La mort tragique d’Ann Howard accable la ville de Peyton Place et déclenche une réaction en chaîne. Elliot Carson, rédacteur en chef du Clarion et ami d’Ann, se doit de rapporter, étape par étape, les détails de l’enquête officielle sur le décès. Et John Fowler, le procureur du comté de Peyton, l’homme qu’Elliot voulait faire démissionner de son poste une fois, doit superviser l’enquête officielle. Pour Michael Rossi, la vérité qui entoure la mort d’Ann Howard doit être découverte, quoi qu’il en coûte.
Le canon sur la place. Le Peyton Professional et l’entrée du Clarion. Elliot sort du Clarion et traverse le square pour se rendre au palais de justice. John Fowler gare sa voiture devant l’entrée du palais de justice, sort du véhicule avec son attaché-case et s’engouffre dans l’imposant bâtiment. Elliot voit le Dr Rossi assis sur un banc, dans le couloir.
Elliot s’assoit à côté de Michael, et lui dit qu’il n’a pas à attendre ici. Mike semble très affecté, il n’est pas allé à l’hôpital aujourd’hui et a fait reporter ses rendez-vous.
Fowler sort de son bureau et Mike et Elliot se lèvent du banc pour lui parler. Michael veut consulter le rapport de l’autopsie. John lui répond que le rapport ne pourra être rendu public qu’une fois le dossier clos.
Mike insiste et devant le désarroi du médecin, John accède à sa demande. Mais il les prévient que cela n’a rien d’officiel et demande à Elliot de ne rien publier à ce sujet dans le Clarion. Elliot accepte immédiatement le marché.
Un officier arrive avec le rapport dans les mains. Cause du décès : indéterminée. Michael n’en croit pas ses oreilles. Pour lui, il est évident qu’Ann a été assassinée. Il demande à l’officier à parler immédiatement à Fowler.
Voyant Mike en plein désarroi, Elliot décide de prendre les choses en main. Il dit au médecin d’aller s’occuper de ses patients, il n’est pas en état d’avoir une discussion avec le procureur. Il va aller parler lui-même à Fowler et va tenter d’éclaircir l’affaire. Il lui demande de lui faire confiance. Dès qu’il en saura plus, il le préviendra.
Mike accepte et s’en va.
Rodney arrive au manoir pour prendre le reste de ses affaires. Il demande à son grand-père s’il peut prendre quelque chose pour lui.
Martin espère que Rodney et Betty pourront se remettre ensemble un jour.
— Elle aime Steven, lui rappelle Rodney.
— Je suppose que oui, mais je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’elle serait mieux avec toi.
Il se souvient avoir appris à Betty à jouer aux échecs. Une fille brillante selon lui.
Dans le bureau de Fowler, Elliot retourne le rapport d’autopsie à John. Il lui dit qu’après son dernier échec (le procès de Rodney), il pensait qu’il ferait un peu plus attention. Fowler lui rappelle qu’il a été réélu.
Elliot précise que depuis le moment où Ann est arrivée en ville, Lee n’a pas cessé de la harceler. Fowler devrait tenir compte de ce fait, et interroger davantage Lee et son entourage.
Fowler se fâche et énumère à Elliot toute l’enquête qu’il a réalisée avec son équipe, tous les témoignages – trente-et-un au total – qui ont été passés au crible.
— Si vous n’aimez pas la façon dont je dirige l’enquête, vous pouvez toujours faire un éditorial dans le Clarion.
Ils sont interrompus par l’interphone. La secrétaire annonce à Fowler que Steven Cord est ici. Le procureur demande à Elliot de l’attendre dans le couloir.
Elliot sort du bureau, croise Steven et tente maladroitement de lui présenter ses condoléances pour la mort d’Ann. Steven ne répond pas. Il entre dans le bureau de Fowler. Ce dernier le fait s’asseoir.
Le procureur veut d’abord parler seul avec l’avocat avant qu’il ne fasse la déclaration officielle.
— Vous ne saviez pas qu’Ann était votre sœur lorsqu’elle est arrivée à Peyton Place ?
— Non.
— Elle vous avait demandé d’enquêter sur le drame de la falaise, n’est-ce pas ?
— C’est exact.
— Et quelles ont été vos conclusions ?
— Chris Webber a finalement admis que ce n’était pas elle qui l’avait poussé de la falaise.
— Cela a dû être un immense soulagement pour elle… et un terrible choc pour Lee Webber.
Steven lui dit qu’il ne pense pas que Lee soit coupable du meurtre d’Ann. Fowler ne comprend pas son comportement. La façon dont Lee harcelait et menaçait Ann devrait lui faire croire qu’il est coupable.
Steven va se préparer pour sa déclaration officielle, tandis que John fait de nouveau entrer Elliot dans son bureau. Il demande au journaliste si Allison peut venir le voir cet après-midi. Elliot accepte qu’il la voie.
Rita est en consultation dans le bureau du Dr Rossi. Ce dernier s’adresse à elle d’une façon mécanique. Rita lui parle finalement d’Ann et discourt sur le fait que ce sont les meilleurs qui s’en vont.
— Je sais que vous pensez ne jamais vous en remettre, mais vous allez vous en sortir. Vous irez mieux.
Mike est excédé par ce débordement de bons sentiments. Il finit par se calmer et s’excuser. Rita lui dit qu’elle reviendra dans un mois pour un checkup.
John Fowler interroge de nouveau Allison. Cette dernière l’informe qu’elle a vu la mobylette de Lee Webber près de la plage. Elle sait que c’était Lee, elle était assez près pour le reconnaître. Elle ajoute qu’il a pris une bouteille (sans doute du whisky), qu’il a bu une gorgée et qu’il a ensuite jeté la bouteille.
Fowler est étonné, car elle n’avait pas dit cela dans sa déclaration. Elle ne pensait pas que cela était important pour l’enquête.
La soudaine et tragique mort d’Ann Howard a fait le tour de Peyton Place, et a commencé à affecter la vie de ceux qui la connaissaient. Le contrecoup a été encore plus violent dans la maison de Martin Peyton. Son petit-fils, Rodney Harrington, a quitté la maison en colère. Et il doit manipuler Rodney pour apprendre la vérité à propos de la mort d’Ann. La police a commencé une enquête serrée. Beaucoup ont été interrogés. Certains ont donné des réponses, d’autres non. La mort d’Ann Howard a bouleversé la vie de nombreux habitants de Peyton Place, et cela ne fait que commencer.
La falaise. La limousine noire de Peyton qui quitte le manoir. Le sergent de police Edward Goddard conduit une voiture de police et se rend au Cider Barrel pour y interroger Lee.
Au Cider Barrel, le sergent Goddard se présente à Sandy et demande où se trouve Lee. Sandy le conduit à une table où Lee et Chris sont assis.
Le policier souhaite que Lee l’accompagne au poste de police pour répondre à quelques questions sur la mort d’Ann Howard. Lee lui dit qu’il n’a pas beaucoup de temps, mais accepte de venir. Sandy dit que Lee n’a rien à se reprocher, il était à la maison au moment du drame.
Chris lui dit qu’il n’est pas obligé de répondre à la police sans un avocat. Lee assure que tout va bien se passer, car il n’a rien à se reprocher. Chris lui donne l’adresse de l’avocat qu’il avait lorsqu’il avait été interrogé par la police. Lee le remercie et s’en va avec Goddard.
Après le départ de la police, Chris demande à Sandy s’ils sont seuls pour parler. Il se rassoit.
— Sandy, où était Lee quand Ann est morte ?
— Je te l’ai dit, il était à la maison.
— Je sais ce que tu m’as dit, ce qui m’intéresse, c’est ce que tu vas me dire maintenant.
— Chris…
— Je ne suis pas la police ni le Dr Rossi. Je suis le frère de Lee et je veux connaître la vérité.
Sandy s’assoit en face de lui.
— La vérité est qu’il était à la maison. Il a mis de la musique, on s’est servi un verre, et on s’est relaxés.
— Tu sais qu’une femme n’est pas obligée de témoigner contre son mari. Je ne crois pas un mot de ce que tu viens de dire. Je suis tellement désolé pour toi.
