Rachel Welles est sortie de son cours du soir pour une urgence. Un message téléphonique disant qu’Elliot Carson l’attend à l’extérieur du bâtiment pour la ramener immédiatement à la maison. Pour Rachel, une urgence à la maison pourrait signifier qu’il est arrivé quelque chose au bébé des Carson, ou peut-être même à la femme d’Elliot, Constance. Perturbée et perplexe à la fois, elle cherche Elliot Carson, mais elle trouve Jack Chandler.
Enseigne : PEYTON PLACE HIGH SCHOOL, PARKING DE LA FACULTÉ.
À l’extérieur, Rachel cherche Elliot Carson.
Chandler attrape Rachel. Elle l’accuse d’avoir fait une fausse déclaration au téléphone en se faisant prendre pour Elliot. Chandler lui dit qu’ils vont aller au Mexique. Il la force à entrer dans sa camionnette grise.
Norman arrive au Shoreline Garage pour voir Rodney. Ce dernier travaille sur une voiture.
— Quoi de neuf ? demande Norman.
Comme si de rien n’était, Rodney lui parle de son travail au garage, jusqu’à ce que Norman lui annonce qu’il est au courant à propos du testament, et de ces termes on ne peut plus bizarres.
Il avoue aussi qu’il a parlé avec Steven et que ce dernier voudrait qu’il se joigne à lui pour contrecarrer les plans de leur grand-père. Rodney lui dit que ce n’est pas une bonne idée de s’associer avec quelqu’un comme Steven. Mais Norman pense avant tout à Rita et à ses problèmes de santé. Il est donc tenté de le faire.
Eli s’entretient avec Elliot au Clarion. Le rédacteur en chef écrit une plainte teintée d’humour et adressée au principal du collège de Peyton Place, Fred Wilson, sur les cours de littératures anglaises qu’il juge « vieux et pompeux ».
Eli lui demande pourquoi il veut fourrer son nez dans cette affaire. Il le fait pour Rachel. Elliot mentionne le fait que le Dr Rossi a pris en charge l’éducation de Rachel. Eli lui demande de laisser Rachel tranquille et de ne pas agir comme un père dominateur.
Peyton est en train de boire lorsque Lee entre. Peyton ne veut pas parler avec lui. Lee lui dit quand même qu’il revient de la taverne d’Ada Jacks et qu’Ada lui a dit que Sandy a pris un taxi pour White River afin de prendre un vol pour la Californie. Peyton a l’air surpris, car elle n’a pas pris les 2.000 dollars qu’il lui offrait.
Peyton demande à Lee s’il aime Sandy. Lee admet qu’il est toujours amoureux d’elle. Peyton offre finalement un verre à Lee. Ils parlent tranquillement. Puis Peyton lui souhaite une bonne nuit et Lee quitte la pièce.
Chandler a conduit Rachel à la vieille cabane près de la ferme de Chandler. Rachel tente de s’enfuir et court, mais Chandler la rattrape.
Il essaie de parler avec elle, mais elle le frappe avec une pierre, grimpe dans la voiture et essaie de la démarrer. Chandler casse la vitre de la portière et lui attrape le bras.
Rachel hurle de peur.
Dans la chambre d’amis des Carson, Eli travaille sur une maquette de bateau, le Persis Howell, tout en parlant avec Constance. Elle porte une robe couleur feu.
Ils parlent de Rachel et de ses problèmes. Eli remarque qu’Elliot commence à s’inquiéter une nouvelle fois pour elle.
Pendant ce temps, à la cabane, Chandler saisit une lampe à kérosène, enlève le globe et l’allume. Puis il replace le globe. Il regarde Rachel :
— Pauvre Rachel. Ses parents sont morts dans un incendie et elle a dû venir dans cet endroit affreux vivre avec sa tante Lucy et moi.
Il lui montre la Bible qu’elle pensait avoir été détruite dans l’incendie. Et quelques pages du journal intime que Rachel conservait.
Ce soir, la police est à l’affût, à la recherche d’un homme qu’ils savent capable de blesser la jeune Rachel Welles. Cet homme, c’est Jack Chandler. Chandler se cache, ayant forcé Lee Webber à l’héberger pendant un court temps. Et ici, loin des projecteurs de la police, il est capable de réfléchir à un plan pour enlever Rachel et la prendre avec lui. Un appel téléphonique à l’école qui prodigue des cours du soir en se faisant passer pour Elliot Carson est le début du plan. Dans son esprit, il est convaincu que Rachel veut retourner avec lui. Elle s’était rendu compte une fois qu’elle n’arrivait pas à s’adapter à la vie de cette ville, et des gens qui sont apparemment ses amis. L’obsession de Chandler pour Rachel dépasse toutes les raisons. Il ne fait aucun doute pour lui que Rachel partira avec lui, de bon cœur et tranquillement. Chandler a juste besoin d’attendre le bon moment pour mettre à bien son plan. Il est persuadé qu’il n’aura pas de problème s’il évite la police, qui rôde maintenant aux alentours de la maison de Lee Webber. Au même moment, à l’autre bout de la ville, sur la colline, la femme de Lee Webber, Sandy, débarque chez Martin Peyton à la demande du vieil homme.
La police qui fait sa ronde. Un couple qui s’embrasse. Chandler est chez Webber et passe un appel téléphonique à l’école de Rachel. Sandy est admise au manoir par Mary.
Sandy se rend à l’étage pour voir Peyton. Tout en lui parlant de Steven et des aspirations qu’il a pour lui, le vieil homme se dirige vers le coffre-fort, l’ouvre et extirpe une enveloppe kraft contenant 2.000 dollars en billets de 50. Il lui offre cet argent pour qu’elle quitte la ville immédiatement.
Sandy prend l’argent, mais fait comprendre à Peyton qu’elle n’a pas l’intention de partir de Peyton Place. Elle descend les escaliers. En haut, Peyton lui crie :
— La police sera prévenue que vous avez volé cet argent. Je veux que vous quittiez cette ville, ce soir.
Elle prend l’argent dans l’enveloppe et le jette dans les escaliers.
— Pauvre vieil homme ! maugrée-t-elle avant de quitter précipitamment le manoir.
Le Dr Rossi se gare en face du Shoreline Garage et dit à Rodney que sa voiture ne fonctionne pas correctement. Il s’excuse pour l’incident d’hier soir avec Rachel et lui fait comprendre qu’elle est en danger.
— Je n’avais qu’une minute de retard, répond Rodney.
Mike essaie de corriger l’impression qu’il avait donnée à ce moment-là. Rodney examine la voiture et lui dit qu’il ne sait pas quel est le problème. En revanche, il sait quel est le problème avec Mike. Il lui fait comprendre que le médecin ressent pour Rachel une attirance, même s’il ne veut pas se l’avouer.
Au cabinet de Steven, Mlle Nolan bipe l’avocat et lui dit que Norman est ici. Steven lui ouvre la porte et fait s’installer Norman dans un fauteuil. Il demande à la secrétaire d’apporter un café noir pour Norman.
Steven lui parle du testament de Peyton dans les détails. Norman n’en revient pas des termes du testament.
— Tu as perdu, dit-il avec malice.
— Nous avons perdu. Tu n’es pas non plus dans ce testament.
Norman lui demande ce qu’il veut de lui. Steven propose de s’associer pour tenter de contrecarrer le projet du vieil homme et récupérer l’argent de l’héritage. Pour cela, il joue sur la corde sensible en parlant des problèmes de santé de Rita et du coût que cela va occasionner. Norman lui répond qu’il est parfaitement capable de payer les frais médicaux de sa femme. Steven en doute.
Mlle Nolan bipe de nouveau son patron pour lui dire que Betty est ici. Norman se lève pour partir. Avant cela, Steven lui demande de bien réfléchir à la proposition. Juste y réfléchir, c’est tout ce qu’il lui demande.
