposante voiture rouge, se gare sur le parking de l’hôpital et entre dans le bâtiment avec une valise et un carton.


Dans le labo de l’hôpital, Chandler s’entretient avec Mlle Choate et demande à donner à Rachel ses effets personnels qu’il a apportés. Mlle Choate lui répond qu’il serait préférable de les laisser ici. Elle se chargera de les lui remettre. Mais Chandler fait clairement remarquer qu’il veut les lui remettre personnellement. 

Le Dr Rossi et Rachel arrivent. Rachel porte ses nouveaux vêtements achetés avec Constance à la boutique « Les Femmes ». Chandler ne manque pas de lui faire la remarque :

— C’est une nouvelle tenue que tu as là. Je savais bien que tu voulais quelque chose de nouveau. Et le bon docteur m’a devancé. 

— Écoutez, pourquoi ne partiriez-vous pas ? suggère Mike.

Rossi et Chandler ont une discussion âpre concernant la garde de Rachel. Chandler lui fait remarquer qu’il est toujours son tuteur légal et qu’il veut juste lui dire au revoir en privé. Mike finit par accéder à sa demande.

Jack conduit la jeune fille derrière un solide poteau et lui parle doucement afin que personne n’entende. Ses paroles sonnent comme des menaces. 

— N’essaie jamais de faire un rapprochement entre moi et la fille Mackenzie, sinon, je te le ferais regretter, à toi et à ton toubib.

Il s’assure qu’elle a bien compris. Ensuite, il lui demande de sourire. Ils rejoignent Mike et Rachel a un sourire figé sur ses lèvres. 

Chandler joue au gentil, il embrasse Rachel sur la joue et s’en va. 

Mike est contrarié par la scène et Rachel s’en aperçoit. Le médecin, cependant, lui dit que tout va bien. Rachel remercie de nouveau son bienfaiteur pour les nouveaux vêtements, il sait que c’est lui qui a demandé à Constance de l’accompagner à la boutique.

— C’est normal, dit-il. Tu n’avais rien à te mettre. Excuse-moi, je dois aller voir un patient.

Il s’en va. Mlle Choate donne la valise de Chandler à Rachel, qui rejoint sa chambre. Elle fait tomber par inadvertance un des paquets contenant ses nouveaux vêtements. Elle finit par donner un grand coup de pied dedans.


Au manoir, Hannah s’apprête à partir. Elle quitte la ville. Martin veut savoir où elle va. Il veut être au courant de tous ses faits et gestes. Hannah lui répond qu’elle ne sait pas encore. Elle ira là où l’avion l’emmènera.

Il l’informe qu’une agence immobilière a téléphoné ce matin. Elle a mis la maison de Steven aux enchères. Il ajoute qu’elle va perdre beaucoup d’argent puisque la maison ne sera pas revendue à sa valeur d’origine. Il termine en disant que Thomas est à sa disposition.


Dans la cuisine des Carson, Elliot porte un tablier. Il prépare le dîner tandis que Constance est assise à la table. Elle l’informe qu’elle a fait du shopping avec Rachel. Selon Elliot, Rachel fait trop rappeler Allison à Constance. 

Mais pour Constance, personne ne pourra jamais remplacer Allison. 

Elle ajoute qu’elle voudrait que Rachel vienne s’occuper du bébé. Elliot est surpris, car il pensait que Rita était la deuxième sur la liste après Betty. 

— La prochaine fois, tu vas lui donner les vêtements d’Allison. Que veux-tu vraiment, Connie ? Tu veux une baby-sitter ou une remplaçante pour Allison ?

Elliot est encore plus surpris lorsque Constance lui dit qu’elle veut que Rachel vienne vivre avec eux. 

Il est contre cette idée et voudrait qu’ils en discutent avec le Dr Rossi. Ils se mettent d’accord pour contacter le médecin.


Hannah se rend chez Betty et Steven pour dire au revoir. Betty lui ouvre la porte, une kyrielle de livres dans la main, et fait entrer Hannah. 

Elle s’excuse pour le désordre dans la maison, elle est en train d’empaqueter toutes leurs affaires. Steven n’est pas là. 

Hannah demande de ses nouvelles. 

— Il va aussi bien que la situation le permet, raille Betty.