— Je suis sa femme.
— Je sais, et je suis son frère. J’ai aussi peur que toi, tu n’as pas à me mentir. Je pensais qu’il y avait entre nous une connexion spéciale. Mais je me trompe, parce que tu n’arrives même pas à me dire la vérité. C’est comme Allison, je lui ai fait confiance, et regarde ce qui est arrivé.
Il se lève et s’en va.
Le chauffeur Thomas conduit Martin Peyton. Il passe devant la caserne des pompiers et se gare en face du drugstore.
Dans l’appartement, Rodney dort tandis que Norman laisse tomber un verre et le réveille en sursaut.
Peyton se montre et demande s’il peut entrer. Martin demande à Rodney pourquoi il a quitté le manoir. Ils se disputent. Rodney lui dit qu’il est parti parce qu’il ne supportait plus l’hypocrisie du vieil homme, et le fait qu’il savait qui était Ann Howard et gardait le secret. Il pense qu’il y a une possibilité qu’Ann soit morte par sa faute.
Martin se tourne vers Norman et lui dit qu’il souhaiterait parler seul à seul avec Rodney. Norman leur suggère d’aller dans la chambre.
Seul avec Rodney, Martin lui dit qu’il a été profondément peiné par son départ. Rodney lui dit alors qu’il souhaitait vraiment lui faire de la peine. Il fallait que quelqu’un le fasse un jour.
— Qui t’as dit que personne ne m’a jamais fait de mal avant ? interroge son grand-père.
Avoir la peau dure n’est pas une hérédité selon lui.
Peyton veut savoir ce qui a causé la mort d’Ann et interroge Rodney. Ce dernier lui dit qu’elle était perturbée lorsqu’elle est venue voir Hannah au manoir.
Il mentionne le fait que plus tard, il a vu Hannah courir pour rentrer au manoir. Elle lui a dit qu’elle faisait une promenade dans le jardin, mais il a vu depuis la fenêtre de sa chambre qu’elle venait en fait de la rue. Elle semblait effrayée et hors d’haleine.
Martin remercie Rodney et lui demande de ne rien dire de tout cela à personne pour le moment. Le jeune homme lui répond que si Mme Cord est impliquée dans la mort d’Ann, il veut le savoir. Et si jamais il ne lui dit pas la vérité cette fois, il ne pourra plus jamais lui faire confiance.
Avant de partir, le vieil homme lui demande de lui faire confiance.
— Il y aura toujours une chambre libre au manoir pour toi, dit-il. Tu es mon petit-fils.
— Celui que tu as choisi.
— Celui que j’ai choisi.
Peyton s’en va.
Une voiture de police se gare devant le palais de justice. À l’intérieur, Eli appelle le Dr Rossi. Le vieil homme s’inquiète pour Allison, qui est interrogée par la police parce qu’elle a découvert le corps d’Ann.
Ils s’assoient sur un banc. Eli trouve qu’Allison est encore fragile. Mike, de son côté, est nerveux, car il attend des réponses sur la mort d’Ann. Cependant, il tente de réconforter Eli.
Celui-ci lui dit qu’il devrait être au Clarion pour répondre au téléphone, mais il n’avait pas l’esprit à ça.
Eli s’en va, tandis qu’Allison sort du commissariat en compagnie de ses deux parents.
Le Dr Rossi se précipite vers eux. Il souhaite parler à Allison du drame, mais elle se dit fatiguée. Mais lui veut avoir des réponses. Il espère qu’Allison puisse donner quelques indices précieux pour l’enquête.
Il commence à devenir insistant, et se fâche après elle, car il pense qu’elle n’est pas fatiguée et qu’elle veut juste ne pas s’impliquer, comme elle le fait d’habitude. Il lui demande de grandir un peu et d’arrêter de vivre dans son monde.
Elliot intervient et se dispute avec Mike. Allison leur demande d’arrêter. Constance demande à Mike de les laisser tranquilles.
Hannah arrange des fleurs dans un vase tandis que Steven la rejoint. Hannah lui dit qu’elle est désolée de ce qui est arrivé à Ann.
Elle ajoute cependant ne pas être affectée par sa mort puisque Ann était comme une étrangère pour elle. Steven menace Hannah.
— Si tu as une quelconque part de responsabilité dans la mort d’Ann, Dieu m’en est témoin, tu le paieras très cher.
Cela fait quelques heures que Michael Rossi a appris la mort violente d’Ann Howard. Et pour la première fois, il se retrouve seul. Seul avec le cauchemar de sa perte. Seul avec la faim d’un châtiment. Pour nourrir cette faim, il doit passer un message à la personne qui a détesté Ann.
Michael se gare devant la maison des Webber. Il sort de la voiture et frappe à la porte.
Sandy ouvre la porte. Le Dr Rossi insiste pour voir Lee.
Il lui demande où il était cet après-midi. Sandy se mêle à la conversation. Lee est désolé de ce qui est arrivé à Ann. Mais il est aussi désolé pour ce qu’Ann a fait à Chris.
Rossi accuse Lee d’avoir essayé de tuer Chris. Il l’accuse également d’avoir tué Ann. Il prévient Lee que la police a trouvé Chris marchant sur la plage, puis dans le feu de l’action, il le gifle.
Elliot arrive avec Chris. Lee demande à Elliot de faire sortir Michael. Puis il demande à son frère ce qu’il faisait sur la plage.
Rodney se montre au manoir et demande à Steven si quelqu’un l’a appelé.
— À propos de quoi ? lui demande Steven.
Rodney informe Steven et Betty qu’Ann Howard a fait une chute de la falaise. Allison a découvert son corps au pied de la falaise. Elle était venue chercher Chris sur la plage.
Betty regarde Steven, inquiète de sa réaction, et veut lui servir un verre. Il décline son offre. Il veut savoir ce que Chris faisait sur les lieux.
Rodney dit à Steven qu’il a vu Ann tôt ce matin. Elle est venue au manoir parler avec Hannah.
Steven parle d’Ann et Hannah, de la confrontation entre la mère et la fille après vingt-huit ans. Rodney fait savoir à Steven qu’il est profondément désolé, puis il s’en va.
Steven dit à Betty que les choses auraient été différentes s’ils avaient grandi ensemble. La colère et l’amertume l’envahissent et il promet devant Betty qu’il fera payer cher ce drame à Martin et Hannah.
Chris et Lee ont une discussion dans la maison Webber. Chris ne tarit pas d’éloge sur Ann et demande à son frère quelle a été sa réaction lorsqu’il a appris qu’elle était morte.
Sandy se joint à eux. Chris se remémore le soir où Lee a donné des coups de pied à la porte de l’appartement d’Ann. Il parle aussi du fait qu’Allison a découvert le corps.
À l’appartement, Rita offre du café à Rodney, avec des cookies. Rod, Norman et Rita parlent d’Ann, de Lee, de Peyton et de Mme Cord.
Rodney dit qu’Ann est partie en courant du manoir. C’est la dernière fois qu’il l’a vue. Selon lui, il manque quelque chose dans l’histoire d’Ann et de Steven.
Au manoir, Hannah est assise dans un des fauteuils du petit salon lorsque Martin apparaît.
— Bonjour, Hannah. Tu n’as donc rien d’autre à faire qu’à rêvasser ce matin ?
— Je suppose que vous savez que Rodney est parti. Il a fait ses bagages et il s’est enfui.
— Et c’est pour cela que tu es assise ici en pleine matinée. Parce que le sourire de Rodney te manque ?
— Vous pouvez prétendre que ça ne vous chagrine pas, mais je sais très bien que si.
— Ça me fait de la peine.
— Rodney ne vous respecte pas. Il ne reviendra plus jamais.
— Nous verrons. Arrête donc de caqueter sur Rodney. Ce n’est pas la vraie raison pour laquelle tu es assise ici à te morfondre. Pourquoi es-tu assise ici, Hannah ?
— Parce que je ne pouvais pas dormir.
— Je t’ai entendue partir hier après-midi. Où es-tu allée ?
