Episode 317

Mardi 7 mars 1967

La décision de Rachel

Vingt ans plus tôt, Jack Chandler marchait sur ce même quai, à Peyton Place. À cette époque, il venait ici pour un but bien précis, pour rencontrer Leslie Harrington dans l’arrière-boutique de cette taverne afin de parler affaires. Des affaires d’un genre très particulier. Récemment, Jack Chandler est retourné à la taverne, mais la propriétaire, Ada Jacks, l’a accueilli froidement. Aujourd’hui, il a décidé de faire un nouvel essai. Son but est de récupérer Rachel Welles, et pour se faire il doit avoir une amie et alliée.

Sur le quai, Jack Chandler se dirige vers la taverne d’Ada Jacks.


Chandler entre à la taverne tandis que deux hommes en sortent. Ada se dirige vers lui et lui demande depuis quand Harrington permet à ses hommes de boire pendant leurs heures de travail. Il lui répond que c’est l’heure de sa pause et qu’il est venu boire un café. 

Il tente de se rapprocher d’elle en lui disant qu’elle est une femme généreuse. Mais Ada lui fait clairement comprendre qu’elle n’est pas intéressée et lui dit que s’il veut manger quelque chose, il doit se rendre à l’autre bout du quai.

Chandler est toujours assis au comptoir quand arrive Norman. Ada lui demande pourquoi il n’est pas à l’école. Chandler observe qu’Ada se comporte familièrement avec Norman. Il ne savait pas que le jeune homme avait épousé la fille d’Ada. Chandler se présente à Norman, ce dernier comprenant vite qu’il est l’oncle de Rachel Welles. Chandler s’en va.

Norman discute un moment avec sa belle-mère. Il lui demande comment elle connaît l’homme. Elle lui dit qu’il était l’ami d’Eddie, vingt ans plus tôt. Eddie est le père de Rita, il l’a quittée peu de temps après sa naissance. 

D’après Ada, Eddie est un moins que rien. Lorsqu’il est parti, c’était comme avoir une ordure de moins dans cette ville. C’est la raison pour laquelle elle n’aime pas parler à Rita de son père. Puis Norman lui dit qu’il la verra vendredi. Avant de repartir pour l’école, Ada lui demande de ne pas parler de Chandler et d’Eddie à Rita.


Rita est au drugstore et s’entretient avec Rachel au téléphone. Lee demande à Rita de réchauffer son café. Il lit dans le journal que Peyton recherche un chauffeur. Lee pense qu’il pourrait faire l’affaire. Les chauffeurs n’ont jamais les mains sales comme les mécaniciens, ils portent des gants. 

Rita s’accroche avec Lee au sujet de Rodney. Elle lui demande de rester loin de lui et de ne pas lui créer de problèmes. Elle lui réclame l’argent du café. Il paye et elle refuse son pourboire. 

Rita se prépare à partir. La fille qui la remplace arrive en courant, tout en s’excusant d’être en retard. Lee lui demande comment elle s’appelle. La jeune fille se contente de lui lancer un regard froid.


Derrière l’enseigne du Colonial Post Inn, Rachel a donné rendez-vous à Rita. Elle lui dit qu’elle a besoin de parler à une personne de confiance. Elle informe Rita qu’elle compte quitter la ville. 

— Tu quoi ? s’étonne Rita. 

— Je quitte la maison des Carson. 

— Pourquoi ?

— Parce que je n’ai pas dit tout ce que je sais à propos d’Allison. Je n’ai pas pu. 

— Et ce que tu sais, tu voudrais me le dire, à moi ?

— Je ne peux plus garder ça pour moi plus longtemps, Rita. 

Rita s’éloigne :

— Je ne pense pas vouloir l’entendre. 

Rachel suit Rita jusqu’à l’entrée du Colonial. 

— Oh, s’il te plaît !

— Tu ne peux pas le dire à quelqu’un d’autre ?

— Il n’y a personne d’autre que toi en qui j’ai confiance. 

— Et pourquoi pas Rodney ?

— Non. J’ai trouvé le bracelet d’Allison sur le sol de la voiture de Chandler. 

— Et c’est tout ?

Rachel est ennuyée de voir que Rita ne comprend pas la signification de ses paroles. 

— Tu ne comprends pas, insiste Rachel, il m’a menacée si jamais je parlais de ce bracelet à M. Carson ou au Dr Rossi. 

— Rachel, il a juste voulu te faire peur. Il bluffe. 

Rachel est ennuyée par le manque évident de perspicacité de son amie. Elle parle de Jack et des dix ans qu’il a passé marier à sa tante Lucy. Lorsqu’il est venu vivre à la ferme, il n’avait rien avec lui, pas même un bagage. 

— Rita, je me demande ce qu’il a fait à Allison.  


Dans la salle à manger encore en réfection du manoir, Steven se sert un verre tandis qu’entrent Betty et Martin Peyton. Le vieil homme dit à Steven qu’il a une femme amusante. 

Ils reviennent tout juste de Boston. Il lui a montré la maison des Peyton à Boston. Steven s’inquiétait pour elle parce que les routes sont mauvaises et qu’elle n’a pas appelé. Betty et Martin semblent avoir bien apprécié leur visite à Boston, et une certaine complicité naît entre eux. 


Le Dr Rossi travaille au labo quand arrive Rachel. Elle lui dit qu’Elliot est fâché contre elle. Le médecin lui demande ce qui s’est passé. Elle avoue avoir menti à Elliot à propos de Chandler. Elle lui a dit qu’elle ne l’a pas vu alors que c’est faux. 

Selon Michael, il n’y a pas d’autre solution pour Rachel que de dire à Elliot la vérité. Ce n’est pas la réponse qu’elle souhaitait de la part du médecin.


Rodney et Sandy se promènent sur le quai. Ils se rendent au Cider Barrel et commencent à jouer aux fléchettes. Elle demande à Rodney pourquoi il est malheureux. Rodney commande deux tasses de café à Charlie. 

Il dit à Sandy qu’elle veut être protégée et il pense que c’est la raison pour laquelle elle est avec lui. Charlie leur apporte le café. 

Sandy dit à Rodney qu’elle n’est pas Allison et qu’elle ne veut pas être mise sur un piédestal. Et elle ne veut pas être appelée « Sandra » comme Rodney a l’habitude de le faire. 


Chez les Carson, Elliot crie après Constance à propos de Rachel. La dispute est violente. 

— Cela va prendre du temps avant que je n’arrive à te pardonner si jamais tu la fais partir. 

Rachel entre par la porte d’entrée. Constance lui demande si elle va bien. Elle lui dit que c’est dorénavant Rita qui prendra soin du bébé. 

— Je m’en vais, dit-elle. 

— Attends ! supplie Constance. 

— Je n’aurais jamais dû venir. 

Puis elle se précipite à l’étage. Constance et Elliot continuent à se disputer violemment. Constance lui reproche de s’être emporté contre Rachel parce qu’elle a vu son oncle. 

— C’est son oncle ! Doit-elle te demander la permission de se lever tous les matins aussi ?

Elliot n’avait jamais vu Constance autant en colère. Il pense toujours qu’elle détient des informations sur Allison et il veut que sa fille lui revienne. Constance comprend qu’il n’a jamais voulu de Rachel ici et qu’il s’est servi d’elle pour essayer d’avoir des informations. Elliot demeure persuadé que la jeune fille leur cache quelque chose. 

Constance toise son mari. 

— J’ai appris à aimer cette fille. Si elle part d’ici, je ne suis pas prête à te pardonner. 

Dans la chambre du bébé, Rachel fait ses adieux à Matthew.


Episode 316

Lundi 27 février 1967

Le mensonge

Rachel Welles a reçu un cadeau de la part du Dr Michael Rossi, un chiot. Un cadeau qu’on offre habituellement à un enfant. Elle a également reçu un sermon de la part du médecin. Un message clair qui lui dit de ne pas mal interpréter ce cadeau. Le médecin lui a dit qu’elle jouait au docteur Jekyll et Mister Hyde. En une minute, elle peut passer du stade d’enfant au stade d’adulte. Pour Rachel, les mots du médecin sont incorrects. Depuis qu’elle a rencontré le Dr Rossi et Rodney Harrington, elle se sent femme.

