Episode 327

Mardi 11 avril 1967

Initiales : JF

Steven Cord, un jeune homme qui a vécu toute sa vie sans connaître la vérité sur sa filiation, maintenant qu’il sait qu’il est le petit-fils de Martin Peyton, est déterminé à réclamer la dignité qu’il prétend de la dynastie des Peyton. L’autorité et l’argent nécessaire à cette autorité. Mais Steven a déjà vu Martin Peyton terrasser cruellement son autre petit-fils, Rodney Harrington, en mettant Steven au premier plan. Steven veut s’assurer que Rodney comprenne les règles de la guerre. Ses propres règles de guerre, pas celles de Martin Peyton. 

Steven marche le long du quai, passant devant le Shoreline Garage. 


Steven se rend au Shoreline Garage pour parler avec Rodney. Ce dernier est assis à son bureau, occupé à taper à la machine une facture. Steven s’excuse pour ce que leur grand-père a dit à Rodney hier soir au cours du dîner familial au Colonial Post Inn. Selon l’avocat, le vieil homme a été très dur. 

Rodney dit à Steven qu’il n’a pas à être le médiateur dans cette affaire. Ils parlent de leur vie respective à la maison Peyton. 

Steven ressort du Shoreline. Lee Webber, en limousine, le voit et commence à le narguer en lui demandant s’il peut le déposer quelque part. Il dit à l’avocat qu’il vient juste de déposer « le vieux » à la fabrique. Steven conseille à Lee de rester loin de lui. Il change de trottoir. 


Betty entre dans la librairie et trouve Matthew dans son siège sur le comptoir. Elle lui parle comme s’il était un adulte. Rachel est à côté, sur une échelle, en train de ranger des livres sur les étagères. Elle descend et se présente, songeant qu’elles n’ont pas eu le temps de faire connaissance au manoir.  

Betty voulait voir si Rachel allait bien, car elle avait le sentiment qu’elle était en difficulté avec Webber. Rachel lui répond que Lee Webber n’est pas un homme bien. Betty plussoie.  

— Alors pourquoi vit-il chez vous ? s’enquiert la jeune fille.

— C’est la maison de M. Peyton. Il l’a engagé comme chauffeur.

Rachel demande s’il a tué Ann Howard. Betty le pense. Elle lui demande de faire très attention à lui, de ne pas l’approcher. 

Avant de partir, elle dit que Rachel lui rappelle quelqu’un. 

— Ann Howard ?

Betty sourit.

— Non, pas elle.

— Une amie ?

— En quelque sorte, même si nous n’avons jamais été proches l’une et l’autre.

Rachel devine qu’il s’agit d’Allison. Avant de partir, Betty se tourne vers la jeune fille :

— Je suis contente de vous savoir chez les Carson. Vous avez autant besoin d’eux qu’ils ont besoin de vous. 


Lee voit Chandler sur le quai et lui réclame les cinq dollars qu’il a gagnés en pariant qu’il deviendrait le chauffeur de Martin Peyton. Il est évident que Chandler ne savait pas que Lee était le chauffeur de Peyton lorsqu’il a placé le chiot dans la limousine. 

Il demande à Lee comment il a rencontré Rachel. Lee lui dit que quelqu’un a laissé le chiot dans la voiture. Il invite Chandler à prendre un verre et lui demande si c’est lui qui a placé l’animal dans la voiture. 

Chandler refuse l’offre de Lee. Ce dernier veut que Chandler organise un rendez-vous entre lui et Rachel. Il trouve que c’est un beau brin de fille et il voudrait sortir avec elle. 

Chandler attrape Lee et le menace, l’avertissant de laisser Rachel tranquille. Lee trouve que les sentiments de Chandler vis-à-vis de Rachel sont très forts pour un oncle.


Dans sa chambre, Elliot prépare un discours pour la chambre de commerce tout en s’habillant. Constance se maquille devant la coiffeuse et lui donne quelques conseils. 

Le chiot de Rachel entre avec la boucle de ceinture aux initiales JF dans la gueule. Rachel et Rita le suivent et Rachel attrape l’animal. Elliot regarde la boucle et demande à la jeune fille où elle l’a trouvée. Elle lui répond qu’elle l’a trouvée en se promenant, et que le chien aime jouer avec. Rita écoute avec un regard désapprobateur. 

Elliot examine l’objet d’un air pensif, s’interrogeant sur la signification des initiales inscrites : JF. Rachel prend le chiot dans ses bras et l’emmène dans la chambre de Matthew. Elle est suivie par Rita. 

Rachel tente de justifier son mensonge auprès de Rita, mais cette dernière préfère ne pas en parler. Rachel sait qu’elle aurait dû dire la vérité à Elliot, mais elle préfère trouver un moyen propre à elle pour faire tomber Chandler et prouver qu’il est responsable de la disparition d’Allison.


Mary fait entrer Leslie à l’intérieur du manoir et lui demande d’attendre le temps d’aller voir si M. Peyton peut le recevoir. 

Peyton est dans le salon, vêtue d’une chemise rouge, et demande à Mary de faire entrer son ex-gendre. 

Leslie vient lui demander de but en blanc s’il a changé son testament. Il pense qu’il a déshérité ses deux fils. Ils se disputent. Leslie lui dit que Rodney a grandi sous son influence. Martin lui répond : 

— La femme de mon chauffeur à plus d’influence sur votre graisseux fils que je n’en ai jamais eu. 

Leslie est furieux. Lee arrive et demande à Peyton si tout va bien. Peyton demande à Lee d’escorter Leslie à la porte. Lee fait sortir Leslie. Puis Peyton congédie Lee par un « Bonne nuit, Webber ». 


À la maison d’hôtes de Mme Hewitt, Chandler fait ses bagages. Il observe longuement une photo de Rachel qu’il glisse dans ses bagages. Il entend quelqu’un frapper à la porte. C’est Rachel qui est là avec trois livres. Chandler est étonné de la voir.

— Bonjour, Oncle Jack. 

Elle lui demande si elle peut entrer. Elle ne peut rester qu’une minute. Il lui dit qu’elle peut rester aussi longtemps qu’elle le souhaite.


Episode 326

Lundi 10 avril 1967

Le dossier de Chandler

Le lent et tranquille changement de saison entre l’hiver et le printemps passe inaperçu chez au moins un des résidents de Peyton Place. Aujourd’hui, Jack Chandler tient le petit chien de Rachel dans ses mains. Il s’est emparé de l’animal en le prenant dans le jardin des Carson. La raison exacte pour laquelle il a pris le chiot est liée aux sentiments instinctifs qu’il ressent envers Rachel. Des sentiments qui sont maintenant partagés par Lee Webber, pour une raison entièrement différente. Webber est déterminé à regagner l’amour de sa femme, Sandy. 

Chandler marche dans la rue, passe devant la boutique « Les Femmes » et la librairie, tenant le chiot de Rachel dans les bras. Il est sur le point de passer devant le Clarion quand une voiture de police arrive. Rapidement, il glisse le chiot par la fenêtre de la limousine de Peyton qui se trouve juste à côté de lui, garée devant le Clarion. Lee Webber, en sifflant, sort du magasin général avec un sac rempli de provisions, frôlant presque l’épaule de Chandler. 


Lee dépose le sac dans la voiture et découvre le chiot sur le siège avant de la limousine. Il parle à l’animal et rentre dans la voiture. Chandler l’observe. Lee démarre avec le chien sur le siège passager, et passe devant la librairie.


Le Dr Rossi, sans sa trousse médicale, va voir Peyton. Il l’informe que depuis qu’il est devenu le chef du personnel de l’hôpital, il a transféré le dossier de Peyton au Dr Fielding. 

Peyton ne veut pas changer de médecin et menace Michael de retirer ses dons à l’hôpital. Mais le médecin fait fi de ses menaces. Il demande au vieil homme pourquoi il a engagé Lee Webber, l’homme qui a tué Ann Howard, la fiancée de Michael et la petite-fille de Peyton. Peyton pense que c’est pour cela que Mike ne veut plus être son médecin. 

— C’est un bon chauffeur, justifie Peyton.

— Il a tué votre petite-fille. 

— Il n’a pas été déclaré coupable.

— C’est un meurtrier.

— Cela n’a pas été prouvé. 

— Il a tué Ann.

— Votre fiancée.

— Votre petite-fille. 

Peyton lui fait comprendre qu’il a engagé Lee pour avoir un œil sur lui et trouver de nouvelles preuves de sa culpabilité, arguant du fait que s’il ne l’avait pas embauché, Lee aurait quitté Peyton Place et ils n’auraient rien pu faire pour tenter de le piéger. 

Mike ne répond pas et s’en va.


Chez les Carson, Rachel répond au téléphone. Lee Webber appelle du manoir des Peyton, pour dire qu’il a trouvé le chiot. Il lui demande de venir le chercher chez Peyton, où il vit et travaille, pour le récupérer. 