Norman et Betty se saluent brièvement dans le secrétariat, puis Betty entre dans le bureau de son mari. Steven dit à sa femme que Norman est avec eux. Il va l’utiliser pour contrecarrer le testament. La guerre qu’il compte livrer à Martin Peyton débute. Il veut que sa femme le soutienne totalement dans cette épreuve.
— Je me prépare à me battre contre l’homme qui a rayé de sa vie son petit-fils depuis le jour de sa naissance, précise-t-il.
Betty semble réticente à vouloir se servir de Norman.
— Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.
— Tu veux que je demande le divorce ?
Pour toute réponse, elle met ses bras autour de son cou, lui sourit, et l’embrasse. Un geste qui répond à sa question.
Norman se rend au magasin général. Il parle avec Eli de la vieillesse, évoque le temps qui passe. Puis il s’en va.
Eli se regarde dans le miroir et voit un vieil homme fatigué.
Steven et Betty quittent le Colonial Post Inn après dîner. Steven aide Betty à pénétrer dans la voiture alors qu’ils trouvent Sandy Webber en train d’attendre sur le siège arrière.
Steven lui demande tout naturellement ce qu’elle fait ici. Elle veut lui parler de Peyton et de Rodney. Elle veut que Steven dise au revoir à Rodney de sa part, car elle compte partir.
Elle sait qu’elle était de trop dans le plan de Peyton de réunir Rodney et Betty. Elle n’a pas envie de se battre contre Peyton. Elle sort de la voiture en leur disant qu’elle prend un taxi pour White River, et là-bas elle prendra un vol pour la Californie.
Au cours du soir du collège de Peyton High, les étudiants entrent et sortent. L’opératrice téléphonique donne un message à Rachel Welles, message supposé être d’Elliot, mais qui est en fait de Chandler.
Le message dit qu’Elliot va venir la chercher. Elle sort du bâtiment et attend. Chandler apparaît soudainement et lui dit qu’ils rentrent à la maison. Rachel est totalement effrayée.
Steven Cord est un homme avec une mission. Il vient d’apprendre le contenu choquant du nouveau testament de Martin Peyton, qui stipule les conditions dans lesquelles sa femme pourra en être la principale bénéficiaire. Maintenant, Steven est déterminé à se battre. Déterminé à construire un dossier solide contre Peyton afin de contester les dernières volontés du vieil homme et d’annuler le testament. Steven a l’intention de prouver que son grand-père est mentalement instable.
Le hall d’entrée du manoir Peyton. Steven prend son pardessus dans l’armoire, l’enfile, et sort.
Lee Webber est dehors près de la limousine. Steven regarde sa montre :
— Il est sept heures. Que faites-vous ici si tôt ?
Lee sourit ironiquement à l’avocat :
— Vous voulez dire que vous avez oublié quel jour nous sommes ? C’est l’anniversaire de la mort de votre mère. Honte à vous, Steven, votre grand-papa s’en souvient.
Steven retourne à l’intérieur du manoir et téléphone au cimetière. Il demande à M. Jordan de le rappeler au 555-3626. Betty, vêtue d’une très belle chemise de nuit, surprend son appel et lui demande ce qui se passe. Il le lui dit.
Elle lui demande ce que cet anniversaire signifie vraiment pour lui. Steven lui dit qu’ils vont au cimetière. Betty devine que cela a un rapport avec les projets qu’ils ont élaborés la nuit dernière.
Au cimetière, devant la pierre tombale de Catherine Peyton Harrington, Norman se dresse, respectueux, et dépose des fleurs. Son grand-père arrive au même moment, précédé par Webber, et place également des fleurs.
Peyton salue Norman. Il s’excuse pour son intrusion dans le recueillement de Norman.
Steven et Betty arrivent à leur tour et souhaitent le bonjour aux autres membres réunis autour de la tombe. Norman parle d’une manière sarcastique à la pierre tombale :
— Mère, voici ton enfant longtemps perdu.
Peyton l’interrompt, tout en concevant que cela doit être très dur pour lui.
M. Jordan, le directeur du cimetière, se dirige vers eux et s’adresse à M. Peyton au sujet de sa demande de transférer le corps de Catherine à un autre endroit. Il pense que cela ne peut pas se faire du jour au lendemain et que cela requiert du temps. Martin ne voit pas de quoi parle Jordan.
— De votre appel téléphonique, répond le directeur du cimetière.
— Je ne vous ai jamais appelé !
— C’est moi qui vous ai appelé, monsieur Jordan. M. Peyton m’avait parlé de ce qu’il comptait faire.
— Vraiment ? s’étonne Peyton.
— Oui, vous ne vous rappelez plus, c’était il y a deux jours, n’est-ce pas Betty ?
Betty ne répond pas. Steven continue.
— Vous m’aviez dit que cet endroit était ombragé et pas du tout approprié pour Catherine, vous souhaitiez la transférer dans un endroit plus lumineux. Vous en aviez parlé au dîner, n’est-ce pas Betty ?
Cette fois, Betty acquiesce.
Martin Peyton ne s’en souvient plus, il semble désorienté par cette conversation et dit, au grand soulagement de Jordan, qu’il laisse la tombe de Catherine où elle est. Il demande à Lee de le raccompagner jusqu’à la limousine.
Restée seule avec son mari, Betty lui dit qu’elle n’a pas aimé être piégée. Elle ne se souvient plus de cette conversation, et finalement comprend que c’est le début du plan machiavélique visant à prouver l’instabilité mentale de Martin Peyton.
Steven veut ce qui lui revient de droit, mais Betty lui répond qu’elle n’a que faire de l’argent de Peyton. Mais Steven insiste pour battre le vieil homme à son propre jeu :
— Il a déclaré la guerre dès l’instant où je suis né. S’il veut me détruire, j’ai tous les droits de contre-attaquer.
— Avec l’aide de ta loyale femme.
— C’est bien comme ça que je l’entends.
Betty soupire. Parce qu’il est son mari, elle lui promet de l’épauler.
Lee conduit Peyton au Shoreline Garage. Il aide le vieil homme à sortir de la voiture. Peyton va discuter avec Rodney à l’intérieur.
Une voiture de police se gare près de la limousine et le sergent William Wilson Walker demande à Lee Webber s’il a vu Jack Chandler. Lee n’est pas coopératif.
À l’intérieur du garage, Peyton demande à Rodney s’il sait quel jour on est. Il lui parle de Catherine. Rodney a oublié son anniversaire, il veut d’ailleurs oublié tout de sa mère. Peyton lui demande si quelqu’un avait parlé de faire déplacer la tombe de sa mère. Rod est ennuyé et voudrait qu’on laisse sa mère reposer en paix. Peyton en rajoute une couche sur Steven en disant que c’est lui qui voulait déplacer la tombe, et que tant qu’il sera marié à Betty, la famille ne pourra pas être en paix.
Sandy entre avec deux pots de glace qu’elle a achetés pour elle et Rodney. Elle salue M. Peyton d’une manière très familière, lui offrant un pot de glace. Elle agit d’une manière possessive sur Rodney, donnant l’illusion qu’il forme un couple solide. Peyton, estomaqué par l’insolence de Sandy, préfère s’en aller.
Rodney dit à Sandy de partir. Mais Sandy lui dit qu’elle l’aime.
— Soyons honnêtes l’un envers l’autre, dit Rodney.
— Comme par exemple, pourquoi est-ce que tu traînes avec une fille des bas quartiers comme Sandy Webber, alors que tu peux avoir une fille racée comme Betty Cord ? Est-ce assez honnête pour toi ?
Elle s’en va en claquant la porte.
Dans la cuisine des Carson, Constance et Elliot discutent tout en préparant à manger. Constance se demande quand ils vont enfin arrêter Chandler. Elliot lui dit qu’il faut un peu de patience, ils parviendront à l’avoir.
Rachel entre dans la pièce. Elle a changé sa coupe de cheveux, les relevant en un chignon très à la mode de l’époque. Constance lui dit que ça lui donne l’air plus âgé.
— Je trouve cette coupe affreuse, admet Elliot.