— J’étais agitée, je suis allée me promener.
— Eh bien, pour une femme qui n’a jamais fait de marche de sa vie, je trouve ça plutôt amusant.
— J’avais besoin de marcher.
— Hannah, ne crois-tu pas qu’il est temps de me dire ce que tu as raconté à Ann Colby ? Je m’inquiète pour elle. Oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, je m’inquiète pour elle. Et aussi pour ce qu’elle peut faire. Quand elle a quitté cette pièce et cette maison, j’ai pu voir à quel point elle était bouleversée. Mais le plus important, Hannah, est que j’ai pu voir à quel point tu étais bouleversée.
— S’il vous plaît Martin, pas maintenant.
— T’a-t-elle acceptée comme mère ?
— Oui. Oui, elle m’a acceptée.
— Bien, alors, que s’est-il passé ? Assurément, il n’y avait pas de problème pour toi à manipuler les émotions d’une jeune fille.
— Je m’en suis bien tirée.
— Alors pourquoi es-tu si bouleversée ? Comment as-tu expliqué ton échec en tant que mère ? Et ta décision d’abandonner ton enfant ?
— Je lui ai dit que je détestais son père.
— Et quelles raisons as-tu données ?
— Des raisons valables. Je lui ai dit pourquoi je l’ai abandonnée.
— Qu’as-tu dit ?
— J’ai dit que son père m’a été infidèle, et que c’est pour ça que je l’ai détesté.
— Quoi d’autre ?
— Rien d’autre.
— Ne me mens pas.
— Très bien, j’ai dit aussi qu’il avait été professeur d’art dans une école pour fille et qu’il avait eu une liaison avec une de ses élèves.
— Tu n’as pas donné son nom. Hannah, dis-moi que tu n’as pas donné son nom. Tu lui as dit ! Tu n’as pas pu résister !
— Oui, je lui ai dit qu’il s’agissait de Catherine. Je lui ai dit qu’il avait eu une liaison mesquine avec votre précieuse petite Catherine. Et que c’est pour cela que j’ai divorcé.
— Tu n’as pas pu t’en empêcher. Tu détestes tellement Catherine que tu l’as traînée dans la boue.
— Oui, je l’ai traînée dans la boue.
— Tout notre stratagème, depuis toutes ces années, était pour protéger le nom de Catherine. Maintenant, Ann Colby va aller voir Steven. Et il lui sera capable de compléter le puzzle avec la dernière pièce qu’elle va lui donner. Tout sera terminé pour nous.
Peyton se rend dans la salle à manger et s’assoit à la table. Il prend le journal devant lui et voit le gros titre du Clarion.
— Hannah !… Hannah !
Hannah entre dans la pièce et il lui tend le journal. Elle peut lire le gros titre.
UNE FILLE FAIT UNE CHUTE DU HAUT DE LA FALAISE ET SE TUE
— Est-ce que tu m’as tout dit ? Tu sais ce qui est arrivé, sur la falaise ? La falaise où le jeune Webber a perdu la vue. Pourquoi là, à ton avis, Hannah ? Qu’est-ce qui a pu la conduire là-bas ? Quand tu as quitté la maison hier après-midi, où es-tu allée ? Où ? Voir Ann Colby ? Et puis ?
— Je vous l’ai dit, je suis allée me promener.
— Je ne te crois pas. Tu n’as plus revu Ann Colby après qu’elle ait quitté cette maison ?
— Non, non.
— Et que lui as-tu encore dit lorsqu’elle était ici ? Quoi d’autre, Hannah, pour en être arrivé là ?
— Martin…
— Tu savais qu’elle était instable, influençable. Détruire l’image d’un père qu’elle a aimé, c’était suffisant pour qu’elle saute de la falaise !
— Elle est partie d’ici en me croyant. Et c’est ce que vous vouliez.
— Je ne voulais pas sa mort.
— Je n’ai rien à voir avec la mort d’Ann !
— Comment peux-tu le savoir ? Comment peux-tu t’absoudre de tout blâme ?
— Si vous vous sentez coupable, Martin, alors vous devez supporter le poids de votre culpabilité. Maintenant, vous pouvez pousser un soupir de soulagement et même vous payer le luxe de pleurer des larmes hypocrites.
— Je ne voulais pas sa mort, assure le vieil homme.
— Souhaiteriez-vous qu’elle revienne à la vie ? Au prix pour elle d’apprendre toute la vérité ? Et de la divulguer ? Non, non, bien sûr que vous ne le voulez pas. Elle est partie, Martin. C’est arrivé. Steven va la pleurer un moment puis il l’oubliera. Et il arrêtera de poser des questions, et tout rentrera dans l’ordre.
— Qu’est-ce qui te fait dire qu’Ann n’a pas été voir Steven juste après avoir quitté cette maison ? Tout peut effectivement rentrer dans l’ordre, Hannah. Mais à quel prix !
Peyton saisit le téléphone. Thomas a un appartement au-dessus du garage. C’est lui qu’il appelle.
Elliot Carson a insisté pour accompagner Chris Webber et sa fille, Allison, au poste de police, à la suite du décès d’Ann Howard. C’est Allison qui a trouvé le corps sans vie d’Ann au pied de la falaise. C’est Chris qui a été découvert seul sur la plage voisine. Choqué par la tragédie, Elliot se sent concerné.
Le square, le kiosque à musique, une voiture de police.
Sur le siège arrière de la voiture d’Elliot Carson, Allison demande à son père si elle peut parler avec Chris un moment avant d’entrer au poste de police. Elliot accepte.
Allison dit au jeune aveugle que c’était mal de sa part que de laisser croire à Ann qu’elle l’avait poussé de la falaise. Elle sait qu’il a fait cela pour protéger quelqu’un. Et c’est peut-être ce quelqu’un qui a tué Ann.
— Comment sais-tu si elle n’a pas tout simplement glissé, ou bien sauté de la falaise ? lui demande-t-il.
Il ajoute qu’il lui a fait confiance une fois, maintenant il ne peut plus le faire, car elle l’a trahi en rapportant à Elliot ce qu’il lui avait confié.
Une voiture manque de le heurter tandis qu’il sort précipitamment de la banquette arrière de la voiture d’Elliot.
Rodney arrive en voiture et salue Allison qui se trouve maintenant sur le siège avant de la voiture d’Elliot.
Elliot se dirige vers Rodney pour lui parler. Il lui apprend la mort d’Ann et lui demande de ramener Allison à la maison. Il doit rester au poste de police.
Au poste de police, Elliot s’entretient avec Chris. Il lui demande de rester éloigné d’Allison.
— Croyez-moi, monsieur Carson, je connais la différence entre l’amour et ce qu’Allison m’offre.
— Et que vous offre Allison ?
— Une béquille sur laquelle m’appuyer et un mouchoir dans lequel pleurer.
Rodney conduit Allison dans sa décapotable. Sur la route, il s’arrête pour lui parler. Il veut qu’elle lui parle de la mort d’Ann et ce qu’elle ressent. Il sait ce que c’est que de voir une personne morte, il a eu le cas avec Joe Chernak.
Il ne veut pas qu’elle laisse ensevelir tout ce qu’elle ressent. Parler pourra la libérer.
D’abord réticente, Allison lui parle du moment où elle a découvert le corps d’Ann gisant au pied de la falaise. Elle voulait en réalité parler à Chris, et lui dire qu’elle était désolée de l’avoir trahi en racontant à son père qu’il savait qu’Ann ne l’avait pas poussé de la falaise.
Allison est consciente que Chris ne pourra pas lui pardonner, et cela la rend triste. Elle pleure sur l’épaule de Rodney.
À la Taverne d’Ada Jacks, Freddy (un client récurrent) joue au flipper. Il commande une bière à Ada.
Cette dernière est avec Michael. Elle lui raconte qu’elle n’a pas vu Lee de la semaine. Elle se sent mal pour Ann.
La colère de Michael ne fait qu’empirer. Freddy, le gros client, se plaint qu’Ada ne lui rapporte pas sa bière. Mike attrape l’homme et lui demande s’il connaît Lee Webber.