Il ajoute que son nom est Webber, Lee Webber. Et il sait qu’elle s’appelle Rachel et qu’elle vit chez les Carson. Si elle veut récupérer son chien, elle doit venir le chercher. Rachel prend peur.


Leslie se gare devant le Shoreline Garage et y entre. Rodney a un pied sur la table et lit négligemment la page sport du journal. Leslie invite Rodney à déjeuner avec lui. Mais Rodney lui dit qu’il a déjà mangé. Il demande à son père s’il a besoin d’essence. Il lui répond que non.

Leslie souhaiterait que son fils l’accompagne à New York afin qu’il apprenne comment fonctionne la fabrique. Devant le peu d’intérêt de Rodney, il se fâche. Il veut partager tout ce qu’il a appris avec son fils. Il veut qu’il reprenne la fabrique, il a travaillé dur pour la lui léguer. Pour Leslie, le garage n’est qu’un caprice, Rodney mérite d’avoir mieux, il mérite de diriger la fabrique. 

Ils parlent ensuite de Martin Peyton, Sandy Webber et Steven Cord. Rodney lui dit que Steven a rejoint le clan des Peyton, ce qui inquiète Leslie, qui a peur que ses deux enfants se voient défavoriser sur le testament du vieil homme. Rodney, lui, n’en a cure. Il se contente de souhaiter bon voyage à son père.


Norman entre dans l’appartement, avec un sac à provisions, et trouve Rita endormie sur le canapé. Elle se réveille et offre de lui préparer un déjeuner. Mais Norman ne veut pas qu’elle fasse d’efforts. 

Constance, avec Matthew dans ses bras, frappe à la porte et Norman les fait entrer. Rita, heureuse de voir Matthew, le prend un instant dans ses bras, avant de le rendre à Constance. 

Cette dernière arrange pour Rita un baby-sitting ce soir à partir de 7 heures. Norman informe Constance que Rita est malade et ne doit pas faire d’efforts. Rita lui dit qu’elle n’est pas malade, elle est juste fatiguée. Constance est ennuyée, elle lui dit qu’elle devrait probablement parler avec le Dr Rossi avant. Rita remercie Constance, avant qu’elle ne parte. 

Puis la jeune fille se tourne vers Norman avec un regard de désapprobation parce qu’il a dit à Constance qu’elle est malade : 

— Merci beaucoup ! dit-elle.


Au magasin général, Eli s’occupe de Mme Linden, la vendeuse de la boutique « Les Femmes », qui vient d’acheter pour 7,31 dollars de marchandises, dont un balai à franges. 

Dehors, Elliot jette un regard furtif par la fenêtre. Mme Linden s’en va. Elliot entre et demande à Eli de l’aider à enquêter sur Chandler. Elliot a le dossier personnel de Chandler que lui a procuré Leslie. 

D’abord, Eli lui conseille de ne pas s’en mêler :

— Tu me fais l’impression d’être un stupide détective amateur.

Elliot pense qu’il doit y avoir quelque chose dans le dossier qui lui a échappé. 

— Rends ce dossier à Leslie Harrington, conseille Eli. Je ne veux pas te voir faire quelque chose derrière le dos d’un homme. 

— Il s’agit peut-être de l’homme responsable de la disparition d’Allison !

— Si c’est ce que tu penses, alors affronte-le et ne fouille pas dans son dossier personnel. 

Elliot se rappelle que son père connaissait une famille qui habite Hastings Valley. Eli lui dit que ça fait cinq ou six ans qu’il n’a plus de nouvelle de la famille Bunny. Il ne sait même pas si le père est encore en vie. 

Elliot aimerait qu’Eli reprenne contact avec cette famille. Elle sait peut-être quelque chose à propos de Chandler. Eli accepte à une condition : il veut qu’Elliot lui promette d’aller directement voir la police s’il découvre quelque chose de suspect. Il ne veut pas que son fils joue au justicier. Il est très sérieux sur ce point. Ils se serrent la main pour conclure ce pacte. 


À la Fabrique, Leslie entre dans son bureau et sa réceptionniste, Mlle Harris, lui dit que Mme Cord attend pour le voir. 

Betty est venue chercher le rapport trimestriel des ventes de la fabrique. Leslie lui  dit qu’il ne sortira pas de rapport sans un accord écrit de la part de M. Peyton. Betty est sur le point de s’en aller, mais Leslie consent finalement à lui donner le rapport. Mlle Harris dit à Leslie qu’il est sur sa table. Il donne les rapports pour Peyton à Betty, et lui dit que la prochaine fois, il aimerait les donner à Peyton en mains propres. 

Betty lui répond qu’il était très occupé et explique qu’il a vu maître Kennerly brièvement, ce dernier ayant fait un saut à Peyton Place. Tous les sens de Leslie sont en alerte. 

Une fois Betty partie, Leslie dicte un mémo concernant Kennerly et les droits de succession de Peyton. Puis il demande à Mlle Harris de lui ramener au bureau tous les documents relatifs à la succession de Peyton.


Au manoir, Lee Webber tient dans ses bras le chiot tandis que Rachel frappe à la porte d’entrée. Il remonte du sous-sol sans le chien et va ouvrir. Rachel vient chercher son chiot. Il pointe le doigt vers la sonnette et lui dit de ne pas frapper, mais sonner. 

Il va au salon pour brosser ses chaussures et Rachel lui dit qu’il va mettre de la saleté sur le tapis. Lee lui rétorque que Peyton peut se permettre de changer de tapis. Elle demande si M. Peyton est ici. Il lui répond que le vieil homme a été « se pieuter ». 

Elle lui demande où est le chiot. Il ne répond pas tout de suite et lui parle de Rodney. Il veut savoir si elle est sa petite amie. Rachel lui répond qu’elle n’est pas la petite amie de Rodney ni de personne d’autre. Lee voudrait sortir avec elle. 

Elle redemande où est son chien. Lee lui dit qu’il se trouve au sous-sol. Il ouvre la porte du sous-sol et ils descendent ensemble. Rachel voit son chiot et court vers lui. Elle essaie de donner les dix dollars de récompense promis dans l’annonce passée dans le Clarion à Lee, mais il ne les accepte pas. Il veut sortir avec elle en échange. 

Rachel prend peur et tente de s’enfuir. Lee la rattrape et la force à l’embrasser. Elle se dégage et court jusqu’à la double porte du salon. Lee saute sur elle et ils tombent sur le sofa.  

Betty arrive à ce moment-là par la porte d’entrée, sauvant ainsi Rachel du pire. La jeune fille parvient à se dégager de Lee et va auprès de Betty. 

Comme si de rien n’était, Lee offre à Rachel de la raccompagner. Bien évidemment, elle refuse. Betty s’approche de lui et Lee lui attrape le menton avec sa main droite, mettant un doigt au centre de son menton. Il lui dit que les filles curieuses sont de vilaines filles.


Episode 325

Mardi 4 avril 1967

Le coffre-fort

Lee Webber est un homme qui croit au concept de la possession. En dépit du fait que sa femme, Sandy, a demandé le divorce, il est convaincu qu’elle lui appartient toujours. Qu’elle est toujours sa propriété privée. Il sait que quelques mois plus tôt, Sandy et Rodney Harrington se sont rencontrés, alors qu’il était en prison. Maintenant, Sandy sort avec Rodney ouvertement. La propriété privée n’est plus sienne.

Lee Webber, le chauffeur de Peyton, fait les cent pas devant la limousine tandis que Rodney arrive dans sa décapotable blanc et bleu immatriculée 691-352. Il se gare en face de la limousine et escorte Sandy jusqu’au Colonial Post Inn.


À l’intérieur du Colonial Post, Rodney demande à l’hôtesse une table pour deux. Elle lui répond qu’une table va se libérer dans un instant. La table n’est pas très loin de celle de Martin Peyton. 

Le grand-père de Rodney dîne avec Steven et Betty après sa réunion avec son avocat de Boston, William Kennerly, à l’aéroport. Peyton aperçoit Rodney et sa compagne, se lève et se dirige vers la table de Rodney afin de l’inviter, lui et « la charmante jeune femme » à s’asseoir à sa table avec Steven et Betty. Peyton fait asseoir Sandy à sa gauche, à la place de Steven.


Dans la cour de la maison des Carson, Rachel, pas vraiment habillée contre le froid, est dehors à la recherche de son chiot. Derrière un arbre, Chandler l’observe. Il tient le chiot dans ses bras, et s’en va.

À l’intérieur, Elliot s’entretient avec Constance dans la cuisine lorsque Rachel revient, portant une gamelle de lait. Constance la réprimande légèrement pour être sortie sans manteau et lui demande de le mettre la prochaine fois qu’elle sort. 

Rachel est inquiète pour le chiot, elle se rend à nouveau à l’extérieur, puis revient, toujours sans nouvelle de l’animal. 