Hannah dit à la jeune fille que l’ambition est le ciment de sa relation avec Steven, comme ça l’avait été avec Rodney. Mais Betty doit se méfier, car si le ciment craque, les fondations risquent de s’effondrer. C’est ce qui est arrivé avec Rodney, et c’est ce qui peut arriver avec Steven.

Selon Hannah, Steven est trop obsédé par les Peyton pour être un bon époux. Il fera passer son obsession avant tout le reste. Si Betty veut que Steven soit à elle à cent pour cent, il faut qu’il cesse d’être focalisé sur Martin Peyton.


Martin Peyton se rend à la bibliothèque, qui se trouve au Town Hall. Il s’entretient avec la bibliothécaire, Mlle Hunt. Il est à la recherche de Norman. Il le trouve finalement et lui dit qu’il veut lui parler. 

Peyton dit à Norman qu’il serait tant pour lui de grandir. Norman fait alors référence à Peter Pan, qui n’a jamais grandi, mais qui n’avait pas de parents. 

Peyton remercie Norman d’être allé au cimetière après la déposition d’Hannah. Norman lui dit que sa mère était une femme malsaine, obstinée et destructrice. Il se demande pourquoi Peyton ne l’a pas emmenée chez un psychiatre. 

Choqué par les propos de son petit-fils, Peyton défend sa fille en disant qu’elle manquait de jugement, mais qu’elle n’était pas malsaine. Mais Norman insiste : 

— C’était une femme corrompue. Je sais qu’elle était méchante. 


Lee Webber déambule sur le quai. Il rencontre Rodney et lui dit qu’il ne devrait pas traîner dans les parages. Rodney était sur le chemin de la maison de Lee. Il essaie d’expliquer ce qui s’est passé avec Sandy. Il avoue avoir embrassé Sandy le jour où il est venu lui donner le dernier chèque de paye. 

Lee se met en colère et dit à Rodney de rester éloigné de Sandy, sans quoi il liquidera Rodney comme celui-ci a liquidé Joe Chernak.


Episode 299

Mercredi 28 décembre 1966

La une du Clarion

Plusieurs semaines sont passées depuis que Lee Webber a été arrêté pour le meurtre d’Ann Howard. Pendant ce temps, il a passé ses jours et ses nuits dans une petite cellule de la prison du comté de Peyton. Maintenant, les charges contre Lee ont été abandonnées. Il a été relâché après une enquête et une audience. Et il est de retour dans sa maison et sa famille. 

Lee gare sa mobylette en face de chez lui.


Lee entre dans la maison et dit à son frère : 

— Comme je l’ai toujours dit, petit frère, l’homme qui me fera condamner n’est pas encore né, pas plus que la femme qui me quittera un jour. 

Lee voudrait que les choses s’arrangent entre eux. En lui demandant pendant combien de temps Chris va lui faire payer son erreur, il admet indirectement l’avoir poussé de la falaise. Mais Chris n’a pas changé de sentiment à l’égard de son frère et l’accuse toujours d’avoir tué Ann Howard.


À l’hôpital, le Dr Rossi est absorbé par la lecture du journal lorsque Rachel frappe doucement à la porte, et le médecin lui dit d’entrer. Elle dit qu’elle se souvient avoir vu Lee Webber au poste de police. Le Clarion titre en gros : « LEE WEBBER RELÂCHÉ ». Elle se souvient surtout du regard qu’il a porté sur elle. Elle connaît ce regard, c’est le même que Chandler.

Rachel veut savoir si Mike a réfléchi à propos d’un job à l’hôpital. Le médecin avoue qu’il n’a pas eu le temps d’y penser, il a trop de choses en tête. Rachel aimerait qu’il se confie à elle. Selon elle, ça lui ferait du bien de parler. Mais lorsqu’elle évoque le nom d’Ann Howard, Mike se referme comme une huître. 

Alors pour le distraire, elle évoque les prétendants qu’elle avait eus lorsqu’elle était à la ferme, dont un avec un nom bizarre. Cela fonctionne, car Mike se détend.

Elle voudrait aussi se teindre les cheveux en blonds, comme Ann. En plaisantant, le Dr Rossi lui dit que si jamais elle teint ses cheveux en blonds, il lui donnera la fessée de sa vie. 

Avant qu’elle ne parte du bureau, il lui dit qu’il va réfléchir au travail qu’elle pourrait faire ici. 