Freddy est impoli vis-à-vis du médecin. Il lui dit que Lee lui doit vingt dollars. Michael parle un instant avec lui avant de partir. Il voudrait savoir si Lee s’est confié à lui, mais Freddy ne sait rien.
Elliot conduit Chris au Clarion et lui demande s’il veut entrer une minute, il a besoin de vérifier quelque chose.
— Non merci, lui répond Chris.
Elliot entre seul dans le bureau et s’entretient avec Eli. Ce dernier lui dit que le White Water Sun et le Hastings Tribune ont appelé. Constance aussi a appelé. Elle a finalement réussi à faire dormir Allison.
À l’appartement, Norman est à son aise dans le canapé tandis que Rita coud à la main. Norman se demande tout haut ce qui va arriver à Rodney.
Il se lève, regarde par la fenêtre et aperçoit Chris traversant la rue. Il se fait presque heurter par une voiture (encore !).
Norman descend et va à la rencontre de Chris. Il lui dit que Chris l’a mené en bateau en lui demandant de l’emmener chez le Dr Rossi, car il n’avait pas de rendez-vous avec le médecin. Il voulait simplement faire un tour à la plage.
Chris informe Norman qu’Ann Howard est morte.
Dehors, Elliot appelle Chris pour le ramener chez lui. Ils s’en vont.
Peyton est dans un fauteuil, dans sa chambre à l’étage. Il appelle Hannah. N’obtenant pas de réponse, il frappe avec sa canne sur le sol.
Toujours sans réponse, il se lève et descend les escaliers. Il regarde autour de lui. Thomas, le chauffeur, se dirige vers lui. Il a entendu Peyton appeler Hannah.
— Quelque chose ne va pas, monsieur ? lui demande le chauffeur.
— Savez-vous où se trouve Mme Cord ?
— Non, monsieur.
Le chauffeur lui dit qu’il l’a vue partir de la maison dans l’après-midi, mais ne l’a pas vue réapparaître.
Allison Mackenzie cherche Chris Webber. Il a disparu depuis plus d’un jour, et la dernière fois qu’on l’a vu, c’était sur la plage déserte. La présence d’Allison à cet endroit et à ce moment aura des effets sur de nombreuses vies à Peyton Place.
Allison marche le long de la plage, près de la falaise.
Lee Webber conduit sa mobylette jusqu’au sommet de la falaise.
Ann Howard est étendue sur la plage, au pied de la falaise. Allison découvre son corps sans vie. Elle court jusqu’à la maison de la plage, brise la fenêtre de la porte d’entrée.
Elle s’introduit à l’intérieur et téléphone à son père. Elle lui dit qu’Ann est morte. Il lui demande où elle est.
— À la maison de la plage, bredouille-t-elle.
Elliot lui ordonne de rester où elle est, de s’enfermer dans la maison pendant qu’il appelle la police.
— D’accord. Mais fais vite, je t’en prie. Fais vite !
Elle va se laver les mains et le visage au lavabo. Elle prend ensuite un verre d’eau.
Quelques instants plus tard, le Dr Rossi arrive, surpris de voir la fenêtre cassée et la porte déverrouillée.
Il appelle Ann, mais il voit Allison.
— Que se passe-t-il ? lui demande-t-il.
Allison lui dit qu’Ann est morte, étendue au pied de la falaise. Fou de chagrin, Michael sort et crie :
— Ann, Ann.
Le téléphone sonne dans l’appartement et Rita demande à Norman de répondre. C’est Rodney.
Il veut savoir s’il peut passer la nuit chez eux. Il préfère prendre ses distances avec leur grand-père. Norman demande d’abord à Rita, qui accepte.
Pour Norman, c’est la première fois que Rod lui demande une faveur. Il lui semble que son frère est comme un bobsleigh prêt à quitter la piste.
Dans sa chambre, Rodney aperçoit par la fenêtre Hannah qui court vers la porte d’entrée. Il termine de faire ses bagages et descend les escaliers.
Dans le vestibule, Hannah se recoiffe. Elle lui dit qu’elle est allée se promener. Elle voit qu’il a une valise dans la main.
— Où vas-tu ? s’enquiert-elle.
— Je reviendrai chercher le reste de mes affaires demain.
— Est-ce que tu déménages, Rodney ?
— Oui, c’est exact.
— Est-ce que ton grand-père est au courant ?
— Je lui ai laissé un mot, répond froidement Rodney.
Hannah ne manque pas de lui dire que son grand-père va être vexé. Elle lui demande de rester cette nuit pour réfléchir. Et de parler franchement à Martin.
Rodney rétorque que son grand-père a eu l’occasion de parler franchement avec lui, mais il a laissé passer sa chance. C’est à Ann et à Steven qu’il devrait parler franchement.
Sur ces paroles, il s’en va en claquant la porte.
Retour à la plage, où la police tente de récupérer des indices sur le corps d’Ann. Ensuite, Ann est déposée sur un brancard.
Allison, en état de choc, est assise sur le canapé de la maison de Michael, en compagnie de Constance. Elle lui dit qu’elle ferait n’importe quoi pour faire revenir Ann à la vie.
Michael arrive, suivi d’Elliot. Le médecin se plaint de l’incompétence des enquêteurs. Le sergent William Wilson Walker est au téléphone avec son QG. Le sergent Edward Goddard est également ici.
Constance demande si Ann va rester encore longtemps étendue sur la plage. Elliot lui dit que la mort a été instantanée. Ils ont trouvé une chaussure d’Allison et un sac à main sur la plage.
On entend le bruit d’une automobile. Goddard se demande pourquoi ils ont fait une chose pareille. Michael reproche à Goddard de passer tout de suite aux conclusions.
Selon le médecin, elle était incapable de prendre sa vie en main. Aussi incapable que Goddard de conduire une enquête, ajoute-t-il en colère. Goddard ne retient pas la remarque et se tourne vers Allison pour l’interroger.
Il lui demande tout d’abord si elle a touché quelque chose sur les lieux. Voyant la jeune fille en état de choc, il préfère attendre demain matin pour lui poser quelques questions supplémentaires.
Chris arrive, trempé jusqu’aux os. Il demande ce qui se passe. Il a l’intuition que quelque chose est arrivé à Ann.
Goddard lui apprend qu’elle est tombée de la falaise et qu’elle est morte. Le sergent lui demande ce qu’il faisait sur la plage.
Elliot dit à Chris qu’il n’est pas obligé de répondre aux questions. Chris lui rappelle qu’il est étudiant en Droit et que par conséquent, il connaît le système. Il a le sentiment que Goddard ne le croit pas.
Allison dit au sergent que Chris dit la vérité lorsqu’il affirme qu’il est venu ici se promener. Mais la piste était abrupte et il a perdu sa canne. Goddard lui dit qu’ils feraient mieux de continuer cette conversation au poste.
Elliot se propose d’emmener lui-même Chris au poste. Ce dernier lui répond que ça ne sera pas nécessaire.
Allison veut y aller, elle aussi. Constance demande à Michael de la ramener à la maison. Il accepte.
Elle suggère au médecin de prendre une chambre à l’auberge, juste pour cette nuit.
Rossi parle de la première fois où il a vu Ann.
— Allons-y, s’il te plaît, lui dit Constance.
Michael poursuit sa conversation. Il jure de prendre tout le temps qu’il faudra, mais il trouvera l’assassin d’Ann.
Ann Howard vient juste d’apprendre que Steven Cord est son frère. Et elle est venue au manoir des Peyton pour confronter la femme qui doit être la mère qu’elle n’a jamais connue. Hannah Cord, la femme qui a gardé le secret dans cette maison depuis de nombreuses années.
Ann conduit sa vieille décapotable qu’elle a achetée à Lee Webber, une Tag 472J, à la maison Peyton, en sort et se dirige vers la porte d’entrée du manoir. Elle sonne.
Hannah descend les escaliers et ouvre la porte. Ann Howard est plantée devant elle.
— J’ai à vous parler.
— Je suis désolée, mais M. Peyton…
Ann ne veut pas entendre les boniments d’Hannah et l’interrompt.