Constance et Elliot passent au salon. Constance veut qu’Elliot lui parle de son entretien avec Chandler, mais il ne veut pas l’inquiéter. Constance insiste, et Elliot lui dit qu’il a peur que Chandler s’en prenne à Rachel. Il est totalement obsédé par elle et il ne laissera pas tomber. 

Rachel rentre, toujours sans nouvelle de Puppy. Elliot se décide à partir à la recherche de l’animal en voiture avec Rachel.


Chandler aperçoit Leslie se rendant au Clarion muni d’une grande enveloppe kraft. Au Clarion, Elliot et Rachel rédigent une annonce sur la disparition du chiot. Elliot donne à Rachel le numéro de téléphone de leur domicile (555-3251). 

Leslie entre. Rachel donne le numéro de téléphone à Jerry, le concepteur du journal. Leslie dit à Elliot qu’il a décidé de lui montrer le dossier personnel de Chandler.

Si Elliot voit quelque chose qui ne va pas sur ce dossier, Leslie s’engage à licencier Chandler. Il ajoute que s’il peut faire quelque chose pour aider à retrouver Allison, il le fera. Elliot le remercie froidement. 

Ce qu’Elliot voudrait pouvoir trouver dans le dossier, c’est un nom ou une référence qui pourrait prouver que Chandler n’est pas celui qu’il prétend être.


Au Colonial Post, Rodney veut passer un appel à son père, et Sandy en profite pour aller prendre l’air frais. À l’extérieur, Lee saisit le poignet de Sandy et la force à le regarder. Sandy fait face à son mari : 

— Ce que je fais et avec qui ne sont pas tes affaires. 

Lee ne veut pas lâcher Sandy, qui crie de la laisser tranquille. Rodney sort à son tour et aperçoit Lee menaçant Sandy. Il le frappe. Lee enlève sa casquette de chauffeur, remonte dans la limousine et démarre. 

Rodney demande à Sandy si elle va bien. Il aperçoit alors Chandler, près du magasin général, et aide Sandy à monter dans sa voiture. 

Puis Rodney appelle Chandler et va le rejoindre : 

— Hey, Chandler, hey ! 

Chandler hausse les sourcils : 

— Dégage, gamin. 

Rodney se rend au Clarion. Leslie y discute toujours avec Elliot. 

Rodney informe Elliot, Leslie et Rachel que Chandler traîne dans le coin. 

Impatiente, Sandy klaxonne dans la voiture de Rodney et ce dernier quitte le bureau pour aller la rejoindre. À l’extérieur, il apparaît évident que Sandy a conduit la décapotable juste devant le Clarion.


Dans la chambre à coucher de Steven et Betty au second étage du manoir, le couple discute dans le lit des événements de la soirée. Betty est fière de son mari pour avoir gardé son sang-froid devant l’art de la manipulation de son grand-père. 

Elle demande à Steven pourquoi il ne s’est pas décidé à ouvrir un cabinet à Boston. Steven dit qu’il veut être son propre patron. Et aussi, s’il a décidé de vivre au manoir, c’est parce qu’il veut ce qui lui appartient. 

Il pense que le nouveau testament le concerne et il rêve de ce qu’il pourrait faire de l’argent quand Peyton ne sera plus là. 

Betty doit aller donner ses médicaments à Peyton. Elle sort de la chambre pour aller dans celle du vieil homme. 

Peyton est en train d’écrire sur le petit bureau de sa chambre lorsque Betty entre avec son plateau de médicament. Il lui donne par écrit la combinaison du coffre-fort ainsi que la clé de la boite qui contient les documents officiels. Il lui demande de prendre le document (il s’agit du testament) qui se trouve dans l’enveloppe kraft et de le déposer dans une boite en fer. Elle s’exécute et ne regarde pas le document. Elle replace la boite en fer dans le coffre et le referme. 

Le vieil homme lui dit qu’il n’a pas besoin de ses médicaments. Il admet que Betty a un remarquable self-control parce qu’elle n’a pas regardé les documents. Betty souhaite une bonne nuit à Peyton. 


Rodney reconduit Sandy chez elle. Il parle de Chandler qui rôde sans cesse autour de Rachel. Sandy est jalouse de Rachel et Rodney lui rappelle la promesse qu’elle avait faite de ne pas s’attacher à lui. Il ne veut pas se disputer avec elle. Il la ramène à la maison et l’embrasse avant de lui souhaiter une bonne nuit. 


Episode 324

Lundi 3 avril 1967

Un nouveau testament

Ce soir, dans l’hiver amer et rigoureux de la Nouvelle-Angleterre, Martin Peyton est allée à l’aéroport le plus proche pour rencontrer l’un de ses avocats de Boston, William Kennerly. Un gentleman qui a dévoué plus de 40 ans de sa vie à l’empire Peyton. Kennerly a été convoqué d’urgence par Peyton afin que ce dernier puisse manipuler d’une façon légale les membres survivants de la famille Peyton.

Lee Webber conduit Martin Peyton dans la limousine jusqu’à l’aéroport de White River. La limousine s’arrête et Lee en sort. Le vieil avocat, William Kennerly et sa secrétaire, Mlle Wilson, descendent de l’avion. 


Lee escorte Kennerly et sa secrétaire jusqu’à la limousine. Peyton demande à Mlle Wilson de le laisser seul avec l’avocat. Kennerly monte dans la limousine et dit à Peyton que c’est la dernière fois qu’il prend l’avion pour venir le voir. Il ne peut plus supporter les avions. 

Ensemble, ils discutent du nouveau testament que Kennerly a apporté. L’avocat appelle ce nouveau testament un « caprice » et lui demande s’il est sûr de vouloir le signer. 

Peyton veut juste savoir si ses nouvelles conditions sont légales. Même si l’avocat est en désaccord avec ce document qu’il juge être une pure folie, il le tend à Martin, sa façon à lui de dire que ce testament est légal. 

Mlle Wilson et Lee sont les témoins du nouveau testament. Peyton interdit à Lee de lire le document. Mlle Wilson montre à Lee où il doit signer. Ils signent. Puis Peyton demande  à Webber de fermer la fenêtre qui les sépare. 

Le vieil homme souhaite un bon retour à Kennerly. L’avocat et sa secrétaire sortent de la voiture. Webber retourne à sa place et Peyton lui demande de le ramener à la maison. Lee le remercie pour la confiance qu’il lui accorde et promet de ne rien dire. Peyton lui ordonne de ne pas parler de ce nouveau testament s’il veut garder son job.


Betty est avec Steven dans le bureau de ce dernier. Elle s’amuse avec un yo-yo (très populaire à l’époque). L’interphone bourdonne et la secrétaire de Steven dit à celui-ci que le chauffeur de Peyton souhaite le voir. Steven demande à Betty de regarder par la fenêtre si elle voit la voiture. 

— Un instant, dit-il à Mlle Nolan.

Betty voit la limousine.

— Je n’ai pas envie de le voir, dit Steven. Tout spécialement ici.

Il accepte pourtant de le recevoir et demande à la secrétaire de le faire entrer. C’est la première visite de Lee dans le nouveau bureau de Steven. Lee Webber lui dit que M. Peyton l’invite à dîner avec Betty. 

Il leur dit que Maître Kennerly déteste les avions, histoire de leur apprendre insidieusement que l’avocat est venu voir Peyton. Steven sait très bien que Kennerly s’occupe du testament de Peyton. 

Betty accepte l’invitation à dîner pour elle et Steven. Webber s’en va. Steven dit à Betty qu’ils prétendront ne pas être intéressés par le nouveau testament.


Sandy, sortant de sa maison, rencontre Rodney sur le quai. Il l’invite à dîner dans le restaurant de son choix. Il mentionne le Shoreline Cafe, le Mamasitos, le Shan-gri-la, et bien sûr le fabuleux Colonial Post pour dîner. Elle veut se changer avant, mais il lui répond que ce n’est pas nécessaire.


La sonnette de la porte d’entrée des Carson retentit et Constance descend les escaliers pour aller ouvrir. Elle fait entrer Michael. Il lui dit qu’il est ici pour voir comment va Rachel. Constance lui parle de Chandler et de la façon bizarre dont il se comporte. Pour Mike, ils ne peuvent rien faire d’autre que garder un œil sur elle.  

Constance l’informe que la jeune fille est à l’étage en train de s’occuper de Matthew. Mike est venu avec un catalogue de choix pour un collège. Constance l’invite à dîner. Il monte voir Rachel. 

Elle change Matthew tandis qu’il frappe à la porte et entre. Le Dr Rossi commence à parler à Rachel de son éducation. Rachel porte un tablier. Elle dit qu’elle n’a pas le temps de reprendre ses études parce qu’elle est occupée avec Matthew. Peut-être quand il sera plus grand.