Dans son bureau, Steven lit le Clarion et notamment l’article sur la libération de Lee Webber. En colère, il jette le journal sur une chaise. 

Rodney Harrington entre dans le bureau de Steven Cord pour lui dire qu’il est également en peine. Steven le reçoit froidement. Il a beaucoup de ressentiments envers Catherine et Martin Peyton, et envers celle qu’il croyait être sa mère, Hannah Cord. 

Rodney est venu afin de lui dire à quel point il est désolé, et il veut repartir à zéro avec lui, reconstruire une relation. Steven lui répond que rien n’a changé entre eux.

Rodney se fâche et lui dit que lui aussi est en peine. La révélation d’Hannah le concerne également. Ils se disputent. Betty arrive et interrompt la dispute. 

Rodney s’en va. Betty s’approche de Steven et lui demande d’oublier ce qui s’est passé. Il doit penser à sa vie de famille et la construire. 

Steven lui répond qu’il n’y a une chose qu’il n’oublie pas, et il fera en sorte que personne ne l’oublie : 

— Je suis un Peyton.


Mike Rossi se trouve chez les Carson, avec la fameuse édition du jour du Peyton Place Clarion. Constance, assise sur le canapé, lui sert une tasse de café. 

Mike a besoin de se confier à Constance sur la relaxation de Lee Webber. 

— Le pire dans toute cette affaire, dit-il, c’est que j’ai aidé à le faire relâcher. À cause de mon témoignage. Quel genre d’homme suis-je pour le laisser s’en tirer comme ça ?

— Tu es le genre d’homme qu’Ann aimait, répond Constance.

Il se repasse sans cesse les événements dans sa tête, avec beaucoup de « si ». Constance lui répond qu’il n’est pour rien dans la libération de Lee. Il se trouve juste que le procureur n’avait pas assez de preuves pour que le juge envoie Webber en procès.

Ils parlent ensuite de Rachel. Michael lui dit qu’elle s’attache beaucoup à lui. La jeune fille aurait besoin de vêtements et autres babioles. 

Constance lui dit qu’elle serait ravie d’emmener Rachel faire du shopping. Michael la remercie et lui dit qu’elle n’aura qu’à lui envoyer la note. 

Mike se sent mieux après avoir parlé à Constance : 

— Je pense que les médecins devraient appeler leur patient plus souvent.


À la boutique « Les Femmes », Rachel sort de la cabine d’essayage. La robe qu’elle essaie lui sied à merveille.

— Nous le prenons, dit Constance. 

Rachel lui dit qu’elle la remboursera dès que possible. Constance lui répond de ne pas s’en faire pour cela. Puis Rachel essaie une jupe. Constance la trouve sublime. 

Rachel lui parle de son travail à la maison de couture de Mme Burrows et de la robe qu’elle avait confectionnée. Elle raconte que sa tante Lucy avait toujours l’habitude de faire ses propres vêtements. Mais Lucy détestait la robe que Rachel avait faite et avait demandé à Chandler de la brûler. Il a brûlé quelques chiffons à la place. Il a gardé la robe, mais ne l’a jamais rendue à Rachel.


Au drugstore, Rodney et Rita discutent ensemble. Rodney ne touche pas à son sandwich œufs et jambon. Il espère que Rita pourra lui dire quel est son problème. 

Il lui dit que Norman est en train de se construire toute une histoire pour expliquer pourquoi sa mère a fait ce qu’elle a fait. 

Rachel entre pour montrer ses nouveaux vêtements à Rita. Cette dernière lui dit qu’ils sont très beaux. Puis elle se rend dans l’arrière-boutique. 

Rachel veut que Rodney donne son avis sur elle. Mais lui ne veut pas. Il lui offre un café ou un chocolat chaud, avant de partir au moment où Constance entre.

À l’extérieur du drugstore, le Dr Rossi sort de sa voiture et croise Rodney qui sort du drugstore. Ils se saluent rapidement. Avant de rentrer dans sa voiture, garée juste derrière celle de Mike, il observe Rachel et Constance qui sortent du drugstore. Mike s’extasie devant les nouveaux vêtements de Rachel. Cette dernière rayonne. Rodney entre dans sa voiture. 