— Et vous avez à me parler. Vous allez répondre à mes questions, parce que je connais la vérité. Steven et moi connaissons la vérité.
Ann entre et Hannah ferme la porte.
— Si vous savez la vérité, comme vous le dites, alors que voulez-vous de plus de moi ?
— Je connais les faits. Je veux savoir les raisons. Toutes les raisons. Mère, m’avez-vous détestée quand je suis née ?
— Oui.
— Mais pas Steven ?
— Je vous haïssais tous les deux, depuis le début. Depuis le moment de votre naissance, je vous ai méprisé tous les deux.
— Qu’est-ce que nous vous avions fait ?
— Je viens de vous dire que je ne voulais aucun de vous deux. Ça ne vous suffit pas ?
— Ce n’est pas possible. Comment pouvez-vous détester des enfants à leur naissance ?
— C’est possible. C’était nécessaire.
— Nécessaire ?
— Oui, nécessaire. Je devais me débarrasser de votre père. Sans faire attention à vous, ce qui rendait les choses plus faciles. J’ai fait un arrangement avec votre père. Il vous prenait, et moi je gardais Steven.
— J’ai été vendue, comme une simple marchandise ?
— Vous pouvez appeler ça comme ça, si vous le voulez.
— Pourquoi moi, et pas Steven ?
— Parce que votre père voulait Steven. Son fils. Et je ne voulais pas lui donner cette satisfaction. Je l’ai forcé à vous prendre, et j’ai gardé Steven. Il ne méritait pas d’avoir un fils. Il a détruit notre mariage. Je l’ai mis à la porte.
— Mais il pouvait très bien partir sans prendre un des enfants.
— C’est exact. Les enfants étaient une monnaie d’échange.
— Qu’est-ce que mon père a fait ? Dites-le-moi.
— Il est mort. Qu’importe maintenant.
— Cela m’importe. C’est quelque chose d’énorme que de devoir renier Steven et moi. Il devait avoir fait quelque chose de grave.
— Votre père était un homme de mauvaise réputation, malhonnête. Totalement sans valeur.
— Mauvaise réputation, sans valeur ? Continuez…
— Vraiment ? À votre avis, comment obtenait-il tout l’argent qu’il avait ? Combien de tableaux achevait-il en une année ? Combien de tableaux a-t-il vendus en cinq ans ? Un seul, avec un peu de chance.
— Je n’en sais rien.
— Votre père avait une maîtresse.
— Et alors ? Vous voulez dire que vous l’avez mis à la porte parce qu’il avait une liaison. Une simple liaison ?
— Il était professeur de dessin dans une école pour fille. Et elle était l’une de ses élèves. Simplement l’une de ses élèves jusqu’au moment où elle eut une idée ingénieuse. Elle l’a chargé de peindre son portrait. Un cadeau de Noël pour son père. Elle allait et venait dans son studio, jour après jour. Il n’a peint qu’un seul portrait d’une fille. Il a gardé ses croquis dans sa malle pendant toutes ces années. Elle était riche, et si jeune. Redoutablement jeune. Je l’ai détestée.
— Catherine Peyton.
— Oui. Catherine… Peyton.
— Le tableau de mon père. Vous l’avez détruit !
— Il aurait dû être détruit depuis bien longtemps. Elle n’a même jamais aimé Brian. Il n’était rien d’autre qu’un jouet pour elle. Un homme marié. Et vous, vous me parlez d’une simple liaison. C’était vicieux, diabolique… Elle savait que son père n’accepterait jamais cette liaison. Martin Peyton a tout arrangé. C’est lui qui a payé Brian pendant toutes ces années, pour protéger la réputation de sa fille.
— Comment avez-vous pu rester à son service après ça ?
— Parce que M. Peyton me l’a demandé.
— Il vous a payé ? Et vous êtes resté collé aux chevilles de ce vieil homme, pendant toutes ces années. Trop avide et trop égoïste pour prendre soin de vos propres enfants.
— Je vous avais dit que vous n’aimeriez pas connaître la vérité. J’avais raison, n’est-ce pas ? Mais vous avez insisté. Satisfaite ?
Ann s’en va. On entend le bruit du moteur.
Peyton rejoint Hannah.
— Hannah, qu’est-ce que tu lui as dit ? Qu’est-ce que tu lui as dit ?
— Je ne sais pas, Martin. Je ne sais pas. Mais j’ai peur qu’elle aille voir Steven.
Rodney apparaît en haut des escaliers.
— Rodney…, murmure le vieil homme. Je suis fatigué, Hannah. Je prendrai mon dîner à l’étage.
Ann arrive à la maison de la plage et entend le téléphone sonner. Elle entre et répond. C’est le Dr Rossi qui appelle. Il lui dit qu’une urgence est survenue en dernière minute. Il sera en retard pour le déjeuner.
Il lui ordonne de rester à l’intérieur de la maison et de l’attendre. Il lui dit qu’il l’aime. Elle lui dit qu’elle l’aime.
Hannah marche sur le quai. Elle monte à l’appartement d’Ann. Elle frappe à la porte. Leslie la voit et l’appelle du quai. Elle retourne en bas de l’escalier lui parler.
Leslie demande des nouvelles de Steven. Elle lui demande ce qu’il fait sur le quai. Ils se disputent en se rappelant le passé.
Hannah lui dit qu’elle a toujours su que ce n’était qu’un opportuniste et un menteur. Leslie lui rappelle le marché qu’ils avaient conclu à l’époque.
Rita est dans l’appartement au-dessus du drugstore tandis qu’Allison frappe à la porte. Rita ouvre et Allison lui dit d’emblée qu’il est important pour elle de parler à Norman.
Sandy Webber vient juste d’appeler au sujet du Chris. Ce dernier semble à nouveau s’être volatilisé.
Norman lui dit qu’il a déposé Chris chez le Dr Rossi. Allison lui demande pourquoi Chris voulait se rendre chez le médecin. Norman lui dit qu’il n’en sait rien. Il a simplement fait ce que Chris lui demandait.
Steven ajuste des assiettes sur la table du dîner dans sa maison et celle de Betty. Il parle avec Betty de la nouvelle sœur qu’il a retrouvée. Steven et Betty s’étreignent. Ils sont enfin réconciliés.
Steven a envie d’appeler Ann. Il prend le combiné du téléphone, mais Betty lui prend des mains et raccroche en lui disant qu’elle est prête à parier qu’Ann est avec Mike Rossi.
Pendant ce temps, à la maison de la plage, Ann attend. En dépit de la promesse qu’elle a faite à Mike, elle décide de sortir.
Elle se promène le long de la falaise. Elle trébuche une ou deux fois. Elle s’approche de la falaise et regarde en bas.
Steven Cord, avocat, est un homme qui a toujours eu une vie ordinaire. Aujourd’hui, Rodney Harrington a essayé de lui raconter une histoire qui pourrait détruire cette vie ordonnée. Une histoire qu’il a peine à croire : Steven et Ann Howard sont frère et sœur.
Le kiosque à musique et le palais de justice.
Au cabinet, Steven est toujours avec Rodney. Ce dernier s’apprête à partir au moment où Ann entre dans la pièce. Rodney s’en va.
Ann dit à Steven qu’ils ont à parler. Elle lui raconte qu’elle a découvert quelque chose d’important dans la malle de son père. Elle tend le document à Steven, qui le lit.
Elle lui reproche de ne pas lui avoir dit qu’il était son frère. Steven, en état de choc, lui dit qu’il aurait dû le savoir, mais que ce n’était pas le cas. Il étreint celle qu’il sait maintenant être sa sœur.
Lorsque Rodney a essayé de le lui dire, il ne l’a pas cru. Maintenant, il n’y a plus de doute possible.
Steven sort du bâtiment de la banque qui abrite son cabinet, s’engouffre dans sa décapotable et s’en va.
Chris Webber est dans le square et Lee se dirige vers lui. Chris lui demande de le laisser tranquille. Lee veut s’assurer qu’il n’ira pas voir la police pour le dénoncer.