Constance prend la défense de Rachel et Elliot dit qu’il ne comprendra jamais les femmes.
Il ajoute qu’elle devrait y aller, ou bien elle sera en retard aux cours. Dans le vestibule, Rachel demande à Elliot s’il peut la déposer à l’école à la place de Rodney.
— Toi et Rodney vous êtes disputés ? demande Elliot.
— Non, il se trouve que c’est très embarrassant de demander à Rod de m’emmener à l’école. Il n’est pas mon petit ami, il n’est pas un ami proche et il n’est pas de la famille.
Pendant qu’elle parle, Rachel défait ses cheveux pour les laisser de nouveau pendre dans son dos.
Elliot lui dit qu’il peut l’emmener et venir la rechercher, si elle lui promet de ne plus jamais porter cette affreuse coupe. Ils rient.
Lee arrête sa voiture et atteint la vitre qu’il a brisée dans l’épisode précédent, pour ouvrir la porte. Chandler est ici et ils discutent. Lee ordonne à Chandler de sortir d’ici. La police recherche ce dernier, et il ne veut pas d’ennui. Il a un job auquel il tient.
Il lui dit que si jamais il est encore ici à son retour, il appellera les flics. Lee s’en va. Chandler appelle l’école de Peyton Place, prétendant être Elliot. On lui dit que Rachel sort de ses cours à 9 h 05 précisément.
Martin Peyton est un homme déterminé. Aujourd’hui, par son extraordinaire force de volonté, il a vaincu sa faiblesse due à l’âge et à la maladie. Il a ordonné mentalement à ses faibles jambes de le porter jusqu’au quai de Peyton Place pour y confronter son petit-fils, Rodney Harrington. Martin Peyton a provoqué Rodney pour sonder sa réaction. Une réaction au fait qu’il ait changé ses dernières volontés et son testament. Rodney connaît le but du vieil homme, et il a montré son mépris pour ça. Mais Martin Peyton est un homme déterminé.
Utilisant deux cannes, Peyton quitte le Shoreline Garage et marche le long du quai. Il suit Rodney.
Rodney entre au Cider Barrel et s’assoit au fond de la pièce, à une table. Peyton le suit et lui demande la permission de s’asseoir. Peyton compare cette situation à la fable de Lafontaine, le lièvre et la tortue.
Rodney demande à son grand-père ce qu’il essaie de faire. Peyton a conscience qu’il est bouleversé à propos des nouvelles dispositions du testament. Rodney lui avoue qu’il est plus que bouleversé : il en est malade !
Peyton affirme que son petit-fils a besoin de Betty pour avoir une vie complète.
Rodney se lève et s’en va. Peyton se lève à son tour et regarde le jeune homme retourner au Shoreline Garage.
Norman aide Rita à descendre les escaliers de l’appartement. Rita est heureuse de pouvoir enfin sortir de chez elle, surtout par beau temps. Elle avait l’impression d’être restée enfermée pendant des mois.
Ils s’engouffrent dans une décapotable rouge clair, dont l’immatriculation est 5545. Norman l’aide à entrer dans la voiture, côté passager.
Steven Cord et le sergent de police Bates sortent du poste de police et traversent le square au moment où la décapotable s’en va.
Ils se rendent à la librairie où Elliot et Constance les attendent. Le sergent leur offre une protection officielle de la police. Bates leur dit que tout ira bien pour Rachel et elle peut aller à l’école tant que quelqu’un l’emmène et vient la chercher.
La police s’attend à une arrestation rapide de Chandler. Il les remercie et s’en va.
Sur un banc, sur le quai, Rita et Norman discutent. Rita désire ardemment manger un homard, donc ils se lèvent et marchent le long du quai pour aller au restaurant de la mer.
En chemin, ils rencontrent le sergent William Wilson Walker et un autre policier qui sortent de la taverne. Walker leur dit qu’ils recherchent un certain Jack Forrest, qui se fait appeler maintenant Jack Chandler.
Quand il apprend que Rita connaît l’homme en question, il souhaite l’interroger, mais Norman oppose son véto, prétextant que Rita est malade et que c’est son premier jour de sortie depuis des jours. Il préfère demander au Dr Rossi avant. Wilson comprend et n’insiste pas.
Rita demande à l’officier ce que Chandler a fait, et Wilson lui répond qu’il y a un mandat d’arrêt à son encontre, il pourrait être responsable de la disparition de la fille d’Elliot et Constance Carson.
Rachel sort de ses cours du soir et rencontre le Dr Rossi. Elle lui dit que Rodney est supposé la ramener. Michael lui reproche d’être trop insouciante à attendre seule dehors.
Rodney arrive dans sa décapotable. Michael lui reproche d’être en retard. Le médecin monte dans sa décapotable rouge et démarre en trombe. Rodney dit à Rachel que Rossi est le pire des menteurs au monde. Lorsqu’il prétend ne pas aimer Rachel, il ment.
Rodney aide Rachel à s’engouffrer dans sa décapotable bleu clair et ils s’en vont.
Dans sa maison près du quai, Lee regarde le combat de boxe Wilson contre Meadows à la télé. Chandler sonne à la porte et il le laisse entrer.
Chandler souhaite squatter cette nuit chez lui, il lui offre dix dollars. D’abord Lee refuse, puis finit par accepter. Il lui dit de garder son argent, il est son invité. Il peut dormir sur le canapé et se servir de la bière qui est au réfrigérateur.
Lee demande à Chandler pourquoi il est revenu. Il lui répond qu’il vient chercher ce qui lui appartient. Lee en conclut qu’il parle de Rachel.
Lee saisit un cendrier à pied puis casse la vitre d’une fenêtre, au cas où quelqu’un se demanderait ce qu’il fait ici. Il tend le cendrier à Chandler en lui disant que ce sont ses clés.
Dans sa chambre, Betty attend Steven, qui finit par arriver. Elle voudrait savoir si Steven l’aime toujours.
— Qu’importe ! lui dit-il.
Elle lui dit qu’elle ne veut pas le quitter. Elle l’embrasse, mais il ne répond pas à son geste d’affection. Puis finalement, il se relâche et s’adoucit :
— Je ne peux pas partir, lance-t-il.
Steven lui dit qu’il compte se battre contre le testament. Il compte prouver l’incapacité mentale de Peyton. Betty n’est pas vraiment sûre que cela va fonctionner :
— Nous savons tous les deux qu’il est sain d’esprit, Steven.
— Vraiment ? Avant que j’en aie fini avec lui, il ne sera même plus capable de se mentir à lui-même.
La maison de Peyton est à nouveau un champ de bataille. Martin Peyton a tiré les ficelles et ses petits-fils Rodney Harrington et Steven Cord ainsi que la femme de Steven, Betty, sont devenus les pantins d’un théâtre de marionnettes dirigé par le vieil homme. Moins d’une heure plus tôt, Steven a accusé publiquement Martin Peyton d’avoir calomnié Betty. La colère de Steven était justifiée et protectrice. Mais il manque une chaîne au maillon : croit-il le rapport du détective privé sur la conduite de Betty à New York ?
La porte d’entrée du manoir de Peyton. À l’intérieur, Peyton se sert un verre.
Dans leur chambre, Betty parle à Steven d’une dispute qu’ils ont eue il y a longtemps de cela. Betty a dit qu’elle avait été surprise par le ton de sa propre voix. Il s’en souvient. Betty lui dit que c’était une belle dispute, car ils sont réconciliés et qu’ensuite, tout était pour le mieux.
Elle est assise sur le lit et lui sur le canapé. Elle le supplie de venir près d’elle, mais il ne répond pas, demeurant stoïque dans le canapé, un verre d’alcool à la main.
Alors c’est elle qui se lève et qui va près de lui. Elle avoue à Steven qu’elle a lu le testament.
— Je n’ai plus la capacité d’être surpris, répond l’avocat. Lee Webber disait donc vrai.
Betty acquiesce.
— J’ai pris le testament, et je l’ai amené à Leslie Harrington. Et je l’ai lu.