Rachel marche le long du quai jusqu’au Shoreline Garage, portant le chiot offert par le Dr Rossi.


Rachel apporte le chiot au Shoreline Garage pour le montrer à Rodney. « Puppy » est le nom qu’elle a donné à l’animal. 

Rodney se sert d’un chalumeau pour chauffer du café. Il l’invite au Shoreline Cafe. Elle décline l’offre et s’en va. Rodney éteint le chalumeau.


Rachel quitte le garage et marche le long du quai. Elle se heurte à Jack Chandler. Il affirme qu’il ne la suit pas et l’informe qu’il travaille au dock pour la fabrique Peyton. 

Derrière Chandler, à quelques distances de là, nous voyons Elliot sortir du Sparhawk Employment et dire à quelques amis qu’il les verra plus tard.

Il se décide à suivre Chandler. Il veut connaître ses intentions. 


Dans la salle à manger du manoir, Steven, Betty et Peyton prennent leur petit déjeuner. Steven lit le journal. Peyton lui dit que c’est une prérogative bourgeoise de lire le journal à table. 

Il l’informe que Thomas, le chauffeur, a donné son préavis. Il se marie dans deux semaines. 

Peyton demande à Steven d’aller faire un tour au Clarion et de déposer une annonce pour la recherche d’un nouveau chauffeur. 

Betty offre de s’en occuper, mais Peyton lui répond qu’il a d’autres projets pour elle. Ils vont partir ensemble pour Boston. En réalité, il va voir ses avocats, Wainwright et Kennerly, et pendant ce temps Betty pourra aller faire du shopping. 

Betty accepte volontiers et se tient prête à y aller. 

Steven part travailler. Martin dit à Betty qu’il n’aime guère le paysage qui figure au-dessus de la cheminée. 

Il voudrait le remplacer par le portrait de Betty. Il veut que ce soit un cadeau surprise pour l’anniversaire de Steven. Il en parlera à un artiste peintre lorsqu’ils seront à Boston.


Rodney gare sa voiture en face du drugstore. Rita est en train de repasser lorsque Rodney entre dans l’appartement. 

Il lui dit qu’elle devrait se reposer. Elle lui demande si c’est Norman qui lui a demandé de venir pour l’espionner. 

Norman a repassé quelques chemises hier soir, mais le jeune homme n’est guère doué dans les tâches ménagères et elle est obligée de les reprendre. 

Rita sent qu’elle peut aller travailler. Elle va mieux. Rodney lui dit que le dîner à quatre au Shoreline est annulé. Rita suggère alors de dîner tous ensemble à l’appartement à la place. Elle se propose de commander des pizzas. 

Rita admet qu’elle aime vraiment bien Rachel. Quant à Rodney, il veut pouvoir prendre en main sa propre vie et ne veut pas d’attache. 

— Tu ne peux pas changer ce que tu es, lui dit Rita avant qu’il ne parte.


Au Clarion, Elliot enfonce un clou dans le mur afin de poser une photo lorsque Rachel frappe à la porte et entre. 

Elle est venue lui montrer son fils, Matthew, dans le landau. 

Elliot lui demande si elle a vu Chandler. Elle lui répond que Chandler ne l’ennuie plus. Elliot sait qu’elle ment puisqu’il l’a vue avec Chandler tout à l’heure. 

Il l’informe donc qu’il est allé au Sparhawk Employment, non loin du quai afin d’interviewer un homme pour un article sur les marins et il a vu Rachel sur le quai avec Chandler. 

Elle est sur la défensive et lui reproche de lui avoir tendu un piège. Elliot veut savoir pourquoi elle a menti. Le ton monte et chacun se fait des reproches. 

Il lui demande pourquoi Chandler a emménagé dans cette ville. Rachel lui répond qu’elle n’est pas sa fille et qu’elle n’a aucun compte à lui rendre. Puis elle s’en va.


La voiture de Rodney s’arrête sur le sol neigeux devant la maison des Webber. Rodney frappe à la porte. Sandy ouvre la porte, heureuse de voir Rodney venir vers elle. Ils s’embrassent. 

Rodney lui demande de prendre un manteau. 

— Où va-t-on ? lui demande-t-elle. 

Rodney lui sourit : 

— Où tu veux. 


Episode 315

Mardi 21 février 1967

Un inconnu qui ne l’est pas vraiment

Aujourd’hui, Rachel Welles est une jeune fille confuse et malheureuse. Pendant des semaines, elle attendait avec impatience le retour du Dr Michael Rossi de New York. C’était son protecteur. Un protecteur très concerné. Maintenant, il est revenu et a dit à Rachel qu’elle ne doit pas le considérer autrement que comme un ami.

Rachel passe devant le Colonial Post Inn et la banque pour se rendre à la librairie.


Rachel, portant le chiot, entre à la librairie et parle à Constance. Elle lui raconte que le Dr Rossi a été froid et inamical avec elle, pas comme la première fois qu’elle est arrivée en ville. 

Constance excuse Michael en disant à la jeune fille qu’il est très occupé à s’installer à son nouveau poste de chef du personnel de l’hôpital. Cette nouvelle responsabilité est venue soudainement. 

Rachel lui dit que Rodney est un garçon très bien. Elle demande à Constance si elle peut lui en dire un peu plus sur le Dr Rossi après le souper de ce soir.


Le Dr Rossi examine Rita, qui a eu un vertige. Il lui parle de Rachel. Rita lui dit que Rachel leur a appris un nouveau pas de danse. 

Concernant son diagnostic, il pense qu’elle souffre de fatigue intense. Il veut la voir toutes les semaines. Et plus de danse pour l’instant. 

Rita s’en va. Michael téléphone l’infirmière Raffer afin de lui dire d’inscrire dans le dossier de Rita qu’elle souffre probablement d’une sténose mitrale.


Steven arrive près de l’entrée du manoir et discute avec Betty en haut des escaliers. Il lui dit qu’elle a l’air de se porter comme un charme. 

Il se rend ensuite à l’étage. Betty l’informe que Peyton veut lui parler avant qu’elle et Steven ne sortent dîner. Betty va donc voir le vieil homme. Il lui dit qu’il est temps pour elle de devenir la maîtresse de cette demeure. 

Il entend par là remplacer Hannah Cord en payant les factures, préparant les menus, engageant ou renvoyant du personnel. 

Peyton lui montre où se trouvent les registres. Il lui montre la liste des marchands avec lesquels il traite. 

Steven et Betty vont dîner en ville avec le banquier, le vieux Charlie Tomlinson. Peyton dit à Betty de saluer Regina Tomlinson de sa part.


Chandler marche sur le quai et se rend à un téléphone public. Il compose le numéro de la fabrique et la secrétaire l’informe qu’elle a un message pour lui de part de M.  Harrington. Elle lui passe Leslie. 

Ce dernier lui demande de se présenter demain matin sur les docks pour un travail. Il ajoute qu’il ne veut plus que Chandler l’appelle par téléphone. 

— C’est vous le patron, répond Chandler.

Après avoir raccroché, Chandler se dirige vers la taverne d’Ada Jacks. Un homme et une femme quittent la taverne tandis que Jack Chandler entre. Il s’assoit au comptoir et interpelle Ada :

 — Excusez-moi. 

— Qui a-t-il ?

— Vous ne vous souvenez pas de moi, hein ?

— Désolée. 

— J’ai pris quelques kilos depuis, mais je ne pense pas avoir autant changé. Ça fait longtemps. Alors, vous ne vous souvenez pas ? Vous aviez l’habitude d’apporter des sandwiches à moi et Eddie dans l’arrière-boutique… Vous vous souvenez, n’est-ce pas, Ada ?

— Que vendez-vous, monsieur ?