Lee lui dit qu’il ne peut plus avoir confiance en lui. Chris dit que Lee est rempli de haine. Lee joue sur la corde sensible en disant qu’ils sont frères et ont le même sang.
Devant la librairie, Constance assiste à la dispute.
Chris dit à Lee qu’il se rend au cabinet de Steven afin de lui demander de prendre soin d’Ann, car il pense que Lee pourrait s’en prendre à elle.
En traversant la rue, il manque de se faire renverser par une voiture, sous le regard terrifié de Constance.
Lee l’accompagne finalement jusque devant la porte du bâtiment de la banque.
Ann arpente impatiemment le bureau de Mike.
Le médecin arrive et Ann l’informe qu’elle a trouvé un diplôme dans la malle de son père, avec le vrai nom de son père : Brian Cord. Elle lui dit qu’elle et Steven sont jumeaux.
Elle est choquée de comprendre qu’on lui a menti pendant toutes ces années.
Mike lui donne un double des clés de sa maison et lui demande de l’attendre là-bas pour le déjeuner.
Chris et Lee sont toujours au square, devant la porte du bâtiment de la banque, lorsque Norman arrive près d’eux en voiture et demande à Chris s’il veut aller faire un tour en bateau. Il sent que Chris n’est pas à l’aise avec Lee et veut l’éloigner de lui.
Chris monte dans la voiture, tandis que Lee menace Norman.
Norman démarre et ils se dirigent vers le palais de justice. Chris demande à Norman de le déposer chez le Dr Rossi.
Betty descend les escaliers de la maison Anderson, ouvre la porte et découvre Steven devant elle.
Ils se regardent longuement avant que Steven ne prenne la parole :
— Betty, je sais pourquoi tu es partie.
— Tu sais alors que cela n’a rien à voir avec Rodney.
Steven s’approche d’elle et la prend dans ses bras. Il lui fait de longues et émouvantes excuses. Puis il l’embrasse avant de partir.
Julie descend à son tour et demande à sa fille s’il s’agissait bien de Steven.
Julie l’informe alors que George va beaucoup mieux. Elle fait ses bagages pour s’en aller le retrouver. Elle assure à Betty que le bureau du procureur ne retiendra aucune charge contre lui pour avoir tiré sur Elliot.
Peyton est assis dans la pièce du haut au manoir et discute avec Hannah. Rodney entre sans frapper.
Il les informe qu’il a vu Steven ce matin et annonce qu’il lui a dit que Steven et Ann sont frère et sœur, et que Brian Colby est son père.
Rodney est en colère contre son grand-père et lui demande comment il a pu faire une chose pareille.
— Maintenant que je sais ce dont tu es capable, j’espère ne jamais devenir comme toi !
Hannah Cord descend les escaliers du manoir et ouvre la porte d’entrée, pour y découvrir Ann Howard debout en face du porche.
Depuis son adolescence, Lee Webber a laissé croire à son frère Chris qu’Ann Colby l’avait poussé du haut de la falaise de Peyton Place, causant ainsi sa cécité. Mais maintenant, Lee a filé à toute vitesse après avoir frappé violemment Chris. Une attaque déclenchée parce que Chris a révélé qu’il s’agissait de Lee en personne qui l’avait poussé. Sandy Webber se rend compte que la culpabilité de Lee se transforme en une rage croissante et elle a peur que ce dernier ne déverse sa colère sur son frère aveugle, et que ce n’est que le commencement d’une explosion de haine qui risque de déstabiliser le calme de Peyton Place.
À l’extérieur de la maison des Webber, Lee monte sur sa mobylette et s’en va.
Sandy soigne les blessures de Chris. Ce dernier lui dit qu’il doit absolument prévenir Ann Howard avant qu’elle ne parte travailler.
Sandy le dissuade d’y aller. Il n’a pas dormi de toute la nuit et il a besoin de se reposer. Mais Chris insiste. Il pressent un danger.
Ann et Michael se promènent sur le quai. Michael embrasse Ann. Ils ont passé la nuit ensemble. Ann est rayonnante. Mike l’accompagne jusqu’à son appartement.
Ann lui demande de l’aider à ouvrir la malle de son père. Elle lui donne un tournevis, et il fait sauter la serrure facilement.
Ann est émue de voir le chapeau de pêche de son père ainsi qu’une écharpe qu’il mettait toujours quand il faisait du patin à glace.
Mike la laisse avec ses souvenirs. Il a des patients à voir ce matin. Ils conviennent de se voir au déjeuner.
Seule, Ann continue à explorer la malle et y trouve un bulletin de notes de son père lorsqu’il était à l’école des beaux-arts. Son visage devient blême lorsqu’elle aperçoit que le nom inscrit sur le bulletin n’est pas Colby, mais Cord.
Bouleversée, elle parvient au téléphone et compose un numéro (sans doute celui de Steven).
Personne ne répond. Ennuyée, elle raccroche, saisit son sac à main et s’en va.
Chris monte les escaliers de la maison d’hôtes. Il se présente à Mme Hewitt. Elle l’informe que Ann habite au n°4, en bas du hall, mais qu’elle n’est pas là pour l’instant.
Chris dit qu’il repassera.
Au manoir, Rodney descend les escaliers et manque de se heurter à Betty qui vient juste d’arriver. Rodney lui demande ce qu’il y a. Betty l’informe que Steven demande le divorce.
Ils s’assoient sur les escaliers. Betty pleure et Rodney se souvient qu’il ne l’a vue pleurer qu’une seule fois : lorsqu’elle était à l’hôpital et qu’elle avait perdu le bébé.
Elle n’est pas comme les autres filles. Elle n’a pas besoin de larmes. Rodney admet qu’il est le déclencheur de la séparation. Betty admet de son côté qu’elle n’aimait pas Steven lorsqu’elle s’est mariée avec lui, mais elle l’aime maintenant.
Elle dit même qu’elle n’a jamais aimé quelqu’un comme Steven, ce qui semble choquer Rodney.
Steven se rend au square en décapotable. Il se gare en face du Clarion. Il entre au journal et veut acheter un exemplaire du jour. Elliot lui dit que la pile qui se trouve ici est gratuite.
Voyant la mine défaite de l’avocat, Elliot lui demande s’il va bien. Steven avoue avoir roulé toute la nuit. Il déprime.
Il pose au journaliste des questions sur l’époque où Betty et Rodney étaient mariés. Il voudrait savoir si leur relation était fusionnelle.
Elliot pense que Steven se fait trop de films dans sa tête. Le fait est que Betty l’a choisi. Elle s’est mariée avec lui et il peut être sûr que ces vœux étaient sincères.
En sortant du Clarion, Steven croise Constance qui lui dit qu’Ann a découvert quelque chose d’important dans la malle de son père.
Steven entre dans sa voiture et démarre.
Il se rend à son bureau et découvre Rodney en train de l’attendre. Rodney lui dit qu’il fait une erreur en voulant divorcer de Betty.
Il ne s’intéresse pas au bien-être de Steven, uniquement à celui de Betty. Il sait que Betty aime Steven.
L’avocat se met en colère et lui dit qu’il peut prendre Betty s’il veut, le principal est qu’il sorte de sa vie.
Rodney lui dit alors qu’Ann Howard est la sœur de Steven, et Brian Colby est son père.
— J’ai surpris une conversation entre Hannah et mon grand-père. Je l’ai dit à Betty. Je lui ai conseillé de te le dire, mais elle ne voulait pas te faire souffrir. Elle préférait te faire croire qu’il y avait quelque chose entre nous plutôt que de t’avouer la vérité.
Steven s’assoit à son bureau.
— Et tu crois vraiment que je vais gober ces inepties !
— C’est la vérité, Steven.
Steven se met en colère et pense que Rodney veut le faire souffrir en lui racontant ces mensonges. Il lui ordonne de sortir d’ici et lui dit qu’il ne veut plus le voir.
Ce soir, Chris Webber, aveugle depuis dix-sept ans, a été harcelé de questions par Steven Cord. Il a été forcé, devant la colère et l’intensité des questions de Steven, a révélé qu’Ann Howard n’est pas responsable de sa cécité. Maintenant, il doit faire face aux conséquences.