Michael lui dit qu’elle peut s’accorder une ou deux soirées par semaine pour des cours du soir. Il lui montre le catalogue et elle semble un peu perdue parmi toutes les options. Il lui demande de réfléchir et s’en va, tout en prenant soin de lui laisser le catalogue.

Rachel est ravie que le médecin lui ait demandé de retourner à l’école.


Lee Webber est seul dans la limousine. Il en sort et entre au Colonial Post Inn. Rodney et Sandy se garent juste devant l’imposant véhicule et Sandy comprend que Lee est à l’intérieur du Colonial. Rodney sort de sa voiture. Il fait le tour de la voiture pour ouvrir la porte à Sandy. 

Rodney dit à Sandy qu’ils ne doivent pas se laisser intimider par Lee. Au moment où ils atteignent l’entrée du restaurant, Lee sort du bâtiment et les toise. Ils passent devant lui et entrent.


À l’appartement, Norman remue un pot lorsque Ada sonne à la porte. Elle est venue dîner avec Norman et Rita. Il prépare le souper pour trois. Ada a apporté des restes. Norman dit que Rita ne doit pas faire la cuisine pendant un mois. 

Ada aimerait faire plus pour eux. Elle essaie de tendre le chèque que Leslie lui a donné pour eux. Rita entre à ce moment-là. 

Norman se précipite vers Rita et la porte jusqu’à l’appartement. Il ajoute qu’il fête leur 424e jour de mariage. 1 an et deux mois qu’ils sont mariés. 


Chandler monte les escaliers de la maison d’hôtes. Il se rend à la chambre 5. Il y trouve Elliot en train de l’attendre. Chandler lui demande comment il va. Il offre un verre à Elliot et lui dit qu’il fait froid sur les docks. 

Elliot insiste pour que Chandler réponde à ses questions. Il veut savoir ce qui s’est passé à la ferme. Chandler lui dit simplement qu’il est allé à la ferme pour se tenir prêt à la vendre.

Cependant, Elliot n’est pas dupe. Il a vu qu’on avait cassé une vitre pour entrer, et que la maison était sens dessus dessous. Chandler retourne la situation en lui disant qu’il est entré dans sa propriété sans permission, ce qui est interdit par la loi. Il se peut même que ce soit lui qui ait vandalisé la ferme. 

Elliot se fâche, il sait que Chandler est un monstre qui a maltraité Rachel, et il fera tout pour la protéger de lui. Il voudrait savoir pourquoi il tient absolument à rester ici et faire de la vie de la jeune fille un enfer. 

Chandler lui répond qu’il est ici parce qu’il aime Rachel et qu’il compte la récupérer. 

— Ce jour n’arrivera jamais, Chandler.

— Vous voulez m’en empêcher ?

— S’il le faut, oui.

Elliot s’en va. 


Episode 323

Mardi 28 mars 1967

Crime et châtiment

Rachel Welles est de retour au sanctuaire de la maison Carson, emportant avec elle la crainte secrète d’avoir tué Jack Chandler. Jack Chandler, l’homme à qui elle a voulu échapper en venant à Peyton Place. Chandler l’a suivie jusqu’à la vieille ferme. Dans un moment de terreur, elle l’a frappé à la tête avec un lourd chandelier. Elle l’a vu tomber à terre. Dans l’esprit de Rachel, l’idée de la légitime défense n’a pas encore pris forme. Tout ce qu’elle voit pour l’instant, c’est qu’à cause d’elle, une vie humaine est peut-être enlevée.

Rachel marche dans le square recouvert de neige. Dans la vitrine de la librairie est exposé le livre « Crime et Châtiment » de Fydor Mikhailovich Dostoïevsky, publié en 1866.


Rachel entre dans la librairie et s’entretient brièvement avec Constance sur ce qu’est la littérature classique. Rachel demande si la littérature classique est un peu comme la Bible, Constance lui répond qu’un roman raconte généralement une seule histoire, avec un ou une héroïne. Constance lui raconte l’histoire du livre « Crime et Châtiment ». Dans son esprit, la jeune fille associe l’histoire du livre à celle qu’elle vit en se demandant si elle n’a pas tué Chandler. Elle se garde de le dire à Constance et se contente de la remercier de lui avoir raconté l’histoire.

La jeune fille semble extrêmement intéressée par l’histoire, si bien que Constance lui suggère de prendre le livre et de le lire. 

En aidant Constance à mettre les livres dans la vitrine, Rachel aperçoit Chandler sur le trottoir, en train de les observer. Il porte un bandage sur le côté droit de son crâne, dû au coup infligé par Rachel avec le chandelier.

Il salue les deux femmes d’un geste, et s’éloigne. Rachel est choquée en le voyant, elle sait maintenant qu’il est toujours en vie. 


Dans sa chambre, au manoir, Martin Peyton se regarde dans le miroir. Steven Cord frappe à la porte et entre. Ils ont prévu de se rendre à la fabrique pour voir Leslie. L’avocat n’aime pas l’idée de devoir être conduit par Lee Webber, aussi dit-il qu’il fera le trajet avec sa voiture personnelle. Il ne veut pas être conduit par l’homme qui a tué sa sœur jumelle.

Peyton lui demande d’aller voir Lee et de lui dire de mettre le chauffage dans la voiture, pour qu’elle puisse être à bonne température lorsqu’il y entrera. 

Lee entre dans la maison et emprunte les escaliers tandis que Steven descend. Le nouveau chauffeur est venu apporter le manteau à Martin. 

Steven lui dit qu’en tant que chauffeur, il n’a pas le droit de franchir les marches de l’escalier. Il prend le manteau des mains de Lee, et lui communique les instructions de Peyton. Lee lui répond que le chauffage est déjà mis.

À nouveau, Steven lui dit qu’il n’est pas le bienvenu dans cette maison.

— Tant que M. Peyton voudra de moi, je serai là, répond Lee.

— Le temps que vous passerez ici, et je suis sûr qu’il sera court, ne m’approchez pas. Et n’approchez pas ma femme.

Lee redescend et Steven remonte apporter le manteau à Peyton. Pour tenter de raisonner le vieil homme, l’avocat lui dit que Lee a menti lorsqu’il lui a raconté que son frère voulait se suicider, alors qu’en réalité, il voulait le tuer et qu’il a envoyé Steven à sa place pour le confronter. Chris étant aveugle, il pensait tirer sur Lee, et il a failli tuer Steven à la place.

Peyton n’est pas impressionné par l’histoire. Chris Webber n’a pas été arrêté, cela prouve que l’histoire n’était pas si grave que ça. 

Avant de partir, Peyton ordonne à Steven (qui prend sa voiture personnelle) de ne pas être en retard au rendez-vous.


À la fabrique, Leslie dicte une lettre à sa secrétaire. Il lui demande de l’envoyer à Chandler. La secrétaire sort du bureau et fait entrer Chandler. Leslie demande à Chandler s’il a quelque chose à dire avant d’être renvoyé. 

Chandler ne comprend pas pourquoi Leslie veut le licencier. Le directeur de la fabrique lui dit qu’il ne veut pas de problème avec Elliot Carson. Or ce dernier, qui n’est plus venu à la fabrique depuis très longtemps, s’est pointé ici et lui a reproché d’avoir engagé Chandler. S’il a fait le déplacement jusqu’ici, c’est qu’il a de bonnes raisons d’en vouloir à Chandler.

Ce dernier se défend. Il tourne la situation à son avantage. D’abord, il lui dit que sa nièce portait sur elle le bracelet d’Allison et que Carson pense qu’il a quelque chose à voir avec la disparition de sa fille. 

Puis il lui dit que les Carson ont intérêt à le voir partir, car ils ont pris chez eux Rachel et ils ont peur que Chandler veuille la récupérer. Il ajoute qu’il est très lié à sa nièce par alliance. 

À demi-mot, il menace Leslie à propos du deal qu’ils ont passé vingt ans plus tôt. 

— Si quelqu’un d’autre n’avait pas tué Elizabeth Carson, j’aurais empoché mes gains. 

— Est-ce une menace ? aboie Leslie. Vous pensez que j’ai peur de vous ? 

Il saisit le combiné du téléphone et met Chandler au défi d’appeler la police. Chandler secoue la tête :

— Vous savez pertinemment qu’ils ne me croiront pas après toutes ces années. 

Leslie veut le mettre à la porte de son bureau, mais Chandler plaide encore sa cause. Il dit qu’il a toujours joué franc-jeu avec lui. Il n’a jamais parlé aux flics et n’a jamais essayé de le faire chanter avant. Tout ce qu’il veut, c’est gagner de l’argent et il a besoin de ce job.

Leslie accepte de le garder, mais le prévient que si jamais Elliot Carson trouve quelque chose contre lui, la moindre chose, il le renvoie illico. Chandler est soulagé et remercie Leslie.