Elle l’informe des conditions du nouveau testament de Peyton dans lequel elle devient l’unique bénéficiaire. À une seule condition : elle doit se remarier avec Rodney dans l’année suivant la mort de Peyton.
Totalement blasé, Steven applaudit Martin Peyton. Il dit qu’il sait parfaitement tirer les ficelles. Il est maître en la matière. Son apparent calme laisse place à de la colère.
— Betty, j’aimerais te dire à quel point je veux lui faire du mal, à quel point je veux le voir souffrir.
Ce que Betty aimerait savoir, c’est si Steven tient encore à son mariage, s’il veut qu’ils restent ensemble.
— T’est-il possible de me dire à quel point tu veux que notre mariage tienne ? À quel point tu veux que l’on reste ensemble ? Te serait-il possible de me le dire, Steven ?
Chez les Carson, l’horloge indique trois heures du matin, et Rachel sort de son lit, met ses pantoufles, et va jusqu’à la fenêtre. Elle voit Jack Chandler rôder dehors. Il l’espionne.
Le lendemain, Elliot est dans la cuisine, vêtu d’un tablier, lorsque Steven sonne à la porte. Elliot enlève son tablier et le laisse entrer. Steven est venu au sujet du rapport Blaine.
Elliot lui rappelle qu’il voulait le lui rendre hier soir. Il critique l’avocat pour la façon dont il a réagi devant les invités hier soir, arguant du fait que ce n’était pas professionnel de sa part. Elliot n’est pas intéressé par le contenu du rapport. En fait, il ne l’a même pas lu.
Il informe Steven que quelqu’un est venu le voir au Clarion hier soir afin de lui demander de ne pas l’imprimer.
— C’était Rodney ? demande l’avocat.
— Peu importe qui c’était, le principal est que je n’ai rien imprimé.
Ce qui intéresse Elliot, c’est le sort de son ennemi, Jack Chandler. Il voudrait que Steven se rende immédiatement à la police afin de demander qu’on piste Chandler. S’il ne le fait pas, Elliot fera appel à un autre avocat.
Steven s’apprête à partir lorsque Constance descend les escaliers. Ils se saluent. Constance rejoint son mari dans la cuisine, suivie bientôt par Rachel qui tient dans ses bras le petit Matthew. L’air grave, elle les informe qu’elle a vu Chandler espionner la maison la nuit dernière.
Michael frappe à la porte de l’appartement et Rita le laisse entrer. Elle informe le médecin qu’elle l’a vu en train d’embrasser Rachel. Michael essaie de s’expliquer.
— Elle a probablement le béguin pour moi. C’est n’est pas inhabituel pour une jeune fille d’avoir le béguin pour un homme plus âgé.
— Aussi longtemps que vous n’avez pas le béguin pour elle.
Il lui dit que c’est Rachel qui l’a embrassé. C’est l’image du père qu’il veut donner, mais Rachel est une fille impulsive.
Rita a peur que le Dr Rossi ne soit tombé amoureux de Rachel. Michael Rossi lui assure que ce n’est pas le cas. Il ajuste son stéthoscope et écoute le cœur de Rita.
Peyton est dans la salle à manger buvant un café lorsque Betty descend les escaliers. Il lui demande si elle compte sortir sans prendre le petit déjeuner. Il ajoute que ce qu’a fait Steven hier soir est impardonnable.
Il suppose que tout est fini entre Steven et Betty. Mais Betty l’informe que son mariage avec Steven n’est pas encore fini. Elle quitte le manoir, en colère.
Dans le bureau de Steven, Mlle Nolan apporte du café à Betty. Cette dernière attend Steven ici tandis que Rodney entre. Il demande à Betty si elle préfère attendre Steven seule. Elle dit d’abord « oui », puis finalement « non ».
Rod s’assoit à ses côtés. Betty explique qu’elle a tout raconté à Steven à propos du rapport Blaine la nuit dernière. Rodney dit à Mlle Nolan que Betty voudrait un autre café.
Steven entre. Rodney est venu justement lui parler du rapport Blaine. Il admet avoir demandé à Elliot de ne pas l’imprimer. Steven informe Rodney que Betty est la principale bénéficiaire du testament de Peyton à la condition qu’elle se remarie avec Rodney de son vivant ou un an après sa mort. Sinon, toute la fortune du vieil homme ira au Boston Historical Society, institut gérant des œuvres de charité.
Rodney lui dit que ce n’est pas lui qui lui a fait envoyer le rapport Blaine. Betty peut perdre une fortune, mais elle ne veut pas perdre un deuxième mari. Steven lui dit qu’il n’est pas une marionnette et ne supporte pas d’être manipulé.
— Tu ne lui tourneras jamais le dos, dit Rodney à Steven au sujet de Betty.
Peyton va rendre visite à Rodney au Shoreline Garage. Rod n’est pas là, mais il arrive bientôt en voiture. Il demande à son grand-père ce qu’il vient faire ici.
Peyton avoue à Rodney les dispositions qu’il a prises dans son testament. Rodney, déjà au courant par Steven, est choqué et se détourne de son grand-père.
— Fais-moi une faveur, veux-tu grand-père ?
— Ce que tu veux.
— Va-t’en.
— Rodney…
— Va-t’en avant que je dise quelque chose que je pourrais regretter.
Comme son grand-père ne veut pas partir, c’est Rodney qui prend la porte. Il marche sur le quai. Peyton le suit et lui crie après, voulant lui expliquer pourquoi il a fait une telle chose.
Ce soir, à la maison sur la colline, une fête est organisée en l’honneur de Steven Cord pour son anniversaire. Malheureusement, Steven est en retard. Il a passé ces dernières heures à essayer de contrôler sa colère contre l’homme qui l’honore ce soir, Martin Peyton.
Steven gare sa voiture et se dirige vers l’entrée du manoir Peyton.
Steven entre dans la maison. Peyton porte un toast :
— À mon petit-fils !
Le vieil homme demande à Edward de dévoiler le portrait de Betty dans sa merveilleuse robe rouge. Il présente le portrait à Steven avec un discours très consensuel. On demande à Steven de faire un discours, et l’avocat fait un speech qui restera dans la mémoire des invités pendant longtemps :
— Merci, merci, merci pour cette remarquable soirée. Mais vous devez tous savoir que cette soirée particulière n’est que le point culminant d’une série de surprises. J’ai reçu un cadeau d’anniversaire plus tôt que prévu. Pour un homme qui pense avoir tout, de la part d’un donneur qui a choisi de rester anonyme.
Steven sort le rapport Blaine de sa poche, et poursuit :
— Ce document est arrivé à mon cabinet hier matin. Livraison spéciale. Celui qui l’a envoyé était très impatient et voulait me voir en sa possession avant la fête. Afin que je puisse recevoir mon autre cadeau surprise dans l’esprit dans lequel il a été donné. Ces pages sont minces. (Il hausse la voix) Seul un ennemi a pu me les faire parvenir. Seul un lâche aurait pu faire ce sale boulot anonymement. Ce document est un monceau d’ordures, un soi-disant rapport sur ma femme, destiné à me détruire et à anéantir mes ambitions politiques, et m’enlever toute chance de bonheur personnel. Eh bien, mesdames et messieurs, cela n’a pas fonctionné. J’ai pris ces viles insinuations contre ma femme pour exactement ce qu’ils sont : une sale manœuvre politique. J’ai examiné ces allégations contre ma femme, et ce sont des mensonges ! De foutus mensonges ! Ils ne prouvent rien, et ne sont là que pour tenter de me détruire.
Il offre au juge Chester de démissionner de son poste de procureur par intérim. Le juge lui dit que ce rapport n’a pas besoin d’être publié.
— Il doit l’être, répond Steven. Je veux qu’il le soit. Ce n’est rien d’autre qu’un chantage politique. Les électeurs de ce comté ont tout à fait le droit de savoir, le droit de savoir pourquoi je me suis retiré.