— Je ne vends rien. J’achète. Une bière. Vous avez fait de cet endroit quelque chose de très joli. On s’y sent à l’aise. Eddie aurait été content de ce que vous en avez fait. Mon prénom est Jack. 

— Je sais. Jack Forrest.

— En réalité, j’ai changé mon nom de famille. Je m’appelle Jack Chandler maintenant, Ada. J’ai une nouvelle vie.

— Que voulez-vous ?

— Rien. Vous avez des nouvelles d’Eddie ?

— Non, et je n’en veux pas. 

— C’est bon. Il est parti et il vous a laissé, n’est-ce pas ? C’était un drôle de type. Un peu bouffon, si vous voulez mon avis. 

— Ça fera 25 cents, monsieur Chandler.

— Vous n’avez jamais vraiment apprécié les amis d’Eddie, n’est-ce pas ?

— Et je ne les apprécie toujours pas.

— J’ai entendu dire que vous et Eddie aviez eu une fille. C’est vrai ?

— Vous cherchez l’aumône. C’est ça que vous voulez ?

— Non, non. Je cherche l’un de ces sandwiches que vous aviez l’habitude de faire.  

— Je ne sers plus de sandwiches.

— Oh, c’est dommage. Ils étaient très bons. Avez-vous des nouvelles des gars ? 

—  Non, je me suis débarrassée d’Eddie et de tous ces amis. Écoutez, je fais très attention à qui entre ici. Un seul problème et vous sortez, pour de bon. 

— Vous n’aurez aucun problème avec moi. Je suis simplement content de voir qu’après vingt ans, vous êtes toujours ici. Et je suis venu ici pour avoir une bière et un peu d’amitié. Allons, Ada, vous êtes probablement la seule amie que j’ai dans les alentours. 

— Tout ce qu’il y a pour vous ici, c’est de la bière.

— Vous allez aimer cela. Vous vous souvenez de Leslie Harrington, le type au nez cassé qui dirigeait la fabrique à l’époque ? Eh bien, ce même Harrington dirige toujours la fabrique aujourd’hui. Les choses sont étranges, vingt ans plus tard, on discute travail. Et aujourd’hui, il m’a procuré un job. 

— Félicitations, dit la patronne du bar sans conviction. 

— Content de vous avoir revu Ada. Je vous reverrai très bientôt.


Eli tape à la machine lorsque Elliot entre au Clarion. Eli écrit à un fournisseur pour lequel il a payé des factures pour des marchandises qu’il n’a pas encore reçues. 

Elliot veut se servir de la machine pour son édito. 

Ils en viennent à parler de Rachel, et Eli lui dit qu’elle est une fille très gentille qui mérite beaucoup d’attention. 

Mais Elliot émet toujours des réserves sur la jeune fille, et Eli ne manque pas de le lui reprocher. Une nouvelle fois, il lui reproche de s’être rapproché d’elle dans l’espoir d’obtenir des informations sur la disparition d’Allison. 


Sandy se rend au Shoreline Garage pour dire à Rodney qu’elle est dorénavant libre puisqu’elle demande le divorce. Il est clair qu’elle fait comprendre au jeune homme qu’elle est disponible pour lui. 

Rodney ne saute pas sur l’occasion. Il lui dit que Lee est un homme fort qui ne va pas laisser passer un divorce. 

Sandy l’informe que si ce n’était pas pour Rodney, elle sauterait dans le prochain bus et disparaîtrait de cette ville. Elle l’appelle Golden Boy et Rodney lui fait remarquer que Lee l’appelle aussi ainsi. 

En parlant de son avenir, il affirme qu’il ne veut pas travailler à la fabrique, il veut être libre. 

Voyant qu’elle ne parvient pas à s’octroyer les faveurs de Rodney, elle promet de ne plus l’importuner.


Episode 314

Lundi 20 février 1967

Projets d’avenir

En des circonstances habituelles, Rodney Harrington et la jeune Rachel Welles auraient été attirés l’un vers l’autre, et pour l’heure auraient leurs vies totalement liées. Mais Rodney avait l’habitude de raccompagner Allison dans cette même maison. Et dans son esprit, le temps qu’il consacre à Rachel est du temps volé. Volé à Allison. Et ce soir demeure un autre problème entre eux : le Dr Michael Rossi est de retour en ville et Rachel ne peut pas cacher son intérêt pour lui.

La rue en face du drugstore. La porte d’entrée de la maison des Carson.


Rachel joue avec le chiot et demande à Constance si elle peut garder ce cadeau offert par le Dr Rossi. Constance lui répond que, bien sûr, elle peut le garder. Elle ajoute qu’elle ne doit pas tarder à aller se coucher, parce qu’elle a deux bébés maintenant à s’occuper.


Chandler se rend au Shoreline Garage, frappe à la porte et entre. Il veut parler à Rodney et lui dit qu’il avait raison. Il n’ennuiera plus Rachel. 

Il a vu Rodney avec Rachel et lui dit qu’elle n’est pas comme les autres filles de son âge. Elle a été élevée différemment. 

Il demande à Rodney d’y aller doucement. Quant à Rodney, il demande à Chandler de rester loin d’elle. Rodney n’a pas besoin de conseil sur la façon de se comporter avec Rachel. Chandler s’en va.


Rita prépare le petit déjeuner pour Norman. Elle l’appelle, et n’obtenant pas de réponse, elle va dans la chambre le réveiller. Elle l’embrasse et lui demande s’il veut des œufs frits ou brouillés. 

Elle met son peignoir sur lui et le conduit dans la cuisine. Elle lui dit qu’il est de son devoir de s’assurer qu’il ait un bon petit déjeuner. 

Il lui parle de ses cours et du fait qu’il s’est endormi dans le cours de M. Hillyard, la matière où il est en difficulté. 

Rita est soudain prise de vertige et manque de s’évanouir. Norman l’aide à s’installer sur le sofa. Il lui dit qu’elle devrait appeler M.  Courtney du Drugstore pour lui dire qu’elle ne pourra pas venir. 

Norman téléphone à M.  Courtney, puis au Dr Rossi.


Au manoir, plus précisément dans le petit salon, Steven Cord est assis sur une chaise couverte d’un plastique afin de la protéger de la peinture et de la poussière. La pièce est encore en chantier. 

Betty entre. Depuis les dommages causés par l’incendie, le portrait de Catherine n’a pas été remis au-dessus de la cheminée. 

Steven se souvient qu’il a fait sa demande en mariage à Betty ici même. Ils se remémorent ensemble ce moment. 

Heureux, ils sont à l’aise dans leur nouvelle demeure. 


Jack Chandler fait irruption dans le bureau de Leslie sans être annoncé, expliquant qu’il n’y avait personne à la réception. 

Chandler lui parle d’un marché conclu à l’arrière-boutique de la taverne 18 ans plus tôt entre Leslie et Eddie Jacks, le mari d’Ada. 

Chandler rappelle à Leslie que son nom, à cette époque, était Jack Forrest. Leslie se souvient parfaitement de lui, et lui dit :

— Elizabeth Carson a été tuée par ma femme. Ma femme est morte. De même qu’Elizabeth Carson. N’essayez pas de les déterrer.

— J’ai bien compris le message, monsieur Harrington. 

— Vous avez plutôt intérêt. 

Après avoir discuté un moment avec Chandler, et par peur du chantage, Leslie lui annonce qu’il sera sans doute capable de lui trouver un job à la fabrique.


Sandy et Ada marchent vers la porte arrière de la taverne. Sandy porte deux valises à la main. Elles entrent dans ce qu’Ada appelle : « le palace de Peyton Place ». 

Ada la fait entrer dans la chambre qui était celle de Rita avant qu’elle ne se marie. Elle lui dit qu’elle devrait mettre le plus de distance possible entre elle et Lee. 

Sandy admet être intéressée par Rodney Harrington. 

Lee frappe à la porte et entre sans y être invité. Il est accompagné par deux clients réguliers du bar. Ada lui dit qu’il n’est pas le bienvenu ici. Et Sandy d’ajouter : 

— Je ne suis plus ta femme !

Elle lui annonce qu’elle demande le divorce. Avant de partir, Lee vocifère qu’il lui faudra au moins une année entière avant d’obtenir le divorce. Il ne compte pas la laisser faire. 


On frappe à la porte du bureau du Dr Rossi. Le petit chiot entre, suivi par Rachel. Michael a le nez plongé dans l’armoire à dossiers. Rachel dépose le chiot sur l’armoire. Elle lui dit qu’elle trouve merveilleux le fait qu’il ait été nommé chef de l’hôpital. 

— Chef du personnel, corrige-t-il. 

Elle lui demande si c’est la raison pour laquelle il est revenu. Il lui répond que c’est une des raisons. 

Le médecin en profite pour mettre les choses au clair en ce qui concerne leur relation. Elle est purement amicale pour lui. Il est trop vieux pour elle. 

Même si elle est triste, Rachel essaie de ne pas le paraître et lui dit qu’il remue trop de poussière pour rien. Puis elle quitte le bureau.


Episode 313

Mardi 14 février 1967

Le retour du Dr Rossi

Une tempête de neige a frappé Peyton Place la nuit dernière. Une neige fraîche et blanche semble recouvrir la tragédie du non-voyant Chris Webber, que Steven Cord a placé dans un bus intercontinental. Un bus qui va conduire le jeune Chris vers une nouvelle vie. Aujourd’hui, tandis que le soleil illumine le square, Eli Carson a déblayé la neige. Un geste simple qui signifie beaucoup pour celui qui a quitté la petite ville et qui a pris la décision d’y revenir.

De retour de New York, le Dr Michael Rossi conduit sa voiture, passe devant l’auberge du Colonial Post et du Town Hall et se gare devant le Clarion, près du General Store d’Eli.


Le Dr Rossi sort de sa nouvelle voiture de sport rouge. Content de revoir le médecin, Eli l’invite à entrer un instant au Clarion pour prendre une tasse de café. 

Pendant ce temps, Michael demande à Eli de lui raconter les derniers potins de la ville. Eli lui parle donc de l’incendie du manoir Peyton, et de l’emménagement de Steven et Betty dans la demeure. Mike est conscient d’avoir manqué de nombreux événements. 

— Et Rachel, demande-t-il. Comment s’en sort-elle ?  

— Vous lui avez beaucoup manqué, se contente de répondre Eli. 

Il est en tout cas très heureux du retour du médecin. Et Michael de répondre qu’il est très heureux d’être de retour. Eli lui demande pourquoi il a quitté la ville si soudainement. Mais Michael ne lui offre qu’une réponse vague avant de partir.


Dans son bureau, Steven Cord regarde par la fenêtre tout en parlant à Sandy de son divorce. 

Il lui dit qu’il est trop occupé pour prendre cette affaire de divorce. Cependant, il veut bien lui donner le nom d’une paire d’avocats compétents pouvant s’occuper d’elle. 

Mlle Nolan appelle Steven à l’interphone : 

— Votre femme est ici, monsieur Cord. 

Sandy sort du bureau et rencontre Betty au secrétariat. Elle apprend que les Cord déménagent au manoir Peyton aujourd’hui. Sandy dit au revoir et s’en va. 

Betty entre dans le bureau de Steven et dit à son mari qu’elle ne peut pas concevoir Rodney avec Sandy. 

— Est-ce que je suis comme Sandy ?  demande-t-elle. 

Steven dit à Betty qu’il l’aime telle qu’elle est. En réponse, Betty lui dit qu’elle l’aimera toute sa vie. Il prend le visage de sa femme dans les mains et l’embrasse.


Mary ouvre la porte et souhaite la bienvenue à M. Peyton. Il rentre de l’hôpital. 

Peyton dit à Thomas de mettre la voiture de côté. Mary lui demande si elle peut faire quelque chose pour lui. Il la remercie pour sa  bienveillance. 

Steven descend les escaliers du premier et souhaite un bon retour au manoir à son grand-père. Peyton lui demande s’il a déjà emménagé ici. Il répond que oui. 

Peyton s’assoit sur le fauteuil roulant motorisé et entreprend de faire le tour de la pièce. Le vieil homme est stupéfait de voir que le travail a avancé aussi vite. Betty entre : 

— Bon retour à la maison, monsieur Peyton ! 

Peyton se tourne vers elle : 

— Bien, Betty. Quelle surprise !

Peyton mentionne l’échiquier et Betty lui demande de lui apprendre à jouer aux échecs. La sonnette de l’entrée retentit. 

— J’y vais, dit Betty. 

Mais Peyton la retient : 

— Betty, la reine ne fait jamais le premier mouvement. Ce sont les cavaliers qui bougent en premier. 

C’est donc Mary qui ouvre la porte et fait entrer Leslie Harrington, venu parler à Martin. Le vieil homme se tourne vers Leslie : 

— Je ne suis pas d’humeur à discuter avec quelqu’un qui n’est pas le bienvenu ici. 

Leslie est hostile : 

— Je n’ai pas l’intention de laisser mes fils se faire avoir par ce… cette erreur de la nature. 

Il veut bien évidemment parler de Steven. 

— Je me rappellerai ces, mots, monsieur Harrington, le prévient Steven. 

Leslie se tourne vers Martin et lui dit, au sujet de Norman et Rodney : 

— Comment pouvez-vous les oublier ? » 

— Vous avez une position privilégiée à la fabrique, Leslie. Vous êtes un homme important dans cette ville. Vous aviez tout ce que vous voulez lorsque vous étiez marié à Catherine. N’espérez pas davantage de moi.

— Vous savez très bien de quoi je parle, Martin. 

Leslie refuse catégoriquement que la fabrique fasse les tentures pour la nouvelle décoration du manoir que Peyton lui demande de faire. 

Puis il s’en va. Steven dit à Betty qu’elle devra faire appel à une autre fabrique de textile pour le matériel.


La sonnette de la porte d’entrée retentit chez les Carson. C’est le Dr Rossi. Il offre à Rachel une boite en carton avec un petit chiot à l’intérieur. 

Il informe les Carson qu’il a été promu chef du personnel de l’hôpital de Peyton Place.

Elliot va à la cuisine sortir une bouteille de champagne pour fêter l’événement. Michael parle en privé à Constance. 

— Tu n’es vraiment pas heureux de pratiquer ici ? demande Constance. 

— C’est juste qu’à New York, il y a beaucoup d’argent disponible pour la recherche.

— Et à New York, il y a plus d’endroits pour se cacher.


Au Restaurant « Le village Italien », un enfant se goinfre de spaghetti. Rodney emmène Rachel dîner pour leur premier rendez-vous.

— Est-ce que tu avais l’habitude d’emmener Allison ici ? demande soudainement la jeune fille. 

— Non Rachel. 

Rodney est mal à l’aise de devoir parler d’Allison à Rachel et s’empresse de changer de sujet :

— C’était amusant de patiner ce soir, n’est-ce pas ? La glace était lisse comme du verre.

— Pourquoi ne l’as-tu jamais emmenée ici ? insiste Rachel. 

— Doit-on vraiment parler d’Allison ?

— Oui.

— Pourquoi ?

La serveuse apporte les plats.

— Nous ne parlons jamais d’elle, Rodney. Uh… 

Elle regarde son assiette. Rodney fronce les sourcils :

— Quoi ?

— Les spaghetti me font penser à la ferme. Nous mangions des spaghetti froids tous les jeudis soir. Et Chandler avait l’habitude d’attendre que nous ayons fini la vaisselle pour venir dans la cuisine, enlever son tee-shirt et se raser dans le lavabo. Moi et tante Lucy…

— Tante Lucy et moi, corrige gentiment Rodney. 

— Tante Lucy et moi avions l’habitude de rester debout et de le regarder.

—  Pourquoi me racontes-tu cela ?

— Je sentais que je devais le faire. Le sentiment que je devais te dire quelque chose que je n’ai jamais dit à personne. 

— Que veux-tu savoir sur Allison ?