Au square, deux femmes sortent d’un magasin. Chandler est assis sur un banc. Il se lève et se dirige vers la librairie. Il salue Constance. Il prend le chiot de Rachel dans ses bras et le caresse. 

Il souhaite avoir un exemplaire d’un magazine sur la pêche qui coûte 35 cents. Il veut savoir ce qu’il a fait ce matin pour que Rachel soit bouleversée de la sorte, lorsqu’elle l’a aperçu depuis la vitrine. 

Constance lui dit d’oublier ça. Mais Chandler insiste. Il ne voit pas ce qu’il a pu faire pour la bouleverser de la sorte. Il dit que Rachel est quelqu’un qui a du mal à contrôler ses émotions. Un jour, elle le déteste, et le lendemain elle pourrait lui préparer un gâteau. Il se fait passer pour la victime. 

Tandis que Chandler quitte la librairie, Rodney manque de le heurter sur le trottoir. Ils se regardent un moment, mais ne se parlent pas. Rodney poursuit son chemin et monte à l’appartement voir Norman. 

Rodney dit à Norman que son père est venu le voir et lui raconte leur conversation. Pour une fois, Norman donne raison à son père. Rodney fait un peu n’importe quoi de sa vie. 

— Pourquoi tu ne te maries pas ? Tu es fait pour une vie de famille.

— Ça te va bien de dire ça. Toi, tu as Rita. 

Le visage de Norman se transforme en un masque de tristesse. Il raconte son entrevue avec le Dr Rossi. Rita a une maladie au cœur. Elle devra faire des examens toute sa vie, elle devra éviter toute émotion intense et tout effort physique. 

Rodney est désolé d’apprendre ça. Il lui dit qu’il fera tout ce qu’il peut pour aider Rita. Si elle a besoin d’argent pour les soins, il est prêt à faire des heures supplémentaires au garage. 

Norman se met à pleurer. Il se fait un sang d’encre pour Rita. Rodney pose une main sur son épaule pour le consoler. 


Episode 322

Lundi 27 mars 1967

Où est Jack Chandler ?

Une longue nuit pour Elliot Carson prend fin. Il a reçu un mot de la part du docteur Rossi l’informant que Rachel Welles s’est réveillée de son sommeil artificiel. Cette nuit a commencé lorsque Rachel est partie, déterminée à éviter dorénavant toutes les questions relatives à la disparition de la fille d’Elliot, Allison. L’angoisse d’Elliot s’est accentuée lorsqu’il a réalisé que Rachel aussi avait disparu. Seule Rachel connaît la raison qui l’a poussée à partir. 

Elliot se gare devant l’hôpital de Peyton Place.


Michael parle avec Rachel dans son bureau lorsque quelqu’un frappe à la porte. Voyant qu’il s’agit d’Elliot, Michael sort du bureau et discute avec lui dans le couloir. 

Il prévient Elliot de ne pas faire subir de pression à la jeune fille en lui posant des questions. Elliot se conforme aux conseils du médecin. Il entre dans le bureau et s’excuse auprès de Rachel. Il l’encourage fortement à revenir à la maison. 

Elle lui répond qu’elle ne peut pas retourner chez lui parce qu’il ne la comprend pas. Il n’a pas été honnête vis-à-vis d’elle. Elliot tente alors de lui faire comprendre qu’il se méfie des gens parce qu’il y a dix-huit ans, il est allé en prison pour un crime qu’il n’a pas commis. Il admet aussi qu’il se sent coupable d’avoir voulu trop protéger Allison. Il ouvre son cœur à la jeune fille et cela la touche. Il la supplie de revenir à la maison. 

Il sort de sa poche le bracelet d’Allison et lui dit qu’il est désormais à elle.


Constance est dans le salon, regardant par la fenêtre et attendant impatiemment l’arrivée d’Elliot et de Rachel. Elle est heureuse de revoir Rachel. Elliot demande à Rachel si elle veut du café, mais elle décline l’offre. Elle veut juste monter dans sa chambre. 

Elliot lui dit que cette pièce est sa chambre aussi longtemps qu’elle le souhaite. Rachel lui dit que ça pourrait être pour longtemps. 

Constance monte avec la jeune fille dans sa chambre. Rachel lui demande si c’est elle qui a demandé à Elliot d’aller la chercher. Constance lui répond que non, elle lui dit que c’est lui qui a voulu qu’elle revienne vivre à la maison. Rachel montre à Constance le bracelet d’Allison et l’informe qu’Elliot lui a dit qu’il était à elle maintenant. C’est une marque de confiance qu’elle apprécie beaucoup.

Constance retourne au salon où Elliot alimente le feu. En face de la cheminée, Elliot et Constance discutent. Constance est heureuse du retour de Rachel. Elliot lui demande si cela la dérange d’avoir donné le bracelet d’Allison. Constance lui répond que non, bien sûr. 

Pour Elliot, Rachel fait maintenant partie de sa famille. De sa merveilleuse famille, ajoute-t-il.

Dans sa chambre, Rachel sort la boucle de ceinture de sa poche et l’examine.


Betty, dans une magnifique robe rouge, est agenouillée devant le coffre-fort, tandis que Peyton est derrière elle et lui demande de l’ouvrir. Il y a à l’intérieur un collier qui appartenait à Catherine et qui sera dorénavant pour elle. 

Betty lui dit qu’elle a le sentiment qu’il veut une remplaçante à Catherine. Peyton admet finalement que, d’une certaine mesure, elle n’a pas tort. 

— Je ne suis pas Catherine, dit Betty.

— Crois-moi Betty, j’en ai pleinement conscience. De même que j’ai conscience de qui tu es. 

Betty se retourne, Peyton attache le collier autour de son cou et lui dit qu’il lui va aussi bien qu’à Catherine. Ensemble, ils quittent la pièce.


Elliot se rend à la fabrique. Il entre dans le bureau de Leslie pour lui demander où se trouve Chandler et pourquoi il l’a engagé. Leslie dit qu’il doit une faveur à Elliot. Ce dernier voudrait regarder le dossier personnel de Chandler. 

Après une hésitation, le directeur accepte de le lui montrer à la seule condition que Chandler soit d’accord. À l’interphone, il demande à Mlle Nolan, la secrétaire, de faire venir Jack Chandler. Elle rappelle un peu plus tard pour informer Leslie que Chandler n’est pas venu travailler aujourd’hui.


Au drugstore, Rachel se confie à Rita, la seule personne qui est au courant de tout. Elle lui montre la boucle de ceinture et dit à Rita comment elle en est venue à frapper la tête de Chandler. 

Elle a appelé la fabrique et on lui a dit qu’il n’est pas venu travaillé. Elle a peur de l’avoir tué. Un client les interrompt, réclamant ses œufs avant qu’ils ne soient trop cuits.

Rita suggère à Rachel de tout dire à Elliot, mais la jeune fille hésite.


Dans son bureau, à l’hôpital, Michael dit à Norman que Rita pourrait aller mieux si elle se décidait à se reposer suffisamment. Le médecin insiste en disant que c’est très important. Norman remercie le Dr Rossi et s’en va.


Au Shoreline Garage, Rodney se lave les mains lorsqu’il entend un coup de klaxon et il braille qu’il est fermé. 

C’est Lee qui vient chercher de l’essence pour la limousine, et faire une vérification des niveaux. Il dit à Rodney qu’il vient d’être engagé comme chauffeur de Peyton. Il a commencé ce matin. 

Lee est odieux avec Rodney. Il dit qu’il semblerait qu’ils se partagent les mêmes personnes : Steven Cord, Peyton, Sandy. 

— Le monde est petit, se contente de répondre Rodney, ne voulant pas faire d’esclandre.

Puis il ajoute : 

— Il n’y a rien que tu puisses me dire sur Sandy que je ne sais déjà.

Ils se disputent, et Rodney s’énerve :

— Vas-y ! Qu’est-ce que tu attends pour me frapper ?

Mais Lee ne rentre pas dans son jeu, sachant qu’il pourrait perdre sa place : 

— Ce n’est pas l’envie qui m’en manque, mais je ne voudrais pas salir mon nouvel uniforme.

Il s’en va.


Episode 321

Mardi 21 mars 1967

Pauvre petite fille effrayée

Rachel Welles est retournée dans la ferme où elle a grandi, la ferme que possédait Jack Chandler. Elle y est retournée avec la détermination de découvrir quelque chose qui pourrait lui en apprendre plus sur Chandler. Sur sa vie, sur ses habitudes. Mais elle espère aussi faire la lumière sur la disparition de la fille d’Elliot Carson, Allison. Pénétrant par infraction dans la maison, elle s’est procuré une boucle de ceinture avec des initiales. Peut-être est-ce ce genre d’objet qui va ouvrir une brèche sur le passé de Chandler ?

Rachel déambule dans le sous-sol, munie d’un chandelier. Elle cherche dans les tiroirs et les boites. Elle trouve la boucle de ceinture.