Il tend le rapport de Blaine à Elliot pour qu’il soit publié dans le Clarion. Betty, choquée, se précipite vers les escaliers et grimpe au premier.
Rodney monte à l’étage et frappe à la porte de la chambre de Betty. Il demande s’il peut entrer. Elle le laisse entrer. Elle lui rappelle qu’il lui avait dit que Steven l’aimait.
Rodney l’informe que la fête est finie et que les invités sont rentrés chez eux. Ils ont tous deux une longue conversation à cœur couvert. Rodney propose de reprendre le rapport de Blaine à Elliot et de le brûler. Betty lui fait savoir que cela ne sert à rien, il y a d’autres copies.
Elle lui dit qu’elle n’aimait pas Steven à l’époque où elle s’est mariée avec lui. Mais elle a appris à l’aimer profondément. Elle ne se voit pas vivre sans lui, et a peur pour l’avenir de leur couple.
En bas, Steven boit en face du portrait de Betty. Peyton serre les dernières mains et souhaite bonne nuit aux invités.
Elliot s’approche de Steven et offre de lui rendre le rapport. Peyton entre dans le salon à son tour :
— Remarquable performance, dit-il à l’attention de Steven.
Il parle avec Steven de politique et lui fait savoir que ce n’est pas avec ce genre d’esclandre qu’il aura la chance un jour d’être élu procureur.
Steven accuse Peyton de lui avoir envoyé le rapport de Blaine. Martin s’en défend.
Rodney descend les escaliers et rejoint son grand-père et son demi-frère. Il assure à Steven que rien se trouvant dans le rapport n’est vrai. Rien n’est arrivé à New York. Il encourage l’avocat à monter dire à Betty qu’il la croit.
À l’appartement, Rita, dans son pyjama, fait du rangement tandis que Norman s’éveille. Il lui reproche de faire des efforts et lui ordonne de retourner au lit.
Rita embrasse Norman. Celui-ci se rappelle les préconisations du médecin en matière de relation entre le couple, et préfère quitter la chambre. Il ferme la porte.
Rita se lève, sort et l’appelle :
— Norm.
Mais elle n’obtient pas de réponse.
Au manoir, en face du portrait, Steven boit toujours. Il jette son verre dans la cheminée. Il monte à l’étage et entre dans la chambre. Il parle avec Betty et veut connaître sa version des faits.
— Dis-moi que tu ne savais pas comment vivait cette fille à New York.
— Pas au début. Je l’ai appris par la suite. Sharon vivait aux dépens d’un homme marié.
— Le rapport dit que cette Sharon Purcell était une fêtarde invétérée. Sachant cela, tu as quand même continué à vivre avec elle. Tu as accepté ce double rendez-vous entre Sharon Purcell, son amant et un ami de ce dernier. Pourquoi, Betty ? Pourquoi ?
— Parce que je pensais que ce n’était qu’une soirée entre amis.
Steven lui rappelle que l’homme avec qui elle a passé la soirée lui a donné de l’argent. Betty ne nie pas, et lui explique que l’argent qu’elle a reçu de l’homme à New York était pour payer son train. Il le lui avait offert pour qu’elle retourne à Peyton Place.
Elliot Carson a vu son dernier espoir de voir Jack Chandler arrêté et interrogé s’évanouir. L’avocat d’Elliot, Steven Cord, n’a pas réussi à présenter les faits sur le passé criminel de Chandler au bureau du procureur. Des faits suggérant que Chandler aurait pu être impliqué dans la disparition de la fille d’Elliot, Allison. L’échec de Steven Cord dans l’arrestation de Chandler a laissé à Elliot l’amertume de la déception et une totale inconscience des tourments de la vie de Steven.
Elliot sort du Clarion. Steven est en voiture et l’appelle.
Steven gare sa voiture devant le bâtiment de la banque, et sort du véhicule tandis qu’Elliot court vers lui en l’appelant. Steven semble absent et indifférent à ce qui l’entoure.
Le journaliste reproche à l’avocat de ne pas avoir signé les papiers au poste de police, et lui demande s’il se rend compte que Chandler a quitté la ville.
— Ils le retrouveront.
Elliot est abasourdi de voir si peu de remords chez Steven sur le fait qu’il est responsable de ce désastre et veut en parler avec lui.
— Plus tard, fait Steven d’une voix morne.
— Mais…
— J’ai dit plus tard.
L’avocat monte l’escalier menant à son cabinet. Elliot le suit.
Au secrétariat, Mlle Nolan reçoit un appel de Tom Teal, de l’agence de détectives Blaine à New York. Elle l’informe que M. Cord n’est pas là, mais il arrive juste au moment où Steven entre. Il veut entrer dans son bureau, mais Elliot le suit. Steven crie après lui que ce n’est pas le moment.
— Je ne peux pas attendre ! aboie Elliot.
— Vous attendrez !
Il claque la porte de son bureau au nez d’Elliot et prend l’appel de New York. Il exige de savoir qui leur a demandé de lui envoyer ce rapport. Teal ne le lui dit pas, il est soumis à la confidentialité. En colère, Steven raccroche et brise la photo de Betty qu’il a sur la table.
Michael se gare devant le drugstore et monte les marches menant à l’appartement de Glover Street. Rachel en sort au même moment. Michael veut lui parler. Ils se dirigent vers le square tout en parlant. Un grand nombre de personnes présentes les regarde.
Rachel lui rappelle qu’il l’a embrassée hier. Michael lui dit qu’elle a juste le béguin pour lui. Mais Rachel lui assure que ce n’est pas qu’un simple béguin. Le médecin voudrait qu’elle pense à lui comme à « l’image d’un père ».
Il l’aidera à faire ses devoirs et à la protéger contre Chandler, mais il n’y aura rien d’autre entre eux.
Au Shoreline Garage, Rodney s’habille pour se rendre à l’anniversaire surprise de Steven. Il est avec Sandy, qui lui dit qu’il s’habille comme s’il allait à des funérailles.
Elle aimerait qu’il ne s’y rende pas, afin qu’ils puissent passer la soirée ensemble.
— Nous aurons plein d’autres soirées à passer ensemble.
Elle lui dit qu’elle n’aime pas le savoir chez son grand-père, elle a peur qu’il lui retourne le cerveau et qu’il l’oblige à l’éloigner d’elle. Rodney lui répond qu’il prend seul ses décisions et que son grand-père, même s’il le veut, ne pourra pas le manipuler.
Chez les Carson, Elliot se prépare également pour la soirée, tout en conversant avec Constance. Elle noue sa cravate, car visiblement il n’y parvient pas. Elliot pense que la fête de ce soir sera pour annoncer la nomination de Steven au poste de procureur par intérim avant les élections. Il sait par conséquent qu’il a beaucoup de choses à gérer, mais pour lui ce n’est pas une raison pour laisser Chandler s’enfuir. Constance lui demande de ne pas être trop dur vis-à-vis de l’avocat.
La sonnette de la porte d’entrée retentit. Eli ramène Rachel à la maison, portant ses livres de classe. Il a fermé le magasin plus tôt aujourd’hui. Ils sont tous inquiets de ce que peut faire Chandler.
Rachel plaisante au sujet du costume d’Elliot, en lui disant que la dernière fois qu’elle a vu une personne habillée ainsi, c’était pour des funérailles. Cela détend l’atmosphère. Elliot embrasse Constance et s’en va. Eli reste avec sa belle-fille et Rachel pour garder la maison.
Une limousine se gare devant la maison Peyton. À l’intérieur, la fête est déjà commencée. Le chauffeur de la limousine descend pour ouvrir la portière.
À l’intérieur, Mary se fraye un chemin parmi les invités jusqu’à Martin Peyton.
— Ils sont arrivés.
— Ah !
Peyton suit Mary jusqu’à la porte. Mary ouvre la porte au gouverneur Lewis et à sa femme Adrienne.
— Ah, Adrienne, accueille joyeusement Martin.
Lewis serre la main du vieil homme.