— Eh bien, les Carson sont si gentils avec moi. Il n’y a pas pu y avoir de problèmes. 

— Il n’y en avait pas.

— Était-elle trop gâtée ?

— Non 

— Eh bien, je ne comprends pas pourquoi elle est partie.

— Elle était… Elle avait fait une dépression. Elle était malade.

— C’est ce que tout le monde dit, mais je ne crois pas que cette version. 

— Oh, c’est la vérité.

— Les Carson sont des gens tellement charmants. Comment pouvait-elle faire une dépression ?

— C’était une fille illégitime.

Rachel est surprise :

— C’était quoi ?

— M. et Mme Carson n’étaient pas mariés quand Allison est née, explique le jeune homme. 

— Je sais ce que le mot veut dire. Je suis simplement surprise ! 

— M. Carson était marié à quelqu’un d’autre. Elle a été tuée. Et il est allé en prison. Bien des années plus tard, ils ont découvert qu’il était innocent. M. et Mme Carson ne sont mariés que depuis deux ans. Et ce n’est pas tout. Il y a plus. Tu vois, Mme Carson conservait une photographie d’un homme sur la cheminée. Elle avait raconté à Allison qu’il était son père et lui avait dit qu’il était mort.

— Tu veux dire que Mme Carson a menti ?

— Elle l’a fait pour protéger Allison. Et peut-être que cela aurait aidé Allison si elle l’avait su plus tôt.

— Tu penses que tu es quelqu’un pendant si longtemps et puis tu découvres que tu es quelqu’un d’autre, dit Rachel d’un air pensif. 

— Tes spaghetti doivent être bons et froids et prêts à être mangés maintenant.


Chez les Carson, Michael dîne avec Constance et Elliot. Le médecin leur raconte que sa sœur à une chienne qui vient juste d’avoir des chiots. 

Il en a apporté un pour Rachel. Il sort le chiot de la boite et s’excuse en même temps pour leur créer des ennuis avec cet animal domestique. Elliot sourit : 

— Maintenant, nous voilà avec deux enfants. 

Le dîner se termine et le Dr Rossi ouvre la porte pour partir. Elliot lui dit de rouler prudemment. 

Rodney arrive juste au moment où Michael s’en va. Il ramène Rachel à la maison. Rachel se précipite vers le Dr Rossi et le salue par une étreinte. 

En riant, Michael lui dit d’aller doucement avec le fragile vieil homme qu’il est. 

— Et quand le fragile vieil homme est-il revenu ? demande Rodney. 

Rachel demande à Michael si elle peut le voir demain. Il accepte tout en corrigeant sa grammaire. Rachel entre dans la maison.

Rodney souhaite la bienvenue au Dr Rossi et lui demande si sa voiture est neuve. Michael lui répond que oui. 

Il fait observer qu’il est bon pour Rachel de sortir avec des jeunes personnes. Il demande à Rodney s’il a bien pris soin d’elle. Rodney pense que Michael est jaloux et le lui dit. Le médecin s’en défend. 

Il monte dans sa nouvelle voiture de sport rouge et démarre, tandis que Rodney entre dans la maison.


Episode 312

Lundi 13 février 1967

Coups de feu

Lee Webber a plus d’une corde à son arc. Dans un jeu tout à fait extraordinaire, il a décidé de ne pas révéler à son frère aveugle, Chris, que ce dernier est déterminé à le tuer. De plus, Lee manipule Steven Cord avec savoir-faire.

Lee attend sur le quai Steven Cord.


Steven Cord est sur le quai avec Lee Webber.

— Merci d’être venu, Steven.  

— Que se passe-t-il ? s’enquiert l’avocat d’un ton peu amène.

— Sandy et moi avons eu une nouvelle dispute, ment Lee. Chris était dans la pièce à côté. Tout d’un coup, il est venu vers moi, balançant sa canne et criant. Il l’a cassée et a commencé à pleurer. C’était horrible. Et ce n’est pas tout, Steven. Maintenant, il ne veut même plus me parler. J’ai peur. Il a ce revolver et il a dit qu’il ne voulait plus continuer à vivre.

— Où est Sandy ?

— Je ne sais pas. Mais s’il se fait du mal, Steven, je pourrais prendre ce revolver et le pointer sur moi. J’ai détruit sa vie. J’ai détruit sa vie.

— Très bien, épargnez-moi ça, Lee.

— Écoutez, peut-être que vous arriverez à le raisonner. Il vous écoutera. Oh, je sais que vous ne le pensez pas, Steven. Mais il vous respecte.

— J’ai dit épargnez-moi ce couplet, répète Steven pour qui les paroles de Lee n’ont aucun crédit. Maintenant, vous allez chez Ada. Je vous téléphonerai si j’ai besoin de vous.

— D’accord. Voici la clé de la porte d’entrée. Il s’est probablement enfermé à clé dans sa chambre.

Steven prend les clés et se rend chez les Webber. À l’intérieur, Chris attend toujours Lee, l’arme pointée devant la porte. Steven ouvre la porte. 

Pensant qu’il s’agit de Lee, Chris fait feu sur Steven. Il érafle le manteau de l’avocat. Il tire à nouveau, mais manque Steven, qui s’identifie immédiatement. 

Chris lui dit qu’il pensait que c’était Lee. Lee doit être détruit avant qu’il ne continue à faire du mal autour de lui. Steven lui dit que c’est son avocat et qu’il ne va rien faire ni dire.

Sandy, qui a entendu les coups de feu, se précipite à l’intérieur de la maison Webber. Lee l’attrape. Sandy hurle : 

— Chris ! 

Le sergent Edward Goddard et l’officier Baxter arrivent rapidement. Ils frappent à la porte. 

— C’est la police, ouvrez ! ordonne Goddard

Steven ouvre la porte. Les policiers voient Chris assis sur le sofa.

—  Très bien, quel est le problème, monsieur Cord ? Est-ce que ça va, Chris ?

— Il n’y a pas grand-chose à voir, dit Steven. Le revolver est là.

Goddard fronce les sourcils :

— Monsieur Cord, est-ce que ceci a quelque chose à voir avec l’enquête sur la mort d’Ann Howard ?

— Je ne comprends pas.

— Une dispute de famille. Quelque chose comme un type qui témoigne contre son frère, explique Goddard.

Il se tourne vers son coéquipier : 

— Baxter, fais venir Lee Webber.

— D’accord.

Dehors, Sandy attend dans l’angoisse.

— Je peux entrer ?

Baxter ne fait entrer que Lee. Goddard prend les choses en main :  

— Avez-vous téléphoné à Steven Cord ce soir ?

Lee bredouille : 

— Eh bien, je…

— Vous l’avez fait ou pas ? s’impatiente l’agent.

— Oui. Oui je l’ai fait. 

— Et que lui avez-vous dit ?

— Vous n’êtes pas obligé de répondre aux questions, fait Steven.

— Je sais… J’ai téléphoné à M. Cord pour lui dire que Chris avait un revolver.

— Et que vous aviez peur, ajoute l’avocat. 

— Peur de quoi ? s’étonne Goddard. 

— Que m’avez-vous dit pour que je me déplace jusqu’ici ? demande Steven à Lee.

— Que Chris avait menacé de se suicider. 

— Comment saviez-vous ça ?

— Je l’ai vu depuis la fenêtre. Il parlait tout seul. Ça n’avait aucun sens. Il ne voulait même pas me laisser entrer. (à Chris) Tu n’as pas essayé de tirer sur Steven, au moins ?

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça, Lee ?

— Le trou dans votre manteau.

— Le coup est parti par accident, explique l’avocat. Vous avez absolument raison, Lee. N’est-ce pas Chris ? C’était un accident.

— Oui. C’était une erreur, finit par dire Chris.


Chez les Carson, Elliot entre dans la chambre de Matthew. Constance est assise et écrit.

— Oh, je pense qu’il est un peu tard pour faire une liste des provisions, dit-il. 

Constance sourit : 

— Retourne au lit. Il est toujours endormi. 

— Tu peux toujours te moquer de moi. Que fais-tu ici, toi ? (il lit ce qu’elle a écrit) : « Mike R. pour P. Définitif. Peut-être Betty Cord pour M. » Ça veut dire quoi P. et M. ?

— Parrain et marraine. Je suis en train de prévoir le baptême de Matthew. 

— Es-tu en train de me dire que tu es sortie du lit chaud et douillet en pleine nuit uniquement pour planifier le baptême de Matthew ?

— Ne dis pas « uniquement ». C’est très important.

— Bien sûr que c’est important. Mais pourquoi cette hâte ? C’est comme faire sa liste de Noël le 14 juillet. Ne pense pas un instant que je vais les laisser verser de l’eau froide sur le visage de Matthew par une telle température. 

— Ils ne versent pas, ils parsèment. Et ce sera une église chauffée. 

— Avec quinze centimètres de neige sur le sol. 

— Ça se passera dans une église chauffée.

— Ce n’est pas tant l’église. Il fait froid dehors.

— C’est Elliot Carson qui parle… celui qui va initier très tôt son fils aux règles du football ?

— Mais pas avant qu’il ne sache marcher.

— De toute façon, on ne peut pas prévoir de date tant que Mike n’est pas revenu. Je lui enverrai la première invitation.

— Oh la la… tant de précipitation pour le baptême de Matthew !

— Lorsque j’ai eu Mike au téléphone, il avait une voix bizarre. 

— Tu m’as dit qu’il avait une voix très enjouée. 

— Trop enjouée. J’avais l’impression que lorsqu’il m’a dit qu’il restait à New York quelques jours supplémentaires, il essayait en fait de retarder son retour ici.

— Oh, je vois, et tu utilises Matthew comme appât.

— En tant que parrain de Matthew, il peut difficilement refuser de revenir pour le baptême.

— Bien sûr, le sens des responsabilités.

— Tu ne penses pas que c’est juste ?

— Juste ? Je pense que c’est ingénieux. Terriblement ingénieux.


À l’appartement, Rita lit tandis qu’arrive Norman. Il l’embrasse. Il revient de l’école et dit qu’il a besoin d’encouragements. Mais Rita pense qu’il a surtout besoin de se reposer. 

Norman est sur les nerfs, il traverse une crise existentielle, se demandant qui il est et ce qu’il va faire de sa vie. 


Au poste de police, Chris, Ada, Steven et Sandy sortent de la salle d’interrogatoire. 

Chris remercie Ada d’avoir menti pour lui au sujet de l’arme. Ada embrasse Chris et lui demande de prendre soin de lui. Steven offre de la raccompagner, mais elle préfère marcher. Elle a besoin d’air frais. 

Chris décide de quitter Peyton Place dès ce soir. Il n’aime pas laisser Sandy seule avec Lee, mais elle lui dit de ne pas s’inquiéter, elle n’a plus peur de Lee. 

Lee Webber sort du tribunal et se dirige vers le square. Ada, Chris, Steven et Sandy sortent du poste de police. 

Chris attend pour prendre le bus pour Boston. Il se rendra ensuite à New York, puis à Los Angeles. Il est conscient que le barreau désapprouve les avocats qui ont tenté de commettre un meurtre. 

Chris ne regrette pas d’avoir voulu tuer Lee. Il veut que Sandy vienne avec lui, mais elle ne veut pas partir. 

Steven demande à Chris ce qu’il va faire en Californie. Il pense trouver un emploi de pianiste dans un bar. 

Le bus arrive en face du tribunal et Steven aide à faire monter Chris à l’intérieur. Chris s’engouffre dans le véhicule sans avoir embrassé Sandy pour lui dire au revoir. Le bus indique « Boston » sur le pare-brise. Le véhicule s’en va. 

Lee observe la scène sans se montrer. 

Steven dit à Sandy qu’il va faire une réservation de chambre à l’auberge pour elle. Sandy se dirige vers le Colonial Post. 

Lee s’approche finalement de Steven et lui demande où Chris est parti. Steven attrape Lee par le col et l’accuse d’avoir tué Ann Howard. Puis il retourne à sa voiture et démarre.

À l’auberge, le réceptionniste demande à Sandy où sont ses bagages lorsque Rodney arrive. Elle demande à Rodney s’il a entendu parler des coups de feu et l’informe que Steven lui a réservé une chambre ici. 

— La vie continue, Sandy, philosophe Rodney. 

Sandy lui dit qu’elle a besoin d’une brosse à dents. Rodney lui conseille de traverser la ville pour trouver un drugstore ouvert la nuit. 

Elle demande à Rodney de rester avec elle. Rod lui rappelle qu’elle est toujours mariée à Lee. 

— Est-ce de Lee dont tu as peur, ou de moi ? lui demande-t-elle. 

Pour toute réponse, Rodney lui dit d’aller dans sa chambre et d’y rester. Puis il va s’asseoir sur un banc, dans le vestibule de l’auberge.


Episode 311

Mardi 7 février 1967

Macabre mise en scène

Chris Webber est déterminé à punir son frère Lee pour la mort d’Ann Howard. Chris a un revolver, qu’il a subtilisé à la taverne d’Ada Jacks. Un revolver qu’il sait qu’il doit utiliser. Mais il doit trouver l’opportunité de le faire. Pour Sandy Webber, la femme de Lee Webber, c’est le temps de la décision. Sans savoir que Chris possède une arme, elle sait qu’elle ne peut pas retourner dans la maison de son mari. Curieusement, son désir de s’éloigner de la maison va de front avec le désir de Chris de retourner à la maison, prendre le revolver qu’il a caché et appuyer sur la gâchette.

Chris marche le long du quai, suivi par Sandy qui se trouve derrière lui. Ils dépassent la maison d’hôtes jusqu’au Cider Barrel.


Chris entre au Cider Barrel et cogne sa canne contre le tabouret pour faire du bruit. 

Charlie dit à Sandy qu’il sait qu’elle n’est pas de service, mais il voudrait quand même qu’elle lui donne un coup de main car son employé a la grippe. Mais elle refuse en disant qu’elle est occupée. 

Chris s’excuse auprès des clients pour le bruit qu’il a fait. Sandy dit à Chris qu’elle ne peut plus retourner à la maison. Ils parlent alors de partir dans la nuit. Chris lui dit qu’il est de son côté. Sandy lui répond qu’elle a quelques dollars. 

De son côté, Chris a également du cash dans la maison. Lee est certainement à White River, en train de boire. Pour s’en assurer, Sandy se rend au téléphone payant du Cider Barrel et appelle la maison pour savoir si Lee est là. 

Elle laisse sonner trois fois. Il n’y a pas de réponse. Elle raccroche et récupère sa monnaie. Elle retourne auprès de Chris : 

— Lee doit toujours être à White River en train de boire, pense-t-elle.

Elle demande soudainement à Chris si c’est lui qui a dérobé le revolver chez Ada. Comme réponse, il lui demande si elle sait combien d’aveugles sont bons tireurs (en répondant de la sorte, il ne dit pas de mensonge). 

Charlie demande une nouvelle fois de l’aide à Sandy, et une nouvelle fois elle refuse. 

Chris demande à Sandy sa clé de la porte d’entrée. Elle la lui donne. Il lui dit de rester ici. Il s’en va et Sandy l’observe à travers la fenêtre. 


Dans la chambre d’hôpital de Peyton, on entend le vieil homme dire : 

— Non, non, non, mademoiselle Stacy. Le costume se met au-dessus. 

En réalité, l’infirmière est en train de faire les bagages de Martin, mais elle lui dit qu’il doit d’abord avoir la permission du Dr Fielding pour partir. 

Betty arrive et Peyton lui dit qu’il est prêt à quitter l’hôpital. Elle lui dit que c’est de la folie de vouloir partir. Il lui répond que ce n’est pas de la folie, et lui demande de faire venir Thomas dans sa chambre. Mais ce n’est pas Thomas qui a amené Betty ici. 

Betty mentionne à Peyton le fait que Rodney a quitté le manoir. Elle ajoute que la chambre du vieil homme n’est pas prête et que la maison est en désordre. Une fois rénové, le manoir deviendra un vrai foyer pour eux tous. 

Elle mentionne le fait que Peyton a fait une pneumonie et doit se reposer. 

Peyton lui dit qu’il est sûr qu’elle sera une très bonne maîtresse de maison. Elle a la volonté de fer d’Hannah et l’esprit de sa fille Catherine. Elle lui demande si elle doit prendre ça pour un compliment. 

— Plutôt pour un avertissement, lui répond Peyton. 

Betty demande à Peyton d’être plus poli avec l’infirmière, puis elle lui dit au revoir et s’en va.


Chris arrive à la maison, déverrouille la porte, et appelle Lee s’attendant bien entendu à ce qu’il ne soit pas là. Chris appelle à nouveau : 

— Lee, Lee, tu es ici ? 

Il laisse la clé sur la table devant la porte d’entrée. Il mémorise mentalement la pièce et prépare un piège pour Lee. 

Il sort le revolver de sa cachette (il était dans le sofa). Il bouge deux chaises de la table à manger et saisit une pelote de ficelle. Il attache la ficelle au bouton de la porte d’entrée et à la chaise, environ quinze pieds plus loin. La ficelle lui servira à pointer l’arme en direction de la porte lorsque Lee entrera. Il s’assoit sur l’autre chaise. Il charge l’arme et il attend. 

À l’extérieur, Lee s’apprête à entrer. À l’intérieur, Chris pointe l’arme. Finalement, Lee fait demi-tour et s’en va. Se doute-t-il de quelque chose ?


Au manoir, Ada arrive pour parler avec Steven Cord. Elle pense que c’est Chris, et non Lee, qui a dérobé l’arme. 

Le téléphone sonne et Steven répond. L’appel vient de Lee, qui dit à Steven que Chris a menacé de se suicider à cause de la mort d’Ann Howard. 

Steven ne croit pas Lee. Ce dernier demande à l’avocat de venir sur le quai. 

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Steven laisse Betty entrer et lui donne un rapport. Ils s’embrassent et Steven s’en va. 


Rachel est dans sa chambre, sur le rocking-chair. Elle entend du bruit qui provient de l’extérieur. Elle se lève et va voir à la fenêtre. Elle voit Elliot et Constance dehors. 

Elle dévale les escaliers et leur ouvre la porte. Ils viennent de faire du patin à glace. Elliot dit à Rachel qu’il lui procurera des patins à glace pour qu’elle puisse en faire à son tour. 

Constance monte à l’étage pour prendre un bain chaud. 

Elliot demande à Rachel si ça ne l’a pas ennuyée de rester seule à la maison. Elle dit que non. Elle n’admet pas ses craintes. Elliot dit à Rachel qu’il apprécie son intérêt pour Matthew.


Au Cider Barrel, Sandy sirote sa boisson et Charlie se trouve au bar, devant la caisse enregistreuse. 

Il continue à se plaindre à propos de son employé qui a la grippe et qui n’est pas venu travailler. 

Charlie demande à Sandy pourquoi elle reste ici. Elle ne veut pas répondre. 

Sandy se rend au téléphone payant sur le mur. Elle introduit la monnaie et compose sept chiffres. 

Chez les Webber, Chris se retourne au bruit du téléphone qui sonne. Il essaie de l’ignorer. Il pointe son arme devant la porte, prêt à tirer. 


Episode 310

Lundi 6 février 1967

Menaces

Par cette nuit froide et lugubre, Lee Webber revient de son travail à mi-temps sur un bateau de pêche pour faire face à une brûlante accusation. Le bateau est à peine amarré sur le quai que le voilà en face de son ancien avocat, Steven Cord, qui l’accuse d’avoir volé un revolver à la taverne d’Ada Jacks. Cette accusation choque Lee Webber parce qu’elle est fausse. Mais maintenant, Lee doit essayer de contrôler sa colère même devant les passants. Et il doit faire face à l’éventualité que la personne qui a pris le revolver puisse s’en servir contre lui. Qui a des raisons de détester Lee Webber ? Son frère aveugle, en premier. Chris a témoigné contre lui dans l’affaire Ann Howard. La femme de Lee, Sandy, qui s’est rangée du côté de Chris. Il y a une autre personne qui a des raisons de le détester, Rodney Harrington.

Steven quitte le bateau. En colère, Lee casse une lampe de marin. Steven passe devant la taverne d’Ada Jacks.


Sur le quai maculé de neige, Lee entre au Shoreline Garage pour confronter Rodney. Il lui demande où il vit depuis qu’il a quitté le manoir. 

Rodney a mis toutes ses affaires au garage et compte s’y installer. 

Ils parlent de Sandy. Lee l’aide à installer un lit de camp. Pendant que Rod est dans une autre pièce, Lee entreprend de lacérer le tissu du lit de camp. 

Rodney saisit un marteau et menace Lee.


Lee rentre chez lui et met ses bras autour de Sandy. Elle ne veut pas de lui. Lee ne l’entend pas de cette oreille et insulte Sandy. 

Il est sur le point de la violer lorsque Chris arrive et essaie de les séparer. Ils se battent, et sont séparés par Sandy. 

Chris et Sandy s’en vont voir un film. Lee dit qu’il va à White River.


Rachel est sur un rocking-chair, observant Matthew, tandis que le téléphone sonne. C’est Jack Chandler. Elle parle à contrecœur avec lui jusqu’à ce qu’on sonne à la porte. 

Elle pose l’appareil et ouvre à Rodney, venu lui rendre visite. Rachel détache la chaînette et fait entrer le jeune homme. Elle se précipite sur le téléphone et raccroche le combiné. Mais il sonne à nouveau. 

Cette fois, c’est Rodney qui répond. L’interlocuteur ne parle pas, alors il raccroche. 

Rachel ne veut pas dire à Rod qui a appelé. Elle lui demande de s’en aller. Mais pris par une impulsion subite, Rodney l’étreint et l’embrasse. Puis il dit qu’il va aller parler à Chandler.


Norman traverse le square et il est frappé par une boule de neige lancée par Elliot. Elliot dit qu’il pensait que c’était Constance. 

Norman dit qu’il y avait deux personnes à qui il n’aurait jamais osé jeter une boule de neige : Elliot Carson et Martin Peyton. 

Connie se dirige vers eux. Elle et Elliot partent faire du patin à glace. 

Il y a un téléphone public en face du drugstore, et Constance appelle Rachel pour lui demander si tout va bien avec le bébé. 

Rachel prend beaucoup de temps à répondre.


Sur le quai, Rodney appelle Chandler. Ce dernier va au Cider Barrel et Rodney le suit. Il parle avec lui et le menace si jamais il continue à importuner Rachel. 

— Je ne suis pas Joe Chernak, lui répond Chandler. 

Ils se regardent un moment dans les yeux, puis Chandler s’en va.


Lee rentre à la maison et cherche sous le lit, dans un pot de fleurs, sous une chaise, puis sous une autre chaise. Il trouve enfin le revolver sous le sofa. Il l’examine et le remet à sa place.


Episode 309

Mardi 31 janvier 1967

Un nouvel habitant

Steven Cord est convaincu que son ancien client, Lee Webber, a volé le revolver à la taverne d’Ada Jacks, et Steven est déterminé à trouver Lee et à le désarmer. Steven a longtemps résisté aux sentiments de culpabilité d’avoir défendu Lee contre les charges de meurtre sur la personne d’Ann Howard. Lee a été relâché, une décision basée largement sur l’habileté de la défense de Steven. Mais le sentiment croissant de Steven d’avoir fait libérer un criminel le submerge. Ironiquement, Steven est sur la mauvaise voie. Le frère aveugle de Lee, Chris, a pris le revolver. Et le temps passé à rechercher Lee laisse le temps à Chris d’élaborer son plan.

Steven sort de la Taverne d’Ada Jacks et va sonner à la porte des Webber. Il sonne à plusieurs reprises, mais personne ne répond.


Au Cider Barrel, Chris est basé derrière la fenêtre et d’instinct tourne la tête en direction de la taverne. Sandy lui dit que Lee ne fera rien contre eux, il n’est pas fou, il sait qu’il est dans le collimateur de la police. 

Mais Chris n’en est pas si sûr, il pense que Lee va se venger d’elle parce qu’elle a fricoté avec Rodney, et aussi se venger de lui en raison du témoignage qu’il a fait au tribunal et qui l’incriminait. 

Steven entre, informe qu’il est allé chez les Webber, mais qu’il n’y avait personne, et demande à Sandy et Chris s’ils ont vu Lee.

— Pourquoi voulez-vous savoir où il se trouve, monsieur Cord ? s’informe Chris. 

— Je veux lui parler. 

— Pourquoi ? Est-ce qu’il a encore des ennuis ?

Chris lui dit que Lee a trouvé un emploi sur un bateau de pêche. Il y est actuellement. 

— Quel est le nom du bateau ? s’enquiert Steven auprès de Sandy. 

— Je ne sais pas, répond la femme de Lee. 

Chris en veut à Steven d’avoir fait sortir Lee de prison, mais Steven rappelle qu’il s’agit de la décision du juge. 

Chris s’approche de Steven :

— En défendant Lee, vous avez fait une erreur, une terrible et mortelle erreur. 

Steven finit par dire à Sandy et Chris qu’il cherche Lee parce qu’un revolver a disparu à la taverne. 

Sandy est bouleversée. 


Rachel est en chemin vers la maison des Carson et sillonne l’allée neigeuse avec la poussette lorsqu’elle est abordée par Chandler qui lui ordonne de ne rien dire sur l’endroit où elle a trouvé le bracelet d’Allison, sinon il s’en prendra à Matthew. 

Rachel menace de le tuer s’il s’en prend à l’enfant. Elle prend Matthew et le landau, entre dans la maison et s’enferme. 

Chandler se dirige alors d’un pas décidé vers le Clarion.

Arrivé là-bas, il entre et demande un exemplaire du journal de demain. Il souhaite parcourir les annonces pour trouver du travail. La fabrique Peyton semble vouloir recruter.  

Constance et Eli sont ici avec Elliot. Chandler les informe qu’il a abandonné la garde de Rachel.

Il part. Elliot n’aime pas le fait de savoir que Chandler déménage en ville. Il a peur qu’il s’en prenne à Rachel. 

— As-tu de la considération envers Rachel, ou bien envers la fille qui peut t’aider à retrouver Allison ? demande Eli. 

Elliot lui répond que ce n’est pas juste de lui dire ça. 


À la fabrique, Leslie Harrington reçoit Betty dans son bureau. Il est ennuyé par la requête de Betty de vouloir une commande spéciale pour remplacer les tentures du manoir Peyton.


Chez les Carson, on frappe à la porte. Elliot entre. Il dit à Rachel que Chandler est venu au Clarion pour lui dire qu’il ferme l’exploitation agricole.

Il compte s’installer dans le coin et trouver du travail. 

— Je sais que c’est un choc pour toi, mais tu n’as pas à avoir peur, je ferai en sorte qu’il ne t’approche pas. Si jamais il cherche à prendre contact avec toi, je veux que tu me le dises, promets-moi. 

— D’accord. 

Elliot demande à Rachel de ne rien dire à ce propos à Constance afin de ne pas l’ennuyer. 


Près du quai, dans une tempête de neige, le bateau de Lee arrive. Steven vient à bord pour parler avec Lee. 

Il l’accuse d’avoir volé le revolver d’Ada. Lee nie et se met en colère. 

Ils se battent. Lee dit qu’il ne regrette qu’une seule chose, qu’il n’est pas celui qui le poursuit. 

Steven s’en va. Dans un accès de colère, Lee brise un verre.


Episode 308

Lundi 30 janvier 1967

Les inquiétudes d’Ada

Aujourd’hui, cette petite ville de Nouvelle-Angleterre est recouverte d’une neige qui semble vouloir camoufler tous les bruits de désespoir. Rita Jacks Harrington et son mari, Norman, veulent crier. Bien que Norman se soit interposé dans une sérieuse dispute entre Lee Webber et le non-voyant Chris Webber, il est accusé d’intrusion. L’ironie de la situation lui a laissé un goût amer.

Rita passe devant le bureau de navigation et se dirige vers la taverne, portant une marmite. Des enfants sont en face de la taverne, construisant un bonhomme de neige. Norman reçoit une boule de neige en pleine figure.


Norman lance une boule de neige sur le bonhomme de neige. Puis il court après les enfants pour les faire fuir en leur disant qu’il est un adulte et qu’ici c’est son territoire. 

Norman rabiboche la tête du bonhomme de neige. Les enfants lancent des boules de neige au jeune homme. 

Norman et Rita continuent à marcher. Rita ramène la marmite à sa mère, Ada, qui leur avait préparé de la soupe au poisson pour leur petite fête hier. 

Rita demande à Norman s’il est toujours tracassé par ce qui s’est passé hier soir avec Lee et Chris. Il avoue que oui. Rita entre dans la taverne.


Au manoir, Mary, munie d’une règle, vient de donner à Betty une largeur de dimension, 116 cm, tandis que Rodney descend les escaliers. 

Rodney demande à Mary où se trouve son sac. Elle lui répond qu’il est chez Norman. 

Betty apprend de cette manière que Rodney quitte le manoir. Elle lui demande où il va vivre. Il lui explique qu’il va vivre sur le quai, il s’est aménagé une petite chambre dans son garage. Il ajoute que cela lui ira très bien. Betty lui dit qu’il sera confortable là-bas et qu’il aura plus de liberté.

Cela va surtout rassurer Steven de savoir que son demi-frère, qui est aussi l’ex-mari de sa femme, ne va pas vivre sous le même toit qu’eux. 


À la librairie, Constance parle au téléphone de Matthew avec le Dr Michael Rossi qui se trouve à New York. Il lui dit qu’il sera de retour dans quelques jours. Elle admet qu’il mérite du repos. Elle ajoute qu’il manque à tout le monde. 

Elliot et Rachel entrent. Rachel pousse le landau. 

— Vous venez juste de rater le Dr Rossi, leur dit Constance. 

Rachel veut savoir quand il revient en ville et s’il a parlé d’elle.

— Bien sûr, il voulait un rapport complet sur chacun. Je lui ai dit qu’on allait tous bien.

Constance trouve un bouquet de fleurs dans le landau de Matthew, un cadeau surprise d’Eli.


En face du drugstore, Rodney parle avec Rachel, qui s’occupe de Matthew dans son landau. Rodney lui demande s’il peut pousser le landau. 

Ils se rendent ensemble au drugstore. Rodney pousse le landau et Rachel le suit. Les deux jeunes gens s’assoient à une table du drugstore. Tout le monde les regarde. 

Rodney demande à Rita une bouteille de lait tiède pour Matthew. 


Le sergent de police William Wilson Walker entre dans la taverne d’Ada Jacks pour lui apporter la licence d’utilisation de son arme à feu. 

Après son départ, Ada ouvre le tiroir et découvre que le revolver n’est plus dans son étui. Elle essaie de réfléchir à ce qui a pu se passer.


Steven vient rendre visite à Peyton dans sa chambre d’hôpital. Peyton veut un conseil juridique. La police pense que l’incendie du manoir est d’origine criminelle. 

Steven lui répond qu’il n’a aucun désir de voir Hannah Cord derrière les barreaux. Peyton offre à Steven de s’occuper à nouveau de ses affaires.


À la Taverne, Steven parle avec Ada du revolver qui a disparu. Ada avoue qu’elle pense que Lee l’a volé. Steven lui dit qu’il va éclaircir cette affaire et s’en va pendant que Mario, un client imposant, commande une bière.

Steven se dirige vers la maison de Lee Webber et sonne à la porte. La scène se termine avec son doigt posé sur la sonnette.