Au sous-sol, Rachel tient la boucle près du chandelier et peut lire les initiales JF. Elle se retourne en sursautant. Devant elle se trouve Chandler, apparu de nulle part. 

Elle lui demande ce qu’il fait ici. Il lui répond qu’il habite ici. Il lui demande de remonter afin de parler. Elle essaie de s’éloigner de lui. Chandler ne l’entend pas de cette oreille : 

— Toi et moi allons être très proches à partir de maintenant. 

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Je ne vais pas te laisser t’enfuir une nouvelle fois.

Dès qu’elle en a l’opportunité, elle frappe Chandler avec le chandelier et s’enfuit.

Elle court jusqu’à la ferme des Burrows. M. Burrows revient de la ville dans sa vieille voiture. Rachel se précipite vers lui en sanglotant, totalement terrorisée. 

M. Burrows lui dit qu’il a des problèmes de cœur et que sa femme est au lit, trop malade pour bouger. Il ajoute que les Carson sont des gens très bien et qu’elle devrait retourner là-bas.

Il propose à Rachel de la raccompagner à Peyton Place, et elle accepte. 


Plus tard, Elliot Carson se rend à la ferme et en fait le tour avec sa lampe torche. Il y a une photo de Chandler et de tante Lucy au premier plan. Elliot trouve le chandelier sur le sol et note qu’il est encore chaud. Mais Chandler n’est pas ici.


M. Burrows dépose Rachel en face de l’entrée de l’hôpital de Peyton Place. (M. Burrows à l’apparence typique du fermier des années soixante.) Rachel le remercie gracieusement et il lui souhaite bonne chance. 

Elle monte les escaliers de l’hôpital en courant et se rend directement au bureau du Dr Rossi. Michael lui demande si elle est allée à la ferme de Jack Chandler. 

Rachel veut qu’il appelle l’assistante sociale, Mme Franks. Elle avoue avoir été à la ferme, comme le médecin le pensait. Elle pensait que les Burrows pourraient s’occuper d’elle, mais ils sont trop vieux et trop malades. 

Michael l’étreint et la console comme si c’était sa fille, mais presque aussi comme si c’était sa petite amie. Il lui dit qu’elle peut dormir sur le canapé de son bureau. 

Il lui donne un somnifère. Elle s’étend sur le canapé et il la couvre avec une couverture. Elle lui demande de rester, mais il ne veut pas. Il lui souhaite une bonne nuit et s’éclipse.


De retour à Peyton Place, Elliot frappe violemment à la porte de l’appartement de Chandler, à la maison d’hôtes. Pas de réponse. Eli se montre. Elliot lui dit qu’il est à la recherche de Rachel. Ils ne savent pas où elle se trouve. Elliot va dans la chambre d’Eli et prend un café avec lui. 

Elliot lui dit que Norman avait suggéré qu’elle aurait pu retourner à la ferme. Elliot informe Eli qu’il est allé là-bas et que quelqu’un était venu juste avant. 

Le téléphone sonne. C’est Constance qui appelle pour dire que Rachel va bien. Elliot est extrêmement soulagé.


À la taverne d’Ada Jacks, Rodney entre et demande la moitié d’une tasse de café. Un noir lui ira très bien. Ada conseille à Rodney de faire attention. Elle fait référence à Sandy. Elle n’est pas encore divorcée de Lee et cela peut lui coûter des problèmes :

— Crois-moi, Rod. Tu ne seras jamais en paix tant que Sandy n’obtiendra pas le divorce. Si ce n’est pas vraiment sérieux avec elle, est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?

Sandy arrive dans une robe bleu-turquoise. Ils sortent ensemble. Rodney lui dit qu’il veut aller à White River plutôt qu’au Shoreline, où ils avaient prévu de se rendre. Il ne voudrait pas mettre de l’huile sur le feu si jamais ils tombaient sur Lee. Sandy accepte volontiers. 


À l’hôpital, Elliot se dirige vers le bureau du Dr Rossi. Il voit Mike assis sur une chaise dans le couloir, à côté de la porte d’entrée de son bureau. Elliot lui demande comment va Rachel. Il veut la voir. Mais Mike lui dit qu’elle dort, il lui a donné un sédatif. À la demande d’Elliot, le médecin lui explique ce qui s’est passé, et l’état d’hystérie dans lequel se trouvait Rachel quand elle est venue à l’hôpital. 

Cette fois, Elliot est convaincu : il veut que Rachel revienne vivre à la maison. 

— Notre maison est maintenant la sienne, dit-il. Il faut qu’elle le sache.

Il lui dit ensuite que quelqu’un est entré par effraction dans la ferme et l’a saccagée. 

À ce même moment, Rachel se met à crier. Ils entrent dans le bureau. La jeune fille pleure et elle est totalement effrayée. Elle a fait un cauchemar. Michael la réconforte. 

Une fois qu’elle est calmée, Elliot et Mike retournent dans le couloir. Elliot est très remonté contre Chandler, qui torture mentalement la jeune fille. Mike lui dit qu’il devrait rentrer chez lui et se reposer.

— Combien de temps va-t-elle devoir rester à l’hôpital ? s’enquiert Elliot.

— Je ne sais pas. S’il se passe quoi que ce soit, je vous appellerai.

Elliot souhaite bonne nuit au médecin et s’en va.


Episode 320

Lundi 20 mars 1967

Des murs de défense

Ce soir, Lee Webber a été engagé comme chauffeur par Martin Peyton, le grand-père de la fille dont il a été accusé de meurtre. Les raisons de Martin Peyton d’engager Lee sont autres que ses capacités de conducteur et de mécanicien. Mais Lee n’a aucune idée des raisons qui ont poussé le vieil homme à l’engager. Il ne voit que le salaire conséquent qu’il peut en tirer. Lee peut s’en vanter auprès de Sandy, sa femme qui demande le divorce.

Lee marche le long du quai et entre dans la taverne d’Ada Jacks.


Lee entre dans la Taverne et s’installe au comptoir. Ada lui dit qu’il n’est pas le bienvenu ici. Il répond qu’il n’est pas là pour renverser des tables ni casser des verres. 

Depuis l’arrière-boutique, Sandy fait signe à Ada de venir. Lee l’a vue et accompagne Ada. Il s’empresse de dire à sa femme qu’il est le nouveau chauffeur de Martin Peyton. Ada se demande pourquoi le vieil homme a engagé Lee. Ce dernier demande des félicitations de la part de Sandy et les reçoit à contrecœur. Sandy se réfugie à nouveau dans l’arrière-boutique.

Ada lui dit qu’il ferait mieux de partir. 


Steven et Betty sont dans leur chambre. L’avocat revêt un pyjama tandis que Betty est sur lit. Il se plaint à Betty des égards de Martin vis-à-vis de Lee. Selon Martin, c’est la faute de Steven si Lee est en liberté. Betty lui dit qu’il va rencontrer Peyton sur son chemin.

Peyton sait à quel point Steven déteste Lee Webber, et pourtant il le fait entrer dans la maison. L’avocat pense que c’est parce qu’il lui veut du mal.

Betty lui rappelle que Martin a le bras long, et qu’il pourrait aider Steven à devenir procureur.

— Je n’ai pas besoin de son aide, rétorque Steven.

— Nous sommes tous les deux entrés ici avec nos yeux ouverts, dit Betty.

— Alors, gardons-les ouverts. Ne laisse pas mon grand-père t’aveugler en le voyant comme un père Noël personnel. 

Betty dit qu’elle sera toujours à ses côtés. Ils s’embrassent.


Rita entre dans la cuisine tandis que Rachel prépare le petit déjeuner. Rita lui dit qu’elle n’était pas obligée, mais la jeune fille veut que Rita se repose. Elle lui demande de s’asseoir, pendant qu’elle continue à cuisiner. Rita lui dit que Norman dort encore. 

Rachel informe son amie qu’elle prévoit de partir demain. Elle a conscience que Rita a besoin de repos. Cette dernière préfèrerait que Rachel reste, mais la jeune fille a pris sa décision. Elle va trouver un job et un petit appartement, ça ne devrait pas être compliqué, pense-t-elle.

— M. Carson a peut-être changé d’avis, et tu pourrais aller vivre de nouveau chez eux. 

— Non, répond catégoriquement Rachel. Je ne retournerais pas chez les Carson. 

— Pourquoi ?

— Tu ne sais pas ce que c’est que vivre dans l’ombre d’Allison. Dormir dans sa chambre, utiliser ses affaires, tout en sachant que mon oncle est la dernière personne à l’avoir vue, je ne peux pas continuer à vivre à leur côté sachant qu’ils ne savent pas ce qui est arrivé à leur fille, ce qu’il lui a fait. 

— Qu’est-ce que tu comptes faire ? Confronter ton oncle ?

— Non, je vais fouiner. 

— Comment ça fouiner ? Où ça ?