— Martin. Cela faisait longtemps.
— Lewis. Je suis ravi que vous ayez pu vous libérer du Capitol.
— C’est bon de vous revoir, fait le gouverneur.
— J’ai appris pour l’incendie, dit Adrienne. J’ai vu que vous aviez modernisé ce vieil endroit. C’est charmant.
— Nous devons cela en grande partie à une charmante jeune femme qui a un goût excellent.
— Oh, vous voulez parler de la jeune femme de M. Cord ?
— Mmm. Je suis très impatient de vous la présenter. Vous allez l’aimer, Adrienne. Elle a votre style.
— Et moi je suis impatient de la rencontrer, renchérit Lewis.
— Vous ne serez pas déçu, Lewis.
Parmi les invités, Elliot est avec Rodney.
— Il l’a fait, dit Elliot.
— Quoi ?
— Il a dépassé ses limites ce soir. Le gouverneur, le juge Chester, Carrie, l’éditeur du magazine, Malcolm Connors…
Rodney hausse les épaules.
— Pourquoi pas, après tout ? Ce sont les débuts de Steven. Il le mérite.
— Ça reste à voir. Intelligent, n’est-ce pas, la façon dont le vieil homme s’y est pris pour les invitations. Il peut ainsi masquer l’évidente nature politique de cette soirée.
Chester s’approche d’eux.
— Bonsoir Elliot.
— Bonjour, juge Chester.
Le magistrat se tourne vers Rodney pour le saluer.
— Rodney. Presque toutes les grandes pointures sont ici ce soir.
Martin arrive près d’Elliot.
— Bonsoir, Elliot.
— Bonsoir, monsieur Peyton.
— Rodney, puis-je te parler en privé un moment ? requiert le patriarche.
— Bien sûr. Excusez-moi, Elliot.
Le grand-père et le petit-fils s’éloignent de la foule.
— Rodney, je veux que tu ailles voir à l’étage ce qui retient Betty.
— Elle attend probablement Steven.
— Elle est en retard. Il est impératif qu’elle descende immédiatement pour représenter leurs intérêts. La femme du gouverneur est très impatiente de la rencontrer. S’il te plaît, va à l’étage et vois ce qui se passe.
— Comme tu veux.
Rodney monte à l’étage. Peyton se mêle de nouveau aux invités.
Rodney se rend dans la chambre de Betty. Elle porte la merveilleuse robe rouge servant de modèle au portrait. Betty prend le téléphone et compose le numéro du bureau de Steven. Rodney lui dit qu’il va bientôt arriver.
Il ajoute que si jamais Steven vient à lire le rapport de Blaine, la chose la plus importante, c’est que tout ce rapport n’est que mensonges. Rodney presse Betty de descendre, Peyton veut qu’elle rencontre la femme du gouverneur.
Betty dit à Rodney que Steven ne pourra pas la croire au sujet du rapport Blaine parce qu’il l’aime. Puis elle se repoudre le nez. Ils descendent tous les deux à la fête, mais à une distance raisonnable l’un de l’autre.
À l’extérieur de la maison, Steven gare sa décapotable et entre dans l’imposante demeure, le visage fermé. Il lève les yeux et la première chose qu’il voit est Rodney et Betty debout côte à côte sur les escaliers. Ils s’observent longuement.
Les invités chantent « Joyeux Anniversaire ». Betty se décide à rejoindre Steven. Elle l’embrasse sur la joue de manière maladroite.
Peyton porte un toast à son petit-fils Steven. Il ajoute que le gouverneur Lewis attendait de pouvoir le rencontrer. Le juge Jessup n’avait pas tari d’éloges sur lui. Steven salue poliment Lewis.
Peyton suggère à Steven d’aller se rafraîchir avant le dîner. Steven lui dit que ses invités risquent d’attendre très longtemps. Peyton demande à Edward de dévoiler le portrait de Betty. Des murmures admiratifs parcourent l’assemblée. Steven se dirige vers le portrait et le regarde, le visage toujours fermé.
Une livraison spéciale au bureau d’un avocat à Peyton Place de la part de l’agence de détective Blaine, de New York. Une enveloppe envoyée à la demande de Leslie Harrington, qui a exigé à ce que son nom ne figure pas sur le document. Le contenu : une copie de leur rapport sur les activités immorales de Betty Anderson durant la semaine qu’elle a passé à New York, deux ans auparavant. Pour l’agence de détectives, c’est un service de routine pour un ancien client. Ils n’ont aucun moyen de savoir que Betty Anderson est devenue depuis Mme Steven Cord.
Square. Le facteur traverse le square jusqu’au bureau de Steven Cord.
Dans le bureau de l’avocat, Elliot montre le télex qu’il a reçu sur Jack Chandler à Steven Cord. Le nom de Peyton Place comporte une faute.
SPÉCIAL POUR PAYTON PLACE CLARION
E. CARSON, RÉDACTEUR EN CHEF,
PHOTO IDENTIFIÉE PAR WARDEN D.D. ORCAT
COMME L’ANCIEN DÉTENU DE PRISON, JACK FORREST
ÉPPELÉ F-O-R-R-E-S-T.
FIN DU MESSAGE
Steven remercie le journaliste, cette information lui sera précieuse si jamais Chandler fait des vagues.
Puis l’avocat reçoit le rapport de Blaine par courrier. Elliot mentionne le fait que Jack Chandler a abandonné sa plainte contre lui. Il ajoute qu’il va écrire un article dans le Clarion sur Steven, qui vient d’être promu procureur par intérim par le juge Irwin A. Chester. Elliot félicite Steven et lui demande s’il a des commentaires à faire. Puis il s’en va.
Steven lit le rapport et appelle Mlle Nolan par interphone en lui disant qu’il va prendre le premier avion pour New York. Il reviendra dès ce soir. Elle lui dit qu’il a des rendez-vous aujourd’hui. Steven lui demande de les annuler. Elle lui demande s’il rentre chez lui se changer. Il lui répond que non, il part directement à l’aéroport depuis son bureau.
Michael vient voir Rita à l’appartement, et est surpris d’y trouver Rachel.
— Puis-je entrer ? demande-t-il.
Rachel l’informe qu’elle est ici jusqu’à ce qu’Ada revienne. Rita demande au médecin s’ils l’attendaient. Il lui répond qu’il viendra faire une visite de temps en temps.
Rachel et Michael se disputent. Le médecin veut qu’elle quitte la ville pour aller au collège du Vermont. Rachel lui dit qu’elle l’aime et l’embrasse pour mettre fin à la dispute. Choquée, Rita les surprend.
Rodney et Peyton discutent dans la limousine. Peyton veut que Rodney assiste à l’anniversaire surprise de Steven. Son absence pourrait rappeler aux gens les fissures de la famille. Rodney refuse.
Tandis que Peyton sort du véhicule, Betty sort du bâtiment Peyton Place Banking & Trust Co. Elle rejoint le vieil homme avec lequel elle s’entretient un moment.
Peyton demande à Betty de convaincre Rodney de venir à la fête. Puis Peyton se rend au bâtiment de la banque pour aller voir Steven dans son bureau.
Rodney reste avec Betty. Elle traverse la route. Elle semble bouleversée. Rodney lui demande ce qui ne va pas. Betty lui dit qu’elle s’inquiète au sujet du rapport de Blaine et les conséquences que cela pourrait avoir sur la campagne de Steven pour l’élection au poste de procureur.
— Tu devrais lui parler de ce rapport avant qu’il ne le découvre par lui-même, conseille Rodney.
— Comment pourrais-je le faire ?
— Tu veux qu’il lise le rapport ? Qu’il parcoure ces froides lettres noires sur papier blanc lui frapper les yeux ? Tu connais Steven.
— Viens à la fête de Steven, supplie Betty.
— J’ai déjà dit à mon grand-père ce que je pensais de cette fête.
— J’ai besoin de toi, Rod. S’il te plaît, viens.
Rodney capitule.
— D’accord, je viendrai.