Chris marche en direction de la maison des Webber.
Chris, ne trouvant pas ses clés, frappe lourdement à la porte des Webber. Sandy l’invite à entrer et lui dit que Lee n’est pas ici. Elle pense qu’il est allé trouver du travail à White River.
— Est-ce que tu aimes Lee ? demande Chris.
Sandy hésite.
— Oui. Parfois oui, je crois.
— Alors je suis désolé.
Il se dirige vers la sortie. Sandy prend peur et l’attrape par la manche de sa veste.
— Qu’est-ce tu veux dire ? Pourquoi dis-tu que tu es désolé ?
Chris se détache d’elle.
— Reste en dehors de ça, Sandy.
Il s’en va, laissant Sandy dans l’expectative.
Dans son appartement, Ann s’entretient avec Steven à propos du fait que maintenant, elle est libérée de l’accusation d’avoir poussé Chris du haut de la falaise. Elle en ressent un grand soulagement et remercie chaleureusement l’avocat.
Steven rappelle que le vrai coupable est toujours en liberté, mais Ann ne semble pas s’en soucier.
— Je ne veux pas pointer quiconque du doigt. C’est plus qu’assez pour moi de savoir que je suis libre. Enfin libre.
Il est tard. Steven se dirige vers la taverne d’Ada Jacks et frappe lourdement à la porte. Personne ne lui répond. Il insiste.
Finalement, Ada vient lui ouvrir et laisse Steven entrer.
— Nous sommes fermés, dit-elle avec sa gouaille habituelle.
Ils ont une conversation au cours de laquelle Ada se plaint de la façon dont Steven manipule les gens. Steven veut lui offrir un verre.
— C’est contre la loi, lui répond-elle.
Steven prend une chaise sur la table, la pose sur le sol et s’assoit. Ada lui apporte une bouteille de son stock privé.
Steven lui explique qu’il a tout de même réussi à avoir les informations qu’il voulait de Chris, même s’il n’y a pas mis les formes. D’une façon ou d’une autre, il savait que Chris allait parler.
Michael se gare près de son cottage, et Ann le laisse entrer. Elle explique que la porte était restée ouverte. Elle veut lui dire quelque chose qui ne peut pas attendre. Elle lui raconte que Chris a finalement avoué qu’elle ne l’avait pas poussé de la falaise.
Michael est heureux, mais fatigué. Ils marchent ensemble le long de la falaise. Ann sourit. Elle trouve que tout est magnifique. Elle se sent revivre.
Lee se dirige en mobylette vers le Shoreline Garage. Il manque de renverser un piéton.
Au garage, il brise une vitre, entre et prend la clé. Il sort, ouvre la pompe à essence et remplit son réservoir. Il met un dollar sous le cadenas et s’en va.
Chris est sur une chaise dans la maison des Webber tandis que Lee revient en mobylette. Chris lui demande où il était.
Lee bondit dans la chambre, réveille Sandy et lui demande de faire du café. Puis il va parler avec Chris qui lui dit avoir tout avoué à Steven.
Lee lui dit qu’il ne s’agissait que d’un accident. Il ne voulait pas vraiment le pousser. Apprenant que Chris a rompu leur pacte du silence, il le frappe. Puis il sort de la maison et repart en mobylette.
Betty Anderson a échoué dans son bref mariage avec Steven Cord. En dépit des supplications de Steven, il n’y a pas eu de réconciliation. Ce n’est pas parce que Betty n’aime pas assez son mari pour partager sa vie, mais parce qu’elle est incapable de lui dire un secret qui pourrait ruiner sa vie. Le secret qu’il est le frère jumeau d’Ann Howard.
La maison des Anderson. Betty va à la porte. Un messager lui tend une enveloppe. Betty signe un formulaire au messager et prend l’enveloppe.
Betty ouvre l’enveloppe, lit le contenu puis la tend à Julie en lui disant que Steven demande le divorce.
Dans la lettre, Steven lui dit qu’il s’est rendu compte qu’ils ne recherchaient pas la même chose.
Il lui laisse sans discuter la maison et les meubles. Elle peut considérer le contrat comme « nul et non avenu ».
Julie se demande si Hannah a interféré dans le mariage de Betty. Elle se souvient des efforts de Leslie pour séparer Betty et Rodney à une certaine époque.
Julie conseille à Betty d’avoir une discussion avec Steven. Après tout, Betty n’est pas la première femme à trouver un certain confort en dehors du mariage.
Betty décroche le téléphone et compose le numéro de Steven. Ce dernier répond, écoute Betty un instant, puis raccroche sans rien dire.
Constance est dans la chambre tandis qu’Elliot apporte un grand paquet. Il s’agit de quelques cadeaux pour le futur bébé qui semble encombrer Elliot plus qu’autre chose.
Constance lui dit de ne pas être ingrat. Allison entre et se propose de les aider à ouvrir les paquets.
Elle demande à son père s’il a parlé avec Steven Cord. Allison pense toujours que Chris Webber protège son frère.
Elliot lui répond qu’il a vu Steven et que maintenant, il est au courant de ce qui s’est passé sur la falaise. Comme il est l’avocat d’Ann, il va se battre pour l’innocenter.
— Et si j’ai tort ? se demande Allison. Si Lee n’est pas le coupable ?
— Et si tu as raison ?
Allison hausse les épaules.
— Quoiqu’il arrive, je mettrai Chris dans l’embarras.
À la taverne d’Ada Jacks, de la musique assourdissante provient du juke-box. Lorsque Chris entre, Ada débranche l’appareil. Un client se tourne vers elle :
— Hey, qu’est-ce que vous faites ?
La compagne du client renchérit :
— C’est notre argent que vous avez débranché !
Chris se met au piano. Un autre client se plaint à propos de la musique qu’il joue. Ada leur dit que le bureau des plaintes est fermé.
À la bibliothèque municipale, Norman rencontre Steven et lui demande s’il connaît quelque chose à la méthode « apprendre en dormant ». Steven admet ne pas connaître ce genre de pratique.
Steven aimerait savoir s’il sait où se trouve Chris ? Norman avoue que non.
— Je dois le trouver, songe Steven. Sans quoi il risque d’y avoir des problèmes.
— Avec Allison ?
— Pas directement.
Il souhaite bon courage à Norman pour ses études, et s’en va.
Steven se rend au Cider Barrel et demande à Sandy si elle sait où se trouve Chris.
— Pourquoi est-ce que vous ne le laissez pas tranquille ? lui demande-t-elle.
Elle accuse Steven d’avoir détruit sa famille. Elle ajoute que cela a coûté à Lee son emploi.
Steven entre à la taverne. Chris joue du piano. Steven se dirige vers lui. Freddy et sa petite amie sont assis à une table voisine.
Chris perçoit quelqu’un derrière lui.
— Je n’aime pas lorsque quelqu’un me regarde jouer derrière mon épaule, monsieur Cord. Monsieur Cord ?
— Oui.
— Eh bien, vous êtes après moi tous les soirs. Je suppose que ce n’était qu’une question de temps avant de me retrouver, n’est-ce pas ?
— Je veux vous parler, Chris.
— Vous interrompez mon récital.
— Pourquoi ne pas sortir un instant ?
— Vous n’êtes ni policier ni procureur. En un mot, vous n’avez aucun pouvoir de me forcer à vous suivre.
— Très bien. Alors nous parlerons ici.
— Cela va être un long récital. J’espère que vous avez le temps d’attendre.
— Ce que vous avez dit à Allison est vrai, n’est-ce pas ? Ann Howard ne vous a pas poussé de la falaise. Je ne partirai pas d’ici tant que je vous n’avez pas admis que c’est la vérité.
Chris continue de jouer du piano.
— C’est seulement le premier morceau de mon concert, monsieur Cord. Encore quatre-vingt-dix-neuf à jouer.
Steven ferme le piano.
— Votre concert est terminé, dit-il brutalement.
Ada croit bon d’intervenir.
— Vous voulez un verre, Steven, ou bien vous êtes venu ici uniquement pour créer des problèmes ?