— Juste fouiner. 

Norman entre et s’assoit à la table. Il salive devant ce qu’a préparé Rachel. Rita lui dit de ne pas s’habituer, la routine va vite reprendre. Rachel lui dit qu’en effet, elle prévoit de partir demain. 

— Eh, Rachel…, commence Norman.

— N’essaie pas de m’arrêter, Norman. S’il te plaît. 


Elliot est assis à la table du petit déjeuner tandis que Constance rumine dans son coin. Les choses ne semblent pas s’être arrangées entre eux. Ils se disputent à nouveau à propos de la façon dont Elliot a traité Rachel. 

Pour avoir la paix, Elliot lui dit qu’il va demander à Rachel de revenir chez eux.  Constance ne réagit pas.

— Tu as entendu ce que j’ai dit ? Je vais demander à Rachel de revenir.

— Pourquoi ?

— Pourquoi ! Parce que tu le veux. 

— Ce n’est pas une bonne raison. 

Constance lui dit que s’il veut qu’elle revienne pour surveiller ses moindres gestes et paroles, alors elle n’est pas sûre que ce serait bon pour la jeune fille. 

Elliot admet avoir eu tort.

— Écoute Connie, quand tu es enfermé entre quatre murs, tu commences à construire des murs. Des murs de défenses, des murs de réflexes nécessaires pour survivre. Dix-huit années, c’est suffisant pour construire des murs costauds. Je te dois des excuses, ainsi qu’à Rachel, pour vous avoir blessé. 

— Si tu penses vraiment qu’on peut donner un foyer à Rachel, alors nous recommencerons. Mais cette fois, ça doit être ta décision.


Leslie travaille dans son bureau, à la fabrique, tandis que Norman est annoncé et entre. Leslie salue Norman et demande des nouvelles de Rita. 

Leslie a reçu une lettre du bureau d’orientation du collège. Ils se demandent pourquoi le fils du directeur de la fabrique de textile a besoin d’un prêt étudiant. 

Norman demande à son père un job pour pouvoir payer ses études. Il veut commencer comme docker, au bas de l’échelle. Leslie lui rétorque qu’il n’a pas de poste disponible. Norman lui parle alors de Chandler et du poste qu’il vient d’obtenir. Il fait remarquer à son père que Rachel est la nièce de Jack Chandler. Elle est morte de peur à chaque fois qu’il s’approche d’elle. 

— Es-tu en train de me suggérer de virer Chandler ?

— S’il n’a pas de job, il fera ses bagages et s’en ira. 

Leslie dit qu’il ne peut pas le licencier, car il ne peut pas s’immiscer dans la vie privée de Chandler. 

Norman est déçu, il s’en va.


À l’appartement, Rachel fait ses bagages tandis qu’Elliot frappe à la porte. Elle ne répond pas. Elliot frappe de nouveau, et comme il n’obtient pas de réponse, il redescend les escaliers et s’en va. 

Rachel prend sa valise et s’en va à son tour. Elles se dirigent vers le tribunal où se trouve la station de bus internationale. 

L’enseigne de destination du bus indique : « HASTINGS VALLEY, WHITE RIVER et HILL JUNCTION ». Rachel monte à bord, paye le chauffeur et s’installe dans un siège. Par la fenêtre, elle voit Chandler qui la toise. Le bus s’en va.

Chandler conduit sa camionnette et klaxonne devant le Shoreline Garage. Il demande de l’essence à Rodney. Rodney lui demande s’il a du liquide sur lui. 

Rodney vérifie son niveau d’huile et d’eau. Ils sont bons. Chandler lui dit qu’il va voir un homme afin de lui racheter sa ferme. Rod demande 2,50 dollars et Chandler paye.


Elliot retourne à l’appartement afin de demander à Rachel de revenir chez les Carson. Mais Norman et Rita l’informent que Rachel est partie ce matin et qu’elle n’est pas revenue. 

Norman pense qu’elle est retournée à la ferme. Mais Rita a l’impression que non, car elle détestait cet endroit. Norman suggère à Elliot d’aller voir Mme Burrows, qui en saura peut-être plus. Il ajoute qu’il appellera Elliot si jamais il a des nouvelles. Elliot s’en va. 

Norman demande à Rita si elle en sait plus qu’elle ne veut en dire.


Norman avait raison, c’est bien à la ferme de Hastings Valley que Rachel est allée. Elle brise une fenêtre afin de lever le loquet de la porte. À l’intérieur, elle saisit un chandelier sur un meuble à tiroirs. Elle y pose des bougies et les allume. Puis elle se rend au sous-sol. 

Elle cherche des indices afin de pouvoir confronter Chandler. Elle y trouve une boucle de ceinture avec les initiales JF. Elle met la boucle dans sa poche. 

Elle ouvre un tiroir et scrute l’intérieur. Elle regarde autour d’elle et elle sursaute en entendant la voix de Chandler lui dire : 

— Le mal du pays, chérie ?


Episode 319

Mardi 14 mars 1967

Une nuit agitée

Pour Lee Webber, la maison de Martin Peyton est l’imposant symbole du pouvoir et de la richesse. En des circonstances normales, il n’aurait jamais vu cette maison de l’intérieur. Mais ce soir, Lee a saisi l’opportunité d’investir un monde qu’il a longtemps renié. 

Dans la maison, Mary se dirige vers la porte d’entrée et introduit Lee Webber.


Peyton salue Lee et lui demande ce qu’il veut. Lee est venu pour l’emploi de chauffeur. Lee dit une nouvelle fois qu’il est innocent, il n’a pas poussé Ann de la falaise. 

Quand Peyton lui demande pourquoi il fait appel à lui pour un job, Lee lui répond qu’à l’issue de l’audience préliminaire, Peyton a été le seul à venir à sa rencontre et à le féliciter. Il a beaucoup apprécié, et il lui en est reconnaissant. 

Ils parlent des qualifications de Lee. Celui-ci dit qu’il s’y connait en mécanique. En plus du rôle de chauffeur, il pourrait entretenir la voiture.

— Êtes-vous prêt à recevoir des ordres ? demande le vieil homme.

— Ça dépend de qui ils viennent.

— Apportez-moi un brandy.

Lee sert un verre à Peyton.

Peyton semble convaincu par ses propos, dit à Lee de prendre son manteau dans la penderie du vestibule. 

Steven Cord entre dans le living-room et demande à Peyton où il va. Peyton a décidé de faire un tour en limousine avec Lee pour voir comment il conduit. 

— Vous ne savez pas ce que vous faites ! s’insurge l’avocat. 

Avant de partir, il demande à Steven de dire à Betty de lui laisser un morceau de tarte. Steven interpelle Lee avant qu’il ne parte.

— Je serai là à votre retour, dit-il d’une voix dont la menace est à peine voilée.

— Prenez vos aises, monsieur Cord. La promenade risque d’être longue.


Dans la cuisine des Carson, Constance applique une lotion sur les gencives de Matthew. Il « fait ses dents ». Elliot entre dans la pièce et Constance lui dit qu’elle n’arrive pas à faire manger des céréales au bébé. 

Ils se disputent à ce propos. Elliot lui dit qu’il n’est pas obligé d’en manger maintenant, et Constance lui fait savoir que le Dr Rossi a préconisé qu’il en prenne. 

Elliot se rend compte que la dispute est futile et il se demande combien de temps cela va durer entre eux. Il sait que le problème, ce n’est pas la nourriture de Matthew, mais Rachel.

— Elle va dormir sur un canapé cette nuit, dit Constance d’un air de reproche. 

— Où crois-tu qu’elle dormait avant ?

— Elle est sous notre responsabilité, Elliot !

— Non elle ne l’est pas. Allison est sous notre responsabilité, Matthew aussi. Mais pas Rachel.

Constance prend Matthew dans les bras et se réfugie dans le salon. Elliot la suit. Il essaie de lui faire comprendre que sa priorité est de retrouver Allison. Mais Constance lui dit que s’attaquer à Rachel ne fera pas revenir Allison.

Il prend son manteau pour partir.

— Est-ce que tu vas à l’appartement ?

— Non, je ne vais pas à l’appartement, répond-il, excédé.

Il s’en va.


À l’appartement, Norman et Rita préparent le canapé-lit tandis que Rachel entre dans le salon en chemise de nuit. Rita lui dit que si elle a besoin de quoi que ce soit, elle n’a qu’à demander. 

Songeuse, Rachel ouvre le volet de la fenêtre et regarde le square tranquille. Puis elle va se coucher.

Dans leur chambre, Norman et Rita se disputent à propos de Rachel. Rita lui dit que c’est la seule amie de son âge qu’elle a. Elle a le devoir de l’aider. Norman pense qu’il n’est pas bon pour Rita, qui a des problèmes de santé, de s’occuper d’une jeune fille perdue.