Depuis la fenêtre du bureau de Steven, Martin Peyton observe Betty et Rodney qui semblent plus proches que jamais.
Sur le quai, Eli rencontre Chandler qui descend les escaliers de la maison d’hôtes, portant deux valises. Eli lui demande s’il va quelque part.
Ironiquement, Chandler donne une pièce de monnaie pour qu’il puisse téléphoner à Elliot la bonne nouvelle de son départ de la ville.
C’est ce que fait Eli. Une fois Chandler parti, il se précipite vers la cabine téléphonique la plus proche et appelle Elliot au Clarion. Il l’informe du départ de Chandler et dit qu’il veut le suivre. Elliot lui demande de rester éloigné de Chandler, c’est à Steven de s’occuper de cela. Il raccroche, pour se rendre au palais de justice.
Depuis la cabine téléphonique, Eli observe Chandler. Ce dernier va chercher de l’essence au Shoreline Garage. Il remplit son réservoir et met de l’eau dans le radiateur. Rodney l’informe que l’essence lui coûte 5 dollars. Il espère que son départ est définitif.
Eli les rejoint. Il essaie de savoir où va Chandler. L’homme ne lui répond pas. Rodney s’en mêle.
— M. Carson vous pose une question, pourquoi ne pas y répondre ?
— Parce que je n’ai pas à le faire.
Il pousse Rodney et Elliot, s’engouffre dans sa voiture et démarre sans avoir payé.
Elliot se rend au poste de police pour voir que le mandant d’arrêt pour Chandler attend toujours sur une table et n’est pas rempli. L’agent de police lui dit que la faute incombe à Steven qui n’est pas venu signer le dépôt de plainte. Tant que le document n’est pas signé, ils ne peuvent pas arrêter Chandler.
Le policier lui dit qu’il peut toujours lui-même porter plainte à la place de l’avocat.
— M. Cord n’est pas venu ? Et il n’a pas laissé de message ? demande avec étonnement Elliot.
— Non.
Elliot secoue la tête par dépit et s’en va.
Chandler conduit son imposante voiture jusqu’à l’entrée de l’entrepôt 2 de la fabrique Peyton. Il entre dans le bâtiment où sont entreposées de nombreuses caisses en bois.
Leslie se dirige vers lui. Il a demandé à Chandler de venir le voir ici. Il lui donne de l’argent pour quitter la ville à la condition qu’il ne revienne plus jamais, qu’il ne donne plus signe de vie et qu’il ne mentionne son nom à personne.
Chandler lui demande de quoi il a peur. Leslie lui dit que quoiqu’il ait pu faire à la fille Carson, il ne veut pas qu’il mente en l’impliquant dans l’histoire.
Chandler lui rappelle que la dernière fois qu’il est venu au bureau de Leslie, la secrétaire avait fermé la porte. Ils ont discuté très longtemps. Personne ne sait de quoi ils ont parlé et Chandler pourrait dire ce qu’il veut, rien ne pourra prouver le contraire.
Leslie lui répond que personne ne croira ses mensonges. Avant de partir, Chandler lui dit :
— On formait une bonne équipe. Vous le cerveau, et moi les muscles. Ou bien était-ce l’inverse ?
Rodney Harrington se trouve attiré par l’appartement de son jeune frère Norman. Sans doute parce qu’ici, au milieu du mariage solide entre Norman et Rita Jacks, il peut s’évader du goût amer que lui a laissé la dispute destructrice qu’il a eue avec son ex-femme Betty Cord.
La caméra nous montre une vue de la porte d’entrée de l’appartement de Norman et Rita. Rodney gare sa décapotable en face de la banque. Il traverse le square, la rue Glover, et monte dans l’appartement au-dessus du drugstore. Il s’arrête pour parler à une dame.
Dans l’appartement, Norman dit à Rita :
— Je vais faire du café. Pas un de ses jus de chaussettes, mais un bien fort.
Il entend alors quelqu’un frapper à la porte et va ouvrir. Il laisse entrer Rodney. Ce dernier essaie de lui donner un peu d’argent, mais Norman refuse. Il a beau lui dire que l’argent vient de leur grand-père, Martin Peyton, Norman n’en veut pas.
Finalement, il accepte cet aide monétaire à contrecœur. Rodney s’en va.
Dans son bureau à la fabrique, Leslie Harrington parle dans un dictaphone lorsque Steven arrive. Le déjeuner de Leslie est sur la table, et ce dernier termine un appel téléphonique avant de faire entrer Steven.
L’avocat prévient Leslie qu’il représente Elliot Carson dans l’affaire de la bagarre avec Jack Chandler. C’est la raison pour laquelle il est ici. Leslie essaie de donner une raison plausible à l’embauche de Chandler à la fabrique. Il avait été engagé comme ouvrier sur les docks. Steven demande à voir son dossier personnel et Leslie lui répond que Mlle Harris va le lui fournir.
Dès le départ de Steven, Leslie demande à Mlle Harris de lui appeler Tom Teal, de l’agence de détectives Blaine, à New York. Leslie demande à Teal d’envoyer une copie du rapport sur Betty Anderson à Steven Cord, et lui donne l’adresse du bâtiment de la banque où se trouve le cabinet de l’avocat.
Sur le quai, Michael fait une surprise à Rachel en l’emmenant au marché de la mer pour voir les homards vivants. Ils prennent chacun un pot de soupe de poisson. Michael met de la sauce dans chacun des deux pots.
Puis le médecin lui avoue que c’est Elliot qui lui a suggéré de l’emmener ici afin qu’il lui dise quels sont les projets qu’ils ont pour elle. Il lui dit tout d’abord que Chandler avait été en prison pour agression sévère.
Puis il dit à la jeune fille qu’ils se sont arrangés pour qu’elle puisse intégrer une école pour fille au Vermont. Rachel est tout, sauf ravie par cette nouvelle. Elle lui demande si c’était l’idée d’Elliot de l’éloigner, ou bien celle du médecin.
Michael a de grandes difficultés à communiquer avec elle. Rachel se braque devant les explications du médecin. Elle s’en va, bouleversée, passant devant la taverne et devant la limousine de Peyton. Lee Webber vient juste d’arriver sur le quai.
À la librairie, le réceptionniste du Colonial (déjà vu dans les épisodes 332 et 337) vient juste d’acheter des livres pour l’auberge et s’apprête à partir lorsque Rachel entre et dit à Constance que le Dr Rossi veut qu’elle quitte Peyton Place pour aller dans une école au Vermont.
Mais Rachel veut rester avec Constance. Matthew se met à pleurer. Rachel le prend dans ses bras.
Eli arrive avec une bonne nouvelle : il crie à qui veut l’entendre que Chandler vient d’abandonner sa plainte.
À la maison d’hôtes de Mme Hewitt, Chandler se repose et récupère dans son lit tandis que Lee vient lui rendre visite. Chandler a un bandage au niveau de l’estomac. Il a une côte cassée.
Lee s’assoit sur le lit et prétend être venu en toute amitié. Il lui dit qu’il a vu Rachel sur le quai avec le Dr Rossi. Puis il continue à l’importuner au point d’être méchant et de faire sortir Chandler hors de ses gongs.
Ce dernier lui jette un verre d’eau dans la figure et le frappe.
Betty Anderson Cord a été mariée une fois à Rodney Harrington. Le mariage a été bref et sans succès. Aujourd’hui, le grand-père de Rodney, Martin Peyton, commence la phase cruciale de son plan machiavélique pour briser l’union de Betty et Steven, et réunir Rodney et Betty afin de maintenir l’héritage de la famille Peyton.
Betty descend les escaliers du manoir Peyton, vêtue d’une magnifique robe rouge, jadis portée par Catherine. Peyton jette un œil furtif aux alentours.
Rodney parle avec Betty du portrait. Il admet qu’il va couvrir le mur nu au-dessus de la cheminée. Rodney lui dit que Steven est maintenant le petit-fils préféré de Peyton. Il est très heureux que Betty ne soit plus sa femme.