— J’appellerai à l’aide si jamais il devient violent, Ada… Très bien, que faisons-nous maintenant, monsieur Cord ? Appeler mon grand frère pour qu’il vienne vous casser la figure ?
— Est-ce que vous finirez un jour par ne plus dépendre de votre frère ? N’en avez-vous pas assez de son argent, de son aide, de son soutien ?
— C’est de la psychologie de bas étage, Maître. Appâter un témoin hostile. Écoutez, si je n’étais pas aveugle, je vous en aurais balancé une depuis longtemps, monsieur.
— Bien, c’est mieux ainsi. Vous n’êtes donc finalement pas un pauvre petit oiseau sorti de son nid, un gosse sans défense. Vous êtes aussi vicieux que votre frère. Vous ne faites que vous cacher derrière votre cécité.
— Le témoin commence à s’irriter, ironise Chris.
— Parce que vous êtes aveugle. Vous aimez torturer les gens, comme vous avez torturé Ann Howard. Pendant dix-sept ans, vous avez fait croire à Ann Howard qu’elle était responsable de vos problèmes. Mais ça va s’arrêter maintenant. Parce que vous allez me dire la vérité.
— Laissez-le tranquille ! intervient de nouveau Ada. Vous n’êtes pas dans une salle d’audience.
— Donnez-moi une bière, Ada, demande Chris.
Ada se tourne vers l’avocat.
— Sortez d’ici !
— Donnez-moi juste une bière, répète Chris.
— Vous êtes en train d’admettre la vérité. Vous l’avez déjà admis à une belle et innocente jeune fille, qui se sent tellement désolée pour vous qu’elle ne voit pas la méchanceté qui se dégage de vous. C’est votre première petite amie, n’est-ce pas ? C’est votre première petite amie et elle vous faisait vous sentir tellement honnête que vous avez fait une chose étrange : vous lui avez dit la vérité.
— Oh, ce mot : vérité.
— C’est ce que je veux de vous, qu’importe votre handicap.
Ada s’en mêle de nouveau :
— C’était exactement ce que vous avez fait à ma Rita quand vous l’avez appelée à la barre des témoins. C’est tout ce que vous savez faire, n’est-ce pas ? Pousser les gens à bout. Leur faire couler les larmes.
Freddy, fidèle client de la taverne, s’approche.
— Il ne va pousser personne à bout, Ada. Pourquoi est-ce que vous n’iriez pas voir ailleurs si j’y suis, mec ?
Steven ignore le client et s’adresse à Chris :
— Je pensais que vous vouliez un débat public. Le public se sent désolé pour vous, Chris. Ils ne vous connaissent pas comme moi je vous connais.
— Je me demande ce que vous feriez sans votre cour autour de vous.
— Je n’ai pas peur de vous, dit Chris.
Steven sort et Chris le suit.
À l’extérieur de la taverne, Chris appelle Steven.
— Steven… Steven…
— Je suis ici. Juste devant vous, précise l’avocat. Pourquoi m’avez-vous suivi ?
— Pour vous parler.
— Très bien. Répétez-moi ce que vous avez dit à Allison.
— Écoutez, c’est une fille plutôt nerveuse. Gentille, mais trop rapide en conclusion.
— Vous voulez dire qu’elle a menti lorsqu’elle m’a affirmé que vous lui avez dit que ce n’est pas Ann Howard qui vous a poussé de la falaise ?
— C’est exact.
— Mais, elle n’avait jamais entendu parler d’Ann Howard jusqu’à peu de temps. Pourquoi mentirait-elle à son sujet ?
— Pourquoi ne le demandez-vous pas à Allison ?
— OK, allons ensemble chez elle. Nous verrons ce que vous allez dire tous les deux lorsque vous serez face-à-face.
— Je n’irais nulle part avec vous.
— Où est le problème ? Cela devrait être facile pour vous de venir avec moi pour dire à Allison qu’elle a menti. Vous avez un avantage. Vous ne verrez pas la souffrance sur son visage. Vous n’avez pas peur de cette sympathique, innocente et jolie fille, n’est-ce pas ? Parlez, Chris. Je ne vous entends pas.
— Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous.
— D’accord, vous ne voulez pas. Mais vous le ferez. Vous ne vouliez pas sortir de la taverne avec moi pour parler, mais vous l’avez fait. Pourquoi ?
— Vous sentiriez-vous plus à l’aise s’il s’agissait d’un témoin à la barre ?
— Ça l’est. Maintenant, qu’avez-vous dit à Allison ?
— Vous êtes vraiment très fort en investigation, mais je ne suis pas dupe. Vous savez ce que vous pouvez en faire de vos questions ?
— Vous devenez très prudent, à ce que je vois. Il y a deux choses dans ce monde pour lesquelles vous devez vous faire du souci : devenir avocat, et votre frère. Vous savez, j’ai entendu dire que vous avez fini l’école de droit dans les premières places.
— J’étais deuxième de ma promotion, si ça peut vous intéresser.
— Je le sais. J’ai appelé Boston et je me suis renseigné sur vous.
— Vous n’allez pas me faire croire cela.
— Vous feriez mieux de le croire.
— Laissez-moi deviner. Vous allez me dire que vous avez appelé le doyen de l’école et que vous avez eu une longue conversation avec lui.
— C’est exact.
— Je sais que vous connaissez le nom du doyen. Tous les avocats de la région ont entendu parler de lui.
— J’ai aussi parlé à votre proviseur. Son nom est Marsden. Il pense que vous êtes un étudiant brillant.
Le visage de Chris se décompose.
— Vous n’aviez aucun droit de parler avec lui.
— Il pense que vous avez un avenir brillant.
— Vous n’aviez pas le droit.
— Maintenant, vous feriez mieux de me raconter la vérité ou bien vous pouvez oublier votre scolarité. Vous me dites la vérité, ou bien je m’arrangerais pour que votre école, et votre doyen, et votre dévoué proviseur réfléchissent à deux fois avant de vous diplômer.
— Vous ne pouvez pas faire ça. Ils ne vous croiront pas. Je n’ai enfreint aucune loi.
— Vous avez dissimulé des informations. Vous avez délibérément torturé l’esprit d’une jeune femme innocente. Vous savez pertinemment que vous n’êtes pas assez convenable pour être un avocat. Vos valeurs sont faussées. On ne vous fera jamais confiance. Oh, je sais. Je sais que vous avez peur de cela. Vous avez peur de votre frère Lee. Vous avez toujours eu peur de votre grand frère, votre grande brute de frère. Ce jour-là sur la falaise, vous trembliez rien qu’à l’idée d’être à côté de lui. Et lorsque vous étiez étendu en bas de la falaise, inconscient, et que votre grande brute de frère à crié qu’Ann Howard vous avez poussé, nous avons tous été dans ce sens, parce que nous avions peur de lui, nous aussi. J’avais peur de lui. Nous avions tous peur. Maintenant, plus personne n’a peur de votre grande brute de frère, sauf vous. Nous avons tous grandi.
— Taisez-vous !
— Et nous n’avons plus peur de dire ce qui s’est réellement passé. Nous n’avons plus peur de le dire. Plus personne n’a peur, sauf vous. Parce que vous êtes resté le même. Vous êtes aveugle, mais vous pouvez toujours voir. Vous pouvez vous rappeler la violence, la méchanceté sur le visage de votre grand frère. C’est la dernière chose que vous avez vue avant de tomber. Et c’est ce qui vous hante. C’est ce qui vous a fait vous mentir à vous-même pendant toutes ces années. OK, je suis fatigué de parler avec vous. Maintenant, si vous voulez toujours être avocat, vous devez parler. Et vous devez parler maintenant.
Chris est étreint par l’émotion :
— Ann Howard ne m’a pas poussé. J’ai menti lorsque j’ai dit qu’elle l’avait fait. Elle ne m’a pas poussé.
— D’accord. Je vais préparer une déposition pour vous que vous devrez signer à cet effet. Et après l’avoir signée, vous pourrez quitter la ville ou faire tout ce que vous voulez. Je m’en fiche. Mais vous allez me signer une déposition. C’est notre marché.