Episode 298

Lundi 26 décembre 1966

La décision du juge

L’heure de la décision a sonné au tribunal du comté de Peyton. Est-ce que Lee Webber doit être poursuivi pour le meurtre d’Ann Howard ? La décision est dans les mains d’une seule personne, le juge Irwin A. Chester.

Un homme utilisant un râteau à feuilles balaye devant le tribunal. Le juge Chester, dans son bureau, tourne une page d’un grand livre.


Le juge Chester salue John Fowler et Steven Cord. Il leur dit qu’il a presque fini. Il semble épuisé. Il demande à John s’il préside sa prochaine affaire. John lui affirme que non. 

Le juge s’excuse auprès du procureur pour ne pas avoir sanctionné Cord lorsqu’il a dépassé les limites au tribunal. Mais cela aurait été trop injuste pour le défendeur. 

La décision du juge est de ne pas retenir les charges qui pèsent contre Lee Webber. John s’en offusque avec vigueur, allant même jusqu’à se disputer avec le juge. Il n’hésite pas à dire que Chester commet une grave erreur. 

Le juge dit à John qu’il peut toujours ouvrir un autre dossier pour une audience préliminaire s’il le souhaite. Toujours est-il que le juge a appliqué la loi. Une loi qui veut, fort heureusement, des preuves plus sérieuses que celles avancées par le procureur. 

Il ajoute qu’il sait pertinemment que Cord n’a que faire de Lee Webber et demande à Steven comment il a été capable de défendre un homme qui était accusé d’avoir assassiné sa propre sœur. Rendre la liberté à Webber devrait peser sur sa conscience.

Un peu plus tard, dans la salle d’audience, le juge Chester rend sa décision officielle. L’affaire est close. 

Heureux, Lee appelle Sandy. 

Michael s’approche de Steven et dit, d’un ton sarcastique : 

— Vous pouvez être fier de vous.  

Lee se tourne vers le procureur : 

— Sans rancune ?  

John lui répond que la rancune est la seule chose qu’il lui reste maintenant. 

Peyton étonne en allant féliciter Lee. 

Lee retourne dans sa cellule de prison pour rassembler ses affaires tout en parlant avec Steven. Il dit à l’avocat qu’il a fait du bon boulot et qu’il devrait faire de la politique. 

— Vous êtes mon copain, dit-il à l’avocat.

Lee est officiellement libéré. Martin félicite Steven à sa façon et demande à le voir seul. 

Martin lui dit que Lee est coupable de meurtre et que l’avocat a ridiculisé la mort d’Ann. Martin a une raison de voir Lee Webber puni.

À l’extérieur, dans le square, un Lee heureux saute sur le dos de son ami Mario qui le félicite. Lee demande à Robert, un autre ami, de lui serrer la main. Il colle ses mains contre le pilori, ravi d’être enfin libre.

Dans la salle d’audience, Steven dit à Betty que lorsque les avocats radotent sur eux, c’est toujours lorsque la culpabilité bat la potence. Betty demande à Steven de partager ses problèmes avec elle. Steven dit à Betty d’aller chez les Carson. Elle est attendue. Betty quitte le tribunal.


Chez les Carson, Constance et Betty jouent avec Matthew. Constance dit à la jeune fille qu’elle a fait des chocolats, histoire de ne pas trop penser. Constance avoue à Betty qu’elle lui est reconnaissante de toute son aide apportée pendant ces dernières semaines.


Sandy marche près du quai en direction de chez elle, accompagnée de Chris. Ils rentrent à la maison. Sandy n’est pas ravie de la décision du juge. Chris dit à Sandy de faire sa valise, et il lui donnera l’argent nécessaire pour qu’elle s’en aille. 

Mais Sandy ne veut pas laisser Chris seul avec son frère. Chris lui dit que Lee peut toujours être de nouveau arrêté, et que la plupart des gens en ville savent que Lee est coupable. 

Il ajoute qu’il rejoindra Sandy à Boston. Il lui dit une nouvelle fois de faire ses bagages tant il a peur pour elle.


Lee gare sa mobylette en face de chez lui. Puis il entre dans la maison et dit à son frère : 

— Comme je l’ai toujours dit, petit frère, l’homme qui me fera condamner n’est pas encore né, pas plus que la femme qui me quittera un jour.

Il toise Sandy d’un regard entendu.