Betty le traite de lâche parce qu’il ne s’est jamais battu pour ce qu’il voulait. Rodney lui répond que plus elle vieillit, plus elle devient avide. Puis il s’en va.
Peyton rejoint la jeune femme et lui demande pourquoi Rodney ne reste pas pour déjeuner. Il l’invite à déjeuner avec lui. Betty se précipite en courant à l’étage sans même répondre.
La secrétaire actuelle de la fabrique, Mlle Harris, fait entrer Chandler dans le bureau de Leslie Harrington. Chandler est sorti de l’hôpital récemment. Il lui dit que seul son bras lui fait encore mal. Il est en voie de guérison et il pourra revenir travailler à la fabrique d’ici une semaine ou deux.
Leslie lui rétorque qu’il n’a plus besoin de revenir à la fabrique. Il lui donne des indemnités de licenciement et lui suggère fortement de quitter la ville. Il ajoute qu’Elliot sait que son vrai nom est Forrest.
Leslie offre un bon paquet d’argent pour qu’il quitte la ville, mais Chandler refuse. Le patron de la fabrique lui demande de sortir de son bureau et de ne plus revenir. Chandler lui rétorque qu’il peut utiliser son nom comme une référence à un passé peu glorieux.
Chandler s’en va tandis que Lee entre précipitamment. Le chauffeur de Peyton dit au directeur de la fabrique que M. Peyton veut le voir. Leslie lui répond qu’il a encore des affaires à régler avant et lui demande d’attendre devant les grilles de la fabrique.
Le Dr Rossi se trouve avec Constance et Elliot chez les Carson. Elliot informe le médecin que Rachel est allée voir Chandler à l’hôpital. Elliot n’a aucun contrôle sur Rachel parce qu’il n’est pas son père. Il a essayé de la préserver de Chandler.
Michael pense qu’elle devrait aller à l’école dans une autre ville afin de ne pas subir l’influence de Chandler. Elliot n’est pas de cet avis.
— Je ne pense pas l’envoyer loin d’ici. Pas maintenant.
— Pourquoi, pas maintenant ? Parce qu’elle pourrait trouver quelque chose sur Chandler que vous essayez de trouver sur lui, s’emporte Mike.
— Je vais juste oublier que vous avez dit ça.
Michael lui reproche de ne pas envoyer Rachel dans une autre ville uniquement dans le but qu’elle puisse l’aider à déterrer le passé de Chandler.
Norman conduit une vieille décapotable rouge. Il reconduit Rita chez eux. Il la porte pour monter l’escalier menant à l’appartement. Il la dépose sur le lit et pose une couverture sur ses jambes. Ils s’embrassent.
Lee Webber conduit Leslie dans le parc, en limousine. Peyton attend sur un banc.
— Nous voilà arrivés, informe le chauffeur.
Leslie est étonné de rencontrer le vieil homme au parc, et non chez lui.
— Que se passe-t-il ?
Lee secoue la tête :
— Ça, je n’en sais rien, M. Harrington.
Lee sort de la limousine et fait le tour pour ouvrir la porte à Leslie.
— Qu’est-ce qu’il fait ici ? s’enquiert le patron de la fabrique.
— Il doit certainement faire une petite bronzette. Mais je sais qu’il déteste attendre. Il vaudrait mieux aller le voir immédiatement.
Leslie se dirige vers Martin, qui l’accueille avec une bonne humeur inhabituelle de sa part :
— Oh, bonjour Leslie. Superbe journée.
— Que voulez-vous ?
— Regardez autour de vous. Que voyez-vous ? L’innocence de la jeunesse. La vie qui bourgeonne à chaque branche des arbres. Quoi de plus symbolique pour le commencement de notre nouvelle relation !
— Je ne sais pas de quoi vous parlez.
— Eh bien, vous devriez. Vous avez lu mon testament.
— Quel genre d’accusation est-ce là ?
— Pas de mascarade, Leslie. Betty m’a dit comment vous l’avez fait chanter pour obtenir le document.
— Je n’aurais jamais eu recours à cette pratique si vous ne m’y aviez pas forcé.
Martin rit.
— C’est vraiment la seule pratique qui vous convient, Leslie. Le point important, c’est qu’après cinquante ans de bataille royale, nous avons finalement un but en commun.
— Vous voulez que Rodney hérite de vos biens ?
— Oui, c’est bien ce que je veux.
— Alors, pourquoi ne pas les lui laisser tout simplement ?
— Parce qu’il n’arrivera pas à les gérer.
— Moi, je pourrais, affirme Leslie.
— Oui, Leslie, vous le pourriez. Je n’ai jamais douté de vos capacités administratives, seulement de votre intégrité.
— Et vous pensez être intègre en nommant Betty bénéficiaire si elle quitte Steven et se remarie avec Rodney ? Votre cerveau devrait être envoyé dans un sanatorium. Une équipe de scientifiques devrait l’examiner.
Cette remarque fait de nouveau rire le vieil homme.
— Vous faites objection à mon testament ?
— Je ne vois pas de raison pour eux de se remarier.
— Mais ce n’est pas ce que je vous ai demandé.
— Ce testament va devenir votre épitaphe. Il va offrir au monde la véritable personnalité de Martin Peyton. Un homme totalement corrompu, sans conscience ni compassion.
— Bel essai, Leslie, ricane Martin. Mais je ne suis pas vraiment intéressé par mon image de marque. Particulièrement après ma mort. Les conditions de mon testament sont définitives.
— Et si vous mourrez demain ?
— Le destin fera son travail. Si mon heure vient avant que Rodney et Betty ne soient ensemble, alors ma fortune tant convoitée risque d’être irrémédiablement perdue. Perdue pour vous, gagnée par les œuvres de charité.
— Vous êtes cinglé.
— Ma fortune a été bâtie sur une succession de jeux de hasard. Pourquoi ne pas tout remettre en jeu ? Allons-nous unir nos forces pour garder cette fortune dans la famille, où allons-nous regarder cette fortune s’évanouir dans la nature ?
— Que voulez-vous que je fasse ?
— Aidez-moi à détruire le mariage de Steven et Betty.
— Pourquoi est-ce si important pour vous que Rodney se marie avec Betty ?
— Parce que Betty est le genre de femme dont Rodney a besoin pour qu’il devienne un homme accompli. Mais le plus important, c’est qu’elle vous déteste, Leslie. Vous ne pourrez jamais contrôler Betty de la façon dont vous avez contrôlé Rodney.
— Très habile, admet Leslie.
— Je le pense aussi.
— Pourtant vous m’avez nommé administrateur des biens jusqu’aux trente ans de Betty. Ce qui veut dire que j’ai le temps de consulter des tas d’avocats. Si vous êtes tellement déterminé à m’empêcher tout contrôle sur vos biens, alors pourquoi m’avoir nommé administrateur ?
— Eh bien, c’est un jeu que je n’aime pas. Mais je voulais avoir l’assurance de votre aide.
— Je vois. Vous avez tout prévu, n’est-ce pas ?
— Bien sûr.
— Aucun des deux ne voudra briser leur mariage.
— C’est pourquoi j’ai besoin de vous.
— Donc vous voulez que je mette la pression sur Steven. Le frapper de plein fouet avec le rapport de Blaine. Et lorsqu’il découvrira que Betty a eu une relation illicite avec un inconnu, cela lui sera insupportable de rester avec elle.
— C’est précisément cela.
— Je veux une garantie.
— Vous l’avez, elle est écrite.
— Vous pouvez changer cet écrit. Si Rodney et Betty se remettent ensemble, vous pouvez me retirer l’administration de vos biens.
— Oui, je le pourrais. Mais vous m’aiderez quand même. Parce que c’est votre dernière chance de mettre la main sur la fortune que vous avez toujours convoitée avant même de vous marier avec ma fille… Bien, je vous aurais bien ramené à la fabrique, Leslie, mais je suis sûr que vous préférez y retourner à pied par cette belle journée.