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Norman va répondre. C’est le Dr Rossi, Rita l’a appelé. Il est surpris de voir Rachel couchée dans le canapé. Il est venu examiner Rita. 

— Est-elle malade ? s’inquiète Rachel.

— Non, non, tout va bien. 

Mike et Norman entrent dans la chambre. Ils parlent de Rachel. Michael écoute le cœur de Rita. Il dit que tout va bien. Il lui prescrit quelques médicaments. Il veut qu’elle vienne à son bureau demain après-midi à deux heures. 

Michael demande à Norman pourquoi Rachel a quitté la maison des Carson. Le jeune Harrington lui dit qu’elle s’est disputée avec Elliot. 

Le médecin se rend ensuite au salon pour parler à la jeune fille. Rachel lui demande ce qui ne va pas avec Rita. Il reste évasif et lui demande comment elle va. 

Michael lui dit qu’il aimerait l’aider. Elle lui demande de ne pas lui parler comme à une enfant. Le médecin lui dit qu’Elliot est son ami et il voudrait savoir pourquoi elle a quitté la maison des Carson. 

Elle lui répond qu’Elliot ne lui fait pas confiance et qu’elle ne peut pas revenir en arrière. Il lui souhaite bonne nuit avant de partir. Elle ne daigne pas lui répondre.

À l’extérieur, Michael descend les escaliers. Il monte dans sa voiture et démarre. Chandler l’observe.


Vue du haut des escaliers du manoir. Peyton arrive à la porte d’entrée. Steven lui demande s’il a apprécié la promenade et si elle en valait la peine. Peyton lui répond simplement que Lee est un bon conducteur. 

Mais Steven ne veut pas de Webber dans la maison. Il insiste. Peyton lui dit que, pourtant, à l’époque du procès, Steven travaillait pour Lee. 

— Nous savons tous les deux que Lee a tué Ann Howard, assène Steven. 

Peyton le regarde droit dans les yeux : 

— Je sais que Webber a tué ma petite-fille. Mais maintenant que nous l’avons sous la main, nous allons pouvoir appliquer notre propre justice, n’est-ce pas Steven ?


Au magasin général, Elliot se dispute avec Eli à propos de Rachel devant une tasse de café. Eli lui dit qu’elle est une pauvre enfant effrayée. Il la compare à Allison, ce qu’Elliot n’accepte pas. 

Ils continuent à se disputer jusqu’à ce qu’Elliot s’en aille. 

Dans la rue, Elliot rencontre Chandler. Ce dernier lui dit qu’il était en route pour le Clarion afin de lui dire qu’il a aimé l’article sur l’industrie du poisson. 

Elliot l’interrompt : 

— Pourquoi avez-vous déménagé en ville, Chandler ?

— Vous ne lâchez pas l’affaire, vous.

Il ne comprend pas non plus pourquoi il a choisi d’aller travailler à la fabrique, alors que la ville offre de nombreuses opportunités d’emploi.

— Je n’ai commis aucun crime, répond Chandler. 

Finalement, comme il fait froid, Chandler préfère rentrer directement à la maison d’hôtes où il loue un appartement. Il demande à Elliot de souhaiter une bonne nuit à Rachel. Visiblement, il ignore que la jeune fille n’est plus chez les Carson.

— Je suis content qu’elle soit entre de si bonnes mains, ajoute-t-il.

Elliot se garde de lui apprendre que Rachel n’est plus chez eux.


Episode 318

Lundi 13 mars 1967

Un nouvel emploi

Rachel Welles a quitté la maison d’Elliot Carson et de sa femme Constance. Elle sait depuis longtemps que l’homme qui se prétend être son oncle, Jack Chandler, a un rapport avec la disparition de la fille des Carson, Allison. Si elle révèle cette information explosive à quiconque, elle et les Carson devront faire face à la violence de Jack Chandler. Elle n’avait pas d’autre choix que de quitter la maison des Carson parce qu’elle était sans cesse interrogée par Elliot. 

Des voitures roulent autour du square. En face du drugstore, Constance sort de sa voiture couleur or. Rachel et le chiot sont avec elle.


Rachel monte les escaliers menant à l’appartement de Rita et Norman. C’est ce dernier qui ouvre la porte et les laisse entrer. Constance leur explique pourquoi Rachel est ici. Elle a besoin d’un endroit pour dormir. Rita et Norman acceptent d’héberger la jeune fille et le chiot. 

Avant que Constance ne parte,  Rachel l’étreint et la remercie pour tout. 

— Tu es sûre de ne pas vouloir changer d’avis ? demande une dernière fois Constance. 

— Je ne peux pas. 

Constance s’en va.

Tandis que Norman va chercher des draps propres et un oreiller dans la chambre, Rachel explique à Rita que M. et Mme Carson se sont violemment disputés à cause d’elle. Elle ne veut surtout pas causer de problèmes à Mme Carson, qu’elle aime vraiment beaucoup. 

— Que vas-tu faire maintenant que tu n’es plus chez les Carson ? s’enquiert Rita. 

— Je ne sais pas. Tout ce qui importe, c’est le bien-être de Mme Carson, je m’inquiète pour elle. 

— Leur as-tu parlé du bracelet ?

— Non, je ne peux pas. 

Rita lui dit que c’est une information qui peut avoir de l’importance, mais Rachel a peur de la réaction de Chandler. 

— Tu n’as qu’à prévenir la police, suggère Rita. 

Rachel lui dit qu’elle ne peut pas. Elle est pieds et poings liés. Chandler l’a menacée de s’en prendre à elle, mais aussi au Dr Rossi, aux Carson et même au petit Matthew. Rita est horrifiée rien qu’en pensant qu’il pourrait s’en prendre à un bébé. 

— Je vais découvrir ce qui est arrivé à Allison, déclare Rachel. 

— Tu ne vas rien faire de stupide ?

— J’ai pris ma décision. Je dois vraiment découvrir ce qui lui est arrivé. 


Rodney travaille sur une voiture rouge lorsqu’entre Leslie. Il veut savoir pourquoi son fils est parti de la maison de Martin Peyton. Leslie précise qu’il a obtenu cette information par l’ex-femme de Rodney, Betty. 

— Je suis fier de mon fils. Je l’ai toujours été. Maintenant, pourquoi ne cours-tu pas après ce que tu veux, pour être fier de toi, toi aussi ?

Après sa visite chez Rodney, Leslie se rend à la taverne d’Ada Jacks. Il appelle Ada depuis sa table. Il lui demande des nouvelles de Norman et Rita. 

Il donne cinquante dollars à Ada afin qu’elle achète à Rita quelque chose de bien à se mettre. 

Il lui dit aussi qu’il a procuré un travail à Chandler à la fabrique. Elle sait que Jack Chandler est en fait Jack Forrest. 

— Tu connais Jack Chandler. Tu ne me la fais pas. Pourquoi l’as-tu engagé, Les ? Tu as licencié plus d’un homme à la fabrique ces dernières années.

Leslie évite soigneusement de répondre et s’en va.


Au bar du Colonial Post Inn, Chandler s’entretient avec Frank, le barman. Lee entre et s’assoit à côté de Chandler. Le barman regarde Lee d’un air suspicieux. 

— Est-ce que tu as de quoi payer ? s’enquiert-il.

Lee lui montre de l’argent qu’il sort de sa poche. Le barman lui sert à boire et lui donne cinq minutes pour boire son verre et partir. 

Lee parle avec Chandler. Il lui montre ses mains manucurées par ses soins et lui dit qu’il n’aura plus à se les salir comme par le passé parce qu’il va se présenter pour le job de chauffeur de Martin Peyton. Il parie avec Chandler cinq dollars qu’il aura l’emploi. 

Chandler pense le contraire et accepte le pari. Il lui dit de laisser l’argent à la maison d’hôtes, c’est là qu’il loge. 

Lee s’en va. Leslie entre et parle avec Frank. Il l’appelle par son prénom. Leslie et Chandler se fixent du regard sans mot dire.


Steven et Betty discutent dans leur chambre à coucher de la maison Peyton. 

Betty a le sentiment que Steven est préoccupé par le voyage qu’elle a fait avec Martin à Boston. Steven est ennuyé parce que Peyton lui a montré la maison dans laquelle il a grandi à Boston. Or Steven n’a jamais été fier d’avoir été le fils d’une domestique. 

Mary vient frapper à la porte pour leur dire que M. Peyton souhaite qu’ils se joignent à lui pour le café. La sonnette de la porte d’entrée retentit.

Mary redescend, va ouvrir la porte et fait entrer Lee Webber. Steven descend les escaliers et s’apprête à mettre Lee à la porte. 

Peyton arrive à ce moment même dans son fauteuil roulant et dit à Steven de laisser Lee entrer. Peyton et Lee discutent ensemble. Lee est venu pour l’emploi de chauffeur. Martin semble intéressé par la proposition. Ils partent faire un essai avec la